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Publié par Guy Millière le 11 septembre 2012

Je n’entends pas porter atteinte au moral de ceux qui me lisent, mais l’hypothèse d’une réélection de Barack Obama aujourd’hui me semble une probabilité très envisageable.

Je vois à cela plusieurs raisons. La première est le choix de campagne adopté par Mitt Romney et le Parti Républicain.

Entre une campagne dénonçant Barack Obama en mettant au jour ce qu’il est, ce qu’il a fait et ce qu’il entend faire s’il est réélu, et une campagne persistant à présenter Obama comme un « brave type » assez incompétent et menant une politique dont les résultats sont mauvais, Romney et le Parti on choisi la deuxième option. Dès lors, le danger très grave que représente Obama pour les Etats-Unis et pour le monde est dénoncé dans des livres, dans des films, dont celui de Dinesh D’Souza, mais pas dans la campagne de Mitt Romney. Obama peut dés lors mener campagne en répétant les thématiques énoncées dans le discours de Bill Clinton la semaine dernière : « j’ai hérité d’une situation catastrophique, j’ai entamé un redressement, celui-ci n’a pas encore vraiment porté ses fruits, mais le redressement est en marche, ce n’est pas maintenant qu’il faut changer d’équipe, surtout pour en revenir aux politiques qui avaient conduit à la situation catastrophique dont j’ai hérité ».

Il risque de devenir très difficile pour Mitt Romney de réfuter le discours d’Obama. Il faudrait pour cela expliquer les causes de la crise financière de 2008, ajouter qu’Obama n’a entamé aucun redressement mais enclenché une politique économique délibérément destructrice et souligner que quatre années de plus mèneraient plus loin encore dans la destruction. Rien de tout cela n’est fait. Il devient très tard pour le faire, et le faire impliquerait un virage profond dans la campagne. Je dois dire que je ne vois pas ce virage venir. La campagne de Romney commence à ressembler à la campagne perdante de John McCain voici quatre ans. Et cette ressemblance est inquiétante. Romney avait su se montrer mordant pendant les primaires. Il ne montre plus, aujourd’hui, ce mordant : comme si, face à Obama, il n’osait pas.

J’ajouterai que quand bien même l’élection se jouera sur des questions économiques, avoir quasiment délaissé le terrain de la politique étrangère sous prétexte que celui-ci est, dans les sondages, considéré comme un point fort d’Obama me semble être une grave erreur. L’échec d’Obama en politique étrangère est profond et catastrophique. Ne pas en dire un mot ou presque est tout aussi catastrophique que l’échec d’Obama. Mitt Romney a prononcé de superbes discours à Varsovie et à Jérusalem. Ce Mitt Romney là semble pour l’heure aux abonnés absents, ou presque. C’est, à mes yeux, consternant. La quasi élimination des thèmes de politique étrangère dans la Convention républicaine a laissé le terrain libre au travail de réécriture de l’histoire qui s’est opéré pendant la convention démocrate, sous l’égide de John Kerry. Qu’un parti démocrate gangrené par le gauchisme ait pu se présenter comme le parti du patriotisme et de l’armée est le résultat de cette navrante manœuvre.

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Je dirai enfin que le premier mandat d’Obama a eu des conséquences et a transformé pour partie le peuple américain. Désormais cinquante pour cent des Américains, chiffre fatidique, ne paient pas d’impôt sur le revenu, et ont donc tout intérêt à ce que soient augmentés les impôts des autres, pour peu que leur soit promis un chèque du gouvernement. C’est à ces cinquante pour cent qu’Obama s’adresse en parlant de « fair share », part équitable que devraient payer les riches. Parmi tous les gens au chômage ou sortis des statistiques officielles de l’emploi, la plupart bénéficient de food stamps (bons d’alimentation), des soins médicaux gratuits constitués par le programme Medicaid, de pensions d’invalidité accordées en nombre massif depuis janvier 2009.

Obama est en train de constituer une majorité stable d’assistés permanents incités à voter démocrate moyennant rémunération. Ce type de fonctionnement conduit à la paupérisation, à la destruction de l’esprit d’entreprise et à un endettement qui débouche sur la banqueroute. C’est un fonctionnement qu’on connait fort bien en Europe. Un Etat des Etats-Unis peut être considéré comme un précurseur sur ce chemin : la Californie. L’Etat de Californie est en situation de dépôt de bilan, des villes s’y déclarent en banqueroute les unes après les autres, les dépenses « sociales » ne cessent d’y augmenter, tout comme les impôts et taxes de ceux qui paient des impots et des taxes, qui partent vers d’autres Etats dés qu’ils le peuvent. Les démocrates y disposent néanmoins d’une majorité solide.

La convention démocrate a été, comme je l’ai écrit, un carnaval gauchiste hideux pendant la journée, avec, pour finir la soirée, des discours plus modérés. Le carnaval gauchiste hideux était destiné à mobiliser fortement quelques segments de la population de façon à ce que leur mobilisation fasse la différence si nécessaire : les gays, les féministes militantes, les assistés sociaux. Les discours plus modérés étaient destinés à rassurer les indécis et à leur dire que, tout bien pesé, le parti démocrate était toujours un parti de centre gauche. Les sondages semblent indiquer que l’opération a plutot bien fonctionné.

Si on ajoute à tout cela le vote ethnique de la population noire et des deux tiers de la population hispanique, qu’Obama a voulu clairement séduire en régularisant près d’un million d’immigrants illégaux, le militantisme des grands médias en faveur d’Obama ainsi que celui d’une bonne partie de Hollywood, on comprend que la situation est difficile, très difficile.

Si on ajoute en outre que Romney, en ne répondant pas nettement et fermement à la campagne sordide de publicité négative lancée par Obama au cours des trois derniers mois a laissé, semble-t-il, Obama le définir comme un milliardaire insensible créant des chômeurs pour le plaisir de gagner davantage (la convention républicaine a constitué une réponse, mais n’a pas effacé les effets de la publicité négative), on comprend que la situation est plus difficile encore.

Si l’élection avait lieu aujourd’hui, Obama l’emporterait, peut-être même par un raz de marée. Dans l’essentiel des « swing states », Obama bénéficie d’une majorité courte, qui n’en est pas moins une majorité.

Il reste près de deux mois de campagne pour remonter le courant. J’espère que c’est ce qui se passera. Mais je dois le dire, je suis plutot pessimiste. Et je crains que le désastre Obama se prolonge et prenne des dimensions difficilement réversibles.

Il reste trois débats, plus un débat entre candidats à la vice présidence, un recours passif à la publicité, avec, du coté de Romney, des moyens financiers considérables. Mais je suis plutot pessimiste, oui. Je reviendrai dans un prochain article sur ce à quoi on peut s’attendre en cas de réélection d’Obama ; le moins que je puisse dire, vraiment le moins, est que ce n’est pas réjouissant.

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© Guy Millière pour www.Dreuz.info

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