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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 20 octobre 2012
Walid Phares devant le Congrès US

Walid Phares est un universitaire américain, né à Beyrouth et citoyen américain. Il a enseigné la stratégie géopolitique à la National Defense University de Washington DC. Il est conseiller auprès la Chambre des représentants américaine sur le contre terrorisme.

Il a publié une dizaine de livres sur les conflits du Moyen-Orient et le terrorisme international. Son livre le plus récent (Décembre 2010) est « The Coming Revolution: Struggle for Freedom in the Middle East  » (la prochaine révolution : la lutte pour la liberté au Moyen-Orient), qui projette les révoltes en cours dans le grand Moyen-Orient. (www.walidphares.com)

Quelles sont les pires erreurs commises par Barrack Obama au cours de ces quatre ans, en ce qui concerne le Moyen-Orient ?

L’administration Obama a fait des erreurs stratégiques très coûteuses pour les Etats-Unis en particulier, mais aussi pour l’Occident en général, ainsi que pour les peuples du Grand Moyen-Orient.

La mère de toutes les erreurs a été de renoncer à soutenir la poursuite de la liberté et de la démocratie des peuples de la région, et, à la place, d’avoir essayé de passer des accords avec des dictatures comme les ayatollahs iraniens, d’une part, et d’autre part de s’être associé, pendant le printemps arabe, à des mouvements radicaux et des dictateurs en puissance, comme les Frères musulmans.

Déjà dans son discours inaugural de politique étrangère pour la région, le discours du Caire de 2009, le président Obama a négligé le rôle des laïcs et des réformateurs dans les sociétés civiles, il a ignoré l’oppression des minorités ethno religieuses, et a insisté pour faire des partenariats avec les islamistes.

Quels seraient les changements les plus importants et les plus visibles d’une présidence Mitt Romney ?

L’essence de la doctrine Obama au Grand Moyen-Orient a été de considérer les islamistes comme les seuls, ou en tous cas les principaux représentants des nations de la région, et de faciliter leur accès au pouvoir, avant et pendant le printemps arabe.

Une administration Romney se concentrerait pour approcher, et nouer des partenariats, avec les segments démocratiques et réformistes de la société civile, sans exclure aucun groupe non-violent, tout en restant fidèle à ses alliés.

Barack Obama a le mérite d’avoir mis fin à la guerre en Irak…

Avoir le mérite de ce désastre stratégique est illogique.

Quand on met fin à une guerre, cela peut se terminer en succès ou en catastrophe. Le désengagement d’Obama d’Irak est un désastre et non un succès. Obama a retiré les forces américaines et celles de la coalition sans laisser derrière lui un accord stratégique de défense mutuelle entre les Etats-Unis et l’Irak, et sans coalition nationale irakienne pour résister aux pressions de l’Iran. Ce dernier a, depuis fin 2011, pénétré en Irak et mis en place un corridor stratégique avec la Syrie.

Au moins, Obama a porté quelques coups sérieux à Al-Qaïda, n’est ce pas ?

En ce qui concerne l’assassinat d’Oussama ben Laden et d’autres, comme Anwar al Awlaki, cela serait un accomplissement majeur, si à la suite des assassinats, al Qaida avait été affaibli, ou, comme le camp Obama appelle cela « est sur la voie du déclin ».

Au lieu de cela, les djihadistes d’al Qaida et de sa nébuleuse se développent géographiquement et en nombre.

Alors qu’il est toujours opérationnel, et même en train de se développer, en Afghanistan et au Pakistan, al Qaida s’étend au Yémen avec l’AQAP (ndt: al Qaida dans la péninsule arabe), en Somalie avec al-Shabaab, au Sahel, et il a établi une entité dans le nord du Mali. Son allié Boku Haram fait des ravages au Nigeria, et comme nous l’avons vu à Benghazi, le réseau salafiste lié à al Qaida a tué un ambassadeur américain et des membres de l’ambassade.

Les djihadistes formés en Occident ont connu une croissance importante des deux côtés de l’Atlantique. L’ampleur de la propagation du Jihad à travers le monde est plus menaçant plus que jamais. Tuer le chef d’al Qaida, tout en ignorant et en esquivant d’affronter son idéologie, est une autre catastrophe. Le public a été amené à croire que Ben Laden a inventé le djihadisme, alors que c’est exactement l’inverse.

Comment cela ?

Au Caire et dans les pays du printemps arabe, nous voyons des milliers de militants avec des photos de Ben Laden scandant « Obama, Obama, nous sommes tous des Oussama (ndt: Ben Laden) ».

Fuir la guerre des idées contre les djihadistes, et affirmer que l’élimination du chef d’al Qaida est une défaite d’al Qaida, est une autre catastrophe.

Le grand public a clairement vu que Ben Laden n’a pas fabriqué le djihad. L’usine (ndt: à djihad) est le réseau des madrassas (ndt: écoles coraniques) et celui de l’endoctrinement au Jihad.

Et qu’à fait le président Obama pour contrer cela ? Rien.

Pire, son administration, en fait, a stoppé l’éducation des fonctionnaires de la sécurité nationale, et également la population, sur les doctrines des djihadistes, empêchant les américains et les occidentaux de détecter et d’identifier la menace quand elle progresse, comme ce fut le cas en Libye. L’incapacité à identifier les djihadistes salafistes en Libye a neutralisé la capacité des Etats-Unis de mettre en place les stratégies appropriées avant l’attaque terroriste de Benghazi.

Comment pensez-vous que le président Obama a géré les protestations contre la vidéo anti-islam ?

La première erreur de l’administration Obama a été d’ignorer le fait que les salafistes ont un réseau qui s’étend de l’Afrique du Nord au Levant, qui a déjà pu, dans le passé, et encore maintenant, initier des manifestations anti-occidentales sous n’importe quel prétexte.

Les conseillers de l’administration et ses experts n’ont pas été capable de faire la distinction entre une réaction sociale à un phénomène et une activité terroriste. Le réseau salafiste, qui a son propre ordre du jour et ses stratégies, décide seul quand utiliser les divers incidents pour lancer des « offensives ». Les incidents en eux-mêmes, n’ont pas d’ordre du jour et de stratégie.

Nous venons d’assister à la répétition de la mobilisation des réseaux djihadistes, qui avait eu lieu lors d’incidents et de controverses antérieurs, telles que l’incident d’Abou Ghraib, l’incident des Corans de Guantanamo, les caricatures danoises, et beaucoup d’autres cas.

Mais n’y avait-il pas des hommes vraiment en colère dans les rues ?

La controverse actuelle a créé des vagues de mécontentement et d’aigreur, mais les réseaux bien organisés entraînent cette frustration vers des actions militantes et violentes. C’était clair avec les incidents suite aux caricatures, il y a quelques années. Il y eu un écart de trois mois avant que les manifestations soient lancées. La bande-annonce (ndt: du film anti-islam sur Mohammed) a été publiée en Juillet 2012. Il a fallu des semaines et des mois aux réseaux salafistes pour lancer leurs manifestations violentes. Les affiliés d’al Qaida se sont déplacés parallèlement aux protestations afin d’apparaître comme faisant partie d’entre eux.

Malheureusement, l’administration Obama, mal conseillée, a alimenté encore davantage la situation en présentant des excuses au monde arabo-musulman pour une affaire dans laquelle le gouvernement américain n’avait rien à voir, et dont le public américain n’avait pas connaissance.

Les excuses ont été une erreur monumentales, surtout après que des responsables de l’administration ont continué, jusqu’à un degré ridicule, à tenir la bande annonce pour responsable de la violence. Ce n’est que plusieurs semaines après que l’équipe Obama a commencé à admettre qu’à Benghazi, il y a eu un attentat terroriste.

Pourquoi ont-ils hésité ?

L’Administration, qui a affirmé qu’Al-Qaïda est sur le déclin, n’a pas voulu admettre que le groupe terroriste avait réussi à tuer l’ambassadeur et les membres du personnel, dans un pays qu’il a aidé à se débarrasser d’un dictateur. Craignant un contre effet électoral, l’administration Obama a été désorientée et déconnectée de la réalité, ce qui désormais préoccupe le public américain.

Romney veut soutenir l’opposition syrienne et « s’assurer qu’ils obtiennent les armes dont ils ont besoin ». Ne craignez-vous pas qu’un jour ces armes seront retournées contre les Américains, comme en Afghanistan ?

Non. La politique Romney serait d’identifier, au sein de l’opposition, les forces clairement opposées à l’expansion iranienne d’une part, et celles qui prennent leurs distances avec les salafistes djihadistes.

Fort d’une alliance avec de vrais alliés sur le terrain, un accord de partenariat approprié avec les acteurs internationaux serait mis en place, de sorte qu’à tous les niveaux il y aurait de la clarté, et non des questions ambiguës quant à l’avenir de la Syrie.

Nous parlons d’une Syrie où tous les citoyens, indépendamment de leurs affiliations religieuses et ethniques, auraient des droits égaux, et où les minorités, les femmes et toutes les sensibilités politiques, à conditions qu’elles ne soient pas violentes, seront libres de s’engager dans le processus (ndt : démocratique).

Le partenariat international sera basé sur comment la Syrie voit son avenir, et pas simplement faire tomber Assad. Un engagement Romney pour armer les composantes de l’opposition qui mérite d’être prises en charge sera le résultat d’une étude au cas par cas, pour savoir qui occupe le terrain, et qui, parmi ces acteurs, est prêt à s’engager dans un partenariat fondé sur des valeurs et des intérêts communs. Une administration Romney aura sous ses ailes des années d’expérience et un processus d’apprentissage important sur les djihadistes, par conséquent, les chances d’être trompé par les djihadistes sont minces.

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Est-ce que Romney considère que l’Egypte est toujours un ami ?

Le gouverneur Romney est connu pour sa clarté et sa précision. Le peuple égyptien est considéré comme un ami, surtout après que nous avons vu des millions de jeunes hommes et femmes, la classe moyenne, les minorités et les réformateurs, sur la place Tahrir, au début du printemps arabe, appelant à la démocratie et aux libertés.

Fixera-t-il des conditions en échange du versement des millions de dollar d’aide américaine à l’Egypte et aux Palestiniens dans le futur ?

Le Gouvernement égyptien, désormais dominé par les Frères musulmans, devra mériter son aide, oui.

S’ils agissent contre les principes de démocratie et de liberté, s’ils menacent le processus de paix, ou s’ils s’allient à des forces anti-américaines, c’est eux qui impacteront l’aide américaine. La même chose s’applique dans le contexte palestinien. Si les radicaux avancent, comme le Hamas, l’aide diminuera. Si les forces de la société civile avancent, l’aide sera maintenue. Mais lorsque l’administration Romney sera formée, il réévaluera toutes les accords précédents.

Pensez-vous que le retrait des troupes américaines en 2014 est prématurée ?

Le gouverneur Romney a été clair sur l’Afghanistan. Il s’agit d’objectif et non de date. Alors que le but de l’administration Obama, c’est une date, indépendamment de la réussite américaine en Afghanistan.

Si les bonnes stratégies avaient été appliquées il y a quatre ans, cette date aurait pu être dans le passé. Mais parce que la stratégie d’Obama n’a pas été d’aider le peuple d’Afghanistan à résister aux talibans, y compris dans la société, et pas seulement dans l’administration, nous estimons que la date de retrait d’Obama, en 2014, ne sera pas un succès. Ce que l’administration Romney devra corriger ou faire, en 2013, sera laissé à sa propre évaluation de la situation quand il prendra le pouvoir exécutif.

Romney a dit qu’il veut « réaffirmer l’engagement de l’Amérique à la création d’un état palestinien démocratique, prospère, vivant côte à côte, en paix et en sécurité, avec l’Etat juif d’Israël ». Une solution à deux Etats est-elle vraiment réalisable, compte tenu du fait que le Hamas ne renoncera pas à sa promesse d’éliminer Israël ?

Le gouverneur Romney a été très explicite en précisant qu’il souhaite voir une solution à deux Etats, mais il a également souligné une notion importante : un « Etat palestinien démocratique ». Ce qui signifie que la condition d’un Etat palestinien viable est l’émergence d’une culture démocratique générée par la société palestinienne, de sorte que des gens comme le Hamas soient marginalisés pour éviter de couler le processus de paix. Ainsi, une nouvelle administration sera plus engagée avec la société civile palestinienne, et non moins, comme ce fut le cas avec l’administration Obama.

Est-ce que Romney président peut garantir que l’Iran ne possédera jamais la bombe nucléaire ?

Le gouverneur Romney était clair dans ses discours, ses articles et ses déclarations. Son administration s’assurera que le régime iranien ne possèdera pas d’armes nucléaires. Il s’agit d’une composante essentielle de son programme de sécurité nationale.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Stefan Frank www.stefan-frank-texte.de, journaliste allemand, pour www.Dreuz.info

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