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Publié par Guy Millière le 18 juillet 2012

Comme le notent sur leur site (europe-israel.org) mes amis d’Europe Israël, cela fait cette année soixante dix ans très exactement qu’a eu lieu la Rafle du Vélodrome d’hiver, le 17 juillet 1942. Comme ils le notent aussi, cette date anniversaire a une particulière résonance en cette année, puisque le 19 mars dernier, trois enfants juifs, et le père de deux d’entre eux, ont été atrocement assassinés par un islamiste de nationalité française.

Ce devrait être l’occasion de méditer sur le retour perpétuel de l’antisémitisme.

Celui-ci a changé mille fois de visage et d’apparence, mais il n’a jamais disparu. Et s’il a régné dans tous les pays d’Europe, tout comme il règne aujourd’hui dans l’ensemble du monde musulman, on ne peut laisser de côté qu’il a joué un rôle tout particulier en France. Peu d’autres pays peuvent se targuer d’avoir vu paraître un journal presque entièrement consacré à la dénonciation des Juifs : il y eut le Sturmer de Julius Streicher sous Adolf Hitler en Allemagne. Il y eut La libre parole d’Edouard Drumont à la fin du dix-neuvième siècle et, avant la montée du nazisme en Allemagne, aucun livre viscéralement antisémite n’a connu le succès qui fut celui de La France juive, du même Edouard Drumont, où abondent les références à la race aryenne.

Joseph-Arthur de Gobineau a joué un rôle fondateur dans le développement des théories racistes et antisémites par son Essai sur l’inégalité des races, et ses thèses, ainsi que celles de son disciple Houston Stewart Chamberlain, ont exercé une profonde influence sur des auteurs tels que Wilhelm Heinrich Riehl, Wilhelm von Polenz, Paul de Lagarde et Julius Langbehn, chez qui on trouve les racines du national-socialisme allemand. Et au temps où le Surmer paraissait en Allemagne, Léon Daudet et Charles Maurras faisaient les beaux jours de la très antisémite Action française, qui rivalisait d’ardeur avec le tout aussi antisémite Je suis partout, où officiaient Lucien Rebatet et Robert Brasillach.

De nos jours, il n’y a pas de publications antisémites en France, bien sûr, sinon des publications clandestines, mais l’ « antisionisme » permet aux antisémites d’hier et de demain de se tailler des habits recyclés et sur mesure pour ces temps politiquement corrects. Insulter Israël comme on insultait les Juifs il y a soixante dix ans permet ne pas sentir le moisi et de paraître progressiste, tout en avançant couvert de moisissures.

Il faudrait aussi méditer sur la Collaboration.

Car si des Français se sont conduits dignement et courageusement, il y eu aussi, pour citer le titre d’un livre de Henri Amouroux, quarante millions de pétainistes, et parmi les collaborateurs les plus ardents, il y eut, jusqu’à la rupture du pacte germano-soviétique, les communistes français. Il y eut aussi nombre de pacifistes et de socialistes que nombre de pacifistes et de socialistes du présent citent mot pour mot sans même s’en rendre compte. Je leur conseillerais de lire Un paradoxe français de Simon Epstein pour y voir un peu plus clair dans une généalogie qui est aussi la leur.

Sommes-nous sortis de l’esprit collabo ? Je dois le dire, il m’arrive souvent d’en douter. Sommes-nous sortis des tentations autoritaires qu’ont incarné le maréchal Pétain, puis, après lui, le général De Gaulle ? Il m’arrive d’en douter aussi. Et quand je regarde les effets de tribune d’un homme tel que Jacques Doriot, je ne peux m’empêcher de faire des rapprochements avec quelqu’un dont je me garderai de citer le nom, car la politisation et le dévoiement de la justice n’ont pas cessé en ce pays.

Il faudrait méditer surtout sur ce qui fait que ce pays, car c’est l’un des problèmes essentiels, et c’est le problème que je soulevais en écrivant voici peu sur le quatorze juillet, ne s’est jamais donné les moyens de fonder un état de droit stable et digne de ce nom, plus de deux siècles après la Révolution française, et surtout, continue à accorder une place disproportionnée aux dogmes intellectuels.

Le problème est ancien. Il était déjà présent au temps des Lumières. Quand, en Grande Bretagne, on lisait John Locke et David Hume, en France, l’horizon de la pensée était occupé par Voltaire, Diderot ou Rousseau.

Quand, dans le monde qui parle anglais, on se tournait vers l’humilité de l’empirisme, en France on se tournait plutôt vers le rationalisme, qui est la dogmatisation de la raison.

Le dogmatisme est fiché au coeur de la Révolution française dès le départ, puisque la Déclaration des droits de l’homme de 1789 est porteuse de l’expression de volonté générale au nom de laquelle on tuera les « ennemis du peuple » au temps de la Terreur, et les contre-révolutionnaires vendéens. Robespierre est le premier intellectuel idéocrate, c’est à dire prétendant exercer le pouvoir au nom d’un ensemble d’idées absolutisées.

Les intellectuels idéocrates ultérieurs seront tous des gens se référant à Robespierre, je l’ai déjà dit. Certains d’entre eux sont arrivés au pouvoir : Hitler, Lénine, Mao, Fidel Castro, Pol Pot. Certains ont parlé de race pure ou d’essence nationale, d’autres de nécessité d’éliminer la bourgeoisie pour que le prolétariat triomphe.

Lénine et ses continuateurs parlaient de révolution prolétarienne et ils ont ouvert des camps de concentration pour éliminer des « contre révolutionnaires » qui n’étaient pas Vendéens, mais koulaks en Russie ou partisans de Liu Shao Chi en Chine.

Hitler parlait de révolution national-socialiste.

Les artisans de la Rafle du Vélodrome d’hiver parlaient de « révolution nationale » et entendaient régler le « problème juif ».

Les islamistes du présent parlent de révolution islamique et doivent eux-mêmes quelque chose à Robespierre, car l’islamisme, c’est l’islam revu et corrigé à la lueur noire de l’idéocratie.

Les gauchistes, qui doivent beaucoup à Robespierre se reconnaissent des affinités avec les islamistes.

Pour l’essentiel, les leçons de la Rafle du Vélodrome d’Hiver restent à tirer. Je pourrais me sentir davantage proche de la France si on y tirait pleinement les leçons du passé.

Il y faudrait le travail non pas d’intellectuels, mais de penseurs, et la pensée en France semble, hélas, au crépuscule.

Un sondage réalisé ces jours derniers montrait que quarante deux pour cent des Français ignorent ce que fut la Rafle, la proportion atteint soixante pour cent chez les dix-huit à vingt cinq ans. Qu’en sera-t-il dans cinq ou dix ans ?

Reproduction autorisée, et même vivement encouragée, avec la mention suivante et impérativement le lien html ci dessous :
© Guy Millière pour www.Dreuz.info

PS La photo d’illustration montre le panneau d’entrée de l’exposition antisémite, « Le Juif et la France », tenue à Paris au palais Berlitz à partir du 5 septembre 1941, moins d’un an avant la Rafle. L’exposition a été conçue et élaborée par des Français, pour des Français. Ce sont des policiers français, sous les ordres d’un Français, René Bousquet, qui ont procédé à la Rafle. Ce sont des Français qui gardaient le camp de Drancy d’où partaient les convois vers Auschwitz.

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