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Publié par Dreuz Info le 13 avril 2012

Monsieur Enderlin,

Je vous remercie de m’avoir écrit cette lettre. Pour la première fois, vous vous êtes adressé à moi, non par le biais de la justice, mais de façon directe, même si vous avez choisi de vous exprimer sur le mode de l’ironie. C’est sans ironie que, pour ma part, je vous répondrai. Cela, pour une raison simple : le sujet qui nous oppose est grave.J’ai effectivement fait la publicité de votre conférence pour que les personnes puissent venir vous « questionner poliment », selon mes propres termes.

En effet, votre prise de parole publique sur les thèmes du Proche-Orient et des relations judéo-arabes n’est pas anodine : vous êtes l’auteur du reportage qui cristallise, depuis plus de onze ans, la haine antisémite dans le monde. Mais si je crois important qu’une contestation puisse vous être adressée, vous semblez surestimer mon pouvoir d’influence en attribuant la totalité de cette contradiction à mes « fidèles », ou encore à ceux que vous appelez avec mépris mes « gens ».

De nombreuses personnes, en France et dans le monde, après avoir vu votre reportage sur la « mort » de Mohamed al Dura, et après avoir examiné les faits, n’acceptent pas la version que vous en donnez. Ce ne sont ni mes fidèles, ni mes gens.

Au surplus, je constate que des contradicteurs se sont manifestés lors de ma dernière conférence à Paris. Je m’en réjouis car il m’a été facile de répondre à leur prise de position. L’un d’entre eux, étudiant en journalisme, a récemment travaillé à France 2, votre chaîne. Est-ce à dire que la méthode consistant à assurer la publicité d’une conférence adverse n’est pas trop mauvaise à vos yeux, pourvu que la contradiction s’adresse à votre adversaire, et non à vous-même ?

Vous affirmez que je suis sous le coup d’une condamnation pour diffamation. Cela est faux puisque la procédure d’appel suspend cette condamnation. Je vous rappelle aussi que vous avez obtenu la cassation de l’arrêt d’appel qui me relaxait sur un motif de pure procédure : la Cour de cassation a sanctionné les juges de la Cour d’appel parce que ceux-ci avaient demandé à voir les rushes. En effet, selon la Cour de cassation, les juges du fond ne peuvent, en matière de diffamation, aider le prévenu à établir son innocence. Toutefois, ni ma bonne foi, ni les pièces que j’ai moi-même produites lors du procès d’appel, et qui avaient conduit à ma relaxe, n’ont été contestées par la Cour de cassation.

Quoi qu’il en soit, le procès d’appel aura été riche d’enseignements : lorsque les images non diffusées par France 2, ou même une partie d’entre elles, sont présentées aux juges, ceux-ci ne peuvent plus croire votre version des faits.

Sur le fond, je note que vous persistez à accuser les soldats israéliens d’avoir tiré en direction des al Dura. Cette accusation est réfutée par tous les experts balistiques qui ont été consultés. Vous n’avez jamais pu en citer un seul pour contredire leurs conclusions : aucun des impacts de balles qui se trouvaient sur le mur où étaient adossés les al Dura ne pouvait provenir du fortin israélien. Je vous invite à prendre connaissance de l’enquête balistique complète de Jean-Claude Schlinger, en cliquant ici.

Vous affirmez que les autorités israéliennes ont refusé d’effectuer « une enquête en bonne et due forme ». Cela n’est pas exact puisqu’elles vous ont demandé, à plusieurs reprises, de fournir les éléments techniques dont vous disposez. Vous vous y êtes toujours refusé. Là encore, je vous invite à lire ici la lettre du porte-parole adjoint de l’armée, et celle qui a été émise par le bureau du Premier ministre israélien en cliquant ici.

Vous affirmez que votre caméraman, Talal Abou Rahma, n’a filmé que moins de deux minutes de la « fusillade ». Pourtant, dans sa déclaration sous serment (accessible en cliquant ici), ce même caméraman affirmait avoir filmé « 27 minutes de l’incident ». A la Cour d’appel, votre chaîne n’avait fourni que les 18 minutes d’images que je détenais déjà. Cette suppression de 9 minutes avait passablement agacé les magistrats. Vous affirmez à présent que ces 27 minutes sont devenues « moins de deux minutes ». Cela n’est pas crédible.

Les témoins dont vous parlez ont accusé les Israéliens d’avoir tiré en direction du père et de l’enfant avec « des avions, des missiles antitanks, des hélicoptères ». Malgré toute cette Armada, il n’y avait que huit impacts de balles sur le mur, pas une goutte de sang sur les prétendues victimes, leurs vêtements, ni sur le mur auquel elles étaient adossées. Comment ne pas voir que ces déclarations s’inscrivent dans le cadre d’une propagande ? Votre caméraman a lui-même affirmé, en 2001, dans Le Matin du Sahara, avoir « choisi le journalisme afin de défendre la cause palestinienne ». Les images qui vous été transmises l’ont été dans un dessein militant. Il était de votre devoir de les soumettre à un examen critique préalable.

Il est exact que j’ai demandé à la CADA d’avoir accès à l’intégralité des 27 minutes d’images que vous prétendiez détenir. Cette demande était en tout point justifiée. Vous aviez en effet affirmé, à plusieurs reprises, détenir les images de « l’agonie de l’enfant ». Puisque ces images ne figurent pas dans les 18 minutes dont je dispose, voulez-vous dire qu’elles sont incluses dans les 9 minutes que vous avez dissimulées à la Cour ? Si vous étiez sincère, pourquoi vous seriez-vous refusé à produire ces images complémentaires devant les magistrats, alors qu’elles étaient à même d’établir que votre reportage est authentique ?

Vous affirmez que Mike Hanna n’a pas refusé de monter et commenter les mêmes images que vous aviez reçues et dont vous vous étiez empressé de faire le « scoop » de votre carrière. C’est pourtant ce que votre amie et fervente supportrice, Elisabeth Schemla, écrivait dans son ouvrage publiée en 2001, Mon rêve est ton cauchemar, page 267 :

« CNN a eu ces images terribles en même temps que France 2. Talal Abou Rahme, qui les a prises, est en effet le « local » à Gaza de la chaîne publique française et de la « tout info » américaine. Il a transmis sa vidéo à Charles Enderlin et à Mike Hannah, le nouveau chef du bureau de Jérusalem de CNN. Alors qu’Enderlin a aussitôt pris la décision de la faire parvenir à Paris pour le journal de 20 heures, Hannah s’est refusé à l’envoyer telle quelle au siège d’Atlanta. Comprenant la teneur explosive de ces images, dans un souci qui l’honore et qu’on ne peut balayer d’un revers de la main sous prétexte qu’il s’est fait « griller » par la concurrence, il souhaitait avoir toute l’histoire « autour », en connaître les circonstances exactes, le pourquoi et le comment, avant de lancer cette bombe médiatique. »

Cette information a été confirmée dans l’article de Jacques Bertoin, paru dans Jeune Afrique en janvier 2005  : « Charles Enderlin a pris possession du film dans l’après-midi – après que CNN, à qui Abou Rahma l’avait proposé, eut demandé des garanties supplémentaires ».

Ce n’est que lorsque vous avez offert ces images à toutes les télévisions du monde que CNN a diffusé votre version des faits.

Toute personne de bonne foi qui aura pris connaissance de ces faits après avoir lu votre lettre pourra se rendre compte de la relation ambigüe que vous entretenez avec les faits et la réalité.

Grâce à vos « amis », vous pensez pouvoir continuer à louvoyer et éviter d’affronter les conséquences de vos actes. Vous avez bénéficié de soutiens qui, les uns après les autres, n’osent plus vraiment s’engager publiquement à vos côtés. La vérité avance. Elle est de mieux en mieux connue dans le monde entier. Un auteur américain vient de mettre en scène une pièce de théâtre – Al Dura : vérité ou mensonge – qui n’est pas à votre avantage. Des documentaires audiovisuels allant dans le même sens ont déjà été diffusés. Des films de cinéma suivront. En tout état de cause, la vérité sera connue un jour.

Pourquoi s’enfermer dans une attitude de déni, au risque de susciter d’autres drames, d’autres meurtres commis au nom d’al Dura ?

Les épouses des soldats lynchés à Ramallah en octobre 2000, les parents de Daniel Pearl égorgé au Pakistan, mais aussi les familles de toutes les victimes des crimes et attentats revendiqués pour venger la « mort » de Mohamed al Dura savent ce qu’elles vous doivent.

Elles ne vous disent pas merci.

© Philippe Karsenty 

L'article original a été publié sur jssnews.com

PS : Dans un second message, vous affirmez que je vous ai insulté. Je vous mets au défi de trouver une seule de ces insultes. Elles n’existent pas.

Vous y affirmez que je mène une campagne contre vous. Cela est également faux. Je me bats pour la vérité, et non contre vous personnellement.

Contester votre travail ne relève ni de l’insulte, ni d’une campagne personnelle ; c’est informer le public.

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