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Publié par Guy Millière le 17 octobre 2012

Quelques mots sur le débat d’hier soir. Comme prévu, Candy Crowley, la modératrice ne s’est pas comportée en modératrice et n’a pas fait preuve de la moindre neutralité : c’est une militante démocrate, et elle s’est comportée en militante démocrate. Dès lors que la plupart des journalistes américains et français sont dans le camp démocrate, ils diront qu’elle a fait remarquablement son travail, ce qui ne changera rien à la réalité. Combien de temps le parti républicain tolèrera-t-il encore des modérateurs ou modératrices aussi partiaux ?

Comme prévu aussi, les deux tiers des questions du public ne venaient pas d’électeurs indécis, mais de démocrates plus ou moins déçus par Obama, ou de gens qui penchent assez nettement du côté d’Obama. Ce qui a débouché sur plusieurs questions très biaisées et relativement inutiles qui ont permis à Barack Obama de dérouler son programme comme s’il avait un téléprompteur devant lui. Obama n’avait pas de téléprompteur, mais des réponses apprises par cœur et répétées à l’avance.

Comme prévu encore, Barack Obama a été bien plus présent que lors du premier débat (aurait-il pu l’être moins sans devenir un ectoplasme ?). Il s’est montré très agressif, mesquin, menteur. Il a même menti, comme on dit, avec l’aplomb d’un arracheur de dents du dix-neuvième siècle ou d’un vendeur de potion miracle sur les foires. Il a ainsi osé déclarer que si le prix de l’essence était bas il y a quatre ans, c’est parce que les Etats-Unis étaient en dépression et qu’il avait autorisé la production supplémentaire de pétrole et de gaz sur les terres publiques, tout en permettant un accroissement de la production de charbon, et je m’en tiens à une seule de ses réponses : tout ce qu’il a dit là était faux, puisque le prix de l’essence a été bas pendant toutes les années Bush, pendant lesquelles il y a eu de la croissance jusqu’à aout 2008, puisqu’il a interdit toute production supplémentaire de pétrole et de gaz sur les terres publiques, et puisqu’il a fait fermer nombre de mines de charbon.

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Mitt Romney a été précis, factuel, a énoncé ce qui devait l’être concernant le bilan des quatre années d’Obama. Une question lui a permis de se démarquer des politiques économiques menées sous George Walker Bush. Il , dans l’ensemble, bien riposté aux attaques incessantes d’Obama.

Mitt Romney aurait pu clouer Obama sur place lorsque la seule question de politique étrangère a été posée, sur Benghazi. Il a dit là encore ce qui devait l’être, mais il n’a pas totalement mis Obama face à ses mensonges. Il ne l’a pas fait essentiellement parce que la modératrice (qui porte mal son nom de modératrice) a sauvé Barack Obama de la noyade. Barack Obama venait de dire qu’il avait déclaré dès le 12 septembre que l’attaque contre le consulat de Benghazi était une attaque terroriste. Mitt Romney venait de le prendre en flagrant délit de mensonge. Candy Crowley a déclaré alors qu’elle avait la transcription des propos d’Obama le 12 septembre et qu’Obama disait la vérité. Obama, qui ne savait quoi répondre à Romney, a pu alors respirer et se dire indigné par les accusations de Romney, qui aurait pu répliquer plus fortement et ne l’a pas fait. Il y aura lundi prochain un débat de politique étrangère et Obama ne pourra, j’espère, pas s’en tirer si aisément.

Que conclure ? Les journalistes américains et français diront qu’Obama l’a emporté.

La réalité, et c’est, je pense, ce que montreront les sondages, que ce sera un match nul, avec un léger avantage pour Romney, parce qu’il a été précis et factuel. Ceux que les discours vides d’arracheur de dents que peut tenir Obama séduisent seront séduits. Obama a même parlé du gros oiseau de Sesame Street, que demander de plus quand on est fan d’Obama ? Peut-être Obama aura-t-il arrêté son glissement vers le naufrage. Mais je ne pense pas que ce sera suffisant pour arrêter le naufrage et pour empêcher la vague Romney de continuer à monter.

Le fait qu’Obama ait dû être sauvé par Candy Crowley n’est, en supplément, pas très glorieux. Obama a beaucoup de mal à s’en sortir tout seul. Pour expliquer son bilan calamiteux lorsqu’il l’a fait, il s’est caché derrière George W. Bush. Pour expliquer son débat raté du 3 octobre, il s’est caché derrière John Kerry, désigné comme responsable de la contre performance. Pour le scandale de Benghazi, il a tenté de se cacher derrière Hillary Clinton, qui a accepté de prendre la responsabilité de ce qui s’est passé jusqu’à ce que ce soir, Obama dise qu’il assumait, lui, la responsabilité de tout. Ce soir, Obama s’est caché derrière Candy Crowley, et je pense qu’il la remerciera chaleureusement.

Reproduction autorisée, avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

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