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Michel Garroté – Le 3 juillet dernier, au Caire, la Commission Générale de la Révolution Syrienne (CGRS) annonçait qu’elle se retirait de la réunion qui prétendait définir une « vision commune » de l’après-Assad, réunion organisée à l’initiative de la Ligue arabe. La CGRS estimait que les divergences étaient trop grandes au sein de l’opposition syrienne. Ce retrait de la CGRS est intervenu après celui de l’Armée Syrienne Libre (ASL), qui avait décidé de boycotter la réunion, la qualifiant de complot…
La CGRS déclarait qu’elle refusait d’être impliquée dans les dissensions politiques qui abandonnaient le destin de son peuple et de sa révolution aux bras de fer internationaux et au régime assassin en Syrie. Dans ce contexte, parler de l’unité de l’opposition syrienne ne sert qu’à masquer l’impuissance de la communauté internationale, ajoutait la CGRS. Les opposants, notamment le Conseil National Syrien (CNS) s’étaient donc réunis le 3 juillet au Caire afin de « resserrer les rangs »…
A propos de la Syrie, une analyse parue sur Fides donne un éclairage intéressant (extraits) : « Plus de 300 combattants des différentes factions armées de l’opposition syrienne à Homs ont accepté de déposer les armes, de se placer sous la protection du Comité populaire interreligieux Mussalaha et de continuer une « opposition politique non armée ». Tel est le résultat d’un accord historique promu par le mouvement Mussalaha (Réconciliation) né spontanément au sein de la société civile syrienne qui jouit de la confiance de toutes les parties en cause, de familles, de clans, de communautés diverses, de secteurs du gouvernement et de l’opposition armée ».
Fides : « Le Comité Mussalaha d’Homs, qui comprend le Père Michel Naaman, prêtre syro-catholique, des responsables religieux musulmans et différents responsables de la société civile ainsi que des représentants de communautés, après un long effort de médiation, est parvenu à un résultat considéré comme impensable jusqu’à hier : « Les 300 jeunes prêts à déposer les armes sont des jeunes et des adolescents qui avaient décidé de combattre subjugués par l’esprit et les idéaux de la révolution. Parmi eux se trouvent des parents, des enfants, des amis de personnes faisant partie de Mussalaha et ceci a grandement facilité le dialogue et l’accord. Ce sont les enfants du peuple syrien » remarque le prêtre d’Homs ».
Fides : « Les jeunes ont reçu des garanties de la part de l’armée syrienne, qui a affirmé qu’une fois déposées les armes, ils seront libres et pourront continuer à mener « une opposition politique non violente ». Le comité Mussalaha se portera garant de leur salut et de leur liberté, dans une atmosphère qui veut encourager la confrontation, le dialogue et la réconciliation. Il n’est pas exclu, remarquent les responsables de Mussalaha, que de nombreux autres combattants suivent cet exemple et se placent sous la protection du Comité de réconciliation. Le problème principal, notent des sources de Fides, est représenté désormais par plus de 100 hommes armés non syriens qui sont présents dans la zone et n’ont ni l’intention ni la possibilité de participer à cette délicate opération de dialogue interne syrien », conclut Fides.
Intéressante également, cette analyse Robert Ménard, toujours à propos de la Syrie (extraits) : « Disons-le clairement : le régime syrien est une infamie, hier comme aujourd’hui, du temps du potentat père comme de son rejeton. Mais qui voudrait livrer ce pays à des islamistes, prêts, dès leur arrivée au pouvoir, à partir à la chasse aux minorités religieuses, à commencer par les Alaouites bien sûr – responsables, en bloc, des exactions de leurs coreligionnaires, cela va de soi – bientôt suivis par des Chrétiens soupçonnés d’avoir été les alliés du dictateur ? Qui est assez naïf pour ne pas craindre une contagion islamiste déjà à l’œuvre en Tunisie, en Egypte, en Libye ? Qui est aveugle au point de ne pas s’effaroucher de ces « révolutions » qui installent à nos portes des Barbus dont les émules maliens rappellent furieusement leurs amis talibans ? ».
Robert Ménard : « Et si, échaudés de tant de déconvenues – de la Somalie à l’Afghanistan – nous nous en tenions à une réserve, à une distance qui sera, je le sais, immédiatement condamnée par les états-majors du « Flore » et du « Deux magots », toujours prêts à rejouer les Brigades internationales confortablement installés devant un café crème. Et si nous laissions les Syriens se débrouiller entre eux, comme nous aurions dû le faire avec les Libyens. Si la chute du régime de Bachar El Assad est « inéluctable », comme l’a dit François Hollande, alors ne nous en mêlons pas. Quand je vois de « grandes démocraties » comme l’Arabie Saoudite se mobiliser aux côtés de l’opposition syrienne, quand je constate la présence de terroristes d’Al Qaïda dans les rangs des insurgés, je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine appréhension. Condamnable au nom du devoir d’ingérence, cela va de soi », conclut Robert Ménard.
Pour ce qui me concerne – c’est ma conclusion à ce stade – la crise syrienne pose un problème. Je l’ai déjà écrit plusieurs fois. Je déteste le clan Assad. Notamment parce que j’ai vu de mes yeux les monstruosités perpétrées par le clan Assad contre les Chrétiens au Liban dans les années 1980. Cela dit, lorsque quelques années plus tard, dans les années 1990, je me suis rendu en Syrie, j’ai été bien obligé d’admettre que la situation des Chrétiens y était bonne. C’est un paradoxe typiquement levantin. Le clan Assad a voulu chasser les Chrétiens du Liban afin de pouvoir annexer ce pays.
Et le même clan Assad, dans son propre pays, la Syrie, a ménagé les minorités, y compris les minorités chrétiennes, du fait que ce clan est lui-même une minorité alaouite dans un pays majoritairement sunnite. Je sais très bien qu’actuellement le clan Assad fait à son propre peuple ce qu’il avait déjà fait pendant plus de quinze ans au peuple libanais. Du reste, à l’époque, j’étais très seul dans ma défense des chrétiens libanais qui semblaient laisser le monde entier indifférent. Et je ne peux donc pas, aujourd’hui, prendre parti contre le clan Assad que je déteste, car si un califat islamique lui succède, les Chrétiens de Syrie n’auront plus qu’à faire leurs valises. Et qui les accueillera ? Personne…
Enfin, je reste persuadé que l’Occident a tout intérêt à maintenir un équilibre des forces entre islam sunnite et islam chiite (dans le cas de la Syrie, le conflit oppose la minorité chiite alaouite au pouvoir à une population majoritairement sunnite). Si les deux branches de l’islam, la branche sunnite et la branche chiite sont en guerre, l’Occident doit apprendre à en tirer profit. Car le temps que ces deux branches consacrent à se combattre signifie un temps de répit pour l’Occident. Prochainement, je reviendrai plus en détail sur cet aspect complexe assez difficile à saisir dans sa globalité.
Michel Garroté
Rédacteur en chef
Reproduction autorisée avec mention de www.dreuz.info
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Absolument d’accord. Enfin une voix de la raison qui s’élève … Mais qui comme d’habitude sera ignorée, en fin de compte.
Votre analyse assez cynique,et à tres courte vue, ne prend pas en compte l’ enjeu stratègique dans leqel la Syrie d’Assad est l’ allièe de l’Iran d’ Ahmadinejad et la protegèe de la Russie.Si la Syrie se pacifie cela se fera seulement par la recomposition d’ une confèderation , d’ une mosaique de communautès ou chacune veillera a son prè carrè et s’ interdira de rechercher soit la protection russe soit la protection iranienne.Il est donc necessaire dans un premier temps que l’ Occident comprenne que son interet passe par le retrait rapide d’Assad et par la creation d’ une confederation des communautès syriennes.C’ est exactement ce qui s’ est passè en Iraq, ou trois regions bien distinctes, kurde au nord, sunnite au centre, chiite au sud, se partagent le pays dans une relative democratie. Cela peut se faire en Syrie mais à la condition expresse qu’Assad s’ en aille au plus vite.Votre point de vue » en retrait » ou de refus d’ intervenir est donc contre-productif car il laisse en place le mafieux no.1 Assad, alliè de l’Iran et de la Russie.
A rapprocher de l’article du Figaro d’aujourd’hui (G. Malbrunot)faisant état de la « nouvelle approche » discutée par Kofi Annan à Téhéran sur la proposition d’Assad de désescalade de la violence.
Votre article permet de mieux le comprendre.
Absolument en parfait accord. C’est uniquement l’Art de la Guerre. Pendant qu’ils s’entretuent, ils nous foutent la paix, à nous d’en profiter.
Le problème des chrétiens d’Orient est complexe et la position des occidentaux vis à vis de cette minorité ( laissée à l’abandon alors que nous avons un lien judéo-chrétien commun)me choque. C’est une minorité ( sauf au Liban jusqu’à la fin des années 80 ou les chrétiens étaient encore majoritaire ) qui a toujours était discriminée par les pouvoirs arabes nationalistes en place et à la fois ménagée. Depuis les fameuses révolutions arabes cela ne semble plus être le cas ( sur le plan d’une protection minimum) quand ces régimes nationalistes tombent au profit de majorités pro-islamistes. Le sort fait au chrétiens d’Irak en est un exemple concret ( même si le régime Irakien de saddam Hussein a été délogé par les américains au profit d’une coalition chiito-sunnite ou les chrétiens sont inexistants).
« Des Syriens tuent des Syriens : en quoi cela nous regarde-t-il ? »
En rien, nous avons eu l’exemple de la Tunisie, de l’Egypte et de la Lybie. Que nous faut-il de plus !
Sauf votre respect, vous avez oublié la Côte d’Ivoire et la prise de pouvoir par son Nord musulman gonflé de l’immigration (musulmane, of course) burkinabé…
Marc Gayan,
Je n’ai cité que les pays où les occidentaux sont intervenus mais on peut en citer bien d’autres sans oublier le Mali !
Ben, justement, la Force Licorne est intervenue de nombreuses années et nous n’avons cessé d’aider ce cher monsieur Ouattara…
OK Marc,
Mais c’était dans d’autres circonstances qui n’ont pas abouti à un prise de pouvoir des islamistes comme dans les pays du Maghreb.
Voir Fides : « Mais qui voudrait livrer ce pays à des islamistes, prêts, dès leur arrivée au pouvoir, à partir à la chasse aux minorités religieuses, à commencer par les Alaouites bien sûr – responsables, en bloc, des exactions de leurs coreligionnaires, cela va de soi – bientôt suivis par des Chrétiens soupçonnés d’avoir été les alliés du dictateur ? Qui est assez naïf pour ne pas craindre une contagion islamiste déjà à l’œuvre en Tunisie, en Egypte, en Libye ? Qui est aveugle au point de ne pas s’effaroucher de ces « révolutions » qui installent à nos portes des Barbus dont les émules maliens rappellent furieusement leurs amis talibans ? ».
On notera au passage que, pour prendre les rennes des pays muzz, les islamistes doivent faire la guerre alors que dans les pays occidentaux tout se passe en douceur avec l’aide des autochtones. Ces musulmans sont vraiment des barbares…
Quant aux Syriens qui tirent sur les Syriens en gueulant allah akbar tandis qu’en face ils prennent les pélos sur la gueule en braillant la même chose, c’est affligeant de connerie. Mais plus cela dure, plus le monde libre y gagne puisque le nombre d’envahisseurs potentiels diminue à chaque salve.
La réponse est dans la question, comme dirait l’autre…………….
« Enfin, je reste persuadé que l’Occident a tout intérêt à maintenir un équilibre des forces entre islam sunnite et islam chiite (dans le cas de la Syrie, le conflit oppose la minorité chiite alaouite au pouvoir à une population majoritairement sunnite). Si les deux branches de l’islam, la branche sunnite et la branche chiite sont en guerre, l’Occident doit apprendre à en tirer profit. Car le temps que ces deux branches consacrent à se combattre signifie un temps de répit pour l’Occident. »
+1,au moins nous toucherons cette brulante marmite,au moins,nous nous brulerons
Esperons que BHL ne va pas essayer de refaire le coup de benghazi a homs,en essayant d’influencer le camembert president dans son sens ………..
« En quoi cela nous regarde -t-il » ?
En rien
Que dalle
Zilch
Demerden zie zizich.
Non posumus.
Nej tak
Danku
Nada
Niente
Niet ya ni magou.
SSSSSSSSSSSS ( en Japonais le non est mal élevé, et ne se dit pas alors les Nippons chuintent entre leurs dents.
Nao
doodly-squat