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7 mai 2012 Commentaires (294) Jean-Patrick Grumberg Brève du jour, Election 2012, Société

Scoop Dreuz: ce soir, la « France du changement » se défoule dans la violence

Ce soir, l’élection de François Hollande est fêtée comme il se doit. Coté pile, on vous montre des jeunes qui brandissent des pancartes « Pour une France apaisée ». Et coté face, on ne vous montre pas la place du Capitol*, à Toulouse, où des violences ont éclaté.

On ne vous montre pas non plus les drapeaux algérien, palestinien, et même syrien, Place de la Bastille (et bien entendu, aucun média n’évoquera une double allégeance, ou un nationalisme identitaire qu’ils ne manquent jamais de dénoncer… à droite). Je me demande ce qu’ils faisaient là, ces drapeaux, mais je sais que si quelqu’un les avait brûlés, il y aurait eu une guerre civile. Et si un drapeau israélien était apparu, les journaux en auraient fait, aujourd’hui, leurs titres.

On ne vous dira pas que dans le 93 et le 77, dans le 91 et le 92, à Nanterre, ça caillasse et ça brûle des poubelles, et que la police a ordre de pas intervenir.

L’Est Républicain rapporte qu’ « à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, des voitures ont été brûlées, puis que « la police est passée et comme les jeunes n’aiment pas la police, ils ont commencé à caillasser avec des bouteilles », raconte un fonctionnaire de la mairie, sous couvert d’anonymat.

Selon d’autres témoignages, des jeunes ont pris de l’essence et mis le feu sur un véhicule abandonné, puis sur un autre. Un cordon de sécurité a été déployé sur place, où une vingtaine de voitures des forces de l’ordre ont été déployées, interdisant l’accès à la mairie, a-t-on indiqué de même source.

« Les pompiers sont intervenus, un cordon policier a été mis en place de manière préventive et le préfet Christian Lambert s’est rendu sur place », a confirmé une source préfectorale.. »

Vous ne saurez pas qu’à Marseille, un cocktail Molotov a été jeté sur le commissariat du 3ème arrondissement.

Ni que dans le 20ème à Paris, c’est la guerre urbaine contre les policiers : avec des tirs de mortier (l’usage de lance-roquettes, ce n’est pas une première, en France) et qu’il y a eu plusieurs agressions contre les policiers.

Sur l’ensemble des arrondissements parisiens, ce soir, les policiers en patrouille et en intervention se font insulter.

Un policier de Rouen nous apporte son témoignage exclusif : « je suis fonctionnaire de police et comme tous mes collègues hier soir, j’ai eu le droit aux insultes de ces jeunes qui avaient un drapeau au couleur d’un pays qui est de leurs origines. Nos gradés nous ont annoncé qu’il ne fallait pas intervenir pour ne pas faire de vagues. »

Un autre policier, cité par Fdesouche (ce qui ne signifie pas, je le précise, que j’endosse leurs opinions) rapporte des propos identiques : « nous venons d’être contraints de rentrer au poste, suite à la victoire de monsieur Hollande, nous patrouillons difficilement car nous sommes insultés par beaucoup de monde, tous les délinquants notoires nous narguent, nous font des gestes ….mais pas seulement, tous les sans papiers du quartier nous rient au nez…en scandant vive hollande … nous rendant sur une agression, nous avons été bloqués volontairement par des conducteurs de véhicules reprenant le slogan du nouveau président ».

Dans le 93 ça brûle, et les policiers se font caillasser. Des effectifs de police du 92 ont essuyé des jets de projectiles.

Quelques villes du 93 brûlent, et à Saint Denis, la police se fait caillasser.

Sur les Champs Elysées, les boutiques ferment et les CRS chargent. Ça commence…

Plusieurs « jeunes » s’attaquent verbalement aux policiers à Paris, lesquels ne peuvent intervenir. Il y a des rodéos sauvages un peu partout.

Ordre a été donné aux policiers de quitter les secteurs sensibles.

Reproduction autorisée, et même vivement encouragée, avec la mention suivante et impérativement le lien html ci dessous :

© Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info

* Hier soir, une source m’a indiqué avoir vu des drapeaux français brûler à Toulouse. Comme des drapeaux français avaient été brûlés, sur cette même place, en 2007, je n’ai pas été très surpris, et j’ai repris l’incident dans mon article. Et pour être totalement transparent, j’ai également illustré cela d’une photo d’archive.
Il y a quelques minutes, cependant, j’ai reçu un démenti, aussi ai-je décidé, en attendant d’en savoir plus, de retirer de mon texte les références à des drapeaux brûlés, hier soir, à Toulouse, place du Capitole.