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Publié par Guy Millière le 2 avril 2012
 
Mardi 3 avril a eu lieu le premier Congrès des Amis d’Israël, à la Mutualité. Je tenais à saluer l’initiative. L’amitié pour Israël n’est plus du tout en France, et, plus largement, en Europe, un geste qui va de soi. Nous ne sommes plus dans l’époque où Israël bénéficie de sympathie dans l’opinion publique, mais dans une époque où la diabolisation d’Israël fait son effet. Et on voit là le résultat de quarante années de propagande.
 
Au début des années 1960, Israël était un pays considéré positivement par la gauche socialiste comme par la droite modérée. La considération a laissé place à l’animosité, puis à la détestation, en fort peu de temps.
 
A droite, le signal du basculement a été le sinistrement célèbre discours du Général de Gaulle sur le « peuple dominateur et sûr de lui » : il y a eu ensuite la « politique arabe de la France », devenue depuis politique islamique de l’Europe. De Gaulle a choisi son camp : celui auquel on pouvait vendre des armes et acheter du pétrole. Il voulait une France redevenant puissante en s’appuyant sur des antisémites musulmans, et pouvoir ainsi narguer les Etats-Unis. Ss successeurs ont suivi la ligne tracée, et certains d’entre eux n’ont pas eu à se forcer beaucoup pour se montrer méprisants vis-à-vis d’une population qu’ils n’avaient jamais beaucoup aimée, c’est le moins qu’on puisse dire : Maurice Couve de Murville, ministre des Affaires étrangères du général, avait, de fait, commencé sa brillante carrière en étant directeur des Finances Extérieures et des Changes du gouvernement de Vichy, et les rafles anti-juives ne l’ont pas poussé à la démission.
 
A gauche, le basculement s’est fait presque aussi rapidement. La figure politique centrale de la gauche ayant été un homme moins haut placé dans l’administration que Couve de Murville, mais largement aussi collaborateur que lui, et ami fidèle de René Bousquet, François Mitterrand, il n’y eut, là non plus, pas de difficultés majeures pour que le mépris s’installe : longtemps les socialistes français se sont présentés comme le parti de Léon Blum, et ont occulté qu’ils étaient aussi le parti dont étaient issus Pierre Laval et Marcel Déat.
 
La propagande, disais-je, a fait le reste. Le KGB et les services du colonel Nasser, en coopération avec d’anciens nazis installés en Egypte et en Syrie, a conçu le « peuple palestinien » et sa lutte de « libération nationale ». L’histoire a été falsifiée : des mots ont été glissés dans le vocabulaire pour présenter les « Palestiniens » comme les « Juifs persécutés » des temps modernes et d’une ère post-nazie où les nouveaux SS seraient les soldats israéliens, et Israël un pays « impérialiste » et « colonialiste ».
 
Mais la propagande ne peut pas tout, et ne peut prendre que si elle dispose d’un terrain favorable.
 
En France et en Europe, la propagande anti-israélienne a rencontré un terrain très favorable : deux millénaires d’antisémitisme et de discours nauséabonds sur les Juifs, suivis par l’horreur appelée Auschwitz, et la volonté ensuite de ne plus se sentir coupable du pire génocide de l’histoire de l’humanité. Comment tant d’Européens n’auraient-ils pas été prêts à accuser Israël d’être un pays nazi dès lors que cela leur permettait de ne plus se sentir trop coupables des crimes du nazisme et de la collaboration ? Et puis, dès lors que cela leur donnait l’opportunité de prendre la posture avantageuse de l’ami des « opprimés », juste après la période coloniale, pourquoi s’en seraient-ils privés ?
 
Nous sommes, en tout cas, dans une période très malsaine où il semble presque obligatoire, en France et ailleurs en Europe, de dire que les cercles sont carrés, que la démocratie est la dictature, que les assassins sont des victimes, et les victimes des assassins.
 
On l’a vu avec les écrits multiples concernant le djihadiste Mohamed Merah. « Pauvre gamin frustré des banlieues », « victime du racisme », et qui aurait tant voulu devenir militaire français.
 
On le voit avec la négation généralisée de l’antisémitisme musulman, ou avec les justifications apportées à celui-ci : comment les musulmans ne seraient pas antisémites, mon bon monsieur, lorsqu’on voit ce que les Juifs font subir aux « Palestiniens » ?
 
On le voit avec la haine quasiment automatique et pavlovienne d’Israël qui devient hégémonique. Dire qu’Israël est une démocratie entourée de totalitaires et de fanatiques antisémites devient quasiment impossible en France et en Europe. Dire que l’Autorité Palestinienne et le Hamas sont imprégnés d’idées infectes, et ne devraient recevoir aucun financement européen, devient plus impossible encore. Rappeler comment et pourquoi le « peuple palestinien » fut inventé est impensable, et les faits ne comptent plus.
 
Des gens d’extrême gauche en France se conduisent comme les chemises brunes de l’époque nazie, et s’en prennent aux Juifs aux produits juifs avec autant d’ardeur que leurs ancêtres de la Sturmabteilung, mais puisqu’ils s’en prennent aux Juifs israéliens et aux produits Juifs israéliens, et qu’ils le font aux côtés de lecteurs de Mein Kampf qui ne parlent plus allemand du côté de Berlin, mais arabe du côté de Ramallah ou de Gaza, ils ont bonne conscience, et se pensent du côté du progrès, oubliant que les chemises brunes de l’époque nazie, les membres de la Sturmabteilung, se pensaient aussi du côté du progrès.
 
Des gens de gauche en France, lorsqu’ils ne rejoignent pas les positions de l’extrême gauche, parlent de « processus de paix », demandent au gouvernement israélien des « concessions », s’imaginent du côté des « opprimés palestiniens », sans voir ou sans vouloir voir que ceux qui font face à Israël sont des monstres à ranger dans la même catégorie qu’Hitler ou Goebbels, qu’en tenant le discours qu’ils tiennent, ils tiennent un discours de collabos qui les rapproche de l’attitude mentale de Pierre Laval et de Marcel Déat, et que s’ils voulaient vraiment aider les Arabes palestiniens, ils devraient d’abord aider le gouvernement israélien à se débarrasser des Hitler et Goebbels (heureusement très largement impuissants) qui régissent Ramallah et Gaza. 
 
Les gens de « droite » en France parlent sur ce sujet, et sur tant d’autres, comme les gens de gauche.
 
Dans la presse, c’est la même chose. Il y a des exceptions : ainsi Ivan Rioufol, pour qui j’ai une très vive estime.
 
Mais les exceptions ne sont que ce qu’elles sont : des exceptions.
 
Réunir des Amis d’Israël est une entreprise noble. Combien d’amis d’Israël reste-t-il en France ? Combien en reste-t-il en Europe ? Combien en reste-t-il surtout, si on enlève du décompte les faux amis d’Israël : ceux qui parlent de « processus de paix », ceux qui parlent de « colonisation » et de « Cisjordanie » au lieu de parler de Judée Samarie, ceux qui parlent de « peuple palestinien » et qui évoquent Mahmoud Abbas comme un « partenaire pour la paix » ? Je me pose ouvertement la question.
 
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© Guy Millière pour www.Dreuz.info
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