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Publié par Shmuel Trigano le 18 mai 2012

 

Shmuel Trigano

L’affaire Merah marque un tournant dans la façon de considérer le phénomène antisémite en France. Il est désormais évident qu’il y a un antisémitisme français, dont les perpétrateurs sont bien nés en France. Cet antisémitisme a tué par deux fois (voire 3 si l’on compte le DJ Sellam). Jusqu’alors le discours dominant, depuis Chirac, en a nié la réalité, en parlant d’«importation » du conflit du Moyen Orient et en arguant de tensions « inter-communautaires ». A l’époque chiraquienne, parler d’antisémitisme équivalait à tenir des propos anti-français. Les Juifs subirent alors une double peine : en plus d’être la cible d’attaques, ils se virent non seulement mis au rang des agresseurs (« tensions inter… ») mais encore, par État d’Israël interposé, accusés d’être à l’origine du conflit du Moyen Orient, et donc de la violence. Cette pensée viciée pouvait alors « expliquer » (cf. Hubert Védrine) que des citoyens français puissent agresser certains de leurs concitoyens au nom d’un conflit se déroulant à 3000 km de là.

Pourquoi reparler de tout cela aujourd’hui? Le retour du parti socialiste au pouvoir ravive une crise profonde vécue par la communauté juive, à laquelle seule la venue de Sarkozy au ministère de l’intérieur, en mai 2002, avait mis un terme. Face aux 500 agressions antisémites commises depuis la fin 2000, le gouvernement Jospin avait eu pour politique non pas de condamner explicitement et de réprimer ces agissements mais d’imposer un black out total sur ces événements, « pour ne pas jeter de l’huile sur le feu ».

Cette faute politique grave ouvrait la voie aux émeutes des banlieues de 2005. Mais pour les Juifs elle impliquait une éclipse de leur citoyenneté, non seulement parce que leur droit à la sécurité et à la justice n’était pas honoré par l’État mais avant tout parce qu’ils se voyaient indexés symboliquement à une condition d’exception. En imposant cette censure aux institutions juives, on leur demandait explicitement de se sacrifier pour sauver « la paix civile », voire, dans les années qui suivirent, d’innocenter leurs agresseurs – à travers un pseudo dialogue inter-religieux (1). Ce fut là l’origine de la litanie malsaine « quand on touche à un Juif, on touche à la République » qui sort les Juifs de la masse de leurs concitoyens pour jouer ce rôle sacrificiel qui a l’ambivalence du totem et du tabou : saint et sacrilège à la fois. Une attitude qui fait que l’on compatit au meurtre de Toulouse tout en pensant que Gaza est un camp de concentration à ciel ouvert comme la dit tout haut l’inénarrable Eva Joly, c’est à dire que les Juifs sont coupables.

 Ce rôle paradoxal a plongé les Juifs les plus conscients dans un malaise profond où se mêlent les sentiments d’exclusion, de dévalorisation et de harcèlement moral. Le sentiment de déclin et d’isolement s’est épaissi. Un partage de populations a commencé à se faire, les Juifs se repliant dans des quartiers « sûrs » (ou des écoles privées pour ce qui est des enfants), c’est à dire loin des populations immigrées. Un tel malaise, ne découle-t-il pas aussi d’un antisémitisme qui mêle un philosémitisme déclaratif à l’antisionisme le plus radical, la mémoire de la Shoah à la délégitimation d’Israël ?

Le retour du PS au pouvoir réveille ce syndrome de comportements et d’attitudes. Ses alliances à l’extrême gauche (on sait le rôle nocif joué par les municipalités communistes dans les banlieues sur le plan de l’antisionisme) autant que son électorat musulman (qui n’a représenté un scandale pour aucun media, rappelez vous le raffut autour du « vote juif » !) font craindre qu’il n’est pas sorti de ses errements en matière de lutte contre l’antisémitisme.

La question est simple. On ne peut écarter le fait que des agressions puissent se produire dans l’avenir, parce que l’antisémitisme est réel et qu’il est devenu un levier politique pour des politiciens sans vergogne, parce que l’élection de Hollande est interprétée comme un permis d’activisme. En tel cas, le scénario des années 2001-2002 est-il susceptible de se reproduire ?

 Telle est la question.

Les institutions juives obtempèreraient-elles et resteraient-elles sur la réserve pour vouer à nouveau les Juifs à l’abnégation ? Une situation délétère s’est installée depuis 10 ans sans qu’elles regimbent contre cette banalisation d’une situation d’exception. Les Juifs ont été bien gentils. Mais le moment est critique. Si la communauté juive ne fait pas un gros effort, du sommet à la base, pour que la lutte contre l’antisémitisme devienne une cause nationale, alors on peut être plus que perplexe pour l’avenir. La situation que nous avons décrite s’installera pour longtemps.

Note

(1) Cf. le CRIF obligé par l’État (sarkozien) de rencontrer l’UOIF, officine des Frères musulmans, ou les entreprises du type de «Marseille espérance» et autres «dialogues» suscités par la puissance publique, pourtant garante de la laïcité…

 © Shmuel Trigano

Chronique sur Radio J du vendredi 18 mai 2012.

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