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Publié par Michel Garroté le 4 octobre 2012

Michel Garroté, réd en chef – En France, le Front National fête ses 40 ans d’existence. Le 27 février 2012 j’écrivais : Sarkozy est un calculateur versatile de centre-droite. D’un côté, il agite le spectre de Guéant, mais de l’autre, il laisse entendre qu’il s’appuiera sur Juppé et Raffarin. Marine Le Pen défend une économie étatiste et dirigiste. Je suis libéral-conservateur. Je me sens proche de La Droite Libre, une composante de l’UMP dont Sarkozy ne semble pas du tout s’inspirer.

Le 23 avril 2012 j’écrivais : Peut-être que Hollande sera élu aussi grâce aux voix des électeurs FN du premier tour. Environ un électeur FN sur quatre voterait Hollande le 6 mai. Selon un sondage Ipsos, fait hier soir, dimanche, à 22h, 60% des électeurs de Marine Le Pen envisagent de voter pour Sarkozy, 18% pour Hollande et 22% ne se prononcent pas. La majorité des sympathisants de Marine Le Pen estiment que le vote FN est incompatible avec un autre. Ils pourraient donc s’abstenir ou voter blanc au second tour.

Le 13 juillet 2012 j’écrivais : en additionnant l’aile droite de l’UMP, les mouvements situés entre l’UMP et le Front National ainsi que la tendance libérale du Front National, il y a de la place pour un parti libéral-conservateur ou néo-conservateur, défenseur de la société libre et laïque de culture judéo-chrétienne.

Aujourd’hui, mercredi 3 octobre 2012, j’ai envie d’ajouter : il n’y a plus de tendance libérale au Front National. Le FN défend de plus en plus une économie étatiste et dirigiste.

Ci-dessous, les lectrices et lecteurs de dreuz.info trouveront les extraits de trois textes parus à l’occasion des 40 ans du FN.

1-

L’Agence France Presse, reprise entre autre sur lepoint.fr, écrit (extraits adaptés ; lien en bas de page) : Né il y a 40 ans, le Front national s’est imposé comme un acteur du jeu politique français, en étant capable d’influencer un pouvoir dont le mouvement d’extrême droite est cependant toujours resté éloigné, faute d’alliance avec d’autres partis. « Le Front national n’a pas atteint ses objectifs puisqu’il n’est pas au pouvoir », reconnait dans un entretien à l’AFP son fondateur Jean-Marie Le Pen, président d’honneur à 84 ans après avoir passé la main à sa fille Marine en 2011. « Mais il a déjà rempli une des conditions fondamentales, c’est la pérennité. Le mérite du FN, c’est d’avoir implanté dans la société politique française une force nationale différente », ajoute-t-il. Au tournant des années 60 et 70, l’extrême droite était à genoux. Minée par ses divisions, elle perd le combat pour l’Algérie française et ne trouve aucun débouché politique.

Le 5 octobre 1972, une poignée de mouvements d’extrême droite décide de créer un nouveau parti, baptisé Front national. Désigné président, Jean-Marie Le Pen s’impose vite comme leader incontesté. Sa formation végètera toutefois dix ans avant de percer aux municipales de 1983. Début d’une ascension qui mènera Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002 contre Jacques Chirac, puis sa fille Marine à obtenir le score record de 17,9% au premier tour de celle de 2012. Depuis 30 ans, le FN « a su mettre à jour des crispations de la société française et influencer l’orientation législative. Il a poussé à une révision compulsive des lois sur l’immigration et la sécurité », estime l’historien et universitaire Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite. « Mais c’est davantage un lobby qu’un parti politique. Il n’a jamais touché au pouvoir », ajoute-t-il. A l’exception des législatives de 1986, qui se sont faites à la proportionnelle, le scrutin majoritaire l’a toujours tenu à l’écart du Parlement, faute d’alliance électorale avec la droite.

« Dans le paysage européen, c’est une position pratiquement unique. Maintenu à distance du pouvoir, le Front national garde un formidable pouvoir d’influence, comme l’a encore montré la campagne de 2012 », abonde Gilles Ivaldi, chercheur au Centre national de la recherche scientifique. Avec un Nicolas Sarkozy parlant d’échec du multiculturalisme ou déplorant le trop d’étrangers en France, Marine Le Pen s’est vue en « centre de gravité » de la campagne présidentielle. A l’heure actuelle, l’état-major de l’UMP, le parti dominant de la droite, se refuse toujours à une alliance avec le FN. « Mais il va devenir de plus en plus compliqué pour l’UMP de justifier auprès de sa base un refus absolu, dès lors qu’on partagerait une bonne partie de son diagnostic sur l’immigration, ou dès lors qu’on renvoie dos-à-dos le FN et le PS », analyse Brice Teinturier, de l’institut de sondages Ipsos.

Selon Alexandre Dézé, chercheur au Centre d’études politiques de l’Europe latine, pour parvenir à une alliance, il faudra cependant « des renoncements beaucoup plus marqués de la part du FN ». Car de la « priorité nationale », qui prévoit un traitement discriminatoire des étrangers, à la sortie de l’euro, le programme frontiste demeure à bien des égards profondément radical. Marine Le Pen reste aujourd’hui dans une sorte de no man’s land politique. Elle conserve une parole assez libre et peut continuer de polariser le système, mais si elle veut véritablement participer au pouvoir, il va falloir qu’elle déradicalise ses positions, souligne Gilles Ivaldi. Or, pour un parti anti-système, ces concessions ne sont pas sans risques : « si elle désextrémise trop, elle perd ses aspérités », résume Brice Teinturier. Dans l’immédiat, le contexte politique et social en France reste très favorable au parti d’extrême droite, avec un chômage et une paupérisation en hausse, des plans sociaux qui se succèdent et un pouvoir d’achat en berne.

2-

L’hebdomadaire français Minute, proche du Front National, publie un entretien avec Jean-Marie Le Pen (extraits adaptés ; lien en bas de page) : Le Front national a fait ce qu’il a pu. Et ce, face à un univers médiatico-politique totalement adverse. A part quelques soutiens occasionnels dans certaines franges de l’opinion catholique ou dans les milieux ouvriers, nous n’avions pas d’alliés. On peut dire que l’Etablissement – universitaire, religieux, syndical, financier, politique – nous a témoigné une hostilité constante et violente. Une persécution qui ne se limitait pas aux chefs du Front national, mais qui descendait dans toutes les couches de la société civile. Combien de militants ont-ils été brimés, humiliés, contraints de vivre leur engagement dans une semi-clandestinité ?

Des candidats FN ont été agressés, leurs maisons dégradées, leurs enfants refusés dans les écoles – soi-disant pour des raisons de sécurité. J’ai connu des succès, des échecs, mais j’ai maintenu. Quand on dirige un mouvement dont les militants n’ont à attendre que des coups, c’est plus difficile que dans un parti qui distribue des prébendes à tour de bras… Si j’ai un peu droit à la reconnaissance, c’est pour avoir assuré la pérennité du Front national et rassemblé une droite nationale éparse et désorganisée. J’ai eu la volonté têtue, bretonne, de maintenir ce courant populaire dans un cadre politique puissant et institutionnel.

3-

Alain Dumait écrit sur Les 4 vérités (extraits adaptés ; lien en bas de page) : Apparemment, l’idée de « l’entente à droite » n’avance pas. À l’UMP, les deux candidats concurrents à la présidence du parti y sont farouchement hostiles (tout en osant certaines rhétoriques droitières). Au Front national, on est toujours sur l’amalgame UMPS. Quant aux médias, ils sont toujours aussi attentifs à la ligne orthodoxe du politiquement correct. Pourtant, comme cette ligne de « l’entente à droite » est largement majoritaire, aussi bien chez les sympathisants du FN que de l’UMP, l’idée fait son chemin, souterrainement. En privé, deux anciens ministres de Nicolas Sarkozy ont été entendus la soutenir (sinon, pas de salut).

Sur France Culture, le 23 septembre, Max Gallo rappelait qu’au début des années 60, François Mitterrand, à peu près seul contre tous, défendait la stratégie finalement gagnante de l’Union de la gauche. Et l’ancien ministre socialiste ajoutait que, selon lui, si la droite voulait revenir au pouvoir, elle ferait bien d’en faire autant. Cette stratégie d’entente à droite est, selon moi, la clé de voûte de toute entreprise de reconquête. La définition des valeurs, puis l’élaboration des programmes, doivent venir après, successivement. Il faut bien voir que c’est exactement le même tabou qui empêche, jusqu’à présent, les responsables de la droite (UMP et souvent aussi FN) d’être simplement lucides, aussi bien sur la stratégie souhaitée par leurs électeurs (entente à droite) que sur les valeurs (diamétralement opposées à celle de la gauche) et les programmes (moins de dépenses et plus d’éthique).

Copyright Michel Garroté

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