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Publié par Guy Millière le 19 avril 2012

 
Je n’apprécie aucune forme de haine. Et celle qui s’est déversée contre Nicolas Sarkozy depuis cinq ans pas davantage que les autres. 
 
Cela a commencé dès le moment de son élection et aux campagnes de démolition menées contre la gauche et l’extrême gauche se sont ajoutées celles de sites d’extrême droite au fumet très antisémite.
 
J’aurais aimé, en ces conditions, pouvoir soutenir Nicolas Sarkozy. J’ai très vite discerné qu’il se dirigeait vers l’ornière. Il est aujourd’hui très largement trop tard. Il y a, en fait, longtemps qu’il est trop tard.
 
Malgré la haine à son égard, Nicolas Sarkozy avait toutes les possibilités en main en 2007 pour entamer une opération de redressement. Il a tout gâché.
 
Il n’a tenu aucune de ses promesses. Il n’a jamais vraiment dit la vérité sur l’état du pays et la situation planétaire. Il semble n’avoir jamais eu la moindre stratégie de moyen terme et s’est contenté d’une succession de décisions d’un instant que la décision de l’instant suivant est venue défaire.
 
Il ne se dit pas socialiste, et il ne l’est pas au sens qu’on donne à ce mot au sein du parti socialiste, mais il l’a été au sens que ce mot peut avoir dans les pays du monde où on parle anglais. Au Royaume-Uni, il aurait été sur la gauche de Tony Blair et aux Etats-Unis, sur la gauche de Barack Obama.
 
Il ne se dit pas libéral et il n’est pas du tout libéral, et ne l’a jamais été. Il faut le crétinisme absolu de l’ensemble de la gauche française et d’une droite qui semble inspirée par Jean-Pierre Chevénement pour voir du libéralisme chez lui.
 
Nicolas Sarkozy est un étatiste autoritaire et impulsif, sans idées précises sur quoi que ce soit, et dès lors ouvert à n’importe quoi ou presque.
 
Economiquement, il laisse un pays tout au bord du dépôt de bilan, et puisqu’il n’a jamais parlé en homme de conviction, il laisse aussi un pays sans repères.
 
Socialement, il a laissé se poursuivre le délitement de la société, de zones de non droit en territoires perdus bien davantage encore qu’il l’étaient il y a cinq ans.
 
En politique étrangère, il n’a fait qu’accompagner la soumission du pays aux engrenages de l’Union Européenne et d’une politique arabe qui est en réalité une politique d’apaisement devant l’islam radical, et ses gesticulations récentes ne peuvent effacer ses actes passés.
 
Après s’être présenté comme un ami d’Israël, il a révélé avoir davantage d’affinités avec Mahmoud Abbas qu’avec Binyamin Netanyahu, a osé comparer l’Autorité Palestinienne au Vatican, et a contribué au vote en faveur de l’admission d’un « Etat palestinien » à l’Unesco.
 
Après s’être affiché avec Angela Merkel au point que des journalistes ont créé le sobriquet « Merkozy », il a pris ses distances. Il pourra effacer les distances ou les élargir au cours des jours qui viennent : cela dépendra des sondages.
 
Et je préfère laisser de côté charitablement la folle équipée libyenne dont les conséquences sont visibles chaque jour en Afrique subsaharienne.
 
J’aimerais me dire que l’élection de François Hollande créera une situation pire encore et me résigner à voter Sarkozy faute de mieux.
 
Je pense qu’effectivement, avec François Hollande à la présidence, ce sera pire encore. Mais je pense que Nicolas Sarkozy n’a plus la moindre chance d’être réélu, ce qui m’épargne la nécessité d’aller voter.
 
Et tout en trouvant la haine qui pèse sur lui injuste, je pense aussi que sa défaite sera logique.
 
Ses « ouvertures » à gauche ne lui ont valu aucune gratitude de la part de ses adversaires, d’autant plus qu’elles se sont accompagnées de prises de position xénophobes destinées à séduire l’électorat du Front National.
 
Son incohérence généralisée lui a valu les réserves et la déception de ceux qui avaient pu lui faire confiance.
 
Tout en pensant que sa défaite sera logique, il m’est arrivé d’avoir pitié de lui et de le trouver pathétique. Il imaginait pouvoir reconquérir un électorat par une succession d’annonces et de subterfuges. Il a raisonné en adepte de la politique politicienne, et il semble paniqué en découvrant qu’annonces et subterfuges ne fonctionnent pas.
 
J’ai, cela dit, bien davantage pitié du peuple français que de Nicolas Sarkozy, qui trouvera prochainement d’autres activités sans difficultés, et je trouve bien plus pathétique la situation de la France.
 
L’élection de François Hollande va, sans nul doute, accélérer le glissement du pays vers le gouffre, mais, même si Sarkozy avait été réélu, le pays aurait glissé vers le gouffre. Plus lentement, c’est tout.
 
Derrière Hollande se profile le silhouette du stalinien Jean-Luc Mélenchon qui, par son score, quinze pour cent sans doute, montrera que les inepties débitées pendant des années par Arlette Laguillier et par le Parti communiste peuvent se recycler et trouver un écho chez des gens qui ont moins de compréhension des principes de base de l’économie et de la géopolitique que des animaux de compagnie moyennement intelligent.
 
En troisième position, devant Mélenchon, on trouvera Marine Le Pen qui, si elle tient un discours juste sur l’islam, tient, en économie, un discours digne de celui de Mélenchon, et ne semble toujours pas comprendre que la Russie est un pays à régime autoritaire aux alliances douteuses, que les Etats-Unis sont, depuis des décennies, la puissance vectrice de la liberté, et que ce qui sépare Israël des pays arabes est ce qui fait tout la différence entre démocratie et totalitarisme. Le discours sur l’islam tenu par Marine Le Pen ne peut me permettre de lui accorder mon adhésion dès lors qu’elle se trompe sur le reste. Si ses positions étaient celles de Geert Wilders aux Pays Bas, mes propos seraient différents, mais ce n’est pas, ou pas encore, le cas.
 
Intellectuellement et politiquement, la France semble agonisante. En regardant les débats et les prestations des candidats à l’élection présidentielle, il m’arrive d’avoir l’impression d’assister à des débats entre membres de l’aile gauche du parti démocrate américain et membres de factions gauchistes américaines, et à des prestations des mêmes gens. Dix candidats, tous étatistes à des degrés divers, tous à diaboliser la finance sans rien y comprendre, tous à proposer en matière économique des absurdités qui étaient déjà ridicules au temps où Adam Smith écrivait son Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations.
 
En regardant les livres en vente, je renonce, le plus souvent, à chercher un livre sensé. Il m’arrive parfois d’en trouver un, peut-être deux. Le seul magazine que je trouve encore lisible, Valeurs actuelles, publiait récemment un dossier intitulé « Résister à la pensée unique », et on y trouvait effectivement quelques personnes qui résistent, mais pas toujours à la pensée unique. Etaient évoqués, à côté de gens respectables tels qu’Eric Zemmour, Elisabeth Levy ou André Bercoff, le linguiste Claude Hagège qui « résiste » à l’anglais (quelle belle résistance !) et un débiteur de platitudes fades appelé Paul-François Paoli.
 
Au cours de l’été prochain, la France s’apprêtera doucement à rejoindre la Grèce, le Portugal, l’Espagne et l’Italie sur la liste des pays sinistrés.
 
Y aura-t-il une recomposition sur la droite de l’échiquier politique français après la défaite de Nicolas Sarkozy ? J’aimerais le penser, mais j’en doute. Les penseurs libéraux et conservateurs en France sont une espèce en voie de disparition en France. Je suis très bien placé pour le savoir.
 
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© Guy Millière pour www.Dreuz.info
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