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Publié par Guy Millière le 8 septembre 2012

La Convention démocrate s’est achevée jeudi soir.

La tonalité d’ensemble a été moins épouvantable qu’au cours des jours précédents où les discours aigres et ressentimentaux dominaient, et ne se trouvaient compensés que par le discours final, plus modéré, celui de Michelle Obama mardi, celui de Bill Clinton mercredi. Ce jeudi, il n’a plus été question d’avortement, de lutte des classes, d’une volonté de briser le « système ». Après avoir rallié la base gauchiste, il fallait procéder à un recentrement.

Celui-ci a consisté à décrire une réalité très différente de ce qu’elle est dès qu’on sort de la salle de convention, et une présidence Obama très différente de ce qu’elle a été.

Cela a commencé avec John Kerry, candidat contre George W. Bush en 2004, qui s’est chargé de la politique étrangère. Après avoir dépeint un Mitt Romney très inexpérimenté et entouré de néo-conservateurs, il a décrit un Obama absolument héroïque, ayant volé de succès en succès au cours des quatre dernières années, et ayant restauré l’image et le prestige des Etats-Unis à l’étranger. Cet Obama là, John Kerry l’a vu, des journalistes l’ont vu aussi paraît-il. Ils peuvent se réunir ensemble pour en parler.

Les faits sont très différents : Obama a mis fin à la guerre en Irak, comme l’a dit Kerry (les démocrates ne gagnent jamais une guerre, ils détestent la guerre, ils préfèrent la défaite, et pour ne pas dire qu’ils préfèrent la défaite, parlent de « mettre fin »), ce qui signifie en réalité que l’Irak a été placé sous l’influence de l’Iran et abandonné à la proximité du régime de Khamenei : héroïque, en effet. Obama, a ajouté Kerry, va « mettre fin » à la guerre en Afghanistan : donc, car c’est ainsi que cela se passe, remettre le pays aux talibans : héroïque encore à n’en pas douter. Obama a fait tuer Ben Laden et « commencé à faire tomber al Qaida » a ajouté Kerry : il est établi désormais que Ben Laden n’a pas été tué par les forces spéciales américaines. Quant à al Qaida, l’organisation se porte bien et agit dans une dizaine de pays, ce qui est une étrange façon de tomber. Je pourrais multiplier les exemples à l’infini, citer tous les éléments montrant que ni l’image ni le prestige des Etats Unis n’ont été renforcés sous Obama, je n’en prendrai pas la peine. Obama n’est pas l’homme dépeint par Kerry. Il est l’homme du repli et de l’affaiblissement des Etats-Unis, et l’homme d’une perte de prestige des Etats-Unis à l’échelle planétaire. Qui ce discours était-il censé convaincre ? Ceux qui auraient été effarés par le gauchisme des jours précédents ? Peut-être.

Est venu ensuite Joe Biden, qu a parachevé le portrait d’Obama Superman commencé la veille par Bill Clinton.

Biden a, à son tour, insisté sur l’élimination de Ben Laden : quand les démocrates ont une tête à placer sur leur trophée de chasse, et en ont une seule, ils se la passent de main en main pour la brandir. A écouter Biden, on aurait pu penser parfois qu’Obama avait à lui tout seul abattu Ben Laden : c’est si éloigné de la réalité que ce n’est même plus de la fiction, mais il y a si longtemps que Joe Biden ne semble plus avoir touché terre… Joe Biden a aussi parlé du sauvetage de General Motors, deuxième acte de Superman. J’ai déjà dit ici que General Motors n’était pas sauvée, que cela avait coûté très cher aux contribuables et rapporté beaucoup aux syndicats. Joe Biden n‘en a rien dit, bien sûr. Il n’en a pas moins rendu un hommage à l’esprit d’entreprise, bref certes, mais marquant dans une convention qui avait été si hostile à l’esprit d’entreprise. Là encore, s’agissait-il de s’adresser à ceux qui auraient été effarés par le gauchisme des jours précédents ? Biden s’est, pour les mêmes raisons sans doute, payé le luxe de dire que Ryan et Romney n’étaient pas méchants, non, mais avaient des logiques de comptables au lieu de logiques humaines, et ne voyaient pas qu’une entreprise, ce sont des êtres humains. Les démocrates, c’est vrai, son bien plus humanistes : ils multiplient les pauvres, mais en ayant le cœur sur la main, ce qui est mieux que multiplier les emplois sans dire sans cesse qu’on a le cœur sur la main.

Le discours de Barack Obama a été l’apothéose de la soirée. Et cela a été une terne apothéose. Le discours devait se tenir dans un stade. Comme il n’y avait pas assez de monde pour remplir le stade, les démocrates ont invoqué la météo et un risque d’orage, pourtant inexistant. Ils ont invoqué les risques de sécurité, pas plus existants que toutes les autres fois qu’Obama a parlé dans un stade. Dire qu’Obama peine désormais à attirer plus de vingt mille personnes casserait le moral des obamalatres, bien sûr.

Obama a fait de son mieux pour être à la hauteur du Bill Clinton de la veille, sans y parvenir.

Le message qu’il devait faire passer n’était pas facile à transmettre. Il pourrait se résumer simplement : « mon bilan n’est pas du tout terrible, mais je vais faire mieux la prochaine fois. Vous n’allez pas m’arrêter alors que je suis en plein élan ».

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Pour transmettre le message, Obama a dépeint la réalité à la fin des années Bush d’une manière plus apocalyptique encore que Bill Clinton. A l’écouter, on aurait pu penser qu’à la fin des années Bush, les Etats-Unis étaient un pays en décombres à la suite d’un tremblement de terre généralisé de force neuf. On aurait pu oublier que la moyenne du chômage dans les années Bush se situait un peu au dessus de 5 pour cent et que, malgré les effets du onze septembre la croissance moyenne s’était située au dessus de trois pour cent. On aurait pu oublier que la crise de l’automne 2008 venait des subprime dont les démocrates avaient été les artisans et dont l’organisation Acorn, pour laquelle travaillait un certain Barack Obama avait été l’un des plus actifs partisans.

Pour continuer le message, Barack Obama a dépeint son action de manière plus humble que ne l’avaient fait Clinton et Biden, mais avec autant de propension à recourir au mensonge : il a eu les pleins pouvoirs depuis deux ans, mais il a dû lutter avec opiniatreté pour que les mesures qu’il voulait soient passées (dire cela sans sourire montre des qualités de comédien qui devraient lui valoir un contrat chez ses amis de Hollywood). Ensuite, après 2010, tout a été de la faute des Républicains qui ont tout fait pour entraver l’action d’Obama et bloquer le pays, alors que lui, Obama, voulait travailler consensuellement (un livre de Bob Woodward va sortir le 11 septembre prochain qui montre à quel point Obama n’a rien fait pour travailler consensuellement, et Woodward est un journaliste démocrate).

Pour achever le message, Obama dit qu’il entend continuer ce qu’il a entrepris, faire construire des routes, créer des postes d’enseignant, donner des bourses, parachever la réforme du système de santé, et, bien sûr, demander que chacun paie sa juste part. Il a déclaré que quatre millions et demi d’emplois avaient été créés sous sa présidence. Les chômeurs américains auraient été heureux de trouver ces emplois ailleurs que dans la bouche d’Obama et de ses comparses. Obama a dit aussi que les Etats-Unis allaient consommer moins de pétrole et produire plus de ressources énergétiques renouvelables (songe-t-il à créer d’autres Solyndra ?). Il a dit, bien sûr, que le réchauffement global était une chose très sérieuse : il n’a pas promis de faire baisser le niveau des océans cette fois, c’est à ce genre de signes qu’on voit qu’il est devenu plus modeste. Il a fini en exaltant le patriotisme américain et en accusant les républicains de dépeindre des Etats-Unis déclinants, alors que lui veut des Etats-Unis triomphants. Si j’étais républicain, je lui répondrais que la réalité du déclin américain, c’est lui, Obama, qui l’incarne, et que l’espoir du triomphe, il est très mal placé pour l’incarner.

Mais Obama n’était pas là pour décrire. Il était là pour faire rêver. Pour l’auditoire devant lui, cela a été réussi, semble-t-il.

Pour le reste des Américains, je doute que cela ait l’effet escompté.

Le peuple américain ne voit pas le rêve qu’Obama a tenté de lui vendre il y a quatre ans se concrétiser. Il voit autre chose, vraiment autre chose.

Il voit effectivement le déclin et la destruction, et il voit que ce déclin n’est pas dû aux Républicains. Il voit que les Républicains ne sont pas pessimistes, mais décrivent ce que j’appelle « le désastre Obama ». Et nombre d’entre eux voient dans les promesses d’Obama aujourd’hui une accentuation du désastre, puisque ces promesses sont celles de dépenses d’argent public, toujours plus de dépenses d’argent public, dans un contexte où la dette vient de dépasser les 16 trillions (10 puissance 12 aux Etats-Unis).

Ce vendredi matin, les chiffres officiels du chômage et de l’emploi viennent de tomber. 96 000 emplois créés en août. Près de 380 000 personnes sorties des listes du chômage parce qu’elles ont renoncé à chercher un emploi. Le chômage est à 8,1%, mais c’est là le chiffre des demandeurs d’emplois. Si on compte ceux qui demandent un emploi et ceux qui ont été sortirs des listes du chômage, on arrive à un chiffre supérieur à 15%, soit non plus 23 millions de personnes, mais environ 43 millions. 47 millions de personnes s’alimentent avec des food stamps. Le prix moyen de l’essence à la pompe est passé de 1,8 dollars le gallon à 3,8 dollars le gallon. Le revenu médian a baissé de plus de quatre mille dollars en quatre ans.

Les vingt mille personnes qui ont acclamé Kerry, Biden, puis Obama à Charlotte on vécu un moment de rêve, sans doute. Et pour la plupart d’entre eux un moment de défoulement. A l’extérieur de l a Convention démocrate, c’était plutôt le cauchemar.

Le cauchemar prendra-t-il fin le 6 novembre. Il reste deux mois de campagne avant qu’on le sache.

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© Guy Millière pour www.Dreuz.info

PS J’ai vu l’émission C dans l’air de jeudi. Elle portait sur les élections américaines. Je me suis imposé de la regarder jusqu’au bout. Voir des gens se prétendant « spécialistes » faire preuve d’autant d’ignorance des faits et, souvent, de malhonnêteté intellectuelle, était vraiment un spectacle lamentable. Ces gens fonctionnent en circuit fermé. Ils se transmettent leurs délires les uns aux autres, et, arrivant à un délire collectif, semblent penser qu’ils décrivent la réalité. Si des gens se pensent informés en regardant ce genre de spectacle, je les plains. Parfois C dans l’air invite André Kaspi, qui est un homme honnête et qui connaît son sujet, même s’il arrondit beaucoup les angles, mais entendre Justin Vaisse décalquer sans le moindre recul les arguments de propagande de la campagne Obama, voir Pascal Boniface, pour qui, visiblement, Obama n’a pas été assez socialiste, lui répliquer, et entendre un certain François Clemenceau décrire les républicains comme s’il s’agissait d’australopithèques et les tea parties comme un ramassis de crétins racistes bien plus à droite que l’extrême-droite française, (avec en supplément, une insignifiante nommée Héléne Harter) me donnait envie de donner des coups de pied dans mon téléviseur. Un peu de pluralisme, que diable ! Reprenez contact avec la réalité de temps à autres ! Sortez de votre bocal ! La nomenklatura soviétique est morte d’être restée enfermée dans son bocal et d’avoir pris son bocal pour le monde.

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