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Publié par Guy Millière le 3 septembre 2012

 

Bien sûr, Obama n’est pas musulman. Il est né musulman, a fréquenté une école coranique en Indonésie dans son enfance et une madrassa au Pakistan en 1981. Mais il est officiellement devenu Chrétien un peu plus tard en rejoignant la Trinity United Church of Christ de Jeremiah Wright, ancien de The Nation of Islam devenu adepte de la très gauchiste « théologie noire de la libération » théorisée par James Hal Cone. Il n’est pas resté Chrétien, puisqu’il ne fréquente plus aucune église depuis qu’il a quitté Chicago, qu’il fait la chasse aux signes religieux chrétiens dans tous les édifices publics américains et que lorsqu’il cite la Déclaration d’Indépendance, il saute soigneusement, et à chaque fois, le mot « Créateur ».

Il n’est pas juif, bien sûr. Il n’a cessé de fréquenter des Juifs à Chicago, mais ils étaient tous adeptes des idées qu’il avait faite siennes : celles de l’agitateur radical Saul Alinsky, celles de Karl Marx ou de Lénine, ou celles de Yasser Arafat. Obama, pour autant, n’est pas antisémite, non, pas vraiment, juste « antisioniste » comme diraient ses anciens amis Ali Abunimah et Rashid Khalidi, ou comme dirait celle qu’il a nommée conseillère spéciale pour la lutte contre l’antisémitisme, Hannah Rosenthal, qui déclarait en 2009 (je cite) : « il est important de faire une distinction entre les bons Juifs progressistes qui ne vivent pas sur la terre palestinienne et les Juifs Israéliens qui commettent quotidienne des atrocités au nom du colonialisme et de l’occupation ».

Etre « antisioniste » , assez anti-Chrétien, et très ouvert à l’islam en étant Président des Etats-Unis (demandez à Dalia Mogahed, Ingrid Mattson ou Rashad Hussain) n’est pas chose facile. Il faut procéder subtilement. Et c’est ce qu’a fait Obama. Il a réglé le dossier irakien en abandonnant le pays à l’Iran, mais l’a fait en proclamant que les troupes « rentraient à la maison », ce qui était sympathique, non ? Il a donné une date de départ des troupes américaines en Afghanistan et indiqué aux talibans à quel moment ils pourraient reprendre le pays en main. Là encore, les troupes allaient « rentrer à la maison ». Sympathique encore à l’évidence. Bien sûr, les règles d’engagement, la diminution des troupes sur place, ont multiplié le nombre des morts et des blessés américains laissés sur place, mais ce n’est qu’un détail.

Pour montrer qu’il était ferme face au terrorisme islamique, il a, dit-il, donné l’ordre d’abattre Ben Laden, sauf qu’il se révèle qu’il n’a pas donné l’ordre, que les services militaires avaient reçu consigne de prendre Ben Laden vivant, que Ben Laden était déjà agonisant, avec une balle dans la tête lorsque les soldats américains sont arrivés sur place : les soldats qui ont révélé cela dans un livre signé du pseudonyme Marc Owen (No Easy Day: The Firsthand Account of the Mission That Killed Osama Bin Laden) s’apprêtent à avoir de graves ennuis. Et il se vante ainsi d’avoir décapité Al Qaida, alors qu’Ayman Al Zawahiri, qu a replacé Ben Laden (et qui, comme je l’explique dans « Le désastre Obama» avait une autre stratégie que Ben Laden, stratégie mise en œuvre aujourd’hui) se porte très bien et agit dans une dizaine de pays en s’y rapprochant du pouvoir.

Pour montrer qu’il était un grand démocrate, il a soutenu le « printemps arabe » après avoir soufflé sur ses braises et a favorisé l’émergence de régimes islamistes en Tunisie et en Libye, au Yemen et en Egypte, dont le Président Morsi, présentement en train de transformer son pays en une sorte de Corée du Nord au bord du Nil (l’expression est de David P. Goldman) sera bientôt reçu à Washington, avec tous les honneurs dus à un « antisioniste ».

Pour le montrer plus encore, il soutenu les sanctions contre l’Iran, en se gardant de toute sanction efficace, et en ne demandant pas que les sanctions soient appliquées par des pays tels que l’Allemagne, la Russie et la Chine, et il n’a, par contre, pas soutenu le soulèvement de la population iranienne lors de la réélection truquée d’Ahmadinejad : Mahmoud Ahmadinejad a été réélu dans le cadre d’une élection truquée mais parfaitement démocratique, non ?

Pour montrer encore davantage qu’il était un grand démocrate, il a soutenu le « réformiste » Bachar Al Assad pendant des mois, le temps que celui-ci élimine ses opposants modérés et montre son réformisme en tirant dans la foule à l’arme lourde, puis discernant que ceux qui se soulevaient contre Bachar avaient le soutien de ses amis les Frères musulmans, il a hésité, et il hésite toujours : comment ne pas froisser la Russie, la Chine et l’Iran, alliés de Bachar ? Comment ne pas froisser les Frères musulmans et le Qatar ? Telles sont les questions. Comment ne pas fâcher le grand ami d’Obama dans la région, Recep Tayyip Erdogan, dont Obama admire le basculement vers un islamisme autoritaire ? Telle est la troisième question. La guerre en Syrie est maintenant une guerre par procuration entre islamistes chiites et islamistes sunnites où l’on trouve du côté chiite des gens du Hezbollah, des Gardiens de la Révolution iraniens, de l’armement russe, et du côté sunnite, outre les Frères musulmans, des factions d’al Qaida qui menacent maintenant de s’en prendre au Hezbollah au Liban même, puisque celui-ci soutient Assad. Le Qatar est toujours du côté des Frères musulmans et d’al Qaida, merci pour lui. L’Arabie Saoudite aimerait modérer les Frères musulmans sans y parvenir.

Pour montrer qu’il est un homme responsable, enfin, Obama ne s’est pas contenté de sanctions inefficaces contre l’Iran et d’un soutien à la réélection d’Ahmadinejad, il a laissé le régime avancer vers l’arme atomique à un train régulier, et tout en subtilité, a laissé se mener des négociations sur le sujet en en confiant la responsabilité principale à Catherine Ashton, de la superpuissance résolument anti-totalitaire appelée Union Européenne. Dès lors que parmi les négociateurs, il y avait des envoyés de Poutine, principal fournisseur de l’Iran en matière de nucléaire, les résultats étaient assurés.

Pour montrer qu’il entendait résolument lutter contre le « terrorisme » (pas le terrorisme islamique, non : pour Obama, il n’y a jamais de terrorisme islamique, cela va de soi) et oser réemployer le mot, terrorisme, après avoir longtemps parlé de « catastrophes provoquées par l’être humain », il a décidé de créer, en en confiant la responsabilité à Hillary Clinton, le Global Counterterrorism Forum, Forum Global de la lutte anti-terroriste, lancé le 22 septembre 2011 avec vingt huit autres pays, dont la Turquie, l’Algérie, le Nigeria, le Qatar, les Emirats Arabes Unis et le Pakistan, mais pas Israël, car, c’est bien connu, Israël ne subit aucune menace terroriste et n’avait aucune raison de se trouver inclus. D’ailleurs, dans toutes les énonciations de listes de pays victimes du terrorisme lors du réunion du Forum, jamais le nom d’Israël n’a été prononcé.

Pour montrer sans aucun doute qu’il comprenait qui étaient ses amis et ses ennemis, il a, après avoir pendant plus de trois ans tout fait pour déstabiliser le gouvernement israélien, pour l’isoler, pour le faire tomber, pour le contraindre à des négociations, partant du principe qu’il fallait un retour aux « frontières de 1967 » et un Etat Palestinien judenrein, confié au charmant couple Autorité Palestinienne Hamas (s’ils parviennent à s’entendre), ayant Jérusalem Est pour capitale, juré de son amitié envers Israël ( ce qui a convaincu Alan Dershowitz et quelques autres idiots inutiles). Et cette amitié est, à l’évidence, solide : les discours de Léon Panetta, ministre du démantèlement de la défense américaine, ces derniers temps, n’ont cessé de souligner que le temps pressait et qu’Israël devait accepter les propositions d’Obama ou prendre des risques inconsidérés, les propos du général Dempsey, chef d’état-major choisi par Obama, et qu’on pourrait appeler la « voix de son maître » ont souligné qu’Israël n’avaient pas les moyens militaires d’endommager gravement les installations nucléaires iraniennes, et que pour ce qui concernait les Etats-Unis, ils avaient le temps, ne percevaient pas la menace comme Israël, et n’avaient dès lors pas le même calendrier. Avec des amis comme ceux-là, qui a besoin d’ennemis ?

Ahmadinejad et Khamenei se sentent en position de force : le régime Assad continue à massacrer allègrement et le soutien de la Russie ne fléchit pas. Appliquant la théorie du cheval faible et du cheval fort, en cours dans le monde musulman, voulant qu’on se rapproche du cheval fort, et qu’on s’éloigne du cheval faible, ils ont organisé une réunion des pays non alignés qui, pour être officiellement non alignés n’en sont pas moins très orientés dans des directions très anti-occidentales. Ils ont accueilli les représentants de cent vingt gouvernements à Téhéran, leur ont tenu des diatribes résolument antisémites et génocidaires, promettant d’écraser Israël et d’exterminer le peuple juif israélien. Cela n’a pas empêché Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations Unies de venir, d’écouter poliment et de faire quelques remarques elles aussi très polies, du style : « vous ne devriez pas parler d’extermination des Juifs de façon aussi ouverte, soyez un peu plus discret ». On est poli quand on incarne le « droit international » comme disent certains crétins, et on considère que des antisémites génocidaires ont voix au chapitre pour dire le droit international. Les autres invités présents ont eux aussi écouté poliment. Mohamed Morsi a fait des remarques impertinentes sur le régime Assad, mais a soutenu le droit de l’Iran à l’arme nucléaire (curieusement dans la presse française, on a noté les remarques sur le régime Assad, et pas celles sur le nucléaire).

Ahmadinejad et Khamenei ont l’appui (comment dit-on à C dans l’air, l’émission politiquement correcte, déjà ?) de la « communauté internationale » : c’est un appui tacite, bien sûr. Obama ne dit rien. Panetta et Dempsey ont parlé. Israël est seul.

Etre « antisioniste » en étant Président des Etats-Unis n’est pas chose facile, mais on peut y arriver.

Le gouvernement israélien va devoir trancher. Je pense que les paroles et les actes de mobilisation en Israël étaient destinées dans l’immédiat à tenter de contraindre Obama à bouger. Obama n’a pas bougé. Je pense qu’il ne bougera pas, ni avant l’élection du 6 novembre, ni, si par malheur il est réélu, après l’élection, en tout cas sous la forme de frappes. J’espère me tromper et songer qu’il bougera malgré tout, bien sûr. J’explique dans « le désastre Obama » ce que je pense être sa stratégie proche-orientale dans un éventuel deuxième mandat.

Le gouvernement israélien va devoir choisir entre agir, seul, avec tous les risques impliqués et ils sont grands (distances à parcourir, multiplicité des objectifs, risques d’attaques diverses), et ne pas agir, et se retrouver avec à sa proximité un Iran doté de l’arme nucléaire, de dirigeants fanatiques et haineux rêvant d’une deuxième shoah.

Si Israël décide d’agir, ce sera âpre et douloureux, et il est évident que, outre les retombées militaires et terroristes, les condamnations internationales seront unanimes : les Etats-Unis ne pourront rester inertes et seront nécessairement impliqués. Si l’action a lieu avant l’élection, Obama apparaîtra-t-il pour ce qu’il est, le responsable d’une situation qu’il a géré de manière ignominieuse, ou comme un chef de guerre ? Vu ce que sont devenus les grands médias américains, je ne trancherai pas. Et si Obama est réélu, sa détestation d’Israël pourra s’exprimer de manière moins feutrée.

Si Israël décide de ne pas agir, la possibilité sera qu’une administration Romney-Ryan remplace Obama, et cela changera radicalement la donne. La possibilité existe aussi, hélas, que l’administration Obama-Biden soit reconduite. Une frappe israélienne serait alors possible encore, mais peu de temps. Ensuite, très vite, Obama prendra position. Et ce ne sera pas dans un sens favorable à Israël.

Obama veut-il une deuxième shoah ? Je ne pense pas et, fort heureusement, Israël a les moyens de se défendre. Mais son comportement vis-à-vis de l’Iran, du monde islamique et d’Israël peut conduire à ce que certains se posent la question, et se demande quelles sont ses intentions à moyen terme.

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