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Publié par Michel Garroté le 27 juillet 2012

Michel Garroté – La sortie de la Grèce de la zone euro n’est plus un sujet tabou. Du reste, que ce pays demeure dans la zone euro ou pas, de toute façon, il y aura de la casse pour tout le monde. Personnellement, je suis hostile aux demi-mesures. Je préfère les décisions à la fois nettes et courageuses. En clair, je ne vois que deux alternatives. Soit la Grèce – et peut-être d’autres pays – quittent la zone euro (auquel cas ces pays ne sont soumis à aucun contrôle extérieur). Soit l’on donne aux institutions européennes des moyens de contrôle – mais cette fois réels et concrets – pour scruter et si nécessaire corriger, efficacement, les finances des pays membres de la zone euro (auquel cas l’on instaure un « fédéralisme budgétaire » pour l’ensemble des pays membres de la zone euro).

Au-delà de la dette, je vois un autre risque dont il faudra bien tenir compte. Il s’agit du risque de guerre. Depuis 1945, l’Europe n’a plus connu de guerres. Mais la guerre de 1939-1945 a fait 50 millions de morts. L’une des causes – mais pas la seule – de cette épouvantable guerre fut la crise économique dite « crise de 1929 ». Mais revenons aux Grecs. J’ai écrit plus haut que la sortie de la Grèce – de la zone euro – n’est plus un sujet tabou.

Ainsi, je lis dans un quotidien français de centre-gauche se faisant passer pour un journal de droite (extraits adaptés ; lien en bas de page) : « ‘Pour de nombreux experts, pour mon parti et pour moi, une sortie de la Grèce de la zone euro a perdu de son horreur il y a longtemps’, déclare le vice-chancelier allemand et leader du parti libéral, Philipp Roessler. Cette déclaration s’apparente à une menace envers le gouvernement grec (Note de Michel Garroté – C’est du bon sens au service du bien commun et non pas une « menace »). Le gouvernement grec veut négocier avec ses partenaires pour obtenir un délai de deux ans supplémentaires afin de redresser ses finances publiques. Berlin s’y oppose. Même si ce dirigeant allemand est depuis longtemps hostile à l’aide grecque, il exprime ce que certains pensent tout bas. Alors même que le risque de voir la Grèce quitter la monnaie unique n’a jamais été aussi élevé, selon les économistes de Citigroup ».

« Dans une note, ces économistes estiment que cette éventualité a 90% de chances de se réaliser, contre 50% à 75% auparavant. Jusqu’au début de 2012, une sortie de la Grèce – ou ‘Grexit’, comme le nomme les Anglo-Saxons en contractant les mots ‘Grèce’ et ‘exit’ – faisait en effet craindre de très lourdes pertes pour les banques et, par ricochet, menaçait l’économie européenne. Ce risque semble désormais revu à la baisse. D’abord, les banques ont rapatrié les trois cinquièmes des fonds placés en Grèce depuis fin septembre 2009 selon les chiffres de la Banque des règlements internationaux (Note de Michel Garroté – Peut-on faire confiance à cette banque et aux chiffres qu’elle avance ?). La restructuration de la dette de l’État grec, opérée en mars 2012 a, ensuite, permis aux marchés de réduire encore plus, moyennant l’effacement de 100 milliards d’euros, leur exposition à la dette » (Note de Michel Garroté – Et quelles sont les victimes de cet « effacement » miraculeux de 100 milliards d’euros ?).

« ‘Il y a un an, une grande partie de la dette publique était encore détenue par le secteur privé. Ce n’est plus le cas’, explique Fabrice Montagné, économiste à Barclays. ‘Moins exposés, les marchés ont moins peur d’une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro’. La dette publique grecque, qui s’élevait à 337 milliards d’euros début 2012, selon UBS, était détenue presque aux deux tiers par des créanciers privés. Leur part a fondu à moins d’un tiers. Ce sont les institutions européennes et les pays membres de la zone euro qui ont pris le relais. Via les aides versées depuis plus de deux ans, ils réunissent désormais 73% de la dette et des risques de pertes en cas d’une faillite qui ne manquerait pas d’être provoquée par la sortie du pays » (Note de Michel Garroté – Perdre 73% de 337 milliards d’euros, ce n’est point une mince affaire pour les contribuables, n’est-il pas ? Mais continuer à donner des centaines de milliards d’euros aux Grecs ne serait pas non plus une mince affaire…).

« Outre les coûts financiers directs, les risques de contagion générés par une éventuel ‘Grexit’ ont longtemps fait craindre le pire. Seraient-ils moins élevés que prévu grâce à la mise en place, bien que retardée, du pare-feu financier de la zone euro qu’est le Mécanisme européen de stabilité ? Pas sûr. ‘La possibilité d’organiser la sortie de la Grèce de la zone euro ramène à la question de savoir si le pare-feu européen est suffisamment solide pour contenir le choc’, analyse Michala Marcussen, chef économiste de la Société générale CIB : ‘notre avis ? Il ne l’est pas’. Pour la Grèce elle-même, quitter la zone euro se traduirait par une récession accrue à court terme. Les économistes du groupe de réflexion bruxellois CEPS estiment que ‘la richesse produite par le pays retrouverait seulement au bout de 10 ans son niveau d’avant-crise’ » (Note de Michel Garroté – Le « pare-feu financier de la zone euro qu’est le Mécanisme européen de stabilité » est-il vraiment un pare-feu et peut-il réellement apporter de la stabilité ?).

Michel Garroté

Rédacteur en chef

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