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Publié par Michel Garroté le 8 octobre 2012

Le Saint-Père : « Monsieur Sarkozy, c’est mal de prendre les chrétiens pour des crétins ! »

L’autre : « Mais Saint-Père, je prends, toujours, tous les gens, pour des crétins ! »

Michel Garroté, réd en chef – Je lis avec amusement (extraits adaptés ; voir en bas de page le lien vers la source) cette tribune libre de Grégory Morin-Martin, de l’Institut d’études politiques de Paris : Il nous avait pourtant prévenu. En cas de défaite, il “retirerait l’aiguille”, progressivement. Il arrêterait “complètement”, on ne le “verrait plus”, “ce sera la dolce vita”. Et pas question de se mêler des querelles de chiffonniers d’une UMP divisée et sans leader naturel : “Je préfère encore le Carmel. Au Carmel au moins, il y a de l’espérance” (Note de Michel Garroté – Sarkozy avait déjà fait le coup de la retraite au monastère en cas de victoire en 2007 ; et, en guise de monastère, il est allé, en mai 2007, prier avec sœur Cécilia chez Foufouquéquette, puis, méditer sur le yacht monastique de Frère Bolloré ; peu après, il a divorcé et s’est remarié, cette fois avec vénérable sœur Carla de Notre-Drame du Camel ; faudrait arrêter de prendre les chrétiens pour des crétins avec toutes ces sarkonullitudes ; parce que vous, je ne sais pas ; mais moi qui suis chrétien justement, ça me rend agressif que le même bonhomme me prenne pour un crétin, plusieurs fois de suite, avec toujours les mêmes salades pseudo-spirituelles…).

Grégory Morin-Martin ajoute : Jusqu’à ce que, au détour d’une conversation avec Bruno Le Maire, il annonce ce que tous pressentaient : “Vu l’état désastreux dans lequel la France risque de se trouver dans cinq ans, je n’aurai pas le choix en 2017”. Il serait hasardeux de faire du sarkozysme une idéologie à part entière. Il est avant tout un pragmatisme : le bilan économique du quinquennat est par exemple teinté de mesures à la fois libérales (auto-entreprenariat, loi LRU) et étatistes (défense de la taxe Tobin, RSA). Quant à ses défauts, nul besoin d’être adhérent au Parti socialiste pour reconnaître qu’ils furent prégnants lors du début de mandat de l’ancien chef de l’État : mise en avant de la vie privée ou goût exacerbé pour la communication politique, le président assagi de 2012 a payé les erreurs du Sarkozy sulfureux de 2007.

D’autres montent au créneau dans le cadre de ce tragicomique retour sarkoïde post-carmélite.

Ainsi, Charles Beigbeder, entrepreneur, Secrétaire National de l’UMP chargé de la Pédagogie de la Réforme, interrogé par l’excellent site Contrepoints (extraits adaptés ; voir en bas de page le lien vers les sources), déclare, en substance, que le quinquennat de Nicolas Sarkozy n’a pas agi assez vite, qu’il a raté des occasions, qu’à force de dire ‘après’, on rate des occasions, puis la crise arrive, on ne peut plus rien faire et on perd cinq ans, et, ajoute Charles Beigbeder, tout ça, c’est frustrant.

Voilà pour la politique politicienne parisienne, synonyme de misère intellectuelle (exceptés Charles Beigbeder, l’équipe de Contrepoints et quelques autres, qui, par leurs salutaires interventions, sauvent le peu d’honneur et de bon sens qui demeurent encore en France). Maintenant, pour ce qui me concerne, au plan du travail et du débat des idées, j’aimerais tout de même rappeler que le néoconservatisme économique, le libéralisme économique et l’économie libre de marché sont des concepts généralement absents du débat français. Pire, ces concepts sont assimilés à une monstruosité économique dont il est tout simplement interdit de débattre. La liberté de débat et d’expression «  à la française » se surpasse. Le plus hallucinant, c’est que, à des degrés certes divers, tous les partis politiques français sans exception, pointent hypocritement du doigt les marchés financiers, la bourse et les banques.

C’est d’autant plus suspect que la France s’est abondamment servie de tout cela et que, maintenant, elle est – enfin ! – invitée à rembourser. Le FN, l’UMP, le PS, la bande à Mélenchon, les petits et les mini-partis, tous, sans exception, tiennent un discours presque toujours étatiste pour ne pas dire cryptocommuniste. Le comble de l’année 2012 est là : au troisième millénaire, au 21e siècle, on restitue au communisme ses lettres de noblesses.

Dans ce climat liberticide et ignare, Sarkozy, qui donc réapparaît, n’a toujours pas le courage de proposer – de façon claire et immédiate – des actions très concrètes et efficaces contre le déficit et contre la dette. Cette tragicomédie de boulevard atteint des sommets surréalistes. En fait, dire Sarkozy prend les Français pour des débiles amnésiques. En somme, l’on pourrait conclure en écrivant, comme Christian Vanneste, que la France est la République du déni et du clientélisme au service des godillots (voir en bas de page le lien vers mon dernier article sur ce sujet).

Copyright Michel Garroté

Reproduction autorisée

Avec mention www.dreuz.info

Et le cas échéant les sources citées

http://www.ndf.fr/poing-de-vue/08-10-2012/sarkozysme-que-faut-il-en-garder

http://www.contrepoints.org/2012/10/08/99087-exclusif-charles-begbeder

http://www.pactepourlafrance.fr/

http://www.contrepoints.org/2012/03/28/74902-christian-vanneste-le-systeme-actuel-privilegie-les-deputes-godillots-et-le-clientelisme

http://www.dreuz.info/2012/10/sarkozy-candidat-2017-par-devoir/

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