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Publié par Guy Millière le 14 octobre 2012

J’ai regardé une deuxième fois le débat Ryan-Biden. La modératrice m’est apparue plus encore comme outrepassant son rôle. Questions biaisées posées à Ryan. Interruptions péremptoires de Ryan au moment où il commençait à exposer les détails d’une proposition. Aucun rappel à l’ordre adressé à Joe Biden, même au cours de ses pires débordements.

Accepter qu’un débat soit « modéré » par une militante démocrate, épouse du directeur de la Commission Fédérale de la Communisation nommé par Obama (car Martha Raddatz est une militante démocrate, et a pour mari Julius Genachowski, directeur de la FCC), est une erreur majeure que les Républicains ne devraient pas avoir commise. Craignent-ils d’être considérés plus négativement encore par les journalistes des grands médias ? Peut-être.

Paul Ryan, comme je l’ai écrit, connaissait ses dossiers et il est apparu digne, scrupuleux.

Il ne s’est pas fait déstabiliser par l’histrion qui était à côté de lui, ce qui est très bien. Mais il n’a jamais réfuté les affirmations ineptes de Biden, alors que celles-ci étaient innombrables. Peut-être ne l’a-t-il pas fait pour éviter quoi que ce soit qui puisse ressembler à un pugilat. Il n’empêche : le dossier Benghazi est accablant pour l’administration Obama, et il y avait là la possibilité de clouer Biden sur place.

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Joe Biden, en soi, s’est montré tel qu’il est, lorsqu’il ne commet pas des bourdes énormes : hâbleur, démagogue, outrancier. On peut même dire qu’il s’est surpassé en accentuant les traits les plus sombres de son caractère et de son comportement.

On peut aller jusqu’à dire qu’il a adopté un comportement inqualifiable et dégradant pour la fonction qu’il occupe. Non seulement il a été irrespectueux vis-à-vis de Paul Ryan et n’a cessé de montrer qu’il le prenait pour un crétin méprisable, mais il l’a fait d’une manière grandiloquente qui, à certains moments, l’a fait ressembler au personnages du Joker incarné par Jack Nicholson dans le Batman de Tim Burton.

Ce comportement, comme l’ensemble du débat, a plu à la base démocrate, montrent les sondages qui, par ailleurs, donnent dans l’ensemble Ryan légèrement gagnant.

Ce quoi compte dès lors n’est pas l’effet que le débat aura sur l’électorat, mais le comportement lui-même.

Joe Biden n’a eu aucun mal à se transformer en Joker tout seul, mais je pense qu’il y a été incité. Et je pense que la campagne électorale américaine est entrée dans une nouvelle phase.

Il s’agit plus que jamais de la part du camp Obama de mener une campagne de démolition de l’adversaire, qui repose non pas sur la réfutation des arguments de celui-ci, mais sur la tentative de le traîner personnellement dans la fange ou de le montrer comme un être méprisable et haïssable.

Il s’agit de faire semblant de jouer encore selon les règles du jeu démocratique, tout en en sortant et en s’en éloignant pour glisser vers un fonctionnement de type totalitaire où l’appel à l’instinct remplace la logique et la rationalité et où l’instinct auquel on fait appel est une forme d’instinct de mort. Il s’agit d’inciter à la curée.

Le mot le plus souvent employé pour désigner Ryan et Romney depuis une semaine, tant par Obama et Biden que par leurs agents est « menteur ».

Dès lors que le programme et les propositions de Ryan et Romney sont désignées comme un ensemble de mensonges, il n’est plus besoin de les réfuter. On peut les jeter avec une moue de dédain ou un ricanement. Et si Ryan et Romney répondent que ce sont les gens du camp Obama qui mentent, une forme de tournoiement peut résulter dont la victime est globalement la vérité.

Dès lors que celui à qui on a fait face n’est plus un adversaire politique, mais un menteur, il n’est plus nécessaire de présenter son propre programme ou d’évoquer son propre bilan : ceux à qui on s’adresse ne peuvent décemment pas confier le pays à des gens décrits comme vils et abjects.

Comme l’ont écrit Daniel Henninger dans le Wall Street Journal (« Obama and the L-Word », online.wsj.com) et Caroline Glick sur son blog (« Biden, Obama and the politics of personal destruction » carolineglick.com), cette façon de faire a été employée dans les années 1930 par Mussolini, Hitler, Goebbels. Elle ‘est aujourd’hui par des hommes tels qu’Hugo Chavez.

La campagne électorale américaine a été sale et sordide jusqu’à présent, en raison des choix de campagne adoptés par le camp Obama. Elle va sans doute devenir bien plus sale et bien plus sordide encore au cours des trois semaines qui restent.

Que la gauche américaine ait trouvé que Joe Biden a été un bon contradicteur dans le débat de jeudi dernier est inquiétant et montre que c’est une gauche qui dérive réellement vers l’extrémisme. Que nombre de journalistes des grands médias américains aient considéré le comportement de Joe Biden et celui de Martha Raddatz acceptables montre que les grands médias américains ne sont plus vraiment des organes d’infirmation. Que les grands médias français n’aient pas fait mieux n’est, hélas, pas surprenant, et je le dis : j’aimerais qu’ils me surprennent.

Qu’en ce contexte la gauche américaine et les grands médias américains ou français osent qualifier Ryan et Romney d’extrémistes ou de gens qui changent de position de manière opportuniste montre que ces gens vivent dans leur monde idéologique et perdent contact avec la réalité. Et, dois-je le dire, les gens qui vivent dans leur monde idéologique et perdent contact avec la réalité sont dangereux. C’est avec des gens de ce genre qu’on définissait le bilan de l’Union Soviétique comme globalement positif sous Brejnev, qu’on rejoignait les chemises brunes sous Hitler ou qu’on rejoint les chemises vertes anti-israéliennes aujourd’hui.

C’est avec des gens de ce genre qu’on fait des mouvements tels qu’Occupy Wall Street.

Obama a dit récemment que dans le premier débat qui l’a opposé à Mitt Romney, il a été trop « poli » : il fallait oser, mais ce type ose tout. Obama n’a pas été poli : il a débuté des fragments de discours de propagande appris par cœur et a ignoré totalement ce que lui disait un homme qu’il a reconnu mépriser et détester. Il a semblé dominé et anéanti : la réalité est qu’il entendait faire comme si Romney était un non être. Mardi prochain, Obama va se comporter autrement s’il en a l’opportunité. Pas comme Joe Biden, mais d’une manière qui s’en approchera sans doute.

Romney doit se préparer à être traité de menteur et à recevoir au visage des bordées d’insultes dissimulées sous des falsifications, des accusations infondées, des procès d’intention perfides, des propos viciés destinés à le présenter sous le jour où il a été dépeint dans les pires clips de propagande du camp Obama. Comment ? Disons : un homme en guerre contre les femmes, un fanatique religieux, un fraudeur, un assassin, l’un des responsables du krach de Wall Street, un homme qui veut faire mourir les pauvres et les personnes du troisième âge.

Le camp Obama pensait la victoire à portée de main. Elle est en train de perdre pied et de sombrer, et si l’élection avait lieu aujourd’hui, Obama serait sans doute battu. C’est un retournement de situation que le camp Obama ne peut admettre.

Le camp Obama ne sombrera pas sans essayer tous les mauvais coups imaginables. Ils feront feu de tout bois.

Cela ne signifie pas qu’ils ne feront pas d’erreurs. Les clips de campagne de cette semaine utilisant le gros oiseau de Sesame Street étaient ridicules. Le sourire de Joker, les roulements d’yeux exorbités et les gesticulations de maffioso excédé de Joe Biden étaient effarants. Les propos de matamore façon Duce tenus par Obama étaient navrants. Mais ces gens partent du principe qu’il leur suffit de rameuter quelques milliers de gens qu’ils auront traités comme des imbéciles et qu’ils pourront ainsi gagner.

Le camp Obama peut aussi se trouver confronté aux suite de l’affaire de Benghazi. J’ai parlé ici de Benghazigate, et j’ai dit que c’était plus grave que le Watergate. Les auditions de la Commission d’enquête au Congrès ont commencé. J’y reviendrai très vite.

Reproduction autorisée, avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

PS. J’écris beaucoup sur l’élection américaine, je sais : c’est tout simplement, en ce moment, l’événement le plus important du monde, et c’est infiniment plus que l’avenir des Etats-Unis qui se joue. Je l’ai déjà dit. Je pense utile de le redire.

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