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Publié par Guy Millière le 2 octobre 2012

On n’en parlera pas en France, je sais.

Les grands médias américains feront tout pour ne pas en parler. La Chambre des représentants n’en vient pas moins de demander la formation d’une commission d’enquête. Les faits sont graves, et ils sont, pour l’essentiel, avérés.

Des Présidents des Etats-Unis ont chuté dans le passé pour bien moins.

L’affaire du Watergate sous Richard Nixon n’était qu’une affaire de pose de micros d’écoute et de mensonge de la part du Président : c’était inadmissible, et un mensonge de la part du Président dans l’exercice de ses fonctions est un parjure. Mais ce qui se passe aujourd’hui est bien plus grave.

Non seulement le Président des Etats-Unis a menti dans l’exercice de ses fonctions, mais il a menti par rapport à une situation où il y a eu la mort de quatre personnes et où la sécurité du pays est engagée.

De fait. Il est établi que les services de renseignement américains savaient depuis des semaines qu’al Qaida voulait mener une attaque terroriste contre les Etats-Unis et entendait le faire au mois de septembre.

Il est établi qu’Ayman al Zawahiri a mis en circulation le 9 septembre une bande video appelant à des attaques contre les diplomaties américaines en Egypte et en Libye pour le 11 septembre 2012.

Il est établi que l’ambassadeur des Etats-Unis en Libye, Christopher Stevens, avait fait part de menaces pesant sur lui et s’inquiétait pour sa sécurité, divers documents le montrent.

Il est établi que le consulat américain de Benghazi ne répondait pas aux normes de sécurité d’une mission diplomatique américaine à l’étranger, divers documents le montrent aussi.

Il est établi que le Département d’Etat américain, que dirige Hillary Clinton, n’a pas renforcé la sécurité de Benghazi et a laissé en ce contexte l’ambassadeur Stevens sans autre protection que deux militaires et quelques gardes libyens à la fiabilité très douteuse.

Il est établi que dès le lendemain de l’attaque contre le consulat américain de Benghazi, les services de renseignement américains savaient qu’il s’agissait d’une attaque terroriste, organisée par un ancien prisonnier islamiste de Guantanamo.

Quand, le surlendemain de l’attaque, le Président Obama a participé à la brève cérémonie pour le retour sur le sol américain des quatre morts, celui-ci n’a pas parlé d’attaque terroriste.

Quand deux jours après, il a participé à une émission de télévision où on lui a parlé du sujet, le même Président Obama a parlé de ce qui s’était passé comme de « cahots sur le chemin ».

Quand une dizaine de jours plus tard, le Président Obama s’est adressé aux Nations Unies, il a, tout en faisant l’éloge de l’ambassadeur Stevens, décrit ce qui s’était passé à Benghazi et ailleurs dans le monde musulman comme d’une succession de réactions de mécontentement nés d’une vidéo « islamophobe ».

Dans l’intervalle, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, avait parlé, lui aussi, de réactions de mécontentement face à une vidéo, précisant même que l’attaque de Benghazi avait été « spontanée ».

Dans l’intervalle aussi, l’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations Unies, Susan Rice, avait participé à cinq émissions de télévision, pour répéter la même version des choses que Jay Carney, et écarter l’hypothèse de l’attentat.

Depuis, Jay Carney a dit qu’il était « évident » que c’était un attentat.

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On n’a pas entendu Susan Rice. On n’a pas entendu Barack Obama sur le sujet non plus, et si on l’entend, il parlera sans doute comme Jay Carney.

Lors de la cérémonie pour le retour des quatre morts, Barack Obama a menti par omission, car il est impossible qu’il n’ait pas été informé.

Lorsqu’il s’est adressé aux Nations Unies, Barack Obama a, pour le moins, menti par omission à nouveau et présenté une version maquillée des faits, et il était impossible qu’il ne sache rien des faits.

Quand Jay Carney a parlé d’attaque spontanée et quand Susan Rice a parlé comme Jay Carney, l’un et l’autre ont menti, purement et simplement, car ils savaient tout autant que Barack Obama. Ils n’ont pas agi de leur propre initiative. L’un et l’autre dépendent directement des directives de Barack Obama lui-même.

Il y a là tous les ingrédients d’une affaire extrêmement grave qui en dit très long sur la présidence Obama et sur la gestion de la sécurité des Etats-Unis, dont dépend une part cruciale de la sécurité du monde.

Je ne sais si la commission d’enquête de la Chambre des représentants pourra travailler efficacement et ce que seront les aboutissants, le cas échéant, de son action.

Je ne sais si les grands médias américains finiront par parler de cette affaire et si le mur de protection par le silence qu’ils dressent autour d’Obama pourra se trouver brisé.

Je sais seulement que si l’occupant de la Maison Blanche était républicain, ce serait un immense scandale, et on demanderait de tous côtés sa démission ou l’enclenchement d’une procédure d’empêchement telle celle enclenchée contre Richard Nixon en 1973.

Je n’ignore pas que ce n’est pas la première fois qu’Obama se trouve au cours d’une affaire extrêmement grave, mais cette fois, c’est plus grave encore.

Je dois dire que je suis inquiet en voyant tout à la fois le degré d’irresponsabilité et de cynisme qui règne dans l’administration Obama, et le fait que cette irresponsabilité et ce cynisme sont partagés par les grands médias américains et, au delà, par toute la presse internationale.

Au temps de la présidence Bush, la moindre peccadille, parfois d’ailleurs inexistante, était reprochée au Président. Aujourd’hui que le Président s’appelle Barack Obama et est à la gauche de la gauche du parti démocrate, et des énormités abyssales sont tues ou excusées en raison de présupposés idéologiques.

Ce qui se passe ne concerne pas que Barack Obama, je l’ai dit : cela concerne la sécurité des Etats-Unis et la sécurité du monde.

Ben Laden est mort, mais Al Qaida est vivant, le régime iranien se rapproche de l’arme atomique, l’Egypte est aux mains d’islamistes, tout comme l’essentiel de la Libye. L’Afghanistan repasse aux mains des talibans. Des bases terroristes islamiques existent en Libye, en Egypte, au Yemen, en Somalie, dans le Sud algérien, dans la république islamique de l’Azawad au Nord du Mali, en Syrie, en Irak, dans les zones tribales afghano-pakistanaises.

Suis-je le seul à penser qu’il faudrait un Président des Etats-Unis à la Maison Blanche, de toute urgence ?

Le débat Obama-Romney, mercredi soir, portera sur la politique intérieure. En un moment où il s’agit de la sécurité des Etats-Unis et de la sécurité du monde, on peut espérer que les questions de sécurité seront évoquées aussi.

On doit espérer que Mitt Romney se montrera à la hauteur de l’enjeu et qu’une majorité d’Américains se donnera enfin les moyens d’ouvrir les yeux.

L’élection du 6 novembre était déjà d’une importance absolue. Elle est d’une importance plus absolue encore.

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