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Publié par Guy Millière le 4 mai 2012

Je me suis abstenu au premier tour de l’élection présidentielle française. Je voulais m’abstenir aussi au deuxième tour. Je le voulais d’autant plus que le résultat ne me semble pas faire l’ombre d’un doute. Je le voulais car je l’ai dit ici, le mandat de Nicolas Sarkozy m’a semblé médiocre sur tous les plans, très désordonné, sans ligne directrice ni épine dorsale.

Je ne me reconnais à peu près en rien en ce qu’incarne Nicolas Sarkozy. Economiquement, il n’est pas libéral, contrairement à ce qu’écrivent des gens qui ont dû apprendre l’économie en lisant Germinal d’Emile Zola et le Manifeste du parti communiste de Karl Marx et Friedrich Engels : c’est un étatiste et un dirigiste forcené.

Socialement, ce n’est pas un conservateur : ceux qui voient en lui un conservateur sont aussi lucides que ceux qui voient en le Front National un mouvement d’extrême droite alors que le programme économique et social du Front National vient des idées de paléo-gaullistes et de disciples de Jean-Pierre Chevènement. Les rares fois où j’ai croisé Nicolas Sarkozy, j’ai trouvé chez lui des dimensions compulsives et autoritaires qui ont tout eu pour me déplaire. Si je devais ajouter ce que je pense de l’embardée libyenne et de ses effets secondaires, de l’attitude de Nicolas Sarkozy concernant Israël et le dossier « palestinien », je deviendrais à nouveau aussi désobligeant que j’ai pu l’être lorsque j’ai traité de ces dossiers au cours des mois qui viennent de s’écouler.

Mais je dois regarder, puisque l’échéance vient, ce qui se trouve en face de Nicolas Sarkozy. Humainement, François Hollande est un homme plus aimable que Nicolas Sarkozy, et c’est une qualité que je lui reconnais : mais ses idées, je dois l’écrire, sont effroyables. Ses propositions économiques sont à même d’assurer la ruine d’un pays déjà quasiment ruiné, et ce en quelques semaines, quelques mois tout au plus. Elles reposent sur une cécité confondante face à l’évolution du monde. Elles semblent sortir d’une relecture des écrits de John Maynard Keynes effectuée il a un trentaine d’années, conservée depuis dans du formol, et ressortie comme si elle était un produit du jour. Les idées keynesiennes étaient gravement erronées dans les années 1930 : elles sont aujourd’hui erronées, antédiluviennes et mortifères. Dans une Europe déjà au bord de l’implosion, elles ajouteront sur le feu les louches d’huile bouillante à même de le décupler. Je pourrais considérer que le feu est salvateur s’il pouvait dégager l’horizon et permettre d’y voir plus clair, mais dans un pays où dix candidats sur dix au premier tour débitaient des inepties de divers types, je ne jurerais de rien, et, quand bien même je pense que les louches d’huiles seront ajoutées au feu qui brûle déjà, je ne puis me résoudre à me dire que j’y aurai un tant soit peu contribué.

Je dois voir aussi que, par diverses propositions, du mariage gay à l’islamisation consentie, des promesses faites aux pastèques écologistes, vertes à l’extérieur et rouge sang à l’intérieur, à la dissolution de l’idée même de nationalité par le biais de la légalisation du vote des étrangers non européens venus des contrées avec lesquels ont été passés les accords Eurabia, ce sont les fondements mêmes de la civilisation occidentale qu’il s’agit, pour les socialistes d’ébranler jusqu’à ce que vienne un crépuscule irréversible.

Je dois voir, enfin, et je l’explique en détail dans un article que publiera la Metula News Agency, que François Hollande est le candidat soutenu par divers groupes musulmans (non sans raisons), par des islamistes appelant au djihad, fut-ce de manière feutrée, par les antisémites excités qui gouvernent l’Iran, et cela me semble constituer une forme de ligne de démarcation au delà de laquelle on entre en territoire d’infamie.

J’ai décidé en ces conditions de ne pas m’abstenir et de voter contre François Hollande. Ce n’est pas un soutien à Nicolas Sarkozy. Je pense, je l’ai dit, que Nicolas Sarkozy va perdre. Et je pense que c’est une défaite que Nicolas Sarkozy a préparé lui-même depuis longtemps.

Mais c’est une façon pour moi de me dire que je n’aurai pas contribué à une issue qui me semble devoir être sombre et tragique.

Je dois ajouter à ce que je viens de noter un dégoût absolu et révolté : il y a dans la hargne anti-sarkozyste de la plupart des grands médias une atmosphère de curée venimeuse aux relents totalitaires. Ces gens là accusent Sarkozy d’être d’extrême droite. Ils ressortent des photos de Pétain. Ils incriminent Sarkozy parce qu’il a dit que les électeurs du Front National font partie de la république. Ils se proclament aisément anti-fascistes.

Ce sont eux les fascistes, et il serait utile de leur rappeler que le fascisme, comme le national-socialisme sont des collectivismes socialistes. Ce sont eux qui entendent interdire de parler et de penser et qui, en tuant la liberté de parole, font que ce pays crève et s’asphyxie sans que puissent y pénétrer les idées qui font vivre des pays tels qu’Israël, les Etats-Unis, le Canada.

C’est à cause d’eux qu’on ignore aujourd’hui dans ce pays ce qu’est la pensée libérale, ce qu’est la pensée conservatrice, ce qu’est réellement le socialisme, ce qu’est le droit naturel, ce qui se passe réellement dans les pays susdits, Israël, Etats-Unis, Canada, qui sont, malgré Obama, les puissances de la liberté sur terre.

C’est à cause d’eux qu’on ne comprend rien en ce pays à la finance et au capitalisme et qu’on parle des financiers comme on parlait des banquiers juifs dans les années trente du vingtième siècle.

C’est à cause d’eux que l’histoire est peu à peu falsifiée comme elle pouvait l’être en Union Soviétique autrefois, même si c’est de manière plus subtile.

C’est à cause d’eux qu’il est à peine possible de dire que les jours de l’euro sont sans doute comptés.

Ces gens-là crachent sur Sarkozy en allant bien au delà de ce que doit être le débat dans une démocratie et, en voyant les couvertures de Libération ou de L’Humanité ces derniers temps, j’ai pensé à Je suis partout au temps où Robert Brasillach y écrivait.

Ces gens-là dénoncent l’antisémitisme supposé du Front National : on doit leur dire que l’antisémitisme actif, virulent, dangereux aujourd’hui n’est pas au Front National, mais chez les disciples de Marcel Déat et Jacques Doriot, qu’on trouve, plutôt, au Front de gauche.

Les mois à venir vont ressembler à une chape de plomb épaisse et monolithique. L’atmosphère est déjà irrespirable, elle va devenir très toxique.

Je ne serai pas complice de cette toxicité. Je n’en serai pas la victime consentante. Renaud Camus vient de voir ses contrats résiliés par ses deux principaux éditeurs, pour délit d’opinion. On n’assassine pas encore les gens qui osent penser autrement. Cela pourrait bientôt venir.

Un mois et demi s’est écoulé depuis les meurtres djihadistes et antisémites de Toulouse, qui parle de l’antisémitisme islamique ? Personne. Qui parle de l’islam radical ? Personne non plus. C’est logique. Effroyablement logique.

Mon ami Daniel Pipes s’est efforcé de me convaincre qu’un soulèvement sauverait l’Europe. C’est l’un des thèmes qui est abordé dans le livre que nous signons ensemble et qui sera publié au début du mois de mai, Face à l’islam radical. Qui parlera de ce livre dans les grands médias ? Personne sans doute. C’est logique aussi. Effroyablement logique. Daniel Pipes est simplement l’un des plus grands islamologues de ce temps. Pourquoi parlerait-on de ce qu’il écrit ? Il n’a pas sa carte au Parti socialiste français. Moi non plus.

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© Guy Millière pour www.Dreuz.info

PS. Richard Prasquier, pour avoir publié une tribune dans le journal israélien de gauche Haaretz dans laquelle il se contentait d’attirer l’attention sur le fait qu’un nouvel antisémitisme s’est développé sous le masque de l’antisionisme, sur le fait que des dirigeants socialistes ont une vision négative de la politique d’Israël, et sur le fait que les partis gauchistes et les Verts ont une hostilité profonde envers Israël, ce qui peut conduire à une hausse des attitudes « antisionistes », s’est fait insulter par divers journalistes de gauche. Un homme sans le moindre honneur a osé titrer, dans Marianne, « l’honneur perdu de Richard Prasquier ». Les propos de Richard Prasquier sont très modérés. Si des propos aussi modérés valent qu’on insulte un homme respectable, et ce dès aujourd’hui, on peut aisément imaginer ce qui va suivre.

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