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Publié par Gilles William Goldnadel le 3 octobre 2012

Et aussi, polémique autour d’une campagne dans le métro new-yorkais comparant les djihadistes à des « sauvages », L’Egypte de Mohammed Morsi et l’Occident…

Les semaines se suivent et commencent à se ressembler. Cela a débuté par un ouragan planétaire à l’encontre de la bande-annonce d’un navet qui n’a jamais poussé, puis il a soufflé jusque dans le Maine contre des caricatures stupides diffusées opportunément par un journal satirique parisien à diffusion médiocre. Voilà à présent que cette tempête finit dans le bénitier de la gauche bien-pensante qui jette l’anathème sur un leader de la droite française, coupable d’avoir écrit ce qu’elle avait fini elle-même par reconnaître à bas bruit.

Autrement dit, voilà à présent trois semaines qu’une polémique virtuelle l’emporte sur la cruelle réalité des massacres en Syrie comme sur celle de l’aggravation de la situation économique.

Au-delà du constat sur la folie médiatique de l’époque, se profile l’enjeu de cet emballement : ni plus ni moins que le droit de parler, d’écrire et même de dessiner.

Il est en effet clair, en creux, que ce qui se joue est le droit pour les occidentaux de nommer les choses, quand bien même elles seraient déplaisantes pour ceux qui ne le sont pas.

Ainsi, et pour l’exemple, polémique dans Le Monde et sur TF1 à propos d’une campagne dans le métro new-yorkais qualifiant crument les djihadistes de « sauvages ». Les djihadistes ce sont bien ces gens qui ont scié en deux Daniel Pearl et quelques autres ? Pas très gentil pour les sauvages, penserait sans doute un Lévi-Strauss. Mais cette campagne, et c’est bien possible, est susceptible d’être dangereuse pour la sécurité du métropolitain. Raison pourquoi, un juge new-yorkais a été conduit, après arbitrage, à autoriser l’affiche problématique. Allez comprendre pourquoi, Guillaume Debré, sur TF1, a cru devoir interroger un musulman américain qui a dit tout le mal qu’il pensait de l’affiche incriminée. Et moi qui pensais qu’il fallait tout faire pour ne pas amalgamer musulmans paisibles et islamistes radicaux.

C’est évidemment plus facile et moins risqué de traiter Sarkozy et ses amis de nazis.

Retour sur le livre de Jean-François Copé, évoquant l’existence d’un racisme anti-blanc.

Ce qui fait sens, ce n’est certainement pas ce qu’a écrit le député-maire de Meaux sur trois lignes, mais plutôt la levée de boucliers et le tir à boulets (rouges) qui s’en sont suivis.

Ce qui frappe, tout d’abord, bien qu’on devrait y être habitué, c’est la consternante indigence de la critique du constat émis. Le degré zéro de la pensée politique. Discussion.

– La dénonciation d’un racisme anti-blanc ayant été pendant longtemps l’apanage de la droite extrême, il serait immoral de l’évoquer.

Est-il permis de suggérer que ce ne serait pas la première fois que l’extrême droite profèrerait des vérités indicibles sur le moment ?

Ainsi, et pour l’anecdote tragique, pendant 40 ans seule celle-ci, par un anticommunisme viscéral, a osé dire que c’était les soviétiques -et non les nazis- qui avaient massacré des milliers d’officiers et intellectuels polonais à Katyn. Il aura fallu que le gouvernement russe finisse par le reconnaître, après la perestroïka, pour que l’ensemble de la classe politique, mais aussi médiatique et culturelle le signale comme une sorte d’évidence qu’elle n’aurait jamais niée.

Il est vrai que ceux qui, auparavant, se sont aventurés à ériger en doute la thèse officielle ont été taxés de fascistes ou d’apparentés.

Plus près de nous, la même extrême droite a inauguré, à sa si élégante manière, la critique contre l’immigration massive. Pendant très longtemps, le simple fait de ne pas partager la conception extatique des gauches sur le phénomène migratoire (« Une chance pour la France ! ») valait immédiatement renvoi au purgatoire.

Lors de la dernière campagne, on a pourtant vu un François Hollande reconnaître qu’il y avait trop d’immigrés irréguliers sans être voué à la géhenne.

Enfin depuis des lustres, le Front National, pour ne pas le nommer, vitupère les pays islamiques au sujet du sort de la chrétienté d’Orient. Au moment où, sous les coups de boutoir de la tragique réalité des coptes tourmentés en Egypte, des églises incendiées avec leurs fidèles au Nigéria ou des procès pour blasphème au Pakistan, la lourde chape de plomb de l’occultation a fondu, est-ce une raison pour ne pas s’indigner, pour reprendre une expression monopolisée ?

 Les propos de Jean-François Copé instrumentaliseraient cyniquement le phénomène à des fins bassement politiques.

Encore que je ne puisse ni ne veuille sonder l’âme et les reins de l’intéressé, je ne suis pas assez naïf pour imaginer que ses propos seraient exempts d’arrière-pensées, ce qui est au demeurant consubstantiel à la démarche d’un politicien, c’est-à-dire de quelqu’un qui a décidé de faire de la politique, une profession requérant l’adhésion du plus grand nombre. Mais les arrière-pensées peuvent parfaitement coïncider avec les pensées énoncées. Il est, en toute hypothèse, tragi-comique de voir les politiciens de gauche hurler au charron, lorsque l’on sait que les gauches auront axé l’essentiel de leur stratégie, avec succès, sur l’instrumentalisation d’un racisme anti-immigrés et sur la montée du Front national qu’elles ont favorisée, au moyen notamment de leurs courroies de transmission prétendument antiracistes. Vous avez dit cynique ?

J’observe, au demeurant, que la théorisation d’un peuple « franchouillard »naturellement xénophobe, théorisation consubstantiellement raciste, est issue de l’extrême gauche anti-occidentaliste et a très largement contaminé la gauche socialiste depuis les années 70 -ce qui explique largement sa réaction actuelle- sans que, cette fois, nul ne déplore cette radicalisation là.

Enfin, même si, après l’avoir nié, la gauche est contrainte aujourd’hui, du bout des lèvres, de reconnaître le phénomène, quitte à maudire ceux qui le dénoncent, encore convient-il pour elle, évidemment de le minimiser, le relativiser, l’euphémiser : comme l’a dit notre Premier ministre : « cela existe peut-être…».

On a bien vu cela lors de « l’intifada des banlieues » et les attentats antijuifs qui sont au moins autant un avatar du racisme anti-occidental que de l’antisémitisme. Le juif, et c’est son drame contemporain, étant aujourd’hui vécu comme un super- blanc, et non plus comme le levantin détesté hier par l’extrême droite en majesté.

J’ai lu ici ou là, que les blancs, eux, n’étaient pas discriminés à l’embauche, ni au logement. Mais outre que cette hiérarchisation a un petit goût saumâtre, est-ce tellement pire que d’être insulté ou agressé ? J’ai lu également, sous la plume d’un sociologue niçois, interrogé par Le Monde et décrivant le phénomène étudié, qu’il s’agirait « d’expérience limitée, et qu’il n’était pas impossible qu’il y ait une part d’imaginaire ». Je ne suis pas révolté par cette hypothèse, encore que 56% de Français valident le constat de Copé. Mais qu’on ne se cabre pas en retour, si je suggère que dans leur très grande majorité, ces Français qui plébiscitent Zidane, Noah, Debouzze, et qui font à leurs immigrés de telles conditions que l’on se bouscule pour entrer dans leur pays, ne sont pas plus racistes que les entrants récents et que le racisme que ces derniers rencontrent n’est le fait que d’une minorité. Somme toute « des expériences limitées, dont il n’est pas impossible de penser qu’il y ait une part imaginaire ».

J’ai lu, j’ai entendu encore, que si racisme anti-blanc il y avait, il ne pouvait s’agir que d’un retour à l’envoyeur, une réponse du berger agressé à la bergère xénophobe. Puis-je oser contre-proposer que le phénomène raciste relève d’une dialectique fantasmatique plus perverse et complexe et que les populations autochtones peuvent trouver également quelques mauvaises mais nombreuses raisons dans l’attitude d’une minorité de nouveaux arrivants ?

Je conteste donc la notion de « racisme à l’envers », le racisme étant, hélas, peut-être la chose la plus équitablement partagée sur la terre. J’ai montré, je crois, dans ma « réflexion sur la question blanche », sous-titrée « du racisme blanc au racisme anti-blanc » combien dans le temps et l’espace, les populations non occidentales n’avaient pas été, chez elles, en reste dans la haine à l’endroit de l’autre.

Pour actualiser mon propos, deux exemples puisés dans l’actualité la plus récente :

-Aux Etats-Unis, relatait le New York Times de la semaine passée : levée de boucliers d’organisations noires qui protestent contre le fait que le rôle au cinéma de Nina Simone soit campé par une actrice noire à la peau trop pâle. Les mêmes qui ne se pâmaient pas devant le métis Obama.

-Au Pakistan, raconte le correspondant du Monde, durant les manifestations contre le film que vous savez, des islamistes ont poursuivi, pour les lyncher, des occidentaux aux cris de «Gori !,Gori ! », « Des blancs ! Des blancs ! »

Ce genre d’individus sévit aujourd’hui en France, leur ressentiment est alimenté par certains médias étrangers qu’ils peuvent recevoir à loisir, et a été autorisé par un angélisme factice qui a fait la vraie bête. Comme pour le nuage de Tchernobyl, celui-ci voudrait nous faire croire que ce racisme là s’est miraculeusement arrêté aux frontières.

J’ai suggéré dans mon livre que cette nouvelle dilection occidentale pour l’altérité radicale anti-occidentale était à l’origine de la négation de ce racisme là. Qu’on trouvait cette xénophilie, immoralement équivalente à la xénophobie, dans le domaine des relations internationales, dans l’immense complaisance de l’idéologie dominante pour cette radicalité.

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Un parfait exemple nous en est donné cette semaine par l’article de M. Ayad, du Monde, qui présente avec une empathie toute particulière les premiers mois de gestion du président égyptien Mohamed Morsi, dont il loue de manière décomplexée, la modération habile et pragmatique.

Ce qui devient, au demeurant, une habitude pour son journal, ainsi que je le soulignais déjà dans une précédente chronique.

Pour illustrer ses propos, M. Ayad cite un universitaire qui nous explique que la confrérie ne serait pas hostiles à l’Occident : « les frères musulmans ne sont ni les valets de l’Occident, comme le prétendait Nasser, ni leur ennemi implacable, comme voulait le faire croire Moubarak ».

Quoique cela soit assez difficile, oublions le fait que nous parlons d’un mouvement islamiste ouvertement antisémite et ayant été complice des nazis durant le dernier conflit mondial.

Pour éviter toute spéculation intellectuelle, je vous livre ci-après, sans le moindre commentaire, ce qu’on trouve à présent sur le site officiel du nouveau gouvernement égyptien et vous renvoie à la lecture de l’article de M. Ayad. Je vous conseille de le serrer précieusement, car il pourrait hélas rejoindre dans notre mémoire collective celui de son confrère Patrice De Beer, décrivant benoitement l’entrée des Khmers rouges dans Phnom-Penh.

«Sur quelle base une réconciliation durable entre musulmans, juifs et chrétiens peut-elle se fonder ?  Nous devons comprendre que dans les circonstances actuelles, aucune amitié n’est possible. Les juifs et la chrétienté  se sont associés pour nous détruire et détruire tout ce que nous chérissons. Le sionisme, la franc-maçonnerie, l’activité missionnaire et l’orientalisme se sont combinés pour nous annihiler sur le plan spirituel, sur le plan culturel et même sur le plan physique. Ce serait folie pur et simple que de baiser les mains qui nous frappent. (…).

Nous devons établir un état islamique solide dans lequel le monde verra nos préceptes transcrits en action. Enfin nous devons écraser les conspirations du sionisme, de la franc-maçonnerie, de l’orientalisme et des missions étrangères avec la plume mais aussi avec l’épée. Nous ne pouvons offrir la paix et la réconciliation aux gens du Livre sans les avoir humiliés et sans avoir pris l’ascendant sur eux… ».

Puisque je vous ai dit que je ne ferai pas de commentaires, je ne vous demanderai pas si vous imaginez qu’un journaliste du Monde pourrait envisager de décrire avec la même neutralité bienveillante l’action d’un gouvernement populiste européen en exercice, fut-il infiniment plus modéré que le nouveau pouvoir islamiste du Caire ?

M. Ayad ne doit pas croire au racisme anti-blanc.

© Gilles William Goldnadel. L’article original peut être consulté sur le blognadel

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