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Publié par Michel Garroté le 6 avril 2012

   

  

   

   

   

   

Gaspard Koenig, dans le Huffington version française écrit notamment (lien en bas de page) : Il semble y avoir au moins un point d'accord entre les principaux partis dans cette campagne électorale: le rejet du libéralisme. Dès son intervention télévisée de la fin janvier, Nicolas Sarkozy avait pris soin de condamner le "libéralisme sans frein et sans limite". François Bayrou, dans son livre-programmLa France Solidaire, conspue à son tour le "libéralisme individualiste". Quant à François Hollande, il ne manque pas une occasion, comme encore à Nice il y a quelques jours, de dénoncer derrière la crise financière la "crise du libéralisme". Les autres candidats, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen en passant par Nicolas Dupont-Aignan, se gardent bien de dire autre chose. Les libéraux n'ont qu'à bien se cacher. D'ailleurs, depuis l'échec retentissant d'Alain Madelin aux présidentielles de 2002, ils n'osent plus guère montrer le bout de leur nez. C'est dommage. Car s'il y a bien une chose dont la France a profondément besoin aujourd'hui, c'est de libéralisme. Notre Etat qui fut Providence est devenu Fatalité. Tout en prélevant chaque année près de 44% de la richesse nationale en impôts, l'Etat est incapable d'endiguer la spirale de la dette: la Cour des Comptes estime que, en l'absence de réformes drastiques, celle-ci devrait atteindre 100% du PIB d'ici 2015, soit un niveau proche de la banqueroute. Loin de promettre des coupes claires dans la dépense publique (qui culmine aujourd'hui à 56% du PIB, contre 45% en Allemagne par exemple), les candidats chipotent sans rire sur leurs prévisions respectives de "baisse de l'augmentation de la dépense publique".

Autant dire : avancer plus lentement vers le précipice, mais surtout ne pas changer de direction. A l'heure où le Royaume-Uni de David Cameron, puis l'Italie de Mario Monti, et tout récemment l'Espagne de Mariano Rajoy ont entamé des cures d'austérité sans précédent, les politiques français continuent à conter fleurette à leurs électeurs. Comment ne pas donner raison à The Economist, qui titrait la semaine dernière : "La France dans le déni". Les libéraux, parmi lesquels j'ose me compter, ne sont pas que des Cassandre. Ils proposent aussi des solutions, par exemple un modèle totalement alternatif pour la France, que je suggère à toutes les équipes de campagne d'étudier urgemment: l'économie de marché. Voilà qui supposerait, entre autres, de promouvoir par tous les moyens (y compris fiscaux) les entrepreneurs, d'ouvrir à la concurrence les professions réglementées (comme les taxis), et de simplifier un code du travail rigide et kafkaïen (passé de 2300 pages en 2000 à 3200 pages aujourd'hui!). Sans renoncer à s'attaquer à la cloison la plus épaisse, la plus imperméable, la plus rouillée de la société française: le statut de la fonction publique, qui enferme 20 % de la population active dans des procédures et des logiques administratives d'un autre temps. Autant de sujets cruciaux, sans doute ouverts à discussion, mais inexplicablement absents des débats actuels. N'oublions pas enfin que les libéraux marchent sur deux jambes: la libéralisation économique d'un côté, la protection des libertés individuelles de l'autre, pour rendre aux citoyens, maternés par l'Etat-nounou, le sens de la responsabilité individuelle.

http://www.huffingtonpost.fr/gaspard-koenig/rejet-liberalisme-tous-candidats_b_1405899.html?ref=france

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