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Publié par Michel Garroté le 22 août 2012

Ces rebelles djihadistes « syriens » défendent-ils la démocratie et la liberté ?

Michel Garroté – Les démocraties occidentales semblent ignorer – ou feignent d’ignorer – que le régime dictatorial de Bachar a-Assad pratique le double, et parfois même, le triple langage. Ce n’est pas nouveau. C’était déjà le cas au temps de Hafez al-Assad. Dans ce contexte, rappelons, à titre d’exemple, que le régime laïc alaouite syrien est l’allié de la théocratie intégriste chiite iranienne et de la légion mercenaire intégriste chiite du Hezbollah. Or, il ne peut pas y avoir de véritables liens idéologiques et doctrinaux – vrais et profonds – entre des laïcs alaouites et des théocrates intégristes chiites. Obama, Hollande et les autres, n’ont pas l’air de comprendre cela ou feignent de ne pas comprendre.

A cet égard, notons que la Russie et la Syrie réagissent promptement aux propos d’Obama, propos selon lesquels tout déploiement de – ou recours aux – armes chimiques par le régime d’Assad équivaut à franchir la ligne rouge. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, déclare, après une rencontre avec un haut responsable chinois, que la Russie et la Chine fondent leur coopération diplomatique sur « la nécessité d’adhérer à la charte de l’ONU et de ne pas autoriser sa violation ». Venant du régime autoritaire russe et du régime totalitaire chinois, cette déclaration « idolâtronusiaque droits-de-l’hommesque » a quelque chose de risible.

Ainsi donc, la Russie et la Chine s’opposent à toute intervention militaire étrangère en Syrie. Bien. Sur ce point, je serais tenté de leur donner raison, même si l’argument humanitaire, par eux évoqué, reste peu crédible sortant de leurs bouches. Le vice-Premier ministre syrien, Qadri Djamil, reçu par Lavrov, estime « impossible » (?) une intervention militaire étrangère en Syrie parce qu’elle débouchera, selon lui, sur un conflit s’étendant bien au-delà des frontières du pays. Une intervention militaire directe en Syrie est impossible parce que quiconque l’envisage s’achemine vers une confrontation allant bien au-delà des frontières de la Syrie, menace, en substance, Djamil.

Le même Djamil, laisse entendre que la Syrie est prête à discuter d’une démission du président Bachar al-Assad. En effet, interrogé sur un départ du pouvoir d’Assad, Djamil répond : « pendant le processus de négociations, rien n’empêche d’étudier toutes les questions et nous sommes prêts à examiner même cette question ». Pour ajouter aussitôt que « la démission (d’Assad) comme condition à l’ouverture du dialogue signifie qu’il est impossible d’ouvrir le dialogue » avec les rebelles. Djamil se serait rendu à Moscou, entre autre, pour discuter d’une élection présidentielle syrienne anticipée avec la participation de tous les candidats y compris Bachar al-Assad.

Intégristes chiites :  principaux alliés d’al-Assad…

Daniel Pipes, dans ‘The Washington Times’, donne un éclairage intéressant sur tous ces aspects, souvent complexes, du conflit syrien (extraits adaptés ; cf. les liens en bas de page) : « La présence misérable de Bachar al-Assad dans le palais présidentiel de Damas peut, contrairement aux hypothèses de l’Occident, faire plus de bien que de mal. Son régime meurtrier, terroriste, et pro Téhéran est également non idéologique et relativement laïque ; il évite l’anarchie, le gouvernement islamiste, le génocide et le contrôle voyou des armes chimiques de la Syrie. Alors que la guerre civile en Syrie s’intensifie, les pays occidentaux aident de plus en plus les rebelles à renverser Assad et ses sbires. Ce faisant, l’Occident espère sauver des vies et faciliter une transition démocratique. De nombreuses voix occidentales réclament plus que l’aide humanitaire actuelle, voulant armer les rebelles, mettre en place des zones de sécurité et même se joindre à leur guerre contre le gouvernement Assad. Cependant aider les rebelles omet une question fondamentale : est-ce qu’une intervention en Syrie contre Assad sert nos propres intérêts ? Cette question évidente est négligée parce que beaucoup d’Occidentaux se sentent tellement sûrs de leur propre bien-être qu’ils en oublient leur sécurité et se concentrent plutôt sur les préoccupations de ceux qu’ils perçoivent comme faibles et exploités ».

Daniel Pipes : « Les Occidentaux ont développé des mécanismes sophistiqués pour agir sur ces problèmes. Cependant, pour ceux d’entre nous qui ne sont pas si confiants, repousser les menaces qui pèsent sur notre sécurité et notre civilisation reste une priorité absolue. Dans cette optique, aider les rebelles entraîne des inconvénients multiples pour l’Occident. Tout d’abord, les rebelles sont des islamistes et ils ont l’intention d’établir un gouvernement idéologique encore plus hostile à l’Occident que ne l’est celui d’Assad (Note de Michel Garroté – J’ai moi-même récemment publié sur dreuz.info divers articles qui, preuves à l’appui, ont démontré la présence de combattants djihadistes étrangers parmi les rebelles syriens). La rupture de leurs relations avec Téhéran sera compensée par leur aide à faire passer la force barbare des forces sunnites de l’islamisme. Deuxièmement, l’argument selon lequel l’intervention occidentale permettrait de réduire la poussée islamiste de la rébellion par le remplacement du matériel arrivant en masse en provenance des pays sunnites est risible. Les rebelles de Syrie n’ont pas besoin de l’aide occidentale pour renverser le régime. Le conflit syrien oppose à la base une majorité de 70% d’Arabes sunnites privés de leurs droits contre la minorité alaouite privilégiée d’Assad de 12%. Ajoutez le concours de volontaires étrangers islamistes ainsi que celui de plusieurs Etats sunnites (Turquie, Arabie Saoudite, Qatar) et le régime d’Assad est condamné ».

Daniel Pipes : « Assad ne peut pas mater la rébellion toujours plus forte contre son régime ; en effet, plus ses troupes massacrent et mutilent, plus les défections se produisent et plus son soutien se réduit à son noyau alaouite. Troisièmement, hâter l’effondrement du régime Assad ne sauvera pas des vies. Cela ne marquera pas la fin du conflit, mais seulement la fin du premier chapitre avec une violence pire encore susceptible de suivre. Comme les sunnites pourront enfin se venger de près de cinquante ans de domination par les alaouites, une victoire par les rebelles présage un génocide potentiel. Le conflit syrien deviendra probablement si extrême et violent que les Occidentaux se réjouiront d’avoir gardé leurs distances vis-à-vis des deux côtés. En quatrième lieu, la poursuite du conflit syrien offre des avantages pour l’Occident. Plusieurs gouvernements sunnites ont noté la réticence du gouvernement Obama à agir et ont assumé la responsabilité d’arracher la Syrie de l’orbite iranienne ; cela se présente comme une évolution positive après des décennies d’attitude conciliante envers la République islamique chiite. En outre, comme les islamistes sunnites combattent les islamistes chiites, les deux parties sont affaiblies et leur rivalité mortelle diminue leurs capacités de troubler le monde extérieur ».

Daniel Pipes : « En donnant des idées aux minorités rétives (Sunnites en Iran, Kurdes et Chiites en Turquie), la poursuite des combats en Syrie pourrait également affaiblir les gouvernements islamistes. Lorsque le régime tombera, les dirigeants alaouites, avec ou sans Assad, pourraient bien se replier sur les fortifications ancestrales dans la province du nord-ouest de Lattaquié en Syrie ; les Iraniens pourraient les approvisionner par la mer avec de l’argent et des armes, leur permettant de résister pendant des années, aggravant la confrontation entre islamistes sunnites et chiites, en plus de les empêcher de penser à d’autres agressions. La seule exception à la politique de non-intervention serait de sécuriser le vaste arsenal d’armes chimiques de la Syrie, à la fois pour empêcher les groupes terroristes de s’en emparer et Assad de le déployer dans un scénario de Götterdämmerung (allusion au « Crépuscule des dieux de Richard Wagner » – ndlt) vu qu’il se sent couler, même si cette mission difficile pourrait exiger pas moins de 60’000 hommes des armées de terre étrangères déployées en Syrie (Note de Michel Garroté – Déployer 60’000 soldats étrangers sur les sites syriens d’armes chimiques serait en effet une option éventuelle ; et elle n’impliquerait pas pour autant, une intervention étrangère armée, de grande envergure, en Syrie). Rien dans la constitution des États occidentaux n’oblige à s’impliquer dans tous les conflits étrangers ; se mettre en dehors va se révéler être une bonne stratégie. En plus de l’avantage moral de ne pas être responsable des horreurs à venir, rester loin permet finalement à l’Occident d’aider ses seuls vrais amis en Syrie, les libéraux du pays », conclut Daniel Pipes (fin des extraits adaptés de l’article de Daniel Pipes ; cf. en bas de page les liens vers les sources).

Ils soutiennent les rebelles syriens et l’islam sunnite rigoriste…

Voilà donc pour Daniel Pipes. Pour ce qui me concerne – cela sera ma conclusion – le conflit syrien montre, une fois de plus, que toute alliance de l’Occident avec tel ou tel pays musulman doit être considérée comme une alliance tactique à court terme, même si elle est renouvelable pendant un certain laps de temps. L’Occident doit admettre, une bonne fois pour toutes, que l’islam est imprévisible ; et que par conséquent, la stratégie globale à moyen et long terme de l’Occident, face à l’islam, reste, essentiellement, un ensemble de tactiques à court terme, modifiables à tout instant. L’Occident a tout intérêt à maintenir un équilibre des forces entre islam sunnite et islam chiite. Et si les deux branches de l’islam, la branche sunnite et la branche chiite sont en guerre, l’Occident doit apprendre à en tirer profit. Car le temps que ces deux branches consacrent à se combattre signifie un temps de répit pour l’Occident. J’ai déjà écrit cela. Aujourd’hui, je persiste et je signe.

Michel Garroté

Rédacteur en chef

Reproduction avec mention www.dreuz.info

Version originale de Daniel Pipes :

http://www.danielpipes.org/11843/syria-intervention

Adaptation française d’Anne-Marie Delcambre de Champvert :

http://fr.danielpipes.org/11845/guerre-syrie

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