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Publié par Michel Garroté le 19 avril 2012

   

   

   

   

Michel Garroté – On les appelle « les intégristes », « les traditionalistes », « les tradis », « les lefebvristes », « les ecônards ». Bref, il s’agit, concrètement, de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), de ses prêtres, et, par extension, de ses fidèles. Une Fraternité de prêtres qui célèbrent le rite tridentin dit « Messe Saint Pie V ». Ne serait-ce qu’à ce stade, la confusion règne déjà. C’est une fraternité de prêtres. Elle s’appelle « Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X » car elle admire le pontificat de Saint Pie X, pape de la fin du 19e siècle et du début 20e siècle. Et elle célèbre le rite tridentin, en clair, la messe codifiée par le pape saint Pie V au 16e siècle. Là, déjà, le public est largué, ne sachant ni qui était Saint Pie X, ni qui était Saint Pie V. En résumé, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X célèbre la messe Saint Pie V… Elle a été fondée après le Concile Vatican II par un évêque français, Mgr Marcel Lefebvre, d’où le surnom de « lefebvristes » donné à ses prêtres et à leurs fidèles. En 1988, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) s’est d’elle-même excommuniée en sacrant des évêques contre l’avis du Saint-Siège et depuis on parle de schisme.

Que la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) l’admette ou non, elle était et elle demeure une communauté catholique traditionaliste essentiellement française. Certes, elle a des maisons dans divers pays. Cela dit, ceux qui dirigent, commandent et décident – étaient et restent – essentiellement des Français. Et pas seulement des prêtres français. Mais également des fidèles laïcs, et, surtout, des « bienfaiteurs » et « donateurs » laïcs. Il n’est pas rare, en effet, que telle ou telle veuve, riche et âgée, déshérite ses enfants et ses neveux (au motif qu’ils ne sont pas « traditionalistes ») au bénéfice de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). Par ailleurs, contrairement aux prêtres diocésains sous autorité épiscopale, ceux de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) mènent une vie plus libre et parfois plus exaltante que l’ordinaire curé de paroisse.

Si ces prêtres traditionnalistes réintègrent l’Eglise, il y a fort à parier qu’ils ne voudront pas renoncer pour autant au « privilège » de leur « indépendance ». Même chose pour les évêques de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (on se souviendra encore longtemps de Mgr Williamson et de ses thèses négationnistes…). Car tout ce petit monde vit depuis quarante ans en vase clos et de façon plutôt confortable. Les laïcs fidèles de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), eux aussi, se sentiront moins libres de tenir des sites, des blogues, des bulletins et autres feuilles de chou (à tirage et lectorat certes très limités dans tous les sens du terme…) qui trop souvent colportent des thèses judéophobes, complotistes et conspirationnistes (la FSSPX a longtemps été, au moins un peu, le « refuge » de néo-pétainistes, de monarchistes, de maurassiens et d’autres nostalgiques, qui, par-dessus le marché, s’excommuniaient les uns les autres…).

D’une certaine manière, cela les arrange bien, ces ecclésiastiques et ces laïcs, de pouvoir penser, dire, écrire et agir comme bon leur semble, en justifiant cela par le fait qu’ils seraient les seuls garants de la « vraie » doctrine, et, que l’Eglise, elle, depuis Vatican II, ne serait plus qu’une communauté ecclésiale « moderniste », « hérétique » et « apostate ». Dans ce contexte, je reproduis, ci-dessous, des extraits d’analyses – très récentes – effectuées par divers vaticanistes.

   

     

   

  

Dans le Figaro des 14 et 15 avril, Jean-Marie Guénois écrivait (extraits) : Les uns derrières les autres, Benoît XVI a abattu, de toute son autorité de pape, les obstacles qui empêchaient une pleine réconciliation avec les disciples de Mgr Marcel Lefebvre. Et si un accord final est annoncé dans les jours qui viennent, l'essentiel du travail a déjà été fourni par ce pape. L'échec apparent de ces dernières, il y a un an, avait donné l'impression d'un échec total de la négociation. Le désaccord doctrinal entre les lefebvristes et Rome à propos du concile Vatican II est effectivement abyssal. On avait simplement oublié que l'objet de ces échanges n'était pas de trouver un accord, mais d'établir la liste des différences et de leur pourquoi. C'est donc en parfaite connaissance de cause, et donc sans aucune ambiguïté, que Rome entend sceller cette unité retrouvée avec Ecône, fief des lefebvristes en Suisse. Elle passera probablement par l'attribution d'un statut spécial – une « prélature personnelle » – déjà expérimentée par l'Opus Dei.

Jean-Marie Guénois : Cette structure donne une véritable autonomie d'action dès lors que la foi catholique est partagée. Son supérieur rend compte directement au pape et non aux évêques. Mais la vraie « révolution » que Benoît XVI cherche à laisser aux yeux de l'histoire de l'Église catholique est ailleurs. Elle touche non pas des aspects périphériques de l'Église catholique. Ceux-ci font d'ailleurs déjà bondir les groupes opposés à cette réconciliation. Lesdits «progressistes» de l'Église conciliaire qui voient les «acquis» du concile Vatican II remis en cause. Lesdits «ultras» des rangs lefebvristes qui voient là une trahison et une compromission avec la Rome moderniste. Cette révolution a pour ambition une vision élargie de l'Église catholique. Le théologien Benoît XVI n'a jamais admis qu'en 1962, la bimillénaire Église catholique se coupe de la culture et de la force de son passé. Plus qu'une réconciliation avec les lefebvristes, il vise donc, par ce geste, une réconciliation de l'Église catholique avec elle-même, concluait Jean-Marie Guénois.

Le 17 avril, le vaticaniste Andrea Tornielli, cité par divers grands médias, écrivait (extraits) : Le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, Mgr Bernard Fellay, le soir du 14 Avril a pris stylo et papier pour envoyer un message confidentiel aux trois autres évêques et à tous les prêtres appartenant au groupe lefebvriste, réaffirmant l'état des relations avec le Saint-Siège. Fellay, faisant référence aux indiscrétions de la presse sur une possible solution positive du dialogue avec Rome, aurait expliqué qu'à ce moment, rien de définitif n'est encore arrivé, ni dans le sens de la reconnaissance canonique, mais pas non plus dans le sens d'une rupture et, par conséquent, on est dans une phase d'attente. L'évêque, selon les indiscrétions recueillies par Vatican Insider, a voulu rappeler aux prêtres de la Fraternité ce qu'il avait déjà écrit il y a quelques jours, rappelant les deux principes qui guident les lefebvristes dans les relations avec Rome : le premier est que ne soient pas demandées à la Fraternité des concessions qui touchent la foi et ce qui en dérive (liturgie, sacrements, morale, discipline).

Andrea Tornielli : Le second est que soient concédées à la FSSPX une vraie liberté et une autonomie d'action, qui lui permette de vivre et de se développer. Comment interpréter ce message du Supérieur lefebvriste ? Tout d'abord, il est intéressant de noter que n'est absolument pas niée la possibilité d'une solution positive, que de nombreuses sources – tant parmi celles proches de la Fraternité Saint-Pie X, que parmi celles du Vatican – donnent aujourd'hui pour probable et imminente. Fellay, qui sait qu'il a une rébellion interne ouvertement opposée à l'accord (estimée à environ 25 pour cent, mais comprenant, même si c'est avec des positions différentes, les trois autres évêques, Williamson, Tissier de Mallerais et Gallareta), a sans doute voulu rassurer ses interlocuteurs internes sur le fait que le cadre canonique et le retour à la pleine communion adviendront selon ces deux conditions, déjà énoncées publiquement par lui ces dernières semaines, concluait Andrea Tornielli.

Le 18 avril, dans Le Nouvelliste, le vaticaniste Vincent Pellegrini écrivait (extraits) : Mgr Fellay, le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, aurait signé un accord avec le Vatican. La nouvelle est tombée hier matin sur le site Meta-Blog : « Pas tout à fait minuit, ce 17 avril, alors que le pape est au lendemain de son anniversaire, la nouvelle tombe dans La Stampa, sous la plume d'Andrea Tornielli : Mgr Fellay a signé le préambule que lui propose Benoît XVI, "avec quelques modifications non substantielles" ». Si cette nouvelle s’avère exacte, elle signifie que le mouvement d’Ecône est sur le point d’être réhabilité et de retrouver un statut officiel dans l’Eglise. Les commentateurs penchent pour une prélature personnelle qui ferait dépendre Ecône directement de Rome. Cette réconciliation serait une sorte de miracle obtenu par le pape avec l’aide du supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, le Valaisan Bernard Fellay, l’un des quatre évêques d’Ecône dont l’excommunication a été levée en 2009 par le pape en signe de bonne volonté dans le dialogue.

Vincent Pellegrini : C’est en 2005 que l’atmosphère entre Rome et Ecône est sortie de la glaciation. En 2007, le pape donne un premier signal fort en réhabilitant l’ancienne messe latine baptisée «forme extraordinaire» du rite romain, la nouvelle messe restant la «forme ordinaire». Puis, en 2009, c’est la levée par le pape des excommunications contre les quatre évêques d’Ecône afin d’entrer en dialogue approfondi avec la Fraternité Saint-Pie X dans un climat de confiance mutuelle. Les discussions Rome-Ecône ont duré deux ans et huit rencontres. Mais les traditionalistes n’ont finalement pas voulu signer le préambule doctrinal proposé par Rome à cause du Concile Vatican II dont ils rejettent la liberté religieuse, la collégialité et l’œcuménisme. Tout semblait perdu. Mais le pape est revenu à la charge car il voulait coûte que coûte cette réconciliation qu’il avait failli réussir en 1988 déjà, lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, en faisant signer à Mgr Lefebvre une déclaration portant notamment sur le texte du Concile Vatican II Lumen Gentium.

Vincent Pellegrini : Malheureusement, des blocages étaient ensuite intervenus au sujet de la nomination d’un évêque traditionaliste. Cette fois-ci, la condition était qu’Ecône signe un préambule doctrinal. Ces derniers temps, des émissaires ont discrètement travaillé entre Rome et Ecône pour arrondir les angles. Cela explique la signature courageuse de Mgr Fellay et de ses assistants qui ont une partie non négligeable de la Fraternité Saint-Pie X contre eux. Mgr Galaretta, l’un des quatre évêques d’Ecône, n’a par exemple pas fait mystère de son opposition à la signature du préambule doctrinal présenté par les experts du Vatican placés sous la houlette du cardinal Levada, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. L’heure de vérité a sonné pour Ecône. Selon certains observateurs, un tiers des membres de la Fraternité Saint-Pie X sont opposés à un accord avec Rome en l’état, un tiers veulent cet accord et le dernier tiers, légaliste, suivra la décision du Supérieur général de signer. Mgr Williamson est hors course et mis de côté, tandis que Mgr Tissier de Mallerais est plutôt du côté des durs avec Mgr Galaretta.

Vincent Pellegrini : Si l’accord se fait, c’est grâce à l’initiative personnelle et au courage de Mgr Fellay, le quatrième évêque et le Supérieur d’Ecône. Mais la signature du préambule doctrinal, si elle est confirmée, n’est qu’une étape. Il faudra sortir des cartons un modèle canonique officiel pour qu’Ecône entre dans le périmètre visible de l’Eglise. On sait que les traditionalistes d’Ecône ne veulent pas être sous l’autorité des évêques dont ils se sentent incompris. On évoque une solution semblable à celle donnée à l’Opus Dei qui ferait dépendre Ecône directement du pape. Reste à voir aussi la réaction des troupes de Mgr Fellay. Le camp traditionaliste va-t-il se lézarder ou faire corps? Pour l’heure on est dans l’attente d’une confirmation officielle de la signature. La persévérance de Benoît XVI à trouver une solution est apparue dès le lendemain de son élection, en 2005, lorsqu’il disait son désir que toute l’Eglise soit Une. Il pensait sans doute déjà à ramener dans le bercail les traditionalistes malgré le risque d’une large réprobation des évêques officiels à cause de la liberté théologique donnée de critiquer certains points de Vatican II, concluait Vincent Pellegrini.

Affaire à suivre…

Copyright Michel Garroté 2012 & Sources citées

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