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Publié par Guy Millière le 16 septembre 2012

J’aimerais parler d’autre chose. Des décisions ineptes prises par le gouvernement français et François Hollande. De la continuation de la crise de l’euro. Mais je ne parviens pas à détacher mes yeux de la situation planétaire et de l’ubuesque personnage installé présentement à la Maison Blanche.

Quand j’ai décidé d’appeler mon dernier livre Le désastre Obama*, le mot « désastre » n’était employé nulle part aux Etats-Unis pour désigner celui qui est censé être Président des Etats-Unis. Maintenant, le mot « désastre » est sur tous les blogs conservateurs et républicains, dans tous les magazines de la même mouvance, du Weekly Standard à la National Review. Le mot « désastre » me semble à moi-même presque un peu faible. Si Obama est réélu, il faudra que j’en trouve un autre, beaucoup plus fort.

Obama a réussi en quatre années seulement à détériorer très profondément l’économie américaine. Le taux de chômage, dois-je le rappeler, n’est maintenu à 8,1 ou 8,2 pour cent que parce que nombre de gens renoncent à chercher du travail ou sont radiés des listes de demandeurs d’emplois. Sinon, selon la plupart des économistes, on arriverait aisément à un chiffre de 19%, ce qui est sans précédent depuis la crise de 1929. Le nombre de pauvres et de gens bénéficiant d’assistances diverses a explosé. Plus de cent millions d’Américains touchent une aide du gouvernement fédéral aujourd’hui. Cela va de pair avec une augmentation vertigineuse de la dette, 6 trillions (10 puissance 12) de dollars supplémentaires en moins de quatre ans et ce n’est pas fini, puisque la dette augmente de 48 millions de dollars par minute. Si aucun accord entre le Congrès et le Président n’est trouvé rapidement, des coupes drastiques et automatiques vont se trouver opérées dans les budgets militaires, mutilant ainsi les forces de défense du pays et leur capacité à maintenir la sécurité du monde. Pour les mêmes raisons, les baisses d’impôts votées sous George W. Bush, devraient se trouver bientôt prolongées ou abrogées, et si elles sont abrogées, ce qui est le souhait de Barack Obama, cela débouchera sur une forte hausse des impôts et des taxes qui ne peut que conduire le pays à passer d’une croissance quasiment nulle à une croissance négative. Le spectre de la déflation venant planer, le président de la Réserve Fédérale vient de prendre une décision très lourde de conséquences, un « quantitative easing » illimité, autrement dit, une émission de monnaie illimitée, la monnaie émise servant à racheter des actifs et de la dette. C’est une opération inflationniste qui a des ressemblances avec celles qui ont conduit l’Allemagne dans les années 1920 vers l’hyperinflation. Ben Bernanke n’est pas censé coordonner ses décisions avec l’administration Obama, mais il n’est pas difficile de voir que sa décision va dans le sens de ce que peut souhaiter l’administration Obama. Dans l’immédiat, la décision va faire monter la bourse, doper artificiellement, mais faiblement, l’activité, le temps que l’élection soit passée, et faire monter, artificiellement aussi les prix de l’immobilier. Le taux du dollar devrait baisser aussi. Le prix du pétrole devrait monter, mais dès lors que le prix des carburants a d’ores et déjà plus que doublé depuis l’arrivée au pouvoir d’Obama, cela ne fera qu’accentuer une tendance déjà bien ancrée. Si on ajoute que General Motors qui, contrairement à la propagande ambiante, n’a jamais été sauvée, glisse à nouveau vers la faillite (demander à un constructeur automobile de construire des voitures que les consommateurs ne veulent pas acheter, telles la Volt, a des conséquences), que les mines de charbon ferment les unes après les autres grâce aux réglementations destructrices de l’Environmental Protection Agency, que les programmes d’équipement du pays en éoliennes ont des coûts exorbitants et un rendement quasiment nul, qu’on continue à transformer du maïs en éthanol par millions de tonnes, ce qui fait le bonheur de quelques céréalier, mais le malheur des consommateurs de denrées alimentaire qui voient le prix de leur facture au supermarché s’alourdir, car le prix de l’essentiel des aliments monte, on comprend que les résultats sont mirifiques.

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Aux superbes réussites d’Obama sur un plan intérieur aux Etats-Unis s’ajoutent ses exploits internationaux.

En Amérique latine, l’influence des Etats-Unis est en recul très net, l’influence du caudillisme néo-communiste conduit par Hugo Chavez s’accroît. En Asie, la Chine affirme ses prétentions hégémoniques, et le Japon et la Corée du Sud se demandent très sérieusement s’il est toujours possible de compter sur l’alliance avec les Etats-Unis. En Afrique subsaharienne, la subversion islamiste se poursuit, la partition du Mali et la création de la république islamique de l’Azawad ne devrait être qu’un début.

La région où les accomplissements d’Obama sont les plus éclatants, dans tous les sens du termes, est cela dit le monde musulman.

Comme je n’ai cessé de l’expliquer depuis quatre ans, Obama a favorisé l’avancée de l’islam radical, et a considéré qu’un monde sunnite placé sous la coupe des Frères musulmans serait un monde sunnite plus sûr et plus stable, susceptible d’être ami des Etats-Unis dès lors que ceux-ci seraient amenuisés et auraient fait repentance de leurs comportements « impérialistes » passés. Obama a aussi considéré qu’une coexistence pourrait être trouvée entre un monde sunnite aux mains des Frères musulmans et un Iran parvenant à l’arme atomique ou au seuil de celle-ci. Obama a, en outre, considéré, qu’en poussant graduellement Israël vers l’asphyxie et l’amenuisement, il calmerait les ardeurs des musulmans les plus excités. Il a même posé un œil bienveillant sur la stratégie d’Ayman Al Zawahiri, et sur le rapprochement de celui-ci et d’al Qaida avec les Frères musulmans.

Toute cette politique est en train d’exploser au visage d’Obama.

Les Frères musulmans sont effectivement au pouvoir dans l’essentiel du monde sunnite aujourd’hui, et les derniers pays arabes alliés des Etats-Unis, monarchies du Golfe, Arabie Saoudite, sont sur la défensive et dans une situation très inconfortables. Mais les Frères musulmans n’ont pas vraiment envie de remercier Barack Obama : ils le traitent comme les totalitaires traitent les gens de son espèce, comme un idiot utile à jeter après usage ou, dans le vocabulaire du monde musulman, comme un « cheval faible », voire, comme le note cruellement un observateur américain de la région, comme un « cheval presque mort ».

Barack ne leur a pas même donné les armes pour en finir avec Bachar Al Assad ! L’Iran n’a lui-même que faire de la main tendue de Barack : il a l’appui des pays dits « non alignés », de la Russie et de la Chine, et il se rapproche même de l’Egypte aux mains des Frères musulmans qui vient de redire que l’Iran avait le droit de se doter de l’arme atomique. Israël est poussé vers l’asphyxie et l’amenuisement, mais Barack n’a pas lâché totalement Israël, et c’est donc encore beaucoup trop peu pour les tenants de l’islam radical qui ne cessent de réclamer la mort immédiate d’Israël. Ayman Al Zawahiri se rapproche effectivement des Frères musulmans, mais trouve qu’Obama n’est pas un allié suffisamment fiable d’al Quaida, puisqu’il continue à utiliser des drones pour éliminer de temps à autres un dirigeant djihadiste aux fins de pouvoir dire au peuple américain qu’il « agit » contre al Qaida. Pour Ayman Al Zawahiri, Obama est plus encore un idiot inutile et un « cheval presque mort ».

Des émeutes djihadistes ont eu lieu ces derniers jours dans une vingtaine de pays musulmans. Le drapeau noir d’al Qaida a, à ce jour, été hissé sur trois ambassades américaines. Un ambassadeur des Etats-Unis en Libye a été tué après avoir été violenté et sodomisé par des gens auprès de qui il a acheminé des armes et qu’il a contribué à porter au pouvoir.

Barack Obama ne s’attendait visiblement pas à passer du statut d’idiot utile à celui d’idiot inutile et à être traité comme un cheval presque mort.

Lui et Hillary Clinton ont réagi avec force et détermination. Après avoir dit qu’ils se dissociaient du communiqué d’excuses adressé aux émeutiers et à al Qaida par l’ambassade américaine du Caire, ils ont renouvelé leur discours d’excuses, en disant que tout ce qui se passait était la faute d’un film anti-musulman mis sur youtube depuis juillet, film dont ils réprouvent le contenu, mais qu’ils n’ont , disent-ils, hélas pas le pouvoir d’interdire, la charia ne régnant pas encore sur les Etats-Unis. Ayant identifié le coupable, le gouvernement américain a fait arrêter l’auteur de la vidéo pour une histoire de fraude vieille de plusieurs années (quand Obama lutte contre l’islamisme, il lutte vraiment contre l’islamisme !), le chef d’état major de toutes les armées américaines a téléphoné personnellement à un pasteur hostile à l’islam vivant en Floride pour lui demander de ne pas projeter le film (quand on est chef d’état major sous Obama, on sait identifier le danger). Obama a ajouté que les coupables de la mort de l’ambassadeur seraient traduits en justice et qu’il faisait confiance à la justice libyenne, c’était beau comme du Bernard-Henri Levy.

En attendant, l’administration Obama ne sait pas exactement si l’Egypte est un allié ou non, mais Obama doit toujours recevoir bientôt Mohamed Morsi, avant que celui-ci rende visite à ses nouveaux alliés à Pékin. Obama ne recevra pas Binyamin Netanyahou : il doit participer à une émission comique et doit voir Jay Z et Beyoncé. On comprend aisément qu’entre Morsi, David Letterman, Jay Z et Beyoncé d’un côté et Binyamin Netanayou de l’autre, Obama ait choisi les premiers. On comprend aussi que le porte parole de la Maison Blanche ne voie toujours pas que les émeutes et le drapeau d’al Qaida hissé sur des ambassades américaines sont des actes hostiles aux Etats-Unis. On comprend que le gouvernement américain après avoir fait arrêter l’auteur de la vidéo anti-islamique aie fait pression sur youtube pour que la vidéo soit retirée. Plus de video sur youtube, plus de problème ! C’est évident, non ? Cela pourrait ressembler à une plaisanterie de crétin, mais non, c’est la ligne de l’administration qui dirige les Etats-Unis d’Amérique. Et cette ligne est aussi celle suivie docilement par tous les grands médias américains et par tous les grands médias des pays occidentaux, par les grands médias français en particulier.

Pour montrer que la situation le préoccupait, Barack Obama est parti à Las Vegas. On est Président des Etats-Unis, ou on ne l’est pas.

Je pourrais ajouter qu’Obama n’arrête pas de violer les institutions américaines ou de les contourner en faisant passer par décret des décisions qui ont été refusées par le Congrès, ou en procédant à des nominations censées être effectuées quand le Congrès ne siège pas et ne peut être consulté en des moments où le Congrès siège et peut être consulté, mais je serais conduit à me répéter. On est Président des Etats-Unis, ou on ne l’est pas, non ?

Obama a de fortes chances d’être réélu. Quand on a un aussi superbe bilan, je ne vois effectivement pas pourquoi on ne serait pas réélu triomphalement. Obama est vraiment un très grand Président ! Avoir tant accompli en si peu de temps ! Chapeau bas.

Le premier mandat d’Obama s’achève superbement. J’attends avec impatience le second mandat. Cela va être beau, si second mandat il y a. Toute fête digne de ce nom s’achève avec des feux d’artifice. L’incendie du consulat américain de Benghazi était une réussite esthétique incontestable. Celui de l’ambassade et de l’école américaines de Tunis aussi. Que la fête continue : il y a des gens qui aiment çà. Certains d’entre eux ont même une carte de presse. Que puis-je ajouter ?

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© Guy Millière pour www.Dreuz.info

PS. L’une des choses les plus répugnantes que j’aie pu voir ces derniers jours a été la tentative d’incriminer la communauté copte et ses liens avec les conservateurs américains. Les Coptes sont persécutés aujourd’hui en Egypte, comme les Chrétiens le sont dans tout le Proche-Orient musulman. Si le mot « dégueulasse » sert à quelque chose, je l’utiliserais volontiers pour ceux qui incriminent présentement la communauté copte. Ils étaient plusieurs sur le plateau de C dans l’air vendredi soir. Incriminer Romney pour avoir parlé comme un Président des Etats-Unis pendant que le Président en place parlait comme un paillasson est tout aussi répugnant, mais Romney ne risque pas la mort à chaque instant, à la différence des Coptes en Egypte.

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