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Publié par Guy Millière le 11 avril 2012
 
 
Cela commence à se dire, mais je l’écris ici depuis longtemps. Les armes des arsenaux de la Libye de Kadhafi se sont disséminées dans de multiples directions, les principales étant le Sinaï et l’Afrique subsaharienne. Des gens qui étaient rémunérés par Kadhafi, qui jouait ainsi un rôle de stabilisateur régional, se tournent aujourd’hui vers d’autres objectifs.
 
Le Mali, dont on parle beaucoup ces derniers jours, est désormais coupé en deux, et la situation pourrait fort bien s’aggraver. Dans toute la région Nord, une offensive a été menée par des groupes touaregs : ceux-ci ont pris les principales villes, Gao, Tombouctou, Kidal, et proclamé l’indépendance de la région, l'Azawad. Les touaregs, cela dit, ne sont pas seuls : diverses factions islamistes sont aussi de la partie, et organisent des pillages, des kidnappings, la chasse aux chrétiens et autres infidèles.
 
L’objectif des touaregs est le maintien de l’indépendance de fait de l’Azawad et la transformation de celle-ci en une indépendance de jure, reconnue par le gouvernement de Bamako, par le reste de l’Afrique et par le reste du monde, mais ce doit être dit : il semble quasiment certain que ni le gouvernement de Bamako, ni quiconque ailleurs, ne reconnaîtra l’indépendance de l’Azawad. Cette reconnaissance, en effet, équivaudrait à remettre en cause les frontières héritées de la décolonisation, et si celles-ci sont arbitraires, leur remise en cause créerait une situation plus explosive qu’elle ne l’est déjà, et fertile en conflits inter-tribaux multiples sur tout le continent.
 
L’objectif des factions islamistes est une prise de pouvoir plus vaste qui ne s’arrêterait pas à Bamako où l’atmosphère est au naufrage. Le président a été déposé par un coup d’Etat de l’armée, le pays s’est trouvé asphyxié aussitôt par des sanctions et embargos, un Président de transition a été nommé après que le Président déposé ait officiellement démissionné, dimanche 8 avril. Le Président de transition n’est autre que le président de l’Assemblée nationale, et il n’aura quasiment aucune prise sur les événements, tout comme l’armée n’a aucune prise sur eux.
 
Tandis qu’on joue aux chaises musicales dans la capitale, tandis qu’Africains et Occidentaux palabrent, les islamistes agissent. Des hommes venus de Mauritanie, du Niger et du Nigeria ont rejoint les factions agissant en Azawad.
 
La suite la plus vraisemblable de tout cela est la poursuite du naufrage à Bamako, la submersion des touaregs par les islamistes et une dissémination poursuivie de l’islamisme dans toute la zone.
 
Les forces islamistes en présence sont Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI), qui se renforce et peut poursuivre et amplifier ses activités dans tout le Sahel, le Mouvement pour l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest ancré en Mauritanie, le groupe Boko Haram, qui s’est spécialisé dans les massacres dans les zones chrétiennes du Nigeria, et le Groupement salafiste pour la prédication et le combat, qui reprend des forces sur la frontière entre l’Algérie et le Mali. Des contacts ont été établis avec les Shebab de Somalie : si ceux-ci sont séparés du Niger par l’Ethiopie, le Soudan et le Tchad, on doit noter que l’Ethiopie est un territoire poreux, comme le Tchad, et que le Soudan est un pays islamiste, donc bienveillant vis-à-vis des autres islamistes.
 
Le pays dont on parle beaucoup aujourd’hui est le Mali : mais les pays directement menacés sont, au-delà du Mali, dont l’importance stratégique est relativement mineure (en dehors du fait que l’Azawad peut devenir une base arrière islamiste de plus de huit cent mille kilomètres carrés) le Nigeria, pays producteur de pétrole, le Niger, pays producteur d’uranium, l’Algérie où une recrudescence d’actions salafistes pourrait montrer qu’il y a pire que le gouvernement actuel et la très relative stabilité qu’il fait régner, la Mauritanie qui, si elle devait glisser vers l’islam radical, pourrait bien entraîner un basculement plus net du Maroc, où le Parti de la justice et du développement, islamiste, proche des Frères musulmans est arrivé récemment au pouvoir.
 
Non seulement le renversement de Kadhafi et la transmission des clés du pays aux islamistes de Benghazi et à des gens venus d’al Qaida a eu des conséquences lourdes pour la Libye, et y a débouché sur des massacres de noirs africains par milliers, mais il en est résulté, pour les raisons énoncées plus haut, une déstabilisation proliférante qui ne fait que commencer.
 
J’ai traité ici du Mali et de l’Afrique subsaharienne. Je devrai revenir vite sur le Sinaï.
 
La coalition Sarkozy-Cameron-Obama, au nom de l’Otan, et avec financement du Qatar et bénédiction de la Turquie, a servi les intérêts de ce qu’il y a de pire et de plus criminel dans l’islam. Ce ne sera pas dit dans les journaux télévisés, bien sûr. Dans les salles de rédaction, on ignore les relations de cause à effet. Elles n’en existent pas moins.
 
Je comprends, cela dit, les difficultés de nombre de commentateurs : comment expliquer rationnellement que, tandis que des Français et d’autres Occidentaux sont otages d’AQMI, on favorise la livraison d’armes à AQMI, et on installe à Tripoli un gouvernement favorable à AQMI ?
 
Comment expliquer rationnellement que, tandis que les réserves d’uranium du Niger sont considérées comme cruciales pour tout le nucléaire occidental, on place celles-ci à la merci d’adeptes du djihad ?
 
Comment expliquer, alors que le monde occidental est déjà confronté à une hausse du prix du pétrole, en raison des tensions dans le golfe Persique et de la politique énergétique d’Obama aux Etats-Unis, on contribue à la menace sur les approvisionnements pétroliers nigérians ?
 
Bernard-Henri Lévy, le stratège de Benghazi et de Saint Germain des Près, a-t-il une explication ? Est-il, au moins, heureux, lui qui se dit ami d’Israël, que des armes soient disséminées aussi dans le Sinaï, à proximité d’Israël ?
 
Nicolas Sarkozy est en pleine campagne électorale et a mieux à faire que s’occuper de l’Afrique subsaharienne.
 
David Cameron et Barack Obama parlent d’autre chose.
 
Tout va bien.
 
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