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Publié par Michel Garroté le 4 octobre 2012

C’est bon, je me casse, mais attention, je reviendrai…

Michel Garroté, réd en chef – J’ai appelé à voter Sarkozy en 2007 et en 2012. En 2007, par conviction. En 2012, à contrecœur, comme d’ailleurs Jean-Patrick Grumberg et Guy Millière. Maintenant, la gauche est au pouvoir. Je me souviens d’un article dans lequel Guy Millière écrivait que Sarkozy trouverait peut-être encore plus nul que lui pour gagner en 2012. Voilà qui est fait. Les roses président, gouvernent et légifèrent la République. J’avoue qui si Sarkozy m’énervait autant qu’il a énervé les Français, Hollande et sa bande, elles et eux, en revanche, me font rire tous les jours. Je les en remercie. Après cinq ans d’énervements, cinq ans de rires sont les bienvenus. Seulement voilà : Sarkozy veut gagner les présidentielles de 2017. Et depuis quelques temps, il ne cesse de le faire savoir, par l’intermédiaire de ses larbins chefs, de ses laquais et de sa domesticité au sens large. Il veut retrouver son Air Sarko One. Et tout ce qui va avec. Sarkozy, flambeur et imposteur, veut poser à nouveau ses fesses dans le fauteuil présidentiel. L’actuelle tragicomédie électoraliste de l’UMP est à cet égard une extraordinaire bouffonnerie comme seul le microcosme parisien sait en produire.

‘La Droite forte’ (laissez-moi rire…), le mouvement sarkozyste de Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, a ainsi proposé, hier, mardi 2 octobre 2012, de « démocratiser les chaînes du service public » et de « libérer l’information en garantissant l’embauche de journalistes de droite. Les penseurs et journalistes de droite comme Éric Brunet, Éric Zemmour et Élisabeth Lévy sont très peu représentés dans l’audiovisuel français », racontent les responsables de ‘La Droite forte’. Elle est forte celle-là ! Je n’ai pas, mais alors pas du tout souvenir que Sarkozy, entre 2007 et 2012, ait souvent débattu, j’insiste, souvent débattu, avec Éric Brunet, Éric Zemmour, Élisabeth Lévy, Guy Millière, Gilles William Goldnadel, Michel Gurfinkiel, Pierre-André Taguieff, Alexandre Del Valle, Raphaël Draï, Ivan Rioufol, Shmuel Trigano, Bat Ye’ Or, Arnold Lagémi, Richard Abitbol ou Sammy Ghozlan. En revanche, Sarkozy s’est souvent affiché avec les cerveaux atrophiés du chaud bise et autres pipoles débilitants – notamment mais pas seulement – sous l’impulsion de l’ineffable Carla (sans oublier le comique parisien connu sous le sigle BHL Charia Express et sa désopilante pierre tombale).

« Quand vous avez été président pendant cinq ans vous n’allez pas tout d’un coup tourner la page », lâché, aujourd’hui, mercredi 3 octobre, Bruno Le Maire, sans confirmer ni infirmer les informations du « Canard Enchaîné » sur un retour de Nicolas Sarkozy en 2017. Selon l’hebdomadaire, l’ancien président aurait confié à son ex-ministre de l’Agriculture qu’il n’aurait pas d’autre choix « vu l’état désastreux dans lequel la France risque de se trouver » (Note de Michel Garroté : tout le monde sait que Sarkozy pense comme ça ; l’homme est incurable ; et personne n’a besoin de lire un vieux canard un brin déchaîné ou d’un ignare en matière d’hectares pour s’en convaincre). Interrogé sur la véracité de ces propos mercredi sur i>télé, le député de l’Eure a éludé la question, assurant néanmoins ne « pas faire de grandes révélations » en disant que « quand vous avez été président pendant cinq ans vous n’allez pas tout d’un coup tourner la page ». « Vu l’état désastreux dans lequel la France risque de se trouver dans cinq ans, je n’aurai pas le choix en 2017 », aurait assuré Nicolas Sarkozy à son ex-ministre Bruno Le Maire, affirme « Le Canard enchaîné » dans son édition de mercredi. « La question n’est pas de savoir si je vais revenir mais si j’ai le choix, moralement, vis-à-vis de la France de ne pas revenir. Je ne peux pas me défausser moralement vis-à-vis des Français », aurait argumenté Nicolas Sarkozy auprès de M. Le Maire, toujours selon « le Canard ». Également interrogé mercredi sur un éventuel retour de Nicolas Sarkozy en 2017, l’ancien ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux n’a pas démenti: « la politique, c’est assez simple, c’est une alchimie entre le devoir, l’envie et les circonstances », a-t-il résumé sur RTL.

Bientôt sur vos écrans : « le silence provisoire de l’agneau », par Dr House.

On se souvient qu’en juillet dernier, concernant la Syrie, Sarkozy trouvait la position de la France beaucoup trop défensive. « On m’a critiqué sur la Libye mais moi au moins, j’ai agi », avait-il raconté. « Il faut être plus ferme contre le régime de Damas, beaucoup plus ferme », avait-t-il ajouté. En agissant ainsi en juillet, Sarkozy avait, comme d’habitude, outrepassé ses prérogatives, au demeurant inexistantes à ce stade, pour ficher le bazar dans l’épineux dossier syrien. J’avais en juillet rappelé que la guerre libyenne de Sarkozy est l’une des causes du chaos terroriste qui règne actuellement dans certains pays africains géographiquement proches de la Libye. J’avais trouvé pathétique que Sarkozy fasse état d’une conversation téléphonique dans un communiqué envoyé à la presse. Et j’avais trouvé hautement maladroit qu’en sa qualité de citoyen, il se soit immiscé dans le conflit syrien en parlant avec un Kurde. Car le dossier syrien et la question kurde sont deux dossiers explosifs. Le juriste Sarkozy n’a jamais rien pigé à la géopolitique. Il l’a prouvé une fois de plus en juillet. Dois-je rappeler que Sarkozy – au temps de son mandat présidentiel – avait remis le reclus Al-Assad sur la scène internationale, en l’invitant en grandes pompes un certain 14 Juillet à Paris, suite à une onéreuse et inutile Conférence, à Paris également, de la soi-disant ‘Union Pour la Méditerranée’ ? (UPM à ne pas confondre avec UMP…).

Sur lepoint.fr, Mireille Duteil écrivait à ce propos (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : En réclamant une intervention en Syrie, l’ancien président de la République se trompe sur tous les plans. On peut légitimement se demander si, en regrettant que la nouvelle majorité n’intervienne pas en Syrie, Nicolas Sarkozy se soucie prioritairement du sort des Syriens bombardés dans Alep et ailleurs ou s’il veut mettre dans l’embarras son successeur et sortir d’un silence qui commence à lui peser. Sans même polémiquer sur le fait qu’il soit étrange pour un tout récent ex-chef d’État de faire savoir qu’il a appelé au téléphone le responsable de l’opposition d’un pays en guerre, il faut rappeler que la Syrie n’est pas la Libye. Sur aucun plan. Déjà, jamais, compte tenu de l’actuelle opposition russe et chinoise au Conseil de sécurité, l’ONU ne donnera son feu vert à une intervention en Syrie. C’est précisément l’aval de l’ONU qui avait permis de justifier que l’Otan vole au secours de la population de Benghazi. La France, la Grande-Bretagne et les États-Unis s’étant ensuite octroyé le droit d’intervenir jusqu’à la disparition du régime de Muammar Kadhafi. C’est précisément cette extension du feu vert de l’ONU en Libye par les Occidentaux que la Russie leur fait payer aujourd’hui, même si ce n’est pas la seule raison qui explique l’entêtement de Moscou à soutenir Damas.

Deuxième différence : la Libye était un pays d’à peine sept millions d’habitants où une grande majorité de la population appelait de ses vœux un changement de régime ; la Syrie est une mosaïque de communautés et de religions de 22 millions d’habitants, dont une partie non négligeable craint un changement de régime. Ces Syriens ne soutiennent pas tant Bachar el-Assad qu’ils craignent l’arrivée au pouvoir d’une majorité sunnite dirigée par les Frères musulmans. Il ne faut pas oublier que le parti Baas, fondé par Michel Aflak, un chrétien, était socialiste et laïque. Troisième différence entre la Libye et la Syrie : la taille des armées. Il a fallu sept mois pour renverser le régime de Kadhafi qui possédait une armée mal équipée et peu nombreuse. L’armée syrienne bien équipée, entraînée, dispose d’armes chimiques et du soutien actif de la Russie et de l’Iran. Derrière cette bataille pour la chute de Bachar el-Assad, c’est un épisode d’une nouvelle guerre froide « soft » qui se déroule, concluait Mireille Duteil sur lepoint.fr.

A propos de la Libye, la capture et la liquidation de Kadhafi ont, semble-t-il, été accomplis par les services secrets français, selon un article du Corriere della Serra paru début octobre. Le coup de feu mortel à la tête du colonel libyen aurait été tiré par un agent des services secrets français et non par les hommes des Brigades révolutionnaires libyennes. Selon le Corriere, de nouveaux éléments très précis ont été livrés il y a deux jours par Mahmoud Jibril, président du CNT libyen. « Un agent étranger était infiltré avec les brigades révolutionnaires pour tuer le colonel Kadhafi », a déclaré ce dernier dans une interview livrée à la télévision égyptienne Dream TV, basée au Caire. Au sein des cercles diplomatiques occidentaux basés à Tripoli, des informations auraient toujours circulé quant à une implication des services de renseignement français.

Certains proches de Kadhafi menaçaient de livrer des informations sur les relations entre le président français et le chef d’Etat libyen, notamment le versement d’une importante somme d’argent pour financer la campagne électorale de 2007. « De nombreux pays dont la France en tête avaient toutes les raisons d’essayer de faire taire le colonel Kadhafi le plus rapidement possible », estime un agent diplomatique en poste à Tripoli. Ces révélations seraient renforcées par d’autres informations dévoilées au journal Corriere par Rami El Obeidi, ancien responsable des relations avec les agences de renseignement étrangères au nom du Conseil national de transition, l’ancien organe autonome de révolutionnaires libyens. Kadhafi aurait été localisé à Syrte grâce à ses échanges avec le gouvernement syrien via son téléphone satellite Iridium. Avec ces informations, la localisation du dictateur était un jeu d’enfant.

Cette version de la mort de Kadhafi surgit au moment où a été officialisé le décès d’un de ses meurtriers présumés. En effet, Omran Ben Chaaban, un jeune Libyen de 22 ans, est décédé dans un hôpital parisien. Enlevé en Libye par des partisans de Kadhafi et gravement blessé par balles, il avait bénéficié d’un visa humanitaire. Il était apparu à plusieurs reprises, dans des vidéos, brandissant le revolver en or de Kadhafi. Il a donc succombé des suites de ses blessures dans un hôpital parisien. Sarkozy doit être soulagé.

« Je le reçois puis je le flingue. Vive moi ! »

A vrai dire, je n’ai pas imaginé une seule seconde que Sarkozy allait se retirer de la vie politique. Cependant, je ne m’attendais pas à ce qu’il gesticule autant et publiquement. Et je ne m’attendais pas à ce qu’il interfère dans le rôle de l’actuel président français et celui de l’actuel ministre français des Affaires étrangères  sur le dossier syrien. Au vu de ce qui précède, je continue de penser que Sarkozy souffre de perversion narcissique.

Dimanche passé (Jour du Seigneur pour les chrétiens), Valérie Pécresse, ancienne ministre, membre active de l’UMP et catholique présumée, lors d’une interview sur BFM TV, a comparé Sarkozy à Jésus-Christ (Messie et Sauveur ressuscité pour les chrétiens). Valérie Pécresse sur BFM TV : « Il y aura une réhabilitation posthume de Nicolas Sarkozy ». Posthume ? BFMTV réagit à cet avis de décès avec cette question : « Il est mort et enterré, Nicolas Sarkozy ? ».

Valérie Pécresse répond : « C’est le gouvernement auquel j’appartiens qui est mort et enterré ; et j’en porte le deuil tous les jours. Et j’aimerais que les Français en porte le deuil aussi et qu’ils nous regrettent. Il y a un livre qui est le plus vendu au monde, qui s’appelle la Bible, et dans la Bible, il y a la possibilité de la Résurrection. En 2017, nous nous rangerons derrière celui qui sera le plus à même de nous faire gagner ; et si c’est un Phénix qui renaît de ses cendres, pourquoi pas ».

Oiseau de feu, le Phénix a le pouvoir de renaître de ses cendres (il en a de la chance). Ainsi, tous les cinq cents ans (et non pas tous les cinq ans…), il doit régénérer ses forces par le feu. L’origine du mythe de Phénix vient de la cité d’Héliopolis en Egypte. A l’époque, le Phénix était vénéré sous le nom de Benu et associé au dieu solaire Râ. Cinq siècles avant Jésus-Christ, le grec Hérodote reprend, depuis Héliopolis, le mythe de Benu sous le nom de Phénix, qui signifie rouge en grec…

Tout un symbole

Voilà pour la politique politicienne parisienne, synonyme de misère intellectuelle. Maintenant, au plan du travail et du débat des idées, j’aimerais tout de même rappeler que le néoconservatisme économique, le libéralisme économique et l’économie libre de marché sont des concepts généralement absents du débat français. Pire, ces concepts sont assimilés à une monstruosité économique dont il est tout simplement interdit de débattre. La liberté de débat et d’expression «  à la française » se surpasse. Le plus hallucinant, c’est que, à des degrés certes divers, tous les partis politiques français sans exception, pointent hypocritement du doigt les marchés financiers, la bourse et les banques. C’est d’autant plus suspect que la France s’est abondamment servie de tout cela et que, maintenant, elle est – enfin ! – invitée à rembourser. Le FN, l’UMP, le PS, la bande à Mélenchon, les petits et les mini-partis, tous, sans exception, tiennent un discours presque toujours étatiste pour ne pas dire cryptocommuniste. Le comble de l’année 2012 est là : au troisième millénaire, au 21e siècle, on restitue au communisme ses lettres de noblesses.

Dans ce climat liberticide et ignare, Sarkozy, qui donc réapparaît, n’a toujours pas le courage de proposer – de façon claire et immédiate – des actions très concrètes et efficaces contre le déficit et contre la dette. Cette tragicomédie de boulevard atteint des sommets surréalistes. En fait, dire Sarkozy prend les Français pour des débiles amnésiques.

A cet égard, l’inquiétude soulevée par l’état lamentable de l’économie française avait fait la ‘Une’ de The Economist, un hebdo britannique, qui titrait La France dans le déni. L’éditorialiste estimait (extraits ; lien en bas de page) qu’il y a « plus inquiétant encore que la mauvaise foi » des deux principaux candidats, à savoir : « la possibilité qu’ils pensent vraiment ce qu’ils disent ». Ni les réformes économiques de François Hollande ni celles de Nicolas Sarkozy ne sont suffisamment ambitieuses : « Une France léthargique et non réformée pourrait bien se retrouver au centre de la prochaine crise de l’euro. Il n’est pas inhabituel que des responsables politiques ignorent des vérités dérangeantes pendant les campagnes électorales mais il est inhabituel, ses derniers temps en Europe, qu’ils les ignorent aussi totalement que le font les hommes politiques français. Et avec M. Hollande, qui, après tout, est encore le vainqueur le plus probable, cela pourrait avoir des conséquences dramatiques ».

The Economist visait aussi Sarkozy : « Même si c’est Nicolas Sarkozy qui est réélu, les risques ne disparaîtront pas. Il n’ira pas jusqu’à proposer quelque chose d’aussi stupide que de taxer à 75% mais il n’envisage ni les réformes radicales ni la réduction structurelle des dépenses publiques dont la France aurait besoin ». Conclusion : « La France insouciante est sur le point d’être rattrapée par la dure réalité, quel que soit le président ».

Film « Rires idiots à propos du droit à l’existence d’Israël » produit par Pallywood

De son côté, Contrepoints avait publié un entretien avec le député Christian Vanneste (extraits ; lien en bas de page) : « Le terme conservatisme est systématiquement dénigré par les responsables. Écoutez le président de la République par exemple. Chaque fois qu’il emploie le mot conservateur c’est manifestement pour stigmatiser une attitude. Dans les pays anglo-saxons, les partis de droite s’assument comme conservateurs, ce qui correspond à ma position dans tous les domaines, alors que la gauche y désigne des libéraux. En France, même le mot libéral est quasiment une injure, parce qu’il y a une confusion entre le libéralisme politique et le libéralisme économique, bien-sûr toujours suspecté d’hyper-libéralisme, une espèce de capitalisme sauvage. Ce qui est consternant dans la mesure où parmi les plus grands penseurs libéraux, il y a un certain nombre d’auteurs français importants, ne serait-ce que Montesquieu, Benjamin Constant qui est complètement ignoré, Bastiat et l’immense Tocqueville, un des penseurs les plus lucides sur l’évolution de la démocratie. Leur occultation en France est tout à fait scandaleuse. Il faut rappeler que la philosophie libérale appartient à notre histoire ».

Contrepoints – Comment expliquer cette inertie ?

Christian Vanneste – « Cela peut se résumer ainsi : l’apparente résistance de la France à la crise repose sur une politique de consommation essentiellement fondée sur les prestations sociales et donc sur le transfert des revenus, alimenté par une dépense publique monstrueuse qui fait de la France un pays socialiste, que ce soit la droite ou la gauche qui gouverne. Quand vous avez 56% du PIB en dépense publique, vous êtes évidemment dans une structure socialiste. Cette dépense permet entre autres d’entretenir un secteur protégé confortable, avec des assistés dotés de revenus même quand le pays se porte mal, et avec de nombreux fonctionnaires qui ne ressentent pas les effets de la crise. Ce système est alimenté par le déficit, donc par la dette. Malheureusement M. Sarkozy est quelqu’un qui parle beaucoup, qui s’agite beaucoup, mais qui n’a pas eu le courage de faire les réformes à la hauteur de nos problèmes, même s’il en a réalisé davantage que ses prédécesseurs ».

Contrepoints – Situez-vous la place du libéralisme à droite ou à gauche ?

Christian Vanneste – « Dans le paysage idéologique, il existerait un espace possible à droite, à condition d’avoir un libéralisme économique combiné avec un conservatisme social, ou bien avec un souci général des libertés individuelles primant sur l’égalitarisme. En revanche, il n’en existe pas pour le libertarisme, c’est-à-dire une pseudo émancipation des mœurs qui serait, de mon point de vue, une forme de suicide social ».

Contrepoints – Y a-t-il une droitisation de la campagne de M. Sarkozy ?

Christian Vanneste – « Le drame du président Sarkozy est qu’il n’a pas de ligne directrice. Il n’est pas un stratège mais un tacticien de la politique. Il prend des idées dans l’air du temps, qui peuvent être de droite dans la mesure où elles lui paraissent bonnes pour communiquer, mais dont l’éventuelle mise en place est suivie de mesures contradictoires en fonction des circonstances. Ce fut le cas par exemple avec la suppression de la ‘double peine’, suivie de textes répressifs contre l’immigration. Les contre-mesures en appellent d’autres et ainsi de suite. Cette attitude empirique, dénuée de règle éthique et de cohérence, s’est particulièrement vue lors de l’ouverture à gauche, catastrophique puisqu’elle a montré que la droite a peur de défendre ses idées et s’inspire de la gauche avec vingt ans de retard. Au fond elle se cantonne dans une attitude purement pragmatique, fait diversion sur le sécuritaire et se contente de proposer un moindre mal économique, apparemment opposé à la gauche, alors que dans les pays anglo-saxons, elle a su imposer ses valeurs ».

Contrepoints – Pourquoi n’y a-t-il pas une rébellion des députés ?

Christian Vanneste – « Parce que le système actuel privilégie les députés godillots et le clientélisme » (fin des extraits de l’entretien avec Vanneste paru dans Contrepoints).

En somme, l’on pourrait conclure en écrivant que la France est la République du déni et du clientélisme au service des godillots.

Copyright Michel Garroté

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Avec mention www.dreuz.info

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/mireille-duteil/libye-syrie-la-lourde-erreur-de-nicolas-sarkozy-09-08-2012-1494565_239.php

http://www.economist.com/node/21551478

http://www.contrepoints.org/2012/03/28/74902-christian-vanneste-le-systeme-actuel-privilegie-les-deputes-godillots-et-le-clientelisme

En attendant le retour du Messie en 2017

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