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Publié par Michel Garroté le 1 août 2012

Michel Garroté – L’expert Fiodor Loukianov (dont je ne partage évidemment pas entièrement l’analyse) tente d’expliquer les raisons du soutien, certes relatif, de la Russie au dictateur syrien Bachar al-Assad (extraits adaptés) : « ‘Si certains sont déterminés à employer la force, nous ne pourrons sans doute pas nous y opposer, mais ce sera leur décision, ils la garderont sur la conscience. En tout cas, ils n’obtiendront aucun mandat du Conseil de sécurité de l’ONU’, avait déclaré Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères. La politique syrienne de la Russie n’a pas dévié depuis. Moscou ne se bat pas pour la Syrie, ni même pour demeurer dans la région. Comme tous les Etats, elle lutte pour le pouvoir, le prestige, c’est-à-dire pour continuer à apparaître comme une force qui compte. La position russe n’est comprise ni dans le monde arabe, ni en Occident. Au début, elle a été interprétée comme purement mercantile. Il se disait que le régime de Bachar El-Assad était un bon client pour l’industrie militaire russe qui, dépitée de la perte de ses marchés en Iran (annulation de la vente des missiles sol-air S-300) et en Libye, aurait fait des pieds et des mains pour garder son dernier débouché ».

« Mais il est devenu de plus en plus clair qu’Assad finirait par tomber, et que Moscou, en s’obstinant à le soutenir envers et contre tout, se condamnait à l’hostilité de ses successeurs. Toutefois, il n’est pas sûr qu’en “retournant sa veste”, la Russie aurait préservé ses positions. On a pu voir avec la Libye que même lorsque notre pays a appuyé les “forces du progrès” – le renversement de Kadhafi a été rendu possible par le fait que la Russie a accepté de ne pas opposer son veto à la résolution de l’ONU sur une intervention -, les vainqueurs ne lui ont montré aucune gratitude. Dans ce contexte, les événements du Proche et Moyen-Orient montrent une divergence au sommet de la politique russe, concernant la place de la Russie dans le monde et les moyens de la tenir. Lorsque, l’année dernière, Dmitri Medvedev [Vladimir Poutine était son Premier ministre] a décidé de ne pas opposer le veto russe à la résolution de l’ONU autorisant l’emploi de la force militaire contre un Etat souverain [la Libye], cela a soulevé de nombreuses interrogations, tant cette démarche était inattendue de la part du Kremlin ».

« Dmitri Medvedev, qui officiellement rejetait le libéralisme, a été enclin, dans les relations internationales, à se comporter en libéral : le développement interne passe en premier, et c’est lui qui détermine la politique extérieure ; les divers événements doivent être traités au cas par cas et non à travers un prisme global. Vladimir Poutine, le président actuel, a une autre conception du monde. Adepte du réalisme structurel, il considère que le système est clos et que tout est lié. C’est pour cela qu’il ne cesse de critiquer l’interventionnisme de l’Occident. Non seulement cela remet en question le principe de la souveraineté des Etats, dont il rappelle le caractère “sacré”, mais il estime que toute intervention brise l’autorégulation du système et aggrave le chaos général. Comme Medvedev, Poutine ne voit pas la Russie en puissance mondiale à l’ancienne, il se focalise lui aussi sur l’Eurasie, mais ne considère pas qu’il faut se limiter à cela. Il juge que la capacité de notre pays à agir sur la situation dans d’autres parties du monde est un outil de négociation ».

« Ce n’est donc qu’en occupant l’ensemble du terrain, en conservant une envergure mondiale, que l’on peut assurer sa domination dans son propre secteur géographique. Ces différences expliquent que l’attitude russe n’ait pas été la même face aux conflits libyen et syrien. Aujourd’hui, en Syrie, si Assad est renversé par la force, même par des combattants de l’intérieur, sans intervention étrangère directe, la Russie aura tout perdu. Pour garder la main, elle devrait “lâcher” Assad et assurer une transition en douceur, ce qui lui permettrait au moins de mettre un terme à la partie qui se joue, et de prouver que sans elle rien n’aurait été possible. Le Proche et Moyen-Orient connaît d’intenses bouleversements. Le “printemps arabe” n’est qu’un début, et personne ne saurait prédire la carte politique de la région dans cinq ans. Il est naturellement tentant de vouloir conserver une présence stratégique sur place, mais nul ne sait comment s’y prendre ».

« Au pire, la Russie disparaîtra de la zone. Contrairement à l’Europe, qui dépend du pétrole et du gaz de la région, la Russie peut se le permettre. Ce serait humiliant, mais pas dramatique. Ce qui est grave pour la Russie, ce sont les risques accrus qui vont survenir de la région. Après la chute des régimes laïcs, l’islamisation pourrait intensifier la collaboration avec les combattants de même inspiration au Caucase du Nord », conclut Fiodor Loukianov.

Michel Garroté

Rédacteur en chef

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