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Publié par Guy Millière le 6 septembre 2012

En cette deuxième journée de la Convention démocrate, je n’ai pu m’empêcher de regarder l’auditoire de plus près.

Il n’y a pas que les féministes radicales de Women In Pink qui viennent frapper le regard. Il n’y a pas seulement les gauchistes échappés d’Occupy Wall Street. Il y a tout un assortiment de gens qui semblent avoir quasiment tous un point commun : ils sont en colère et ne le cachent pas. Ils ne sont pas en colère contre le Président, puisqu’ils sont venus le soutenir. Non, ils sont en colère contre tout. Ils sont en colère contre les hommes qui sont censés exploiter les femmes, contre l’humanité, qui est censée exploiter la nature et tout détruire sur son passage en provoquant un réchauffement global et un dérèglement climatique, contre le capitalisme qui crée des inégalités, contre les patrons qui sont décrits comme des rapaces, contre les financiers qui sont décrits comme des vampires, contre les blancs qui sont décrits comme potentiellement racistes, contre les républicains et les conservateurs, qui sont coupables de tout ce que je viens d’énumérer, et plus encore contre les tea parties, qui se réclament de mâles blancs morts il y a plus de deux siècles, des types du style de George Washington et Thomas Jefferson. Il doit rester des modérés chez les démocrates de 2012, mais on les voit très peu.

Les interventions qui se sont succédées à la tribune en la journée du mercredi avant l’heure du prime time, ont d’ailleurs correspondu à ce qu’on pouvait voir dans la salle. Des féministes obsédées par l’avortement se sont succédées, comme la veille. Il n’y a décidément que l’avortement qui les intéresse, au point que cela semble devenir une obsession.

Aux féministes obsédées par l’avortement se sont ajoutés des syndicalistes fulminant contre les dirigeants d’entreprises, avec parmi eux Bob King, président de United Auto Workers, le syndicat de l’automobile, qui a remercié Obama d’avoir « sauvé » l’industrie automobile : sans dire que l’UAW avait encaissé un pactole et des milliers d’actions de General Motors au passage, et sans avoir dit davantage que Rahm Emanuel, la veille, que les vingt milliards de dollars mis dans le secteur par les contribuables l’ont été en pure perte, puisque General Motors est à nouveau au bord du dépôt de bilan, et que Chrysler ne se porte pas très bien (la seule firme automobile américaine qui va bien est Ford, qui n’a pas demandé un centime au gouvernement), et Richard Trumka, président de l’AFL-CIO, qui a souligné que les « travailleurs » ont bâti l’Amérique : seulement les travailleurs, comme dirait un membre de Lutte Ouvrière en France.

Aux syndicalistes se sont ajoutés de multiples cadres du parti, dont Nancy Pelosi, qui dirigea la Chambre des représentants de 2008 à 2010, et qui a répété ce qui s’est dit souvent : « Obama a créé des emplois ». On ne sait quels emplois ont été créés puisque le nombre d’emplois occupés aux Etats-Unis est aujourd’hui encore inférieur à ce qu’il était en janvier 2009. Les gens dans la salle ne savaient pas non plus, mais ils ont applaudi quand même. Le jeune marié homosexuel Barney Frank a rappelé que le mariage devait être ouvert à tous, et que les républicains avaient sur ce plan une vision plus étroite, et ce n’est pas quelqu’un au sein du Democratic National Committee qui lui aurait rappelé ses aventures endiablées dans l’univers de la prostitution masculine.

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Pour la première fois lors d’une convention nationale, un immigrant illégal, en l’occurrence une immigrante, Benita Veliz, s’est adressé à l’assemblée pour exiger la légalisation de tous les illégaux, sous les acclamations de l’assistance. Verra-t-elle sa situation régularisée en remerciement, et passera-t-elle grâce à son soutien à l’administration Obama devant tous ceux qui ont respecté les règles et la loi ? C’est très envisageable.

Lorsque l’heure du prime time est venue, il restait trois orateurs, et chacun en disait long sur l’esprit qui règne chez les démocrates cette année. Le premier orateur était une femme, étudiante en droit, gros besoins de contraceptifs, plusieurs milliers de dollars par an, Sandra Fluke. Venant après tant de féministes obsédées par l’avortement, elle devait en rajouter, ce qu’elle a fait en déclarant carrément que les républicains voulaient laisser mourir les femmes enceintes : et elle a accusé nommément Mitt Romney. En déduire qu’elle accusait Mitt Romney de complicité de meurtre n’était pas très difficile : que dans la convention d’un des deux grands partis américains on donne une place aussi importante à une personne qui n’a rien accompli et qui se contente de proférer ce genre de propos est terrifiant.

Le deuxième orateur était une femme encore, Elisabeth Warren, ancienne professeur de droit à Harvard, nommée à la tête du U.S. Consumer Financial Protection Bureau par Barack Obama lorsqu’il a créé celui-ci en juillet 2011 aux fins de placer sous tutelle les institutions financières, candidate au Sénat dans le Massachusetts. Et le discours d’Elisabeth Warren a été très proche d’idées marxistes. Il a été une longue diatribe contre le « système », constitué selon elle des institutions et de tous les rouages du capitalisme. Le « système » a-t-elle dit écrase les petits, les sans grades, les travailleurs et les exploite sans leur laisser la moindre chance. Heureusement, a-t-elle ajouté, des dirigeants politiques sont prêts à affronter le système pour que puisse venir un monde plus juste et, bien sûr, un dirigeant politique joue ce rôle aux Etats-Unis, Barack Obama. Un discours aussi à gauche et aussi hostile à ce que sont les Etats-Unis depuis plus de deux siècles n’a guère de précédent dans la convention d’un des deux grands partis américains.

Le troisième orateur était celui que tous attendaient : Bill Clinton. Celui-ci s’est montré brillant, et nul ne pourrait dire qu’il n’est pas l’un des meilleurs orateurs politiques du pays. Il a captivé et enthousiasmé l’auditoire.

Il ne s’en est pas moins livré à une manœuvre qui, pour être habile, n’en a pas moins été peu glorieuse.

Il a en effet présenté Barack Obama comme un homme modéré, raisonnable, ouvert au consensus, proche de ce que lui-même, Bill Clinton, a été pendant l’essentiel de sa présidence.

Et, dans la continuité de ce qu’avait fait Michelle Obama la veille, il a décrit un Barack Obama qui n’a quasiment aucun rapport avec le vrai Barack Obama.

Pour parvenir à ses fins, il a décrit, comme tous les orateurs démocrates depuis deux jours, la situation dont a hérité Barack Obama comme infiniment plus sombre qu’elle ne l’était (sans noter, cela va de soi, la responsabilité des démocrates, qui tenaient le Congrès depuis 2006, dans cette situation). Il a ensuite procédé à une réécriture essentiellement fausse des quatre années de la présidence Obama, décrivant, entre autres, la loi de stimulation et la loi de réforme des assurances maladie sous un jour totalement fantasmatique, sans rapport avec les faits. Et il a ajouté que sur les bases de ces quatre années, le pays pouvait considérer qu’une direction était tracée qu’il restait à suivre, ce qui mènerait à une prospérité égale à celle qui a existé quand, lui, Bill Clinton, était président. Il ne s’est, bien sûr, pas privé de décrire caricaturalement et tout aussi faussement les propositions républicaines.

Comme le tout a été énoncé de manière virtuose, et avec l’allure d’un professeur sûr de son fait, ceux qui ont écouté et qui ne chercheront pas à vérifier, pourront être convaincus. Et Bill Clinton a rendu ainsi un immense service à Barack Obama.

Quel sera l’impact de ce service ? On le verra dans les jours qui viennent.

Pourquoi Bill Clinton a-t-il procédé ainsi alors qu’il est de notoriété publique qu’il méprise Barack Obama et le considère comme un gauchiste très éloigné de ses propres positions ?

Il entend favoriser une candidature d’Hillary en 2016, dit-on, et il veut pouvoir compter sur un soutien d’Obama le moment venu. Mais si Obama poursuit sur sa lancée, et si son deuxième mandat éventuel est plus désastreux que le premier, comme c’est probable, quelles seront les chances d’Hillary en 2016 ?

Pense-t-il que si Obama est réélu, aussi désastreux soit son éventuel deuxième mandat, le pays serait alors si engagé vers le socialisme et la ruine qu’un candidat démocrate, Hillary, aurait toutes ses chances malgré tout, et devrait alors avoir l’approbation d’Obama.

Voulait-il seulement séduire une foule acquise à la cause de Barack Obama ? Je n’ai pas la réponse, et nul ne l’a.

Il n’empêche, l’assemblée à laquelle s’est adressé Bill Clinton est très différente de celles auxquelles, lui, Bill Clinton, pouvait s’adresser au temps de sa présidence.

Le parti démocrate aujourd’hui n’est plus celui des nouveaux démocrates auxquels Bill Clinton disait appartenir.

En décrivant Barack Obama comme un nouveau démocrate, Bill Clinton a tenté de vendre Obama à l’électorat modéré. Il a présenté le loup sous les traits de l’agneau. Il a mis sa crédibilité en jeu pour certifier que le loup n’était pas un loup. Il s’est vendu au loup.

Pour quel impact, demandais-je ? Pour qu’il y ait un impact, il faudrait que les électeurs oublient la monstrueuse parade de l’essentiel de ceux qui se sont succédés à la tribune jusqu’à présent. Les journalistes des mainstream media vont s’employer à agir en ce sens. Dans son discours, Obama va faire de même sans doute.

Nous sommes dans un univers conforme à la doctrine de Saul Alinsky : le parti démocrate est aux mains de révolutionnaires très à gauche, mais les foules sont crédules, et il suffit d’enrober aux moments cruciaux les discours très à gauche sous des atours plus avenants pour que la révolution avance.

Heureusement, il reste pour ceux qui veulent ouvrir les yeux quelques accrocs. La plateforme du parti démocrate présentée mercredi était une version revue profondément de la plateforme de 2008. Le nom de Dieu en avait été enlevé. Les mentions concernant Israël avaient été considérablement changées, dans une direction « pro-palestinienne ». Et le nom de Jérusalem avait été omis. Un journaliste de Fox News l’a remarqué. Un scandale a commencé à se dessiner. Le Parti démocrate a décidé de revoir sa plateforme à la hâte en y réintroduisant le nom de Dieu et celui de Jérusalem. Cette révision impliquait l’adhésion des deux tiers des délégués. Le président de la Convention, Antonio Villaraigosa a demandé à l’assemblée l’adoption de la révision. Les refus l’emportaient visiblement sur les approbations. Il a déclaré qu’il n’entendait aucun refus et que la révision était adoptée. Les protestations dans l’auditoire étaient nombreuses. Ceux qui veulent voir ont vu. Ceux qui ne veulent pas voir ne verront rien et n’entendront rien.

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© Guy Millière pour www.Dreuz.info

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