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Publié par Bat Ye’or le 3 septembre 2012

Les récents articles du Spiegel et du Jerusalem Post confirment mes analyses publiées dans mon livre Eurabia.

Spiegel révèlent que des documents du gouvernement allemand relatifs au massacre des athlètes israéliens à Munich en 1972 par des terroristes palestiniens, suggèrent que l’Allemagne noua et conserva des contacts secrets avec les terroristes. Durant des années le gouvernement maintint secrètement ces contacts avec les organisations terroristes pour complaire aux Palestiniens et à l’OLP et protéger le sol allemand d’autres actions terroristes.

Ces déclarations rejoignent celles de Francesco Cossiga, politicien italien qui occupa les charges les plus hautes de l’Etat. Il révéla au Corriere della Sera (juillet 2008) les accords secrets au début des années 1970s entre Aldo Moro, alors premier ministre italien, et Yasser Arafat et les organisations affiliées à l’OLP. Les terroristes palestiniens pouvaient entrer et sortir d’Italie, et y circuler librement. Protégés par les services secrets ils pouvaient en toute impunité y stoker des armes et avoir des bases. En contrepartie le gouvernement italien demandait une immunité pour les intérêts italiens dans la péninsule et à l’étranger. Cossiga reconnut avoir toujours eu connaissance de l’existence de ces accords entre les représentants de l’Etat et les terroristes palestiniens.

Les révélations de Cossiga, que pourraient corroborer d’autres chefs d’Etat pour leur propre gouvernement, confirment la collusion secrète de ministres européens avec le terrorisme. Les organisations terroristes palestiniennes bénéficiaient d’une admiration et d’une sympathie sans bornes en Europe parmi les nombreux ex-nazis et les fonctionnaires des régimes collaborationnistes, anciens ministres, officiers, diplomates, banquiers, propagandistes et intellectuels recyclés sous différentes étiquettes dans l’Europe de l’après-guerre. Conservant leurs liens avec les criminels de guerre exfiltrés dans les pays arabes— comme le mufti de Jérusalem Haj Amin al-Husseini—ils recréèrent des réseaux complexes de solidarités politiques, d’intérêts économiques qui contribuèrent à l’émergence d’une nébuleuse hostile à l’existence d’Israël et à l’identité européenne judéo-chrétienne : Eurabia, nom choisi par ses émules pour désigner cette politique.

L’alliance secrète de chefs d’Etat européens avec le jihadisme palestinien contre Israël représente la pierre angulaire de la politique euro-méditerranéenne de fusion des deux rives de la Méditerranée. Cette politique nie l’historicité du peuple d’Israël et même du peuple juif, par la suppression de son histoire. Elle conteste le nationalisme israélien qu’elle voudrait remplacer par un militantisme universaliste et multiculturel appelé à supprimer toutes les nations. Elle promeut la soumission, supprime la liberté d’expression par la terreur et enseigne la conception jihadiste palestinienne de l’histoire et de la civilisation.

Dans les années 1972-1973, le terrorisme palestinien se diversifia par son alliance avec les sections européennes et japonaises du terrorisme international. Lettres piégées à des diplomates israéliens (Londres), explosion à l’ambassade d’Israël (Bruxelles), massacre à Munich des athlètes israéliens, mitraillage de pèlerins chrétiens à Lod (Israël), tueries à Chypre, à Rome et Athènes.

En 1972-75 les gouvernements capitulards de la Communauté Européenne s’entendirent pour reconnaître officiellement l’OLP et lui donner dans leur pays, une assise quasi-diplomatique mettant à son service leurs officines de propagande. C’est à cette période que commence la nouvelle ère de collaboration et de soutien de l’Europe au « peuple palestinien ». Dès 1969, Paris avait accueilli une représentation de l’OLP. La France, l’Angleterre, l’Italie, l’Autriche avaient conclu des accords officieux avec la centrale palestinienne pour protéger leur territoire (rencontre Pompidou-Brandt nov. 1973, déclaration de la CEE, Bruxelles 6 nov. 1973, sommet de la CEE, 15 déc.1973 à Copenhague).
Les auteurs de l’article du Spiegel rapportent que le massacre des athlètes en septembre 1972 par Septembre Noir, groupe affilié à l’OLP, fut imputé par Walter Nowak, l’ambassadeur allemand au Liban, aux Israéliens —une tactique bien nazie imputant le crime des assassins à leurs victimes. Selon cet article, l’ambassadeur proposait aux terroristes de Munich de construire « une nouvelle base de confiance » avec l’Etat allemand. C’est exactement ce qui apparaît dans les minutes du Dialogue Euro-Arabe, nom donné à cette politique par le ministre français des Affaires Etrangères, Michel Jobert.

Le 10 juin 1975, une délégation de la CEE rencontrait au Caire une délégation de vingt pays arabes et de l’OLP. Le Comité général comptait des ambassadeurs de plus d’une trentaine de pays, de nombreux spécialistes et des représentants de la CEE et du secrétariat de la Ligue arabe. Le porte-parole jordanien de la délégation arabe, M. Dajani, insista sur l’aspect et les implications politiques du Dialogue euro-arabe. Le marché entre les deux parties était clairement défini : accords économiques avec l’Europe en échange de l’alignement européen sur la politique arabe concernant Israël. Un mémorandum conjoint du Comité mixte d’experts donna une première définition des principes généraux et des objectifs du Dialogue euro-arabe. Il précise dans son introduction que :
Le Dialogue euro-arabe est le fruit d’une volonté politique commune qui s’est dégagée au niveau le plus élevé et qui a pour objet l’établissement de relations spéciales entre les deux groupes.

Les deux parties rappellent que le Dialogue trouve son origine dans les échanges qui ont eu lieu entre elles à la fin de 1973, et qui comprennent notamment la déclaration faite par les neuf États membres de la Communauté européenne le 6 novembre 1973 concernant la situation au Moyen-Orient, ainsi que la déclaration adressée aux pays d’Europe occidentale par la 6e conférence au sommet des pays arabes à Alger, le 28 novembre 1973.

Cette introduction sera reprise par Hans-Dietrich Genscher, ministre des Affaires étrangères de la République Fédérale Allemande au Symposium du Dialogue Euro-Arabe à Hambourg (11 avr. 1983) pour souligner la solidarité euro-arabe, notamment sur le plan politique. L’article du Spiegel souligne la sympathie pour les Palestiniens au sein du ministère des Affaires étrangères.

Aujourd’hui ceux qui répandent partout des théories conspirationnistes pour dissimuler et soustraire à la connaissance du public les preuves historiques de la naissance et des accords d’Eurabia font eux-mêmes partie des conspirateurs cherchant à étouffer à tout prix la liberté d’expression. Eurabia s’est construite sur une entente profonde, viscérale euro-palestinienne induisant la justification du terrorisme jihadiste de l’OLP. Elle est née du massacre de Munich et de la politique d’apaisement de la CEE. On ne doit donc pas s’étonner que des gouvernements soutenant l’idéologie génocidaire du Hamas secrètent en leur sein des terroristes comme Breivik et mènent une guerre internationale contre les défenseurs de la liberté d’expression et des droits de l’homme. Breivik est le produit d’Eurabia, elle l’a nourri jusque dans ces crimes.

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