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Publié par Abbé Alain Arbez le 17 août 2012


Le kaddish, prière juive traditionnelle dans la spiritualité et la liturgie du peuple d’Israël, évoque avant tout la sanctification du Nom divin. (kaddish, comme kadosh, saint)

Composée à l’époque où la Judée se trouve sous domination romaine, cette belle prière de louange est un véritable concentré de bible : elle est constituée de versets tirés des Psaumes, de Job, de Daniel, et particulièrement d’Ezekiel, qui dans sa vision annonce que la splendeur de D.ieu sera reconnue à la fin des temps par les nations.

Le kaddish est récité en communauté après la lecture de la Bible et le commentaire qui suit. On peut donc imaginer l’instant où Jésus l’a exprimé avec son groupe de disciples à la synagogue de Nazareth après avoir lu et expliqué le fameux passage d’Isaïe qui inaugure son engagement.

Précisément, la prière du Notre Père « Avinou shebashamayim » apprise ensuite par Jésus à ses disciples n’est qu’une variante à peine plus développée du kaddish.

Même s’il ne mentionne pas la mort, le kaddish est une prière souvent dite avec ferveur lors d’un dernier adieu ou d’une commémoration d’un défunt. La tradition juive considère que ceux qui récitent le kaddish avelim (kaddish des endeuillés) en répondant amen de toutes leurs forces, verront leurs fautes effacées, car c’est la royauté de D.ieu qui est ainsi proclamée. Près d’une tombe, on y ajoute une oraison affirmant la foi en la résurrection finale des morts et on espère ainsi alléger l’étape de purification que connaîtra le défunt pour s’approcher de D.ieu.

*Traduction française du Kaddish :

Magnifié et sanctifié soit le Grand Nom dans le monde qu’il a créé selon sa volonté,
et puisse-t-il établir son règne, faire fleurir son salut, et hâter le temps du messie,
de votre vivant et de vos jours et des jours de toute la maison d’Israël,
dès que possible et dites : amen !
Puisse son Grand Nom être béni à jamais et dans tous les temps des mondes,
béni et loué et glorifié et exalté,
et élevé et vénéré et élevé et loué soit le Nom du Saint, béni soit-il,
au-dessus de toutes les bénédictions et cantiques et louanges
proclamés dans le monde, et dites : amen !
Qu’une paix parfaite et une vie heureuse nous soient accordées à nous et à tout Israël,
que celui qui fait régner l’harmonie dans les sphères célestes l’étende parmi nous et dans tout Israël, et dites : amen !

Osse shalom bimromav, hou yaassé shalom aleinou, veal kol Yisrael, ve imru, imru amen !

Au cours des célébrations chrétiennes de dernier adieu, la prière du Notre Père accompagne toujours le moment où l’assemblée confie le défunt à la miséricorde du Père.
Comme le kaddish, le Notre Père n’est pas en soi une prière pour les morts, mais une prière vers Dieu pour louer sa sainteté.
On peut considérer que Jésus, en l’apprenant à ses disciples, a voulu traduire et partager cette confiance au Dieu créateur et sauveur qu’il voulait honorer en donnant sa vie sur la croix romaine du Golgotha.
Ce reflet du visage de tendresse du Père devrait nous réconforter dans les moments où nous prenons congé de ceux et celles que nous aimons.

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© Abbé Alain René Arbez pour www.Dreuz.info

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