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Publié par Gilles William Goldnadel le 11 juin 2012

Mieux vaut tard que jamais : dans son éditorial du 8 juin, le rédacteur du Monde vient de faire une découverte : le programme de François Hollande serait « d’un flou inquiétant » sur la question cruciale de la dette et des moyens de maîtriser le déficit public. Et d’ajouter, d’un air impérieux : «La zone euro est en feu. Non seulement ce flou persistant n’aide pas à maitriser l’incendie mais les électeurs français seraient en droit de connaître, au moment de retourner aux urnes, les véritables intentions du gouvernement. »

Belle clairvoyance, somptueuse exigence démocratique. Peut-être, tout de même, qu’à un mois près, il n’aurait pas été inutile de sommer celui qui n’était encore que le candidat à la magistrature suprême, de bien vouloir sortir de ce flou soudain déplorable et soudainement déploré.

Le mariage de la carpe socialiste et des lapins extrémistes

Mieux vaut, très, très tard que jamais : Jean-François Copé (Libération du 9 juin) demande à François Hollande « comment il ne « rougit pas de honte » lorsqu’il envisage une « alliance scélérate » avec « le trotskiste » Jean-Luc Mélenchon, l’homme qui « préfère le drapeau rouge au drapeau tricolore », ne tient pas Castro pour un dictateur et « déroule le tapis rouge devant l’antisémite grec Mikis Théodorakis ». Et Copé, de promettre « qu’il ne lâchera plus les socialistes ».

Est-il besoin de préciser dans ces colonnes que cette soudaine découverte, j’invite la droite libérale de bien vouloir la faire depuis des lustres ? En tout état de cause, il n’aurait pas été inutile de l’exploiter le mois dernier.

Certes, plusieurs obstacles vont se dresser devant cette exploitation de l’évidence obscène du mariage de la carpe socialiste et des lapins extrémistes, parmi lesquels la droite – toujours aussi ignorante en zoologie politique – serait moralement bien inspirée de ranger le parti des Verts.

Tout d’abord, le parti pris médiatique, dont il n’est pas nécessaire ici de préciser les tropismes et strabismes, et qui a d’ores et déjà commencé à tenter une contre-attaque.

C’est ainsi que dans l’article précité de Libération, le journaliste sanctionne  ainsi la« diatribe anti bolchévique » de Copé : « elle risque de désinhiber ceux qui sont tentés de parler avec Marine Le Pen » sans être apparemment conscient de l’asymétrie de son objection réversible.

Dans un registre encore plus croquignolet, mais dans le même esprit, Pascale Clark avait invité, ce lundi matin, l’ombrageux Patrick Devedjian pour lui faire dire tout le mal qu’elle pensait qu’il pensait du « ni Front National, ni Parti Socialiste ».

Las, à la grande déception de la radio nationale, le député d’Antony, non seulement n’en fit rien, mais encore dénonça les rouges alliances du parti rose. Ce qui nous valu ce savoureux échange : Clark : « vous êtes bizarre ce matin ». Devedjian « c’est sans doute, par ce que je ne vous ai pas fait la réponse que vous espériez … »

L’intimidation n’est plus ce qu’elle était.

Dans cette partie capitale qui s’engage, il est clair, compte tenu de ce qui précède, que Jean-François Copé est le plus déterminé à voir l’inhibition changer de camp, ou tout au moins à créer enfin au sein de la gauche modérée un surmoi dont elle s’était jusqu’à présent allègrement affranchi, au regard de l’étrange morale ambiante.

On peut certes faire confiance à la classe médiatique pour tenter de favoriser un François Fillon, plus timoré sur le sujet.

C’est déjà chose faite, lorsqu’est rappelée la préférence de l’opinion pour l’ancien Premier ministre.

Fort heureusement, dans les primaires à venir qui départageront les rivaux, il ne sera demandé ni à la gauche, ni aux médias, leur avis. Il n’est pas sur qu’un François Fillon, qui morigénait hier encore la courageuse Jeannette Bougrab pour avoir osé nier la réalité d’un islamisme modéré, recueille une adhésion très enthousiaste .

Mais l’un des obstacles les plus redoutables à cette re-création d’un surmoi de gauche, est sans doute qu’au catéchisme antifasciste fantasmatique rabâché quotidiennement, n’a jamais correspondu un anticommunisme toujours aussi malséant.

Pour mesurer l’insoutenable légèreté française  sur la question, on quittera, pour une fois l’être artistique pour se pencher sur la futilité de la finance internationaliste. C’est ainsi, par exemple, qu’un quotidien vantait récemment « l’anticonformisme » d’Edouard Carmignac, fondateur du fonds de placement éponyme pour oser arborer derrière son bureau des portraits d’Andy Warhol célébrant Lénine et Mao…

Un antisémitisme maghrébin ?

Le peintre Gerhard Richter, né à Dresde en 1932 et éduqué sous le nazisme puis le stalinisme a confié qu’il avait fondé sa peinture sur l’expérience qu’il avait d’avoir  « grandi dans des systèmes politiques où on savait très précisément ce qu’il fallait dire et ce qu’il ne fallait pas dire. »

Il n’est pas sûr que les censés nous informer aient fondé leur manière de dire ou de dissimuler la réalité sur une expérience bien différente.

Etait-il si difficile au lendemain de l’agression à coups de marteau et de barres de fer sur trois jeunes juifs de Villeurbanne portant la kippa, de dire les choses sans fard et pour autant sans haine ni passion ?

Etait-il si malaisé de dire sans trop de circonlocutions ou de circonvolutions, qu’une fois encore cet antisémitisme venait de la communauté maghrébine ? Etait-il si inconfortable d’affirmer, après le massacre de Toulouse et, au lendemain de nouvelles démonstrations anti-juives, que si, la plus grande partie de cette communauté était sans nul doute pacifique, il n’en demeurait pas moins qu’à l’intérieur y résidait également une minorité – non négligeable – qui continuait de manière violente à manifester un fort racisme dans lequel marinait depuis longtemps l’antisémitisme, mais aussi la détestation de tout ce qui est blanc, occidental ou simplement français.

C’est bien au contraire, cette survivance de l’euphémisation de cette réalité trop longtemps tue qui a fait qu’elle soit devenue si vigoureuse et pérenne.

Et ce n’est pas l’abstention de toute la presse française devant la décision « d’apaisement » (dixit les avocats des trois antisémites) de mettre en liberté les trois agresseurs – apaisement dont je préviens mon lecteur à longueur d’éditoriaux – qui est de nature à détourner le flot de haine qui désormais coule régulièrement dans le Rhône et ailleurs.

C’est dans ce paysage sinistre et sinistré que l’on peut, néanmoins, discerner quelques lueurs vacillantes :

Un ministre de l’Intérieur qui semble se décider à appeler un antisémite, un antisémite, quand bien même il ne correspondait pas au portrait-robot idéal, rêvé par ses amis, rompant ainsi avec la politique apaisée de M. Jospin et Vaillant.

Un Imam courageux, n’hésitant pas à se rendre au mémorial Yad Vashem de Jérusalem au grand dam de ses contempteurs vociférant d’Oumma.com.

Regrettons tout de même que pour rendre hommage à M. Chalgoumi, Caroline Fourest (Le Monde du 9 juin 2012) se soit sentie obligée de renvoyer dos à dos arabes antisémites et juifs anti-arabes dans une symétrie que la litanie de massacres et agressions unilatéraux rend malheureusement, incongrue.

Cette incongruité indigne de l’intelligence de son auteur – et peut-être de la nôtre – en dit long sur le chemin qui reste à parcourir pour qu’on sorte un jour du monde de Richter.

© Gilles William Goldnadel
L’article original peut être consulté sur le Blognadel

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