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Publié par Michel Garroté le 11 juillet 2012

Michel Garroté – Le 3 juillet dernier, au Caire, la Commission Générale de la Révolution Syrienne (CGRS) annonçait qu’elle se retirait de la réunion qui prétendait définir une « vision commune » de l’après-Assad, réunion organisée à l’initiative de la Ligue arabe. La CGRS estimait que les divergences étaient trop grandes au sein de l’opposition syrienne. Ce retrait de la CGRS est intervenu après celui de l’Armée Syrienne Libre (ASL), qui avait décidé de boycotter la réunion, la qualifiant de complot…

La CGRS déclarait qu’elle refusait d’être impliquée dans les dissensions politiques qui abandonnaient le destin de son peuple et de sa révolution aux bras de fer internationaux et au régime assassin en Syrie. Dans ce contexte, parler de l’unité de l’opposition syrienne ne sert qu’à masquer l’impuissance de la communauté internationale, ajoutait la CGRS. Les opposants, notamment le Conseil National Syrien (CNS) s’étaient donc réunis le 3 juillet au Caire afin de « resserrer les rangs »…

A propos de la Syrie, une analyse parue sur Fides donne un éclairage intéressant (extraits) : « Plus de 300 combattants des différentes factions armées de l’opposition syrienne à Homs ont accepté de déposer les armes, de se placer sous la protection du Comité populaire interreligieux Mussalaha et de continuer une « opposition politique non armée ». Tel est le résultat d’un accord historique promu par le mouvement Mussalaha (Réconciliation) né spontanément au sein de la société civile syrienne qui jouit de la confiance de toutes les parties en cause, de familles, de clans, de communautés diverses, de secteurs du gouvernement et de l’opposition armée ».

Fides : « Le Comité Mussalaha d’Homs, qui comprend le Père Michel Naaman, prêtre syro-catholique, des responsables religieux musulmans et différents responsables de la société civile ainsi que des représentants de communautés, après un long effort de médiation, est parvenu à un résultat considéré comme impensable jusqu’à hier : « Les 300 jeunes prêts à déposer les armes sont des jeunes et des adolescents qui avaient décidé de combattre subjugués par l’esprit et les idéaux de la révolution. Parmi eux se trouvent des parents, des enfants, des amis de personnes faisant partie de Mussalaha et ceci a grandement facilité le dialogue et l’accord. Ce sont les enfants du peuple syrien » remarque le prêtre d’Homs ».

Fides : « Les jeunes ont reçu des garanties de la part de l’armée syrienne, qui a affirmé qu’une fois déposées les armes, ils seront libres et pourront continuer à mener « une opposition politique non violente ». Le comité Mussalaha se portera garant de leur salut et de leur liberté, dans une atmosphère qui veut encourager la confrontation, le dialogue et la réconciliation. Il n’est pas exclu, remarquent les responsables de Mussalaha, que de nombreux autres combattants suivent cet exemple et se placent sous la protection du Comité de réconciliation. Le problème principal, notent des sources de Fides, est représenté désormais par plus de 100 hommes armés non syriens qui sont présents dans la zone et n’ont ni l’intention ni la possibilité de participer à cette délicate opération de dialogue interne syrien », conclut Fides.

Intéressante également, cette analyse Robert Ménard, toujours à propos de la Syrie (extraits) : « Disons-le clairement : le régime syrien est une infamie, hier comme aujourd’hui, du temps du potentat père comme de son rejeton. Mais qui voudrait livrer ce pays à des islamistes, prêts, dès leur arrivée au pouvoir, à partir à la chasse aux minorités religieuses, à commencer par les Alaouites bien sûr – responsables, en bloc, des exactions de leurs coreligionnaires, cela va de soi – bientôt suivis par des Chrétiens soupçonnés d’avoir été les alliés du dictateur ? Qui est assez naïf pour ne pas craindre une contagion islamiste déjà à l’œuvre en Tunisie, en Egypte, en Libye ? Qui est aveugle au point de ne pas s’effaroucher de ces « révolutions » qui installent à nos portes des Barbus dont les émules maliens rappellent furieusement leurs amis talibans ? ».

Robert Ménard : « Et si, échaudés de tant de déconvenues – de la Somalie à l’Afghanistan – nous nous en tenions à une réserve, à une distance qui sera, je le sais, immédiatement condamnée par les états-majors du « Flore » et du « Deux magots », toujours prêts à rejouer les Brigades internationales confortablement installés devant un café crème. Et si nous laissions les Syriens se débrouiller entre eux, comme nous aurions dû le faire avec les Libyens. Si la chute du régime de Bachar El Assad est « inéluctable », comme l’a dit François Hollande, alors ne nous en mêlons pas. Quand je vois de « grandes démocraties » comme l’Arabie Saoudite se mobiliser aux côtés de l’opposition syrienne, quand je constate la présence de terroristes d’Al Qaïda dans les rangs des insurgés, je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine appréhension. Condamnable au nom du devoir d’ingérence, cela va de soi », conclut Robert Ménard.

Pour ce qui me concerne – c’est ma conclusion à ce stade – la crise syrienne pose un problème. Je l’ai déjà écrit plusieurs fois. Je déteste le clan Assad. Notamment parce que j’ai vu de mes yeux les monstruosités perpétrées par le clan Assad contre les Chrétiens au Liban dans les années 1980. Cela dit, lorsque quelques années plus tard, dans les années 1990, je me suis rendu en Syrie, j’ai été bien obligé d’admettre que la situation des Chrétiens y était bonne. C’est un paradoxe typiquement levantin. Le clan Assad a voulu chasser les Chrétiens du Liban afin de pouvoir annexer ce pays.

Et le même clan Assad, dans son propre pays, la Syrie, a ménagé les minorités, y compris les minorités chrétiennes, du fait que ce clan est lui-même une minorité alaouite dans un pays majoritairement sunnite. Je sais très bien qu’actuellement le clan Assad fait à son propre peuple ce qu’il avait déjà fait pendant plus de quinze ans au peuple libanais. Du reste, à l’époque, j’étais très seul dans ma défense des chrétiens libanais qui semblaient laisser le monde entier indifférent. Et je ne peux donc pas, aujourd’hui, prendre parti contre le clan Assad que je déteste, car si un califat islamique lui succède, les Chrétiens de Syrie n’auront plus qu’à faire leurs valises. Et qui les accueillera ? Personne…

Enfin, je reste persuadé que l’Occident a tout intérêt à maintenir un équilibre des forces entre islam sunnite et islam chiite (dans le cas de la Syrie, le conflit oppose la minorité chiite alaouite au pouvoir à une population majoritairement sunnite). Si les deux branches de l’islam, la branche sunnite et la branche chiite sont en guerre, l’Occident doit apprendre à en tirer profit. Car le temps que ces deux branches consacrent à se combattre signifie un temps de répit pour l’Occident. Prochainement, je reviendrai plus en détail sur cet aspect complexe assez difficile à saisir dans sa globalité.

Michel Garroté

Rédacteur en chef

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