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Publié par Michel Garroté le 1 juin 2012

Michel Garroté – De passage à Paris pour la Nuit des Témoins de l’AED le vendredi 25 mai 2012, Paul Bhatti, conseiller pour l’Harmonie nationale auprès du Premier ministre et frère de Shahbaz Bhatti assassiné en 2011, a répondu aux questions d’Eglises d’Asie. Voir le lien vers la source en bas de page.

Paul Bhatti vivait en Italie, où il exerçait son métier de chirurgien, quand, le 2 mars 2011, des extrémistes musulmans ont assassiné son frère cadet, Shahbaz Bhatti, qui était ministre des Minorités religieuses dans le gouvernement fédéral. Catholique convaincu, Shahbaz Bhatti est tombé sous les balles de fanatiques hostiles au combat qu’il menait depuis des années en faveur des minorités religieuses, luttant contre les discriminations et les lois anti-blasphème dont elles sont régulièrement victimes.

Agé de 50 ans environ (l’état-civil n’était pas bien établi au moment de sa naissance), Paul Bhatti est retourné au Pakistan pour les funérailles de son frère, bien convaincu d’en repartir aussitôt après, désireux de couper avec un pays décidément hostile aux chrétiens. A la demande du président du Pakistan, il a toutefois reconsidéré sa décision et accepté de reprendre le flambeau politique de son frère, en ayant le titre de conseiller du Premier ministre pour l’Harmonie nationale. En effet, depuis une récente réforme constitutionnelle, les questions relatives aux minorités religieuses ont été dévolues aux provinces, l’échelon fédéral n’assurant plus qu’une fonction de coordination. Malgré son rang de ministre, Paul Bhatti a donc hérité d’un portefeuille à l’intitulé ambitieux mais dénué de réels moyens d’action.

Eglises d’Asie : Le Pakistan a été fondé afin de protéger les droits d’une population minoritaire sur le sous-continent indien, les musulmans, parce qu’ils étaient en butte à de nombreuses discriminations. Comment expliquer que dans le Pakistan d’aujourd’hui, où les musulmans sont majoritaire (95 % de la population), ce pays manque à son devoir de protection envers ses propres minorités religieuses (chrétienne, hindoue, sikh, parsi) ?

Paul Bhatti : Lorsque le Pakistan a été créé en 1947, le constat du père fondateur de la nation, Ali Jinnah, était effectivement que la cohabitation dans le sous-continent entre les différentes communautés religieuses n’était plus possible. Selon lui, là où les minorités religieuses sont faibles, elles sont en butte à des discriminations. Avec la création du Pakistan, il souhaitait donc mettre fin à cela mais son projet était bien entendu que dans le Pakistan nouvellement créé, aucune communauté minoritaire ne se trouverait à son tour discriminée. Il l’a dit et répété à de nombreuses reprises : pour lui, les affaires de la religion ne devaient pas être mêlées à celles de l’Etat et il désirait une nation laïque et démocratique, respectueuse des libertés et des droits de tous les citoyens, quelle que soit leur appartenance religieuse. L’Etat ne doit s’occuper que des affaires de l’Etat, et chacun est libre d’aller à la mosquée, au temple ou à l’église.

La difficulté est venue du fait qu’Ali Jinnah est mort très prématurément, en 1948, et que rapidement, des régimes dictatoriaux ont pris le pouvoir, changeant le nom du Pakistan en ‘République islamique du Pakistan’. Pour faire l’unité du pays et des différentes populations qui le composaient, ils n’ont pas hésité à instrumentaliser la religion en renforçant les mouvements fanatiques et extrémistes. La plupart de nos élites de l’époque avaient été formées sous la domination britannique et sa culture imprégnée d’idéaux chrétiens. Mais au fil du temps, de nouvelles générations sont arrivées aux commandes et celles-ci étaient nettement moins influencées par l’héritage britannique et beaucoup plus sensibles aux idées islamiques. Il faut ajouter à cela, le fait que le pays a été en guerre avec l’Inde à plusieurs reprises, que l’URSS a envahi l’Afghanistan et qu’ensuite une nouvelle guerre a été menée au nom de « la guerre contre le terrorisme ».

Tous ces changements, tous ces événements ont eu pour conséquence une montée considérable de l’extrémisme au Pakistan. Et la responsabilité de l’Occident dans cette évolution n’a pas été négligeable, notamment lors de l’occupation soviétique de l’Afghanistan où, pour lutter contre l’Armée rouge, des groupes extrémistes ont été encouragés et soutenus par des pays occidentaux. Les conséquences pour le Pakistan ont été considérables et les groupes islamistes sont désormais profondément enracinés dans le pays. Le niveau d’intolérance dans le pays et les discriminations auxquelles font face les minorités religieuses sont proportionnelles à cet ancrage des groupes extrémistes dans la société.

Ce diagnostic posé, pouvez-vous nous dire l’action de votre gouvernement pour lutter contre les discriminations dont sont victimes les minorités religieuses ?

Le gouvernement auquel j’appartiens souhaite véritablement – c’est du moins ce que je pense profondément – protéger les minorités, mais il doit par ailleurs faire face à de nombreux problèmes qui mettent en cause sa survie même. Les actes de terrorisme, les difficultés internes, l’état de l’économie, sont autant d’éléments qui l’empêchent de concentrer son attention sur le sort des minorités.

Vous voulez dire que plus le gouvernement est faible, moins il est en mesure de se préoccuper du sort des minorités ?

Oui, et pas seulement du sort des minorités. L’économie du pays est dans un tel état aujourd’hui que c’est bien l’ensemble de la société qui est menacé. Plus la pauvreté augmente, plus les conséquences en termes de criminalité et d’augmentation de l’intolérance sont fortes. Et vous pouvez être sûr qu’en pareille situation, ce sont toujours les plus pauvres et les plus faibles qui payent le prix le plus élevé. Or, au Pakistan, les plus pauvres des pauvres, les plus faibles des faibles, ce sont les chrétiens.

Quelles solutions alors ?

Dans la situation où nous sommes, les trois plus grands problèmes sont l’analphabétisme, la pauvreté et l’intolérance entre les communautés. Quiconque au Pakistan ou au sein de la communauté internationale veut faire disparaître ou diminuer le niveau de l’intolérance religieuse dans notre pays – et c’est là quelque chose d’important pour la paix dans le monde – doit s’attaquer à la question de l’éducation, de la pauvreté et de l’intolérance. C’est mon rôle dans la mesure où je suis en charge de l’harmonie nationale.

En matière d’éducation, il faut cibler l’action sur les secteurs les plus marginalisés de la société de manière à sauver ces jeunes de l’analphabétisme. C’est une action complexe car il ne faut pas seulement de bonnes écoles, il faut les aider à construire un projet professionnel qui leur permettra de sortir de la pauvreté. De même, l’action doit aussi viser les madrasas [écoles coraniques] car les germes les plus profonds de l’intolérance sont semés lorsque vous entendez quelqu’un vous enseigner qu’une seule religion est acceptable et les autres pas.

Des tentatives ont été menées en ce sens au Pakistan. Il semble qu’elles aient échoué.

Oui, c’est vrai, le gouvernement n’est pas parvenu à ses fins. Mais il faut comprendre que lorsqu’une politique est imposée de l’extérieur, elle est vouée à l’échec. Ces tentatives étaient dictées par l’Occident. Tant qu’une politique n’est pas décidée de l’intérieur, elle ne portera pas de fruit, elle ne pourra jamais en porter. Le changement doit venir des Pakistanais eux-mêmes. L’Occident doit comprendre qu’il ne changera pas la situation en envoyant des bombardiers ; il doit accepter d’entrer en dialogue.

Quelle action mener alors ?

En 1984, mon frère avait créé une organisation, le Christian Liberation Front. Ce n’était pas un parti politique à proprement parler, mais plutôt une structure pour mener les actions nécessaires lorsque des chrétiens étaient pris à partie pour leur appartenance religieuse, ou qu’ils faisaient face à des discriminations ou à de fausses accusations. Plus tard, des membres d’autres minorités l’ont approché et lui ont dit qu’eux aussi ils étaient discriminés. En 2002, il a donc fondé la All Pakistan Minorities Alliance (APMA). C’est ainsi que ces minorités ont pu obtenir que des quotas de 5 % soient mis en place pour qu’ils puissent accéder à la fonction publique et ne plus rester cantonnés tout en bas de l’échelle sociale.

Un autre exemple : mon frère qui était profondément catholique, était particulièrement choqué que les chrétiens emprisonnés, notamment suite à de fausses accusations portées contre eux au nom des lois anti-blasphème, ne puissent pas bénéficier de lieux de culte chrétiens. Il a obtenu du gouvernement que les prisons soient dotées de salles de prière chrétiennes. C’était peu de chose et en même temps c’était beaucoup. Pareillement, au Parlement, une représentation des minorités était prévue à la Chambre basse mais pas au Sénat. C’est lui qui a obtenu que quatre sièges à la Chambre haute soient réservés aux minorités – et les premiers de ces sénateurs ont été élus l’an dernier. Il a obtenu également que soit mise en place une hotline permettant à quiconque était victime ou témoin d’une injustice de contacter un responsable à Islamabad.

En rappelant ainsi quelques-unes des actions menées par mon frère, je veux seulement souligner qu’il est possible de changer l’état des choses au Pakistan, mais que ces changements viendront uniquement s’ils sont menés de l’intérieur, par des Pakistanais, sans être soumis à des pressions de l’extérieur. D’une certaine manière, ces pressions sont contre-productives et le cas d’Asia Bibi l’illustre malheureusement de manière évidente.

Que voulez-vous dire ?

Nous nous attachons à lutter pour défendre les droits de l’homme, à lutter contre les discriminations, à lutter contre le mauvais usage qui est fait des lois contre le blasphème. En l’état actuel des choses, il est illusoire de penser que nous pourrons obtenir l’abolition ou même un amendement des lois anti-blasphème ; il faut donc se contenter de limiter au maximum les dégâts provoqués par la mauvaise utilisation de ces lois. Pour cela, les victimes doivent être soutenues et défendues par une organisation compétente.

Pour défendre Asia Bibi, vous devez toujours avoir à l’esprit qu’il y a beaucoup d’autres personnes comme elles, qui font face aux mêmes difficultés et dont les conditions de détention sont pires encore. Et pourtant, personne ne s’en soucie. Si Asia Bibi venait à être libérée, huit jours plus tard il y aurait une autre Asia Bibi ! Je veux dire ici que bon nombre d’organisations utilisent le cas d’Asia Bibi, montrent son mari et ses enfants pour lever des fonds mais n’agissent pas concrètement pour que la situation change au Pakistan. Qu’on l’accepte ou non, dans le Pakistan d’aujourd’hui, les gens ne supportent plus les interventions de l’étranger. Ils considèrent cela comme une intrusion inacceptable dans leurs affaires et ne veulent surtout pas recevoir de leçons de l’Occident ou bien se voir dire ce qu’ils doivent faire ou penser. Dans ce contexte, le prix à payer pour les chrétiens pakistanais est élevé car ils sont assimilés, du fait de leur appartenance religieuse, à l’Occident ; ils sont considérés comme des espions au service de l’Occident. Pour eux, les chrétiens, il serait pourtant facile d’échapper à cet opprobre en abandonnant leur foi et en se déclarant musulmans, mais ils ne le veulent pas !

Je souhaite qu’à l’étranger, les personnes qui veulent aider le Pakistan et les chrétiens au Pakistan s’attachent d’abord à identifier quelles sont au Pakistan les personnes qui travaillent vraiment à défendre les minorités religieuses. Qu’ils viennent sur place, rencontrent les acteurs présents sur le terrain, discutent avec eux et comprennent ce qu’ils veulent faire et comment ! Alors et seulement alors, ces personnes étrangères au Pakistan pourront décider qui elles veulent aider et comment elles peuvent le faire. Si ce qu’elles font consiste à parler d’Asia Bibi, à faire venir son mari et ses enfants en Europe, alors qu’il y a plein d’autres familles plongées dans la même détresse, à quoi cela sert-il ? Pour être bien compris, j’ajoute que ce n’est nullement Asia Bibi en tant que personne qui est en cause. Lorsqu’elle s’est trouvé aux prises avec cette accusation de blasphème, c’est mon frère qui s’est occupé d’elle et de sa famille ; il a logé son mari et ses enfants chez lui et leur a donné de quoi vivre ; ensuite, il a mobilisé le gouverneur du Pendjab, Salman Taseer, pour que lui aussi se saisisse de son cas.

Qu’attendez-vous de l’Occident ?

Je ne cache pas le fait que la société pakistanaise, la culture pakistanaise ne rendent pas les choses faciles. De plus, les choses sont aggravées par le fait que, chaque jour que fait Dieu, le Pakistan s’enfonce un peu plus ; l’économie est en train de s’effondrer, la pauvreté s’étend, le sentiment de haine qu’éprouvent les Pakistanais grandit. Je vais vous donner un exemple. J’ai pris la suite de mon frère dans ses fonctions ministérielles, mais aussi à la tête de l’APMA. L’organisation a des bureaux dans chacune des cinq provinces du Pakistan et des antennes dans tous les districts ; un jour, je reçois un coup de fil du responsable de l’une de ces antennes. Il me dit qu’une personne est injustement accusée de blasphème et a besoin d’aide ; il faut donc des moyens pour se rendre sur place ; il faut des moyens pour assurer la défense de cette personne, pour mettre ses proches à l’abri, etc. Mon gouvernement m’aide, c’est vrai, mais ce n’est pas suffisant. Dans le même temps, les extrémistes, qui n’apprécient pas l’action que je mène, me menacent.

Je ne tends pas ma sébile, mais in fine les choses sont aussi simples que cela : des personnes sont attaquées, il faut les défendre ; leurs proches ont faim, il faut les nourrir.

Quelle action pouvez-vous mener ?

Si le monde ne s’occupe pas du Pakistan, les problèmes que connaît le Pakistan auront des répercussions sur le reste du monde. L’Occident a dépensé tant d’argent, a sacrifié tant de vies pour faire la guerre au terrorisme en Afghanistan et au Pakistan, pour un résultat très loin d’être satisfaisant. C’est pourquoi je pense qu’il est temps de construire la paix au Pakistan. Si vous parvenez à la paix, les problèmes de cohabitation entre les communautés trouveront peu à peu une solution.

Notre action ne peut avoir de résultats à court terme ; elle doit s’inscrire dans la durée. Si nous voulons que les enfants des chrétiens ou des autres minorités religieuses fassent des études, il ne suffit pas qu’ils apprennent à lire et à écrire. Parmi eux, il y en a qui peuvent devenir ingénieur, avocat, professeur ; une fois dans la place, ils pourront à leur tour contribuer à faire évoluer les mentalités, mais vous comprenez qu’il faut du temps et des moyens pour cela.

Ne craignez-vous pas que les chrétiens qui parviennent malgré tout à s’élever sur l’échelle sociale fassent le choix de l’émigration, tant les discriminations à leur égard sont fortes dans la société pakistanaise ?

Oui, peut-être, mais le risque n’existe pas que pour les chrétiens, c’est le cas pour tous les Pakistanais : bien souvent, une fois formés, ils choisissent d’émigrer. Et, après tout, c’est naturel : lorsque votre pays ne peut vous offrir le cadre dans lequel déployer vos talents, vous partez chercher ailleurs. Des Albanais, des Roumains ou des Marocains viennent bien chercher un sort meilleur en Europe occidentale !

Vous ne devez jamais oublier qu’au Pakistan, les chrétiens sont au plus bas niveau dans la société. Les minorités religieuses sont réduites à un état proche de l’esclavage où leurs droits les plus fondamentaux ne sont pas respectés. Mon objectif, c’est de leur donner l’opportunité de se hisser à un niveau social normal. Ensuite, s’ils souhaitent partir, cela les regarde, c’est leur conscience.

De par mes fonctions et par conviction, je pense que l’accent doit être mis sur l’aide à apporter aux minorités religieuses, aux chrétiens en particulier, car ces personnes souffrent plus que les autres Pakistanais. Pour cela, chacun doit se remettre en cause, y compris les catholiques. Je prends un exemple : au Pakistan, les meilleurs écoles sont les écoles catholiques, à Islamabad, à Karachi, à Lahore ; or, elles accueillent quasiment que des musulmans, issues des classes supérieures qui ont les moyens financiers et intellectuels d’y envoyer leurs enfants. J’ai approché le nonce, les évêques, les directeurs de ces écoles ; je leur ai dits qu’ils devaient faire quelque chose pour que la part des chrétiens dans ces établissements arrive à 20 ou 30 %. Le chemin est difficile et les obstacles ne sont pas que financiers : imaginez un jeune sorti du fond de la campagne ou d’un des quartiers où habitent les chrétiens, il se sentira très mal parmi les jeunes issus des classes les plus favorisées ; il nourrira un très fort complexe d’infériorité. J’ai donc dit aux directeurs d’école qu’ils devraient créer des pensionnats à côté de leurs établissements scolaires et y accueillir ces jeunes chrétiens défavorisés. Tout le monde est d’accord, mais, faute de moyens ou de volonté, les choses ne changent pas !

Un autre exemple : je voudrais que l’enseignement professionnel se développe et s’ouvre aux plus pauvres, qui encore une fois viennent le plus souvent des minorités. En effet, qu’est-ce que l’on constate au Pakistan ? Les chrétiens ou les autres minorités, faute d’autres possibilités, travaillent pour des familles plus riches, comme ouvriers, journaliers ou domestiques. Dès qu’ils rencontrent un problème, de santé par exemple, ou parce qu’ils doivent marier un de leurs enfants, ils empruntent de l’argent à leur patron, ils ne peuvent pas rembourser et ils deviennent peu à peu esclaves, génération après génération. Pour un peu que leurs filles soient jolies, elles sont abusées ; si elles tombent enceinte, le patron, musulman, les prend comme troisième ou quatrième épouse. Pour lutter contre cela, il faut des écoles où soient enseignées la couture ou la mécanique, la cuisine ou l’électricité. Il faut ensuite trouver des patrons sérieux qui n’abuseront pas de leurs employés.

Pour tout cela, il faut des moyens et un engagement de longue durée sur le terrain. Parler à longueur de rencontre des méfais des lois anti-blasphème ne suffit certainement pas. Mais j’ai bon espoir que la situation puisse s’améliorer au Pakistan. La vie est courte et il vaut mieux s’engager pour une cause à laquelle on croit !

Pensez-vous que vous puissiez mourir assassiné comme votre frère ?

C’est une éventualité. Au Pakistan, tout est possible.

Michel Garroté

Reproduction autorisée avec mention de ce blog

http://www.aed-france.org/actualite/pakistan-les-plus-pauvres-des-pauvres-les-plus-faibles-des-faibles-ce-sont-les-chretiens/

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