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Publié par Michel Garroté le 4 juillet 2012


Michel Garroté – J’ai eu personnellement l’occasion de m’entretenir, longuement, à plusieurs reprises, avec des rescapés de la Shoah (l’écrivain Henri Kichka par exemple, auteur de « Une adolescence perdue dans la nuit des camps ») et avec des enfants juifs cachés durant la Seconde Guerre mondiale puis devenus adultes malgré tout (l’écrivain Herman Nowak par exemple, auteur de « Cyrille Berger, enfant caché »). La leçon que j’en retire, c’est que ne pas faire mémoire de la Shoah équivaut à une sorte de suicide collectif. En effet, sans mémoire historique et sans culture historique, aucun peuple ne peut survivre. La Mémoire de la Shoah n’est pas une affaire juive. La Mémoire de la Shoah est une démarche universelle. Il existe un homme qui semble avoir compris cela. C’est un Allemand élu pape malgré lui, alors qu’il rêvait de prendre une retraite bien méritée dans sa Bavière natale. Pour sa retraite paisible, c’est complètement râpé. Le pauvre est assis sur le trône et l’on ne cesse de dire du mal de lui.

A ce propos justement, je suis tombé sur quelques extraits de mots prononcés et de mots écrits – depuis le début de son pontificat – par Benoît XVI à propos de la Shoah et à propos du peuple juif. Extraits publiés par ZENIT.org. Extraits et où j’ai pu lire (extraits adaptés) : Benoît XVI au camp d’extermination Auschwitz-Birkenau, en 2006 a déclaré : « Le lieu où nous nous trouvons est un lieu de la mémoire, c’est le lieu de la Shoah. Le passé n’est jamais uniquement le passé. Il nous concerne et nous indique les chemins à ne pas suivre et ceux à suivre ». Au Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, en 2009, Benoît XVI évoque le nom des victimes, indélébile dans la mémoire de l’humanité, et, à l’occasion de la Journée Mondiale en Mémoire de la Shoah de 2009, il proclame sa condamnation du négationnisme et du réductionnisme. Dans sa réflexion sur les rapports entre Juifs et Catholiques, en clair son livre-entretien avec Peter Seewald, « Lumière du monde », Benoît XVI écrit préférer, pour désigner le rapport entre Juifs et Chrétiens, l’expression « nos pères dans la foi » à l’expression « frères aînés ».

Dans son allocution à Auschwitz-Birkenau, Benoît XVI explique qu’il préfère le silence aux discours en ce lieu : « Prendre la parole dans ce lieu d’horreur, d’accumulation de crimes contre Dieu et contre l’homme, lieu qui est sans égal au cours de l’histoire, est presque impossible, et, particulièrement difficile et opprimant pour un Chrétien, pour un pape qui vient d’Allemagne. Dans un lieu comme celui-ci, les paroles manquent ; en réalité, il ne peut y avoir qu’un silence effrayé, un silence qui est un cri intérieur vers Dieu : Pourquoi, Seigneur, es-tu resté silencieux ? Pourquoi as-tu pu tolérer tout cela ? C’est dans cette attitude de silence que nous nous inclinons au plus profond de notre être, face à l’innombrable foule de tous ceux qui ont souffert et qui ont été mis à mort ; toutefois, ce silence devient ensuite une demande de pardon et de réconciliation, formulée à haute voix, un cri au Dieu vivant, afin de ne plus jamais permettre une chose semblable ».

Benoît XVI insiste sur le sens de la visite du pape allemand (lui) après celle du pape polonais (Jean Paul II) : « Le Pape Jean-Paul II était venu ici comme un fils du peuple polonais. Aujourd’hui, je suis ici comme fils du peuple allemand, et, c’est précisément pourquoi je dois, et, je peux dire, comme lui : je ne pouvais pas ne pas venir ici. Je devais venir. C’était et c’est un devoir face à la vérité et au droit de ceux qui ont souffert, un devoir devant Dieu d’être ici, en tant que Successeur de Jean-Paul II et en tant que fils du peuple allemand – fils du peuple dans lequel un groupe de criminels arriva au pouvoir au moyen de promesses mensongères, au nom de perspectives de grandeur, au nom de l’honneur retrouvé de la Nation et de son importance, par des perspectives de bien-être, mais également par la force de la terreur et de l’intimidation. Non, je ne pouvais pas ne pas venir ici ».

Benoît XVI rappelle aussi sa présence aux côtés de Jean-Paul II et une autre visite (Auschwitz-Birkenau) : « Le 7 juin 1979, je me trouvais ici comme Archevêque de Munich-Freising parmi les nombreux Evêques qui accompagnaient le Pape (Jean-Paul II), qui l’écoutaient et qui priaient avec lui. En 1980, je suis ensuite revenu une fois de plus dans ce lieu de l’horreur (Auschwitz-Birkenau) avec une délégation d’Evêques allemands, bouleversé par tant de mal et plein de reconnaissance parce que sur ces ténèbres avait brillé l’étoile de la réconciliation ». « Telle est encore la raison pour laquelle je suis ici aujourd’hui (26 mai 2006) : pour implorer la grâce de la réconciliation – avant tout de Dieu, qui seul peut ouvrir et purifier nos cœurs; puis des hommes qui ont souffert ». Benoît XVI, à Auschwitz-Birkenau, le 26 mai 2006, pose la question du silence de Dieu : « Combien de questions nous envahissent en ce lieu ! La même question revient toujours à nouveau : Où était Dieu en ces jours-là ? Pourquoi s’est-il tu ? Comment a-t-il pu tolérer cet excès de destruction, ce triomphe du mal ? ». Un mal que Benoît XVI exprime en ces termes : « Les potentats du Troisième Reich voulaient écraser le peuple juif tout entier ; l’éliminer du nombre des peuples de la terre. Alors, les paroles du Psaume : ‘On nous massacre tout le jour, on nous traite en moutons d’abattoir’ se vérifièrent de façon terrible. Nous pouvons ainsi espérer que du lieu de l’horreur naisse et croisse une réflexion constructive et que le souvenir aide à résister au mal et à faire triompher l’amour », a ajouté Benoît XVI.

Pour la Journée Mondiale de la Mémoire de la Shoah du 28 janvier 2009, Benoît a prononcé ces paroles : « En ces jours où nous rappelons la Shoah, me reviennent en mémoire les images recueillies lors de mes visites répétées à Auschwitz, l’un des camps dans lesquels a eu lieu le massacre atroce de millions de juifs, victimes innocentes d’une haine raciale et religieuse aveugle. Alors que je renouvelle avec affection l’expression de ma pleine et indiscutable solidarité avec nos frères destinataires de la Première Alliance, je souhaite que la mémoire de la Shoah incite l’humanité à réfléchir sur la puissance imprévisible du mal lorsqu’il conquiert le cœur de l’homme. Que la Shoah soit pour tous un avertissement contre l’oubli, contre la négation ou le réductionnisme ». Une violence que le jeune Joseph Ratzinger, devenu plus tard Benoît XVI a vécu, comme il l’évoque à l’angélus du 9 novembre 2008, pour le 70e anniversaire de la Nuit de Cristal (9-10 novembre 1938), appelant les catholiques à une « profonde solidarité avec le monde juif ». « C’est aujourd’hui le 70e anniversaire de ce triste événement qui a eu lieu dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, lorsque s’est déchaînée en Allemagne la furie nazie contre les Juifs. Les commerces, les bureaux, les habitations, et les synagogues furent attaqués et détruits et de nombreuses personnes furent également tuées, ce qui fut le début de la persécution violente et systématique des Juifs allemands qui déboucha sur la Shoah ».

Benoît XVI prononce un nouvel appel au « jamais plus », et insiste sur le devoir d’éduquer les jeunes dans le respect de l’autre. « Aujourd’hui encore, je ressens douloureusement ce qui est arrivé à cette tragique occasion, dont le souvenir doit servir à faire en sorte que des horreurs semblables ne se répètent jamais plus et que l’on s’engage, à tous les niveaux, contre toute forme d’antisémitisme et de discrimination, en éduquant surtout les jeunes générations au respect et à l’accueil réciproque ». Benoît XVI demande aux catholiques de manifester leur solidarité avec la communauté juive : « J’invite en outre, à prier pour les victimes d’alors et à vous unir à moi en manifestant une profonde solidarité avec le monde juif ». Dans une salutation en allemand, Benoît XVI évoque concrètement ces « terribles événements » qui ont eu lieu dans ce qui était « alors le Reich allemand », lorsque « les citoyens juifs » ainsi que leurs biens et leurs synagogues sont devenus « l’objectif d’actes de violence destructeurs et indignes ». Benoît XVI dit prier, « en souvenir des victimes ».

Lors d’une Journée de dialogue avec le Judaïsme, en Italie, le Benoît XVI s’est rendu à la Grande Synagogue de Rome où il a reconnu amèrement que de nombreux catholiques sont restés indifférents au drame de la Shoah. Il y a aussi rappelé le caractère irréversible du chemin d’amitié entre Juifs et Catholiques depuis notamment le concile Vatican II et le texte « Nostra Aetate ». Il a demandé pardon pour les souffrances infligées par les Chrétiens au peuple juif : « l’Eglise n’a pas manqué de déplorer les fautes de ses fils et de ses filles, en demandant pardon pour tout ce qui a pu favoriser d’une manière ou d’une autre les plaies de l’antisémitisme et de l’antijudaïsme » (cf. Commission pour les rapports religieux avec le judaïsme, « Nous nous souvenons : une réflexion sur la Shoah », 16 mars 1998).

« Il me revient à l’esprit », a ajouté Benoît XVI, « la prière pleine de tristesse au Mur du Temple à Jérusalem du Pape Jean-Paul II, le 26 mars 2000, qui résonne avec vérité et sincérité au plus profond de notre cœur : Dieu de nos pères, tu as choisi Abraham et sa descendance pour que ton Nom soit apporté aux peuples : nous sommes profondément attristés par le comportement de ceux qui, au cours de l’histoire, les ont fait souffrir, eux qui sont tes fils, et, en te demandant pardon, nous voulons nous engager à vivre une fraternité authentique avec le peuple de l’Alliance ». Benoît XVI évoque sa formation théologique et le lien inextricable entre le Premier et le Deuxième Testament. Benoît XVI précise : « Nous avons été touchés en tant qu’Allemands par ce qui est arrivé sous le IIIe Reich et nous nous en sommes d’abord tenus à regarder le peuple d’Israël avec humilité et honte, et avec amour », avec un impact non-indifférent sur ma pensée théologique, insiste Benoît XVI. A propos des ‘frères aînés’, Benoît XVI fait observer : «  Les Juifs n’aiment pas trop entendre les mots ‘frère aîné’, que le pape Jean XXIII employait déjà. Dans la tradition juive, le ‘frère aîné’, Ésaü, est aussi le frère réprouvé. On peut quand même employer ces mots parce qu’ils disent quelque chose d’important. Mais il est exact que les Juifs sont aussi nos ‘pères dans la foi’. Et ces mots rendent peut-être encore plus visible la manière dont nous sommes liés », concluait Benoît XVI.

Dès son arrivée, lundi 11 mai 2009, à l’aéroport Ben Gourion, près de la ville israélienne de Tel Aviv, Benoît XVI avait déclaré : « Le peuple juif a tragiquement fait l’expérience des terribles conséquences d’idéologies qui nient la dignité fondamentale de toute personne humaine. Il est juste et opportun que, pendant mon séjour en Israël, je puisse avoir la possibilité d’honorer la mémoire des six millions de Juifs victimes de la Shoah et de prier pour que l’humanité ne soit plus jamais témoin d’un crime d’une telle ampleur. Malheureusement, l’antisémitisme continue de relever la tête en beaucoup d’endroits de notre monde. Ceci est totalement inacceptable. Tous les efforts doivent être faits pour combattre l’antisémitisme où qu’il se manifeste ».

L’essentiel pour les Chrétiens devrait – normalement – se situer, d’une part, dans l’origine, et d’autre part, dans l’eschatologie, dans le sort ultime de la personne humaine et de l’Univers. Concernant l’origine, saint Bernard, parlant des Chrétiens par rapport au Judaïsme, a écrit que « les branches (les Chrétiens) ne doivent pas être ingrates envers la racine (les Juifs). Les branches ne disputeront pas à la racine la sève qu’elles tiennent d’elle ». Concrètement, l’Eglise catholique, à travers les écrits de l’un de ses plus grands saints, reconnaît le lien qui relie les Catholiques avec le Judaïsme. L’Eglise catholique reconnaît que les prémices de la foi catholique se trouvent dans les Patriarches, Moïse et les Prophètes (Nostra Aetate). Au temps du Christ, saint Jean évangéliste avait déjà écrit que « le salut vient des Juifs » (Jn 4, 22). J’aimerais mentionner à titre bibliographique deux catholiques, en plus de Jacques Maritain, de l’Abbé Alain-René Arbez et du journaliste Jean-Marie Allafort, que j’ai souvent cités dans mes articles, d’une part, Frère Ephraïm, auteur de ‘Jésus, Juif pratiquant’, paru chez Fayard. Et d’autre part, le Père Etienne Richer, auteur de ‘Aimer Israël: pourquoi ?’, paru chez Pneumathèque, Éditions des Béatitudes.

Dans ce contexte, pourquoi, malgré le fait que l’Eglise catholique affirme que les Juifs ne sont pas collectivement responsables de la mort de Jésus, pourquoi, malgré cela, certains membres de l’Eglise, passée et présente, ont-ils considéré et considèrent-ils encore, que les Juifs étaient – et demeurent – collectivement responsables de la mort de Jésus ? Revenons d’abord au fait que les Juifs ne sont pas collectivement responsables de la mort de Jésus. Cette affirmation – les Juifs ne sont pas collectivement responsables de la mort de Jésus – n’est pas aussi nouvelle que le croient certains.

En effet, le catéchisme de l’Eglise catholique, au point 597, stipule qu’en tenant compte de la complexité historique du procès de Jésus, complexité manifestée dans les récits évangéliques – et quel que puisse être le péché personnel des acteurs du procès, Judas, le Sanhédrin, Pilate, péché personnel que seul Dieu connaît – on ne peut en attribuer la responsabilité à l’ensemble des Juifs de Jérusalem, malgré les cris d’une foule manipulée (cf. Mc 15, 11) et les reproches globaux contenus dans les appels à la conversion après la Pentecôte (cf. Ac 2, 23. 36 ; 3, 13-14 ; 4, 10 ; 5, 30 ; 7, 52 ; 10, 39 ; 13, 27-28 ; 1 Th 2, 14-15).

Le catéchisme de l’Eglise catholique, toujours au point N° 597, précise que Jésus lui-même, en pardonnant sur la croix (cf. Lc 23, 34), et, Pierre, à sa suite, ont fait droit à « l’ignorance » (Ac 3, 17) des Juifs de Jérusalem et même de leurs chefs. Encore moins peut-on, à partir du cri du peuple « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants » (Mt 27, 25) qui signifie une formule de ratification (cf. Ac 5, 28 ; 18, 6), étendre la responsabilité aux autres Juifs dans l’espace et dans le temps. Voilà donc la vision défendue par le catéchisme de l’Eglise catholique au point N° 597. En fait, selon la vision de l’Eglise catholique, tous les pécheurs furent les auteurs de la passion du Christ. Le catéchisme de l’Eglise catholique, au point N° 599, stipule que la mort violente de Jésus n’a pas été le fruit du hasard dans un concours malheureux de circonstances. La mort de Jésus appartient au mystère du dessein de Dieu, comme saint Pierre l’explique aux Juifs de Jérusalem dès son premier discours de Pentecôte :  » Il avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu » (Ac 2, 23).

Dans cet esprit, l’Église catholique a rappelé – au Concile Vatican II – que ce qui a été commis durant la passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. Les Juifs ne doivent pas être présentés comme réprouvés par Dieu, ni maudits comme si cela découlait de la Sainte Écriture (Document NA 4 du Concile Vatican II).

Revenons à la question qui est : pourquoi, malgré le fait que l’Eglise catholique affirme que les Juifs ne sont pas collectivement responsables de la mort de Jésus, pourquoi, malgré cela, certains membres de l’Eglise, passée et présente, ont-ils considéré et considèrent-ils encore, que les Juifs étaient – et demeurent – collectivement responsables de la mort de Jésus ? Le travail des idées, sur ce point précis, reste ardu. Car, certains catholiques, vont alléguer, que leur Eglise, n’a jamais été antisémite, vu que les textes, de cette même Eglise, n’ont jamais été antisémites. Ce à quoi les Juifs rétorqueront avec raison : mais alors, pourquoi certains membres de l’Eglise, passée et présente, ont-ils considéré et considèrent-ils encore, que les Juifs étaient – et demeurent – collectivement responsables de la mort de Jésus ?

Personnellement, je serais heureux, le jour où les historiens et les sociologues, parviendront, à répondre à cette question concernant l’Eglise catholique, sans toujours chercher, tantôt à accabler des coupables, tantôt à les absoudre. Je trouve, en effet, regrettable, que des historiens de l’Eglise catholique et des sociologues de l’Eglise catholique, portent un jugement, sur les acteurs d’événements passés ou présent. Car il est évident que certains membres de l’Eglise, passée et présente, ont considéré et considèrent encore, que les Juifs étaient – et demeurent – collectivement responsables de la mort de Jésus.

L’histoire en témoigne et personne ne peut nier cela. Le travail des historiens et des sociologues, n’est donc pas, de condamner les coupables ; ou de les acquitter. Pour  nous éclairer sur ce qu’il faut acquitter ou condamner, il y a la philosophie, la morale et la justice. Ce que doivent accomplir les sociologues et les historiens, c’est un travail de recherche sur les raisons – temporelles et spirituelles – qui sont à l’origine, de l’antisémitisme et de la judéophobie, dans l’Eglise catholique, à travers les âges. A cet égard, deux faits ont profondément marqué l’histoire du siècle passé : d’abord la Shoah ; et ensuite, la renaissance, en terre d’Israël, de la Nation des Juifs.

La Shoah n’a pas eu lieu au Rwanda ou au Soudan. La Shoah a eu lieu en Europe. Et l’Europe était, au temps de la Shoah, un continent de culture judéo-chrétienne. La « création » de l’Etat d’Israël en 1948 n’était pas une « création ». On ne peut pas « créer » deux fois la même chose. Cette « création » était la renaissance, en terre d’Israël, de la Nation des Juifs. La Shoah n’est pas « la cause » de la « création » de l’Etat d’Israël, de la renaissance, en terre d’Israël, de la Nation des Juifs. La Shoah a, certes, contribué, à la prise de conscience, chez les Juifs, qu’il était temps de rentrer au pays, pour ceux d’entre eux qui le désiraient. Mais la Shoah n’est pas « la cause » de la renaissance, en terre d’Israël, de la Nation des Juifs.

C’est sous cet angle de vue, que les historiens de l’Eglise catholique et les sociologues de l’Eglise catholique parviendront, peut-être, un jour, à nous expliquer, pourquoi, certains membres de l’Eglise, passée et présente, ont considéré et considèrent encore, que les Juifs étaient – et demeurent – collectivement responsables de la mort de Jésus, alors que les Juifs n’en sont pas responsables.

Michel Garroté

Rédacteur en chef

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