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Publié par Michel Garroté le 30 juillet 2012

JO Munich 1972 – Est-allemands, néonazis et palestiniens sapent les jeux

Michel Garroté – Pour mémoire, en 1972 onze athlètes israéliens ont été assassinés par des terroristes palestiniens avec le soutien logistique, d’une part, des services spéciaux est-allemands, et d’autre part, de néo-nazis ouest-allemands. Les Jeux olympiques de Munich en 1972 étaient censés faire « oublier » les Jeux olympiques de Berlin en 1936…

Le Figaro signale (lien en bas de page) : Quarante ans après l’attaque d’un commando palestinien qui avait fait onze morts, Berlin reconnaît des défaillances. Le 5 septembre 1972, le groupe palestinien Septembre noir investit le village des JO de Munich. Un commando de huit terroristes neutralise des athlètes de la délégation israélienne. À l’issue d’une très longue journée d’été, 11 otages et un policier perdront la vie. Encore aujourd’hui, cet attentat symbolise l’impuissance d’une démocratie face à la première action de grande ampleur de « l’internationale terroriste ». L’attentat aurait-il pu être empêché ? À coup sûr, si les signes avant-coureurs avaient été pris en compte. Les archives exhumées cette semaine par Der Spiegel permettent de quantifier la négligence: 17 signaux d’alerte évoquant une action terroriste palestinienne lors des JO, souvent provenant de l’étranger, ont été collectés par les services secrets allemands dans les semaines précédant l’attentat. Deux ans plus tôt, sur l’aéroport de Munich, un avion de la compagnie israélienne El-Al avait été attaqué par trois Palestiniens armés de grenades. Autre preuve de l’activité des réseaux pro-palestiniens soutenus par les néonazis locaux sur le territoire bavarois, sept survivants de l’Holocauste avaient été tués dans l’incendie volontaire d’une maison de retraite de Munich, quelques mois avant.

Mais l’époque est au « peace and love » et cette compétition est la première organisée par l’Allemagne d’après-guerre. Pour les organisateurs, Munich 1972 doit être l’anti-« Berlin 1936 ». Uniformes et contrôles doivent être réduits au strict minimum. Les 15.000 policiers mobilisés sont tenus délibérément à l’écart, hors du périmètre olympique, « en réserve ». Sur le village, ne patrouillent que 2000 vigiles. Sans arme – « pas même une matraque en caoutchouc », vante le chef de la police -, on les remarque surtout à leur costume bleu ciel dessiné par le couturier André Courrèges. Quand un spécialiste du terrorisme propose de renforcer la sécurité autour du village olympique, les organisateurs objectent que «ce n’est pas un camp de concentration». La nuit du drame, chose difficile à croire aujourd’hui, aucun vigile ne surveille le bâtiment de la délégation israélienne.

Quand la prise d’otages débute, la police est prise de court. Dans un documentaire de la chaîne publique ARD, un policier compare avec ironie: « Nous étions en maillot de bain et sandalettes pour attaquer un sommet de haute montagne ». La sous-estimation du nombre de terroristes est souvent invoquée pour expliquer le fiasco. Pendant 40 ans, on a aussi parlé d’une troupe parfaitement organisée suivant un plan d’attaque précis. Or des documents de la police criminelle bavaroise révèlent au contraire que les terroristes se trompent d’abord d’étage et ignorent la présence d’une autre délégation dans l’appartement voisin. Quant au nombre de tireurs d’élite mobilisés, une notice du ministère de l’Intérieur bavarois atteste qu’il a été volontairement limité « pour ne pas avoir de problème de coordination et limiter les risques de bavure ». Et puis les troupes ne sont pas toutes prêtes à intervenir: deux « snipers » de la police présents sur l’intervention n’ont pas leur fusil longue portée. Lorsque débute l’échange de tirs sur l’aéroport de Fürstenfeldbruck, la catastrophe est programmée : les huit terroristes sont plus nombreux que les tireurs d’élite, conclut Le Figaro.

Le Figaro ne donne pas de détails sur le soutien logistique, en 1972, des services spéciaux est-allemands, de la Stasi, de Markus Wolf, aux terroristes palestiniens. Le Figaro ne mentionne pas les commandos ouest-allemands qui n’ont pas été utilisés contre les terroristes palestiniens à Munich, ces commandos étant officieux et réservés à la Guerre froide… A cet égard, l’Allemagne n’a pas non plus accepté l’offre de coopération offerte par les services israéliens. Le Figaro ne livre aucune précision sur le soutien logistique donné aux terroristes palestiniens par des néo-nazis ouest-allemands.

Comment des néo-nazis ouest-allemands ont-ils été en mesure d’aider les terroristes palestiniens en 1972 ? Il faut savoir qu’après la Seconde Guerre mondiale, Eichmann, dans le plus grand secret, accorde une longue série d’entretiens à un certain Willem Sassen. Enregistrés sur bande magnétique, ces entretiens sont par la suite publiés sous forme écrite. Eichmann y défend l’extermination des Juifs d’Europe par le régime national-socialiste. Eichmann explique que l’objectif était de purifier le sang allemand. Et que l’extermination des Juifs, pour parvenir à cet acte purificateur, cette extermination ne l’intéresse pas, en elle-même. Mais qu’elle l’intéresse seulement dans la mesure où elle permet d’atteindre l’objectif fixé.

La seule chose qui l’intéresse, dit Eichmann, c’est la nécessité selon lui de purifier le sang allemand, de déjudaïser et d’aryaniser le sang allemand. La logique génocidaire est impressionnante : elle va jusqu’à différencier les « juden »,les « halb-juden » et les « misch-juden ». Eichmann, dans ses entretiens avec Willem Sassen, insiste sur le fait que ses éventuels sentiments personnels, bons ou mauvais, sur la barbarie de la Shoah n’ont strictement aucune importance, aucune valeur.

La seule chose qui l’a motivé, raconte Adolf Eichmann à Willem Sassen, c’est que le sang allemand devait être purifié de toute impureté et que l’impureté était juive tout simplement. Que la Shoah en ait été la conséquence inéluctable, dit-il, ne l’intéresse pas. Surprenant, de la part de l’homme qui a participé – au plus haut niveau – à l’organisation logistique, de la déportation et de l’extermination, de six millions de Juifs. Son seul regret : le travail n’a pas été accomplis jusqu’au bout ; car en effet, selon Eichmann, il eut fallu exterminer 11 millions de Juifs Européens pour que le national-socialisme parvienne à triompher.

En 1972, onze Juifs ont été assassinés en Allemagne. Adolf Eichmann, Willem Sassen et leurs comparses ont sans doute « fêté » l’événement dans le plus grand secret…

Michel Garroté

Rédacteur en chef

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