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Publié par Guy Millière le 11 mai 2012

Je m’étais promis de revenir sur l’affaire George Zimmerman. Je le fais ici. Je le fais d’autant plus qu’elle est loin d’être achevée, et ne fait, même, sans doute, que commencer.

Des gens ont disséminé aux Etats-Unis tous les venins de tensions raciales et d’émeutes potentielles : ce n’est, hélas, pas la première fois. Certains de ces gens vivent des tensions raciales depuis des décennies, et ils continuent. Parmi ces gens, il y a le Président des Etats-Unis, et, là, c’est la première fois. C’est loin d’être la seule chose qu’on puisse lui reprocher, mais c’est extrêmement grave.

L’affaire est connue. Le 26 février dernier, à Sanford, une petite ville de Floride située à trente kilomètres au Nord d’Orlando, un homme, George Zimmerman, tire sur un autre appelée Trayvon Martin et le blesse mortellement. La police est appelée sur place. Elle considère que George Zimmerman a tiré après avoir été agressé, ce qui est légal en Floride. Après avoir entendu George Zimmerman, la police l’a remis en liberté.

Les engrenages se sont enclenchés depuis là. Les professionnels des tensions raciales ont commencé à parler de « meurtre raciste » et à appeler aux manifestations. Al Sharpton, responsable de manifestations antisémites à New York en 1991 et de la mort de Yankel Rosenbaum aux cris de « mort aux Juifs », disposant d’une émission sur la chaîne CNBC, a versé de l’essence sur les braises. Le cinéaste radical Spike Lee s’est mis de la partie, le New Black Panther Party aussi. Une photo de Trayvon Martin datant d’il y a plusieurs années, et le montrant comme un petit garçon aux airs innocents a été largement diffusée, en même temps qu’une photo retouchée de George Zimmerman, le montrant très blanc, mal rasé, patibulaire. Obama, la main sur le cœur, a dit, d’un air grave, que Trayvon Martin aurait pu être son « fils » et qu’il ressentait une tristesse personnelle.

La tête de George Zimmerman a été mise à prix, et une chasse à l’homme blanc s’est mise en marche. La justice de Floride a été sommée d’intervenir. George Zimmerman s’est caché, puis livré aux forces de police. Un procureur nommé par le gouverneur de Floride, considérant que le dossier contre Zimmerman n’était pas assez solide et ne pouvait résister à une procédure normale de mise en examen, qui impliquait la décision d’un jury populaire, a décidé de mettre Zimmerman en examen elle-même, l’accusant de meurtre sans préméditation, sans fondements, pour des motifs politiques, face à l’intimidation ambiante.

George Zimmerman affirme, bien entendu son innocence et a été remis en liberté sous caution. Il réside dans un lieu tenu secret et y restera jusqu’au procès.

Il risque toujours d’être tué par des racistes anti-blancs. Il devrait être acquitté et le sera sans aucun doute au cours des prochaines étapes judiciaires.

Néanmoins sa vie est brisée et il aura du mal à la reconstruire. Sa réputation a été salie à un degré ignoble : il a été présenté comme un obsédé de la sécurité aux idées racistes alors que tout son passé montre que c’est un homme éloigné de tout racisme, et qu’il n’a fait que faire preuve de vigilance vis-à-vis des rôdeurs dans sa communauté qu’après plusieurs cambriolages. Il a été présenté comme un petit blanc aigri : c’est un métis de mère péruvienne et de père américain (né juif, ancien juge), impliqué dans sa congrégation religieuse, catholique, marié, et il entendait faire des études de juriste.

Néanmoins aussi, la justice de Floride s’est laissée dévoyer par un chantage et a mis en examen un homme sans preuves, et en utilisant des documents trafiqués, tels les enregistrements audio et vidéo diffusés par CNBC, et dont la chaîne elle-même a reconnu qu’ils étaient trafiqués, ce qui l’a conduit à licencier plusieurs journalistes pour « faute grave ».

Néanmoins, si le calme est revenu, l’acquittement de George Zimmerman risque fort de déboucher sur des troubles raciaux très graves, car la population noire est maintenant très largement persuadée qu’il s’est agi d’un meurtre raciste et que Trayvon Martin est un innocent qui a été tué délibérément. Les documents montrant que Trayvon Martin était un adolescent désocialisé, agressif, expulsé de plusieurs établissements scolaires et engagé sur le chemin de la délinquance, restent cachés derrière la photo de petit garçon largement diffusée. Le fait que la communauté où résidait George Zimmerman compte des habitants noirs qui sont du côté de George Zimmerman ne comptera pas.

Ces troubles raciaux feront dire qu’il existe toujours des « tensions raciales » aux Etats-Unis, mais les responsables de ces tensions, ceux qui en vivent, les professionnels des tensions raciales, ne seront pas désignés : on incriminera les blancs, les conservateurs, bien sûr.

Le principal responsable de ces tensions, le Président actuel des Etats-Unis, sera moins désigné encore. Obama pourrait susciter une vague de meurtres racistes aux Etats-Unis qu’il se trouverait encore des gens pour l’idolâtrer et lui trouver des excuses.

D’ailleurs, la vague en question a commencé, et vous n’en avez, j’en suis sûr, pas du tout entendu parler.

Je l’ai écrit, plusieurs jeunes noirs ont été tués aux Etats-Unis par d’autres jeunes noirs au moment de l’affaire George Zimmerman, des blancs, des métis, des Asiatiques des latinos ont aussi été tués par des noirs. Ces victimes n’ont intéressé personne.

Plusieurs agressions très graves ont été commises par des noirs contre des blancs ces derniers jours, pour « venger » Trayvon Martin.

J’en citerai trois :

-le 9 avril à Kansas City, un jeune garçon blanc de treize ans a été agressé à coups de battes de baseball par deux jeunes noirs, puis arrosé d’essence et brûlé. Il est à l’hôpital. Ses agresseurs ont dit : « c’est pour Trayvon ». Ses agresseurs étant mineurs, ils ont été laissés en liberté.

-le 17 avril, à Chicago, un nommé Alton Hayes a agressé et frappé à coups de barre de fer un jeune blanc de dix-neuf ans (son nom n’a pas été diffusé), et l’a laissé pour mort. « J’ai fait cela pour Trayvon », a déclaré Alton Hayes au juge.

-le 21 avril, à Mobile, Alabama, un blanc de quarante ans, Matthew Owens, a été agressé et frappé à coups de manivelles et de briques par une horde d’une vingtaine de noirs. Il est à l’hôpital, entre la vie et la mort. Les agresseurs ont dit eux aussi avoir fait cela « pour Trayvon ». Deux agresseurs seulement ont été arrêtés. Les gens du quartier ont peur et se taisent.

D’autres agressions très graves du même type ont eu lieu ces derniers jours. Il vient d’être révélé qu’un journaliste de Virginie appelé Dave Forster, et sa compagne, ont été agressés par une horde d’une trentaine de jeunes noirs criant « Trayvon », à un feu rouge, dans le centre-ville de Norfolk. Ils sont hospitalisés, dans un état désespéré.

La vague ainsi dessinée peut tout à fait continuer. Le silence de la Maison Blanche est assourdissant. Est-ce cela, l’ « espoir » et le « changement » promis en 2008 ? « Qui sont les racistes » demandait voici peu, dans une chronique, Thomas Sowell. Qui, effectivement.

Cette Amérique là ne ressemble pas à celle qui m’a fait aimer l’Amérique. J’espère qu’elle disparaîtra en novembre prochain. Je crains, même si c’est le cas, qu’il reste des cicatrices.

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© Guy Millière pour www.Dreuz.info

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