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Publié par Dan Levy le 22 septembre 2012

Qu’est ce qu’un extrémiste ?

Nombreux sont les auteurs qui se sont penchés sur la définition du mot « extrémisme » et l’ont assimilé à toute position politique radicale excluant une forme quelconque de compromis. Cette définition, simple et généralement admise, permet de fédérer les extrémismes de « droite » comme de « gauche » ou les mouvements de fanatiques religieux.

Cependant, cette définition dit peu de ce qu’il faut entendre par une « position politique radicale ». C’est à ce flou qu’on doit le recours simpliste au mot « extrême » et à ses dérivés. De plus, l’usage fréquent de ce mot dans les ‘mass médias’ répond souvent à la tentation de diaboliser un interlocuteur et, ainsi, de s’exonérer de le combattre avec des arguments.

Il apparaît dès lors utile de préciser la définition du concept d’ « extrémisme » en évaluant plus rigoureusement sa portée.

J’ai donc donc isolé trois variables constitutives de pensées extrêmes.

Le premier marqueur d’une pensée extrémiste est sa subordination à une idéologie radicale [i]. Le fait qu’une politique obéisse à un dogme de manière plus ou moins évidente est de première importance. En effet, l’assujettissement à une idéologie inspire à ceux qui y adhèrent une conviction ou une ‘raison d’être’ impossibles à ébranler, à tout le moins difficiles à questionner.

Le nazisme est l’exemple emblématique d’un mouvement extrémiste fondé sur une idéologie radicale nourrie par la pensée d’Adolf Hitler telle qu’énoncée dans son manifeste Mein Kampf.

Le deuxième critère constitutif d’une pensée extrémiste tient à la volonté de révolutionner l’ordre social établi. Les ‘conspirations’ en tous genres nourrissent ces idées extrémistes pour peindre un tableau particulièrement sombre de l’état d’une société et, dès lors, appeler à son renversement. Se présentant souvent comme ‘la seule vraie opposition’ ou encore ‘l’unique alternative crédible’, les extrémistes usent de discours simples et de champs lexicaux précis pour séduire.

Cette caractéristique est la signature de ces idéologies extrémistes divisant le monde en deux blocs hégémoniques. Il en est ainsi de l’islamisme qui distingue la terre d’islam où la loi coranique doit régner en maître incontesté (« dar al islam ») du reste du monde où le djihad doit imposer la sharia (« dar al harb »).

Le troisième paramètre qui contribue à reconnaître une pensée extrémiste tient aux moyens mis en œuvre pour assurer la promotion de l’idéologie. Il s’agit ici du recours à des méthodes extrêmes (« la fin justifie les moyens »), contraires à toute forme de morale judéo-chrétienne, afin d’arriver à une fin.

Avec ces trois critères, il devient plus aisé d’identifier un « extrémisme », tant du point de vue de l’essence idéologique et de la pensée que, de manière plus pratique, de la nature des méthodes mises en œuvre par ses « fidèles ».

De plus, ces critères permettent d’inscrire pratiquement tous les « extrémismes » du XXe siècle dans cette catégorie : nazisme, fascismes (salazarisme, franquisme,…), communismes (stalinisme, castrisme,…), islamisme, anarchisme, etc.

Mais ils permettent aussi de déceler l’existence d’un autre extrémisme, celui du ‘consensualisme’.

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Le consensualisme

i) L’idéologie du consensus

Cette idéologie nouvelle, plus subtile dans son contenu et son articulation que celles évoquées précédemment, est un sous-produit du post-modernisme. Le ‘consensualisme’ répond à l’ambition d’installer un ‘consensus global’.

Il repose sur un conformisme intellectuel strict, monolithique et universel censé mettre un terme à toute forme de conflits, sinon les faire disparaître entièrement.

Pour les ‘consensualistes’, tout conflit est néfaste et condamnable quel que soit sa nature et ses causes, et l’idée d’apaisement est intrinsèquement positive, quelqu’en soit le prix. Héritiers maximalistes de la pensée humaniste, les consensualistes sacralisent ainsi les concepts de « paix », de « dialogue » ou de « métissage » pendant qu’ils s’attribuent le monopole de la « raison », celui de la lutte pour l’ « égalité » ou celle encore contre le « racisme ».

Si leur démarche interpelle, c’est moins pour les valeurs dont ils se prévalent que pour leur intransigeance extrême au service de celles-ci. Dividende du post-modernisme, cette posture s’est désormais fermement ancrée au cœur des démocraties libérales où elle a supplanté les extrémismes traditionnels, récupérant au passage leurs procédés, fonctions et objectifs. Le ‘consensualisme’ est ainsi devenu une doxa fondée, comme tout autre dogme, sur une vision bipolaire du monde, distinguant le ‘Bien’ du ‘Mal’ et s’arrogeant naturellement le rôle de seul garant légitime du camp du ‘Bien’.

Dans ce manichéisme simpliste, la paix, toute paix, fût-elle d’abandon ou de déshonneur, est synonyme de ‘Bien’. A l’opposé, la guerre, toute guerre, fût-elle de légitime défense ou de survie, ressortit au registre du ‘Mal’. Les ‘consensualistes’ ont ainsi soumis l’opinion publique à cette représentation binaire où, au nom des bons sentiments et de la compassion échangée pour de la justice, nuances ou doutes n’ont pas droit de cité. Le rejet du nationalisme (‘Mal’) et l’adhésion au projet d’une société basée sur le multi nationalisme, le supranationalisme ou le multiculturalisme (‘Bien’) est un autre exemple de ce bipolarisme simpliste.

Le consensualisme s’est ainsi imposé comme la nouvelle norme et ‘raison d’être’ des hommes post-modernes. Désormais, sanglés dans leur uniforme du ‘politiquement correct’ et du conformisme intellectuel, ils posent fièrement aux gendarmes de la pensée, tourmentant les sceptiques et excommuniant les ‘hérétiques’.

ii) Le consensualisme comme mouvement révolutionnaire

Comme tout mouvement extrémiste, le consensualisme a inspiré une nouvelle lecture de la réalité, un nouveau langage, un nouveau dogme qui commande en toutes circonstances de « faire la part des choses » et de récuser tout « parti pris » dans la gestion de la polis.

Cet extrémisme de l’eau tiède a fécondé un conformisme intellectuel qui sacralise des valeurs ou concepts particuliers, au nom d’une détestation aussi absolue de leurs contraires. Ci-dessous, une liste non exhaustive de ces valeurs et de leurs contraires :

« Bien » « Mal »
La modération Le radicalisme
La paix La guerre
L’apaisement / le pacifisme L’engagement
Le multiculturalisme Le nationalisme
L’humanisme / la laïcité La religion
La raison La passion

A l’instar d’autres idéologies extrémistes, le consensualisme cherche à révolutionner l’ordre sociétal. Sa singularité est de proclamer que tout différend doit se résoudre de manière « raisonnable » et de récuser le recours au conflit pour le résoudre.

iii) « Le consensus justifie les moyens »

Comment, objectera-t-on, le fait de proclamer les valeurs de « paix » et d’ « apaisement » et de récuser par principe tout recours à la violence peut-il apparenter ce dogme du consensus à l’extrémisme ?

Certains exemples récents illustrent les conséquences funestes auxquelles expose l’extrémisme du consensus.

Arthur Neville Chamberlain, Premier ministre du Royaume-Uni quand commence la seconde guerre mondiale, est un des plus fidèles interprètes de cette volonté de consensus « à tout prix ». Architecte en 1938 des accords de Munich entre le Royaume-Uni, la France, l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie, Chamberlain a choisi d’apaiser la volonté expansionniste d’Adolf Hitler en lui abandonnant la Tchécoslovaquie plutôt que de le combattre quand le sort des armes lui était encore favorable. Cette inébranlable conviction d’apaiser le « Mal » par des « concessions » et cette foi aveugle dans le « compromis » sont l’essence de cette idéologie du « Bien ».

Les conséquences de cet extrémisme du consensus en font inévitablement le serviteur objectif des « valeurs » négatives qu’il prétend combattre.

Les accords de Munich sont certes le fruit de circonstances géopolitiques et d’un contexte historique pour le moins exceptionnels. Moins dramatique et plus près encore de nous, l’actualité nous offre de nombreux exemples qui attestent de l’intolérance et de la violence du consensualisme pour discréditer ceux qui dénoncent la perversité de son essence et de ses méthodes et lui demandent des comptes de son alliance objective avec les extrémismes « classiques ».

Ainsi, si un directeur de recherche au Centre National de Recherche Scientifique (CNRS), professeur à l’Institut d’études politiques de Paris et auteur de près de trente ouvrages scientifiques publie un nouveau livre, il serait logique d’en trouver l’écho dans les médias traditionnels. Sauf quand les grands prêtres du consensualisme décrètent l’embargo médiatique de ce directeur de recherche, Pierre-André Taguieff, dont un opus, La nouvelle propagande antijuive : Du symbole al Dura aux rumeurs de Gaza [ii] traite sans ménagement de cette idéologie, de ses conséquences et de ses avatars, particulièrement ceux liés à la responsabilité des médias dans la recrudescence de la haine des Juifs en Occident…

C’est que la campagne lancée contre l’auteur ne s’était pas arrêtée au boycott publicitaire de son livre.

En octobre 2010, à la « faveur » d’une innocente boutade sarcastique sur un réseau social, le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) déclenchait une violente campagne de dénigrement contre lui et n’hésitait pas à le qualifier de « polémiste haineux » dans un communiqué de presse [iii]. De nombreux autres procureurs allaient bientôt ajouter leurs voix au procès public de Pierre-André Taguieff. Et pendant plusieurs jours, journaux, radios, sites internet et chaînes de télévisions allaient évoquer l’affaire [iv] pour achever de discréditer le chercheur. Jusqu’à son employeur, le CNRS, qui lui recommandait d’éviter de donner des conférences pour ne pas donner aux esprits mal intentionnés matière à détourner le sens de ses propos.

C’est ainsi que, à défaut d’éliminer physiquement un adversaire, le consensualisme diffame et discrédite un « dissident » et réussit, au nom des principes s’inspirant de la non-violence, de l’apaisement, de la modération, de la tolérance et du dialogue, à lui interdire l’accès au débat public.

Ce même embargo est imposé sur des chercheurs, en particulier en Europe, qui s’osent au blasphème en stigmatisant le bilan catastrophique du 44ème Président des Etats-Unis d’Amérique – Barack Hussein Obama.

Mais il est également prescrit pour tous les historiens, journalistes, démographes ou autres, qui bravent le politiquement correct, en remarquant que l’immigration islamique en Europe change le visage du vieux continent, et pas nécessairement pour le meilleur.

Comme nous le verrons, la théorisation du consensualisme permet de mieux décoder certains faits contemporains importants. Les deux sections suivantes illustreront comment l’extrémisme consensuel réussit à jeter l’anathème sur qui lui manque, mais aussi comment certaines forces sociales et politiques cherchent à s’en affranchir.

Fin de la première partie.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Dan Levy pour www.Dreuz.info

[i] Nous définirons le concept d’idéologie radicale comme étant un « ensemble d’idées constituant un système philosophique visant à modifier en profondeur l’ordre social prévalent ».
[ii] Pierre-André TAGUIEFF, La nouvelle propagande antijuive: du symbole al-Dura aux rumeurs de Gaza. Presses Universitaires de France, Paris, 2010, 560 pages.
[iii] Communiqué de presse du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples.
[iv] Voir l’article de Pascal Boniface sur son blog, celui de Catherine David, ou encore l’interview du président du MRAP dans le Journal Du Dimanche.

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