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Publié par Abbé Alain Arbez le 13 octobre 2012

Notre société sécularisée manifeste une fâcheuse tendance à occulter les sources spirituelles de la civilisation occidentale.

Pourtant, il serait bon de rappeler que tous les aspects du chant et de la musique sont déjà présents dans la Bible et furent au départ indissociables du culte rendu au Dieu créateur et sauveur!

Le chant et son accompagnement instrumental ont joué un très grand rôle dans la vie du peuple d’Israël. Pensons aux psaumes, attribués à David, et à toute la richesse d’expression de foi qu’ils traduisent, cri de détresse ou élan de reconnaissance envers Dieu.

Les anciens manuscrits hébraïques nous permettent même de reconstituer les mélodies de l’époque de David et de Salomon.

Jésus, élevé dans une foi fervente, a chanté avec sa famille et sa communauté la louange du Dieu d’Israël à travers les psaumes, tant au Temple de Jérusalem, qu’à la synagogue. La Pâque en particulier était célébrée par des chants exprimant la reconnaissance du peuple libéré des esclavages et heureux de pouvoir vivre la Torah comme un chemin prometteur (Simhat Torah). Même pendant et après le dernier repas pascal de la cène pris avec ses disciples, Jésus a chanté avec eux les psaumes avant de partir pour le mont des Oliviers. (Mc 14.26) et assumer sa passion.

Il est clair que le chant des premiers chrétiens s’exprime dans la continuité de leur tradition synagogale. L’apôtre Paul, d’éducation observante pharisienne, va même jusqu’à chanter en prison dans la ville grecque de Philippes. Dans ses épîtres, il demande à ses amis de donner libre cours à des cantiques et des hymnes. (Ep 5.17)

De cette tradition musicale hébraïque reprise par les premiers disciples du Messie, a surgi le chant monodique qui se développera au Moyen-Age, ainsi que le répertoire grégorien, dont la parenté avec les piyoutim (poésies religieuses juives cantilées) est étonnante. Les psalmodies ornées, interprétées par les chantres de la synagogue et confirmées dans l’assemblée par des répons (amen ou alleluia), ont constitué la base de ce qui s’appellera dans la liturgie occidentale antiennes, graduel, trait, selon des modes monodiques ou polyphoniques plus ou moins élaborés, en fonction des rituels et des périodes.

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Lors d’une audience, le Pape Jean-Paul II avait offert à ses invités du mercredi une méditation sur le psaume 150. Il citait pour cela les manuscrits juifs reproduisant ce psaume avec une illustration de la menorah, le célèbre chandelier à sept branches placé dans le saint des saints au Temple de Jérusalem. Le pape y discernait, selon ses propos, un « véritable AMEN dans la prière de toujours de nos frères aînés », et c’est justement cette foi au Dieu d’Abraham, de Moïse et des prophètes d’Israël qui irrigue la prière chantée dans les assemblées des disciples du Christ.

Un chant qui s’élève vers Dieu de nos cœurs brûlants, disait Jean Paul II, comme la menorah du Beth Hamikdash, dans une action de grâce permanente. Il ajoutait que le dernier mot qui résonne dans le psautier, à la fois livre de prière d’Israël mais aussi celui de l’Eglise, est: hallelu! Louez !

Toute une vie peut ainsi devenir chant de louange, en s’associant, par des actions justes, à toute la création dont le souffle de vie et ses vibrations rendent grâce à Dieu par leurs rythmes mystérieux. A chacun d’inventer la musique de son hymne à la Vie…

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez pour www.Dreuz.info

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