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Publié par Guy Millière le 12 mai 2012

Je n’aime pas les films d’horreur. Je n’en ai pas moins assisté le 6 mai dernier au soir à la réalisation d’un film d’horreur. En direct. Une semaine s’est écoulée depuis. Les images vues ce soir-là ne s’effacent pas. Elles ne constituent sans doute que le prologue à bien pire.

Ces images ont été, bien sûr, celles de la place de la Bastille, cet endroit où la gauche se plait à célébrer ses victoires électorales, sans doute parce que s’y sont enclenchés en 1789, les engrenages qui allaient mener, un peu plus de trois années plus tard à la Terreur et à la loi des suspects. Elles ont été celles de la noce barbare où se sont mêlées les couleurs de tout le dar el islam et celles des léninistes, des simples marxistes, des homosexuels et des brouteurs d’herbe bleue. J’en ai déjà traité en renvoyant à mon livre, Face à l’islam radical*. J’aurai l’occasion d’y revenir.

Ces images ont été celles des dirigeants socialistes venant parler aux participants à la noce et débiter des discours ineptes ou odieux, parfois les deux à la fois : parler de redressement du pays après le désastre, comme cela s’est fait, montrait que ces gens n’avaient aucune honte ou avaient perdu tout contact avec la réalité.

Ces images ont été aussi celles venues de Grèce. Les partis qui ont remporté les élections en Grèce se situent à l’extrême gauche et à l’extrême droite. Un parti ouvertement national socialiste a même fait son entrée au parlement. Aucun de ceux qui ont reçu les suffrages de la population grecque n’est en mesure de former un gouvernement. Aucun ne propose la moindre réponse viable à une situation déjà catastrophique. Voir un peuple entrer dans la spirale de la destruction collective a une dimension pathétique et cauchemardesque. Les Grecs sont, sur ce plan, plus avancés que les Français. La France néanmoins est engagée dans un chemin destiné à s’achever dans des impasses identiques, car le programme économique de François Hollande est absolument irréalisable.

Il n’y a pas eu, le 6 mai, d’image venue d’autres pays d’Europe, mais si des images étaient venues d’Espagne, d’Italie ou du Portugal, elles n’auraient pas été plus encourageantes.

En France, on voyait des gens faire la fête. En Grèce, on voyait des gens le surlendemain des fêtes, lorsque l’ivresse est effacée et que reste la dévastation. On aurait pu voir des gens ressemblant aux Grecs par leur tristesse et leur désarroi en Espagne, en Italie, au Portugal. On verra bientôt des gens de ce type en France : on pourrait d’ailleurs déjà les voir si on montrait quelques uns des dix millions de pauvres que compte le pays.

Ceux qui faisaient la fête place de la Bastille ne pensaient pas aux dix millions de pauvres. Ils ne pensaient pas aux lendemains, lorsqu’ils rejoindraient aux aussi la cohorte des pauvres.

Certains d’entre eux citaient Mohamed Merah comme leur héros. On sait dans quelle direction ce type de héros peut conduire.

La réalité est que l’Europe se rapproche de l’abîme.

Une population musulmane frustrée et gagnée par le ressentiment y coexiste avec des populations de souche européenne en désarroi, proches du désespoir, d’autres Européens qui s’imaginent avoir encore le luxe de pouvoir s’offrir des fantasmes de « justice sociale », et d’autres Européens qui cherchent la porte de sortie et quittent l’asile d’aliénés.

Des gens porteurs de capital humain et intellectuel s’en vont, des gens sans capital humain et intellectuel arrivent et attendent la rente qu’il n’est plus possible de payer.

Les Etats providence sont en train de s’effondrer parce que ceux qui payaient, contraints et forcés, s’évadent vers d’autres cieux ou travaillent moins et paient moins tandis que ceux qui reçoivent sont de plus en plus nombreux.

La zone euro a mis ensemble des pays qui n’avaient ni le même fonctionnement économique, ni les mêmes structures politiques, ni les mêmes cultures. Il n’existe aucune variable d’ajustement permettant de prendre en compte les différences qui séparent l’Allemagne ou les Pays Bas des pays d’Europe du Sud.

La Grèce, sauf miracle, va bientôt quitter la zone euro et déposer son bilan, dans le bruit et la fureur. L’Espagne et le Portugal vont continuer à se noyer.

La France va entrer dans une zone de fortes turbulences.

François Hollande veut de la croissance ? Et il pense que l’Allemagne va payer par l’européanisation et la mutualisation des dettes ? Angela Merkel sait qu’au vu du vieillissement de la population, elle a besoin de l’épargne allemande pour les jours difficiles qui s’annoncent en Allemagne à moyen terme. Elle sait aussi que laisser la France faire faillite aurait des conséquences dramatiques pour le continent. Alors ? Je ne pense pas qu’Angela Merkel cédera au chantage. Ce n’est pas celui qui vient la sébile à la main qui dicte ses conditions. Pour des motifs diplomatiques, des concessions verbales verront peut-être le jour ; c’est ce que François Hollande pourra obtenir de mieux : des concessions verbales.

François Hollande propose que la Banque Centrale Européenne aie recours à de l’inflation, ce qui dévaluerait l’euro, et ne remédierait pas aux problèmes structurels de la zone euro (toute augmentation de la masse monétaire est un processus inflationniste). Or, les Allemands ont horreur de l’inflation et les dirigeants allemands savent que l’inflation n’est jamais un remède. Les Allemands surmonteront-ils leur horreur de l’inflation et accepteront-ils un dévaluation de l’euro ? J’en doute. Peut-être accepteront-ils tout au plus la création de « project bonds », titres de projets, censés financer des projets européens qui ne verront pas le jour.

François Hollande veut emprunter davantage et recourir à une relance par la demande ? Les financiers, qu’il a prétendu avec arrogance mettre au pas, vont assez vite le rappeler à l’ordre et lui dire qu’on ne peut continuer indéfiniment à maintenir des systèmes de dépense à base d’emprunts sans devoir songer à rembourser un jour, ou sans avoir à déposer le bilan.

François Hollande veut faire payer les riches et les grandes entreprises pour rééquilibrer les comptes. Et comment compte-t-il s’y prendre pour empêcher les entreprises et les riches de s’installer ailleurs ?

François Hollande ne pourra tenir aucune de ses promesses économiques, sinon de manière très provisoire (il lui restera ses promesses sociétales, telles le mariage gay, j’y reviendrai). Il va permettre à Jacques Attali de rééditer un de ses livres : ce ne sera pas « Tous ruinés dans dix ans », mais, version revue, « Tous ruinés dans deux ans ». Ce sera intéressant.

Y aura-t-il un retour au franc ? Ce n’est plus impossible. Surtout si la Grèce quitte l’euro.

Une alternance est-elle envisageable ? Dans l’état actuel des choses, je ne pense pas, non. L’UMP a le même maître à penser que Hollande, John Maynard Keynes. Le Front National a un programme économique écrit par des disciples de Jean-Pierre Chevénement, ce qui n’est vraiment pas un atout.

Qui propose un retour à l’esprit d’entreprise et une adaptation aux grands flux féconds de la globalisation ? Personne.

Le futur du monde ne s’écrira pas en Europe. L’Europe est en train de mourir. On a assisté le 6 mai à la nuit des morts vivants : tous ces gens semblaient vivre. Ils étaient déjà mort dans leur tête sans lucidité ni pensée. Ils seront plus morts encore demain.

Y a-t-il quelqu’un pour sauver le continent européen ? Je ne vois rien venir.

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