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Publié par Guy Millière le 1 septembre 2012

Les conventions politiques américaines sont des cérémonies bien orchestrées s’achevant en apothéose, par l’intronisation du candidat. La convention républicaine de Tampa n’a pas failli à la règle. Après deux journées consacrées à souligner le renouvellement du parti, sur le plan des idées comme sur celui des personnes, son ouverture à la diversité de la société américaine, sa volonté de mener à bien des débats de fonds d’une manière résolument offensive, après avoir commencé à brosser un portrait de Mit Romney, l’être humain au delà du politicien, la troisième journée était censée venir parachever l’ensemble, et c’est ce qui s’y est fait.

Par delà les interventions de Jeb Bush, suggérant à Barack Obama de commencer à assumer ses responsabilités plutôt que de continuer à dire que tout est de la faute de George W. Bush, et soulignant la nécessité de libérer l’école en rétablissant la liberté de choix, par delà une video émouvante rappelant que le parti républicain est plus que jamais celui du grand Ronald Reagan, et une intervention de Newt Gingrich rappelant que l’économie de l’offre a permis aux Etats-Unis de trouver un nouveau souffle après les lamentables années Carter (Gingrich a tracé un parallèle entre le désastre Carter et le désastre Obama), ce qui a marqué a été une suite de témoignages présentant des dimensions de Romney que le discours de sa femme, Ann, n’avaient fait que frôler.

Se sont succédés à la tribune des gens dont l’entreprise a pu voir le jour grâce à Mitt Romney, des gens dont l’entreprise a pu grandir grâce à lui, des gens qui ont été ses associés en affaires, et ce fut un éloge composite du capitalisme américain dans ce qu’il a de plus fécond.

Se sont ajoutés des témoignages de ceux qui ont redressé avec Romney les Jeux Olympiques de Salt Lake City voici dix ans, puis des gens simples, aux propos poignants, à l’émotion non feinte, qui sont venus parler de la générosité de Romney, de son esprit de compassion.
Ce n’étaient là que des témoignages parmi des centaines d’autres, car c’est une réalité, Mitt Romney est Chrétien, mormon, et il a mené sa vie conformément à ses valeurs chrétiennes, d’une manière souvent admirable. C’est, je dois le dire, un Romney que j’ai appris à découvrir ces derniers temps, et plus j’en ai appris, plus j’ai découvert un homme d’une immense qualité. Ces témoignages de gens simples ont ajouté à l’éloge composite du capitalisme américain, un éloge des valeurs si profondément ancrées dans l’Amérique profonde, et qui font des Etats-Unis un pays comparable à nul autre.

Sont venus alors les moments décisifs de la soirée.

Ils ont commencé par une prestation de l’un des plus grands acteurs et cinéastes contemporains, Clint Eastwood. Cette prestation a profondément irrité et mis en colère la gauche américaine, ce qui est bon signe. Elle avait un rôle précis : dire ce que nul politicien républicain ne pouvait dire. Obama est absolument incompétent, et doit retourner chez lui à Chicago de toute urgence pour le bien du pays et du monde. Et le parti démocrate est, entrainé dans une dérive gauchiste illimitée, d’une nullité intellectuelle crasse (la phrase par laquelle Clint Eastwood définit Joe Biden comme l’intellectuel du parti a fait rire toute la salle, à juste titre. Eastwood s’est adressé à une chaise vide censée représenter Obama, qui a répliqué aussitôt qu’il occupait bien son siège, et que celui-ci n’était pas vide. Qu’Obama ait pensé devoir répondre est un signe intéressant. Clint Eastwood ne m’est pas apparu « sénile », comme je l’ai lu ici et là dans la presse de gauche française (pléonasme, toute la presse française, sauf Valeurs Actuelles et une page du Figaro est de gauche), il a joué le rôle du vieil homme qui s’autorise à dire ce qui ne serait pas convenable dans la bouche de quelqu’un d’autre.

A succédé à Clint Eastwood Marco Rubio, qui, avec Paul Ryan, avec Chris Christie et quelques autres incarne le nouveau parti républicain. Rubio est un orateur puissant, brillant. Comme d’autres orateurs lors de ces trois jours, il a rappelé ce que le rêve américain avait été pour lui et pour sa famille, et c’est là un trait commun à tous les intervenants de cette convention : le rêve américain est vivant, et c’est de la multitude des rêves de ceux qui font le peuple américain, et qui savent que parce que l’Amérique est l’Amérique, on peut penser que tout est possible, qu’est fait le rêve américain lui-même. L’une de ses phrases marquantes a insisté sur le fait que nombre de ceux qui sont venus en Amérique l’ont fait pour fuir le système bureaucratique et socialiste qu’Obama veut imposer au pays.

Ce fut enfin le tour de Mitt Romney. Et ceux qui ont regardé son discours sans œillères ont pu découvrir un homme différent. On a reproché (je l’ai fait moi-même) à Romney son manque de charisme et de chaleur humaine. L’homme qui a parlé jeudi soir était porteur de charisme et de chaleur humaine. Romney a été souvent réservé lorsqu’il s’agissait de parler de lui-même : là, il l’a fait, et il a évoqué son père, venu du Mexique et parti de presque rien. Il a aussi évoqué son propre parcours, ses activités d’entrepreneur, sa foi religieuse. Dès lors que la campagne Obama a déclaré qu’il était en guerre contre les femmes, il a prononcé un éloge des femmes et de leur rôle dans la société. Il a ensuite tracé les grandes lignes de son projet, qu’il détaillera au fil de la campagne.

Déréglementation, baisse d’impôts et de charges aux fins que les entreprises puissent investir et les entrepreneurs entreprendre, libération des ressources énergétiques du pays aux fins que celui-ci ne dépende plus de pays producteurs de pétrole. Il n’a pas laissé les valeurs de côté, et a dit défendre le mariage dans sa conception judéo-chrétienne. Il n’a pas laissé la politique étrangère de côté, non plus, insistant sur la nécessité que les Etats-Unis redevienne les Etats-Unis et retrouvent leur place, indispensable, dans le monde. Il a souligné qu’Obama, par son attitude d’apaisement avec l’Iran et la Russie, et sa faiblesse face à la Chine, avait rendu le monde plus dangereux. Il a reproché à Obama d’avoir trahi des alliés essentiels des Etats-Unis, Pologne et Israël.

En regardant Mitt Romney, j’ai vu un Président des Etats-Unis, tout comme en regardant Paul Ryan la veille, j’ai vu un futur Président des Etats-Unis.

J’ai songé qu’il y aurait peut-être à nouveau un Président des Etats-Unis à la Maison Blanche. Et j’ai songé que les Etats-Unis et le monde auraient bien besoin qu’il y ait un Président des Etats-Unis à la Maison Blanche.

La présidence Obama a été un désastre, comme je l’explique de façon détaillée dans mon nouveau livre. J’aurais, parce que j’aime les Etats-Unis et le peuple américain, souhaité qu’elle soit autre chose. Elle ne pouvait être autre chose, au vu de ce qu’est Barack Obama.

Le parti républicain est le parti de l’Amérique, et il l’est plus que jamais. Il est le parti des Américains qui aiment l’Amérique, qu’ils soient latinos, Afro-Américains, asiatiques, Juifs, Chrétiens. Il est le parti du rêve américain toujours vivant depuis l’ère des Pères fondateurs. Il est le parti du conservatisme américain où se conservent les valeurs qui ont permis à l’Amérique d’être l’Amérique : droits inaliénables de l’être humain, liberté de parole et d’entreprise, fraternité, générosité, courage, opiniâtreté. Romney et Ryan incarnent ce parti de l’Amérique. Et face aux manœuvres sordides de division et d’hostilité venues du camp Obama, leur discours n’a cessé d’être un discours d’ouverture. Face à la démagogie irresponsable du camp Obama, leur discours n’a cessé d’être sérieux, posé, argumenté.

Le parti démocrate est devenu, et je le dis avec tristesse, le parti du gauchisme débile et dogmatique, très loin de ce qu’il était au temps de John Kennedy, qui a pourtant commis bien des erreurs et n’a pas vraiment été exemplaire, très loin même de ce qu’il a pu être quand Bill Clinton a tenté de le recentrer.

Le parti démocrate est le parti de ce que Norman Podhoretz dans un essai publié en 1979 appelait la « nouvelle classe » et la « culture hostile » : il est le parti de l’anti-Américanisme, le parti des anciens de la contre-culture des années 1960, des professeurs d’université élucubrant sur Che Guevara et Franz Fanon, le parti des féministes radicales, des anti-capitalistes, des anti-impérialistes, des admirateurs du « modèle européen », le parti des adeptes de la coexistence « paisible » avec le djihadisme et les diverses dictatures de la planète.

Le parti démocrate a gagné il y a quatre ans la présidence après huit années consacrées à déstabiliser l’Amérique et à diaboliser George Walker Bush, et après trente années consacrées à déliter les principes fondamentaux qui ont fait l’Amérique. Il bénéficie de l’appui inconditionnel des grands médias, des universitaires, de quasiment tout Hollywood, d’entrepreneurs rêvant d’une économie mixte où ils bénéficieraient d’accointances et de versements de « subventions » massives. Il bénéficie de la stratification qu’il tente de mettre en place et qui a beaucoup avancé sous Obama. D’un côté une forme de nomenklatura proche du pouvoir, une élite se prétendant proche des pauvres au point de les multiplier, et d’un autre côté une sous-classe immense, déculturée, dépendante du gouvernement et recevant de celui-ci des subsides et sa pitance. Cette sous-classe devrait voter massivement Obama. Elle contient nombre de noirs, nombre de latinos, nombre de mères célibataires, nombre d’anciens étudiants inadaptés socialement grâce à leurs consternants professeurs. Ce qui est laminé dans cette stratification, c’est la classe moyenne américaine, qu’Obama prétend défendre et qu’en réalité, il écrase.

Ce sera une élection décisive. L’objectif d’Obama est de parachever ce qu’il a entrepris et de parvenir à l’irréversible. L’objectif des républicains est d’empêcher que l’irréversible advienne. Tout se jouera dans les soixante jours qui viennent. L’issue reste très incertaine, hélas.

La semaine prochaine a lieu la Convention démocrate. Je la commenterai. Si elle est porteuse d’autre chose que de thématiques de lutte de classe, de caricatures grossières des républicains, de propos de haine contre les conservateurs, de mensonges divers et de propositions pour imbécile moyen, je serai surpris. Ce serait une rupture par rapport à la campagne menée par Obama depuis plus d’un an. J’attends de voir.

Vendredi a commencé la Jumah at the Democratic Convention, avec orateurs islamistes compris dans le prix d’entrée. C’est un bon commencement, non ?

J’ai noté les commentaires de la presse de gauche française sur Clint Eastwood. Je ne suis pas allé plus loin. La presse de gauche française (pléonasme disais-je), se contente de reproduire ce qu’il y a de plus navrant et de plus désinformateur dans la presse américaine de gauche dès qu’il s’agit des républicains. Abuser de la presse française de gauche nuit gravement à la santé mentale. Je l’ai déjà dit. Je le redis.

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© Guy Millière pour www.Dreuz.info

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