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Publié par Michel Garroté le 29 mai 2012

Michel Garroté – C’est politiquement très incorrect, en ces temps sécularisés, de se demander si Obama ne serait pas – par hasard – un Messie temporel, l’AntéChrist ou un antéChrist. C’est d’autant plus incorrect que des médias francophones se sont moqués des Américains chrétiens parce que ceux-ci pensent qu’Obama serait peut-être un AntéChrist. Des médias francophones qui par ailleurs se montrent extrêmement respectueux face à l’ouverture du Ramadan, allant jusqu’à louer la spiritualité mahométane dans ce rituel qui consiste à ne pas manger le jour et à beaucoup manger la nuit. J’ai écrit que Obama était de « culture musulmane », en raison de son « enfance musulmane » ; et pour affirmer cela, je me suis notamment basé sur l’analyse de Daniel Pipes (*). Dès lors, on serait en droit de me demander en quoi son enfance musulmane et sa culture musulmane font – éventuellement – de Obama l’AntéChrist ou un antéChrist.

Qu’est-ce que l’AntéChrist ? Dans l’Épître de Jean (1 Jean 2, 18), il est écrit : « Petits enfants, c`est la dernière heure, et comme vous avez appris qu’un antéchrist vient, il y a maintenant plusieurs antéchrists : par là nous connaissons que c’est la dernière heure ». A ce propos, j’aimerais rappeler que l’on peut s’intéresser aux Ecritures tout en restant agnostique ou athée. Car hormis la foi, c’est aussi une question de connaissance, de culture et de raison.

Voici deux extraits de l’Epître de Paul aux Thessaloniciens (II Thess II, 1 et II Thess II, 8) qui nous éclairent sur l’Epître de Jean citée au paragraphe précédent : « En ce qui concerne l’Avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec Lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser ébranler facilement dans vos sentiments, ni alarmer, soit par quelque esprit, soit par quelques paroles ou lettres supposées venir de nous, comme si le jour du Seigneur (le jugement dernier) était imminent. Que personne ne vous égare d’aucune manière ; car auparavant viendra l’apostasie et se manifestera l’homme de péché, le fils de perdition, l’adversaire qui s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu ou honoré d’un culte, jusqu’à s’asseoir dans le sanctuaire de Dieu et à se présenter comme s’il était Dieu.

Et aussi (II Thess II, 8) : « Et alors se découvrira l’impie, que le Seigneur exterminera par le souffle de Sa bouche, et anéantira par l’éclat de Son avènement. Dans son apparition cet impie sera, par la puissance de Satan, accompagné de toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, avec toutes les séductions de l’iniquité, pour ceux qui se perdent, parce qu’ils n’ont pas ouvert leur coeur à l’amour de la vérité qui les eût sauvés ».

Je l’écris encore une fois : l’on peut s’intéresser aux Ecritures tout en restant agnostique ou athée. Car hormis la foi, c’est aussi une question de connaissance, de culture et de raison. A cet égard, je note que tandis que certains se demandent si Obama ne serait pas l’AntéChrist, d’autres se demandent si Obama ne se prendrait pas pour le Messie. L’on prête généralement ce genre de réflexions aux Chrétiens Evangéliques. Et l’on en profite pour présenter ces Chrétiens Evangéliques comme des clowns hallucinés. L’on refuse, en somme, le travail des idées sur certaines questions. Et l’on ne parle pas de clown halluciné lorsque Mahmoud Ahmadinejad déclare qu’il va « rayer Israël de la carte » et « effacer Israël de la page du temps ».

Selon la culture chrétienne, il y a déjà eu et il y aura encore plusieurs antéChrists avant l’avènement de l’ultime AntéChrist à la Fin des Temps. Ainsi, au fil de l’histoire, des penseurs chrétiens ont considéré que Mahomet, Robespierre, Staline et Hitler étaient des antéChrists. Concernant l’islam, il est vrai que le Dieu des mahométans ne correspond nullement au Dieu des Juifs et des Chrétiens. En effet, dans la culture judéo-chrétienne, Dieu est un, unique, mais à la fois Père créateur, Parole (Verbe) et Esprit, ce qui n’est pas le cas de la culture mahométane qui, du reste, considère les Juifs et les Chrétiens comme des « infidèles ». Le Dieu des Juifs et des Chrétiens est à la fois Père créateur, Parole et Esprit. Ou plus concrètement, Il est Dieu unique en trois personnes, en trois relations, Père, Fils et Saint-Esprit pour les Chrétiens. Et Dieu unique en trois relations, elohim (Créateur et Père), debar elohim (Sa Parole) et ruah elohim (Esprit de Dieu sur les prophètes) pour les Juifs.

En réalité, les Chrétiens Evangéliques que j’ai mentionnés deux paragraphes plus haut ne sont pas les seuls à participer au travail des idées sur ces questions. Les catholiques, eux aussi, y participent. Divers auteurs, Juifs et non juifs, y compris catholiques, ont participé au travail des idées sur le Dieu judéo-chrétien, tels Claude Tresmontant, Paul Johnson, Roy Schoeman et Eugenio Zolli entre autres. Les médias francophones n’en font pratiquement pas état, entre autres raisons, parce que les auteurs catholiques qui participent aujourd’hui à ce travail des idées sont généralement italophones (Sandro Magister) et anglophones (George Weigel).

Ainsi, Sandro Magister, avec un article intitulé « Il y a un étrange prophète à la Maison-Blanche », article publié sur http://chiesa.espresso.repubblica.it/, écrivait : « Il s’appelle Barack Obama et sa vision messianique ressemble à celle de Joachim de Flore. On y a même cru au Vatican. Voici l’histoire d’un faux qui a malgré tout un fond de vérité. La tempête déchaînée ces jours-ci par les déclarations de Barack H. Obama à propos du projet du Cordoba Institute de New York – construire une mosquée à quelques pas des Twin Towers détruites le 11 septembre 2001 par des terroristes musulmans – a ramené au premier plan une question : quelle est la vision d’ensemble de l’actuel président des États-Unis d’Amérique ? Dans un premier temps, le 13 août, Obama avait déclaré à la centaine de musulmans qu’il avait invités à la Maison-Blanche pour célébrer le début du Ramadan : « En tant que citoyen et président, je crois que les musulmans ont le droit de pratiquer leur religion autant que n’importe qui d’autre dans ce pays. Cela comprend le droit de construire un lieu de culte et un centre communautaire sur un terrain privé dans la partie sud de Manhattan, en accord avec les lois et les réglementations locales. C’est cela, l’Amérique, et notre engagement en faveur de la liberté religieuse doit être indéfectible » ».

« Mais le lendemain, sous le feu des réactions, il s’est senti obligé de faire marche arrière, pas sur le principe mais sur le cas particulier : « Je n’ai pas fait de commentaire – et je n’en ferai pas – à propos de la sagesse de la décision de construire une mosquée à cet endroit ; j’ai fait un commentaire très spécifique à propos d’un droit qui remonte à la fondation de notre pays. Et je pense qu’il est très important, même si c’est difficile, que nous ne perdions pas de vue qui nous sommes en tant que peuple et quelles sont nos valeurs ». Ceux qui critiquent Obama ont eu beau jeu de mettre en évidence cette oscillation du jugement qu’il a manifestée. Ce n’est d’ailleurs que la dernière d’une longue série et elle rend incertain le jugement que l’on porte sur lui. Obama est aussi une énigme pour l’Église catholique. Il a fait l’objet de jugements enthousiastes et de condamnations impitoyables, dont www.chiesa a rendu compte à l’occasion. Parmi les éloges, celui qui a été formulé par le cardinal Georges Cottier, il y a un an, a fait beaucoup de bruit au Vatican. Parmi les anathèmes, on peut citer ceux de Mgr Michel Schooyans et de l’archevêque Roland Minnerath. D’après le premier, Obama est un nouveau Constantin, chef d’un empire moderne utile pour l’Église. Pour les deux autres, c’est un faux messie qu’il faut démasquer ».

« Des divergences à son sujet divisent également l’épiscopat catholique américain – dont les leaders sont très critiques quant à certains choix d’Obama dans les domaines de la vie et de la famille – ainsi que la secrétairerie d’état du Vatican, qui se montre plus compréhensive, de même que « L’Osservatore Romano ». Deux livres récemment publiés en Italie étudient la personnalité d’Obama en s’attachant particulièrement à sa vision générale du monde, ce qui est la question la plus intéressante pour l’Église. Le premier a été écrit par un journaliste de Radio Vatican, Alessandro Gisotti, qui a une connaissance approfondie de l’Amérique. Le second a pour auteurs Martino Cervo, rédacteur en chef du quotidien « Libero », et Mattia Ferraresi, correspondant à Washington du quotidien « il Foglio ». Ces deux livres montrent, à travers une documentation riche et précise, que la vision d’Obama est en effet pétrie de contradictions. Un exemple très clair de contradiction apparaît quand Obama cite le théologien protestant Reinhold Niebuhr comme l’un de ses inspirateurs. Niebuhr (1892-1971), grand admirateur et interprète de saint Augustin, a été l’un des maîtres du « réalisme » en politique internationale. Il affirmait en effet la primauté de l’intérêt national et de l’équilibre entre les puissances dans une humanité profondément marquée par le mal ».

« Niebuhr définissait la démocratie comme « une recherche de solutions provisoires à des problèmes insolubles ». Et dans une prière célèbre il disait : « Que Dieu me donne la sérénité d’accepter ce que je ne peux pas changer ! ». Tout l’opposé, donc, de la rhétorique messianique qui imprègne les discours d’Obama, tout l’opposé de son annonce permanente de l’avènement d’une « ère nouvelle », d’un « nouveau début », d’un « âge de paix », d’un monde racheté parce que « Yes, we can ». Dans son livre, Gisotti rappelle que le catholique George Weigel, célèbre biographe de Jean-Paul II, a montré que la vision d’Obama est vraiment « l’exemple parfait de ce genre d’utopisme contre lequel Niebuhr, avec son sens profond de la fragilité de l’histoire et des capacités d’autodestruction des êtres humains, s’est battu pendant trois décennies ». Les discours d’Obama paraissent liés, plutôt qu’à Niebuhr, à l’utopie d’un célèbre moine et théologien médiéval : Joachim de Flore, qui prophétisait un « âge de l’Esprit » après ceux, révolus, du Père et du Fils, un troisième et définitif âge de paix et de justice, où l’humanité ne connaîtrait plus de divisions, pas même entre les religions. La parenté d’idées entre Obama et Joachim de Flore apparaît tellement forte que, en 2008, les médias du monde entier affirmèrent que le futur président des États-Unis s’était référé trois fois à lui dans des discours-clés de sa campagne électorale. Cette information parut si crédible que, le 27 mars 2009, le franciscain Raniero Cantalamessa, prédicateur officiel de la maison pontificale, la reprit dans l’une de ses prédications de Carême devant le pape et la curie romaine ».

« En réalité la nouvelle était fausse. Obama n’a jamais cité Joachim de Flore dans aucun de ses discours. Dans leur livre, Cervo et Ferraresi reconstruisent avec précision la genèse et l’histoire de ce faux journalistique, auquel le prédicateur du Vatican s’est lui aussi laissé prendre. Le père Cantalamessa fut interpellé par l’agence en ligne de la conférence des évêques des États-Unis, « Catholic News Service », parce qu’il avait rappelé dans son sermon que Joachim de Flore était un hérétique. Il lui répondit : « Quelqu’un a utilisé mes propos pour insinuer que je pense qu’Obama est un hérétique, comme Joachim, alors que j’ai une profonde estime pour le nouveau président des États-Unis ». Donc, bien qu’Obama n’ait pas cité Joachim de Flore, il y a bien une ressemblance entre la rhétorique du premier et la vision du second. Le théologien et cardinal Henri de Lubac aurait sans peine ajouté Obama à la troupe nombreuse de la « Postérité spirituelle de Joachim de Flore », titre d’un volumineux essai qu’il consacra, il y a trente ans, à l’influence exercée jusqu’à nos jours par l’utopie de ce moine au sein et en dehors du catholicisme. Mais la contradiction réapparaît de nouveau lorsque l’on compare les discours d’Obama avec ses décisions concrètes. Les troupes qui sont en Afghanistan y restent, Guantanamo ne ferme pas ses portes, des fonds fédéraux sont affectés à l’avortement… Jour après jour, les décisions opérationnelles du président s’opposent à ce qui a été annoncé. Elles renvoient toujours à un « demain » imprécis la concrétisation de l’utopie messianique que ses discours continuent à proposer ».

« La « nouvelle ère » de Joachim de Flore n’a pas commencé en 1260 comme il l’avait annoncé. Mais le rêve a survécu. Et Obama le propose de nouveau aujourd’hui dans le cadre de ses fonctions d’homme le plus puissant du monde. Cervo et Ferraresi écrivent : « Le fait que des propos de Joachim aient été mis dans la bouche d’Obama est une touche d’ironie qui a tout l’air d’être un signe du destin. L’inspiration millénariste, joachimite, totalitaire au fond, annule le caractère inexorablement limité de la nature humaine pour confier le salut de l’homme à l’homme lui-même ou tout au moins à celui qui se montre capable d’incarner le désir de changement. Que ce soit un roi, un philosophe, un demi-saint ou le président des Etats-Unis, cela ne change pas grand-chose » » (Fin de l’article de Sandro Magister intitulé « Il y a un étrange prophète à la Maison-Blanche » publié sur http://chiesa.espresso.repubblica.it/).

Michel Garroté, Sandro Magister & Sources citées

Source principale :

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1344430?fr=y

(*) Daniel Pipes sur l’enfance musulmane d’Obama :

http://fr.danielpipes.org/5545/lenfance-musulmane-de-barack-obama

Autres sources :

Les livres :

Alessandro Gisotti, « Dio e Obama. Fede e politica alla Casa Bianca », Éditions Effatà, Cantalupa, 2010, 128 pages, 10,00 euros.

Martino Cervo, Mattia Ferraresi, « Obama. L’irresistibile ascesa di un’illusione », préface de Giuliano Ferrara, Éditions Rubbettino, Soveria Mannelli, 2010, 128 pages, 10,00 euros.

Le sermon prononcé le 27 mars 2009 par le prédicateur de la maison pontificale, Raniero Cantalamessa, avec la référence à Obama et à Joachim de Flore :

> Un’era dello Spirito Santo

Lors de l’audience générale du mercredi 10 mars 2010, consacrée à saint Bonaventure, Benoît XVI a parlé de la réapparition de l’utopie de Joachim de Flore dans certaines tendances progressistes post conciliaires :

> Comment piloter l’Église dans la tempête. Une leçon

A propos du lien intellectuel avec Niebuhr affirmé par le président des Etats-Unis :

> Obama a un grand maître à penser : le théologien protestant Reinhold Niebuhr (6.2.2009).

Et les critiques de George Weigel quant au bien-fondé de ce lien :

> Il professor Weigel boccia Obama : ha preso un abbaglio

L’acte d’accusation contre le « faux messie » Obama, lu au Vatican par Mgr Michel Schooyans et l’archevêque Roland Minnerath le 1er mai 2009, peu de temps après la parution dans « L’Osservatore Romano » d’un éditorial qui faisait l’éloge de ses cent premiers jours de présidence :

> Ange ou démon? Au Vatican, Obama est l’un et l’autre (8.5.2009).

Et l’éloge encore plus enthousiaste d’Obama écrit par le cardinal Georges Cottier, théologien émérite de la maison pontificale, peu de temps avant la visite du président des États-Unis au Vatican :

> Bienvenue à Obama. Le Vatican lui joue un prélude de fête (5.7.2009).

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