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Publié par Guy Millière le 4 novembre 2012

Les idées libérales se portent mal en France.

Les économistes qui en sont les représentants sont exclus des grands débats médiatiques français où seuls ont droit de cité des gens qui se sont trompés tout le temps sur tous les sujets depuis des décennies, et dont il importe de ne pas déranger le confort intellectuel factice. Ainsi, les keynesiens parlent aux keynesiens, les marxistes discutent avec les léninistes, et quelques uns des esprits les plus brillants de ce temps sont priés de rester chez eux.

Les idées libérales se portent d’autant plus mal qu’il n’existe plus un seul parti politique pour les porter, et plus un seul dirigeant politique d’envergure nationale pour les incarner depuis le retrait de la vie politique d’Alain Madelin. Jean-François Copé tient souvent des propos intelligents, mais, tradition de l’UMP oblige, il doit régulièrement rendre hommage à Charles de Gaulle ou, ce qui est plus navrant, à Nicolas Sarkozy.

Pour exister, les idées ont besoin de viviers, ce qu’on appelle aux Etats-Unis les think tanks, et il est extrêmement difficile de faire vivre un think tank libéral en France, j’en ai fait l’expérience en étant Président de l’Institut Turgot.

Un think tank libéral ne demandera aucune subvention à un gouvernement, par définition : dans un pays où la demande de subventions gouvernementales est un réflexe conditionné omniprésent, cela constitue un handicap.

Un think tank libéral devrait pouvoir compter sur les entreprises privées puisque le libéralisme repose sur la défense de la liberté d’entreprendre et de créer, mais les entreprises françaises sont souvent prises dans les mailles de l’économie mixte, qui les place en interdépendance avec le gouvernement, dirigées par des gens qui craignent les contrôles fiscaux punitifs, ou imprégnées d’un désintérêt profond pour le travail des idées, et tout cela les conduit à ne pas financer quoi que ce soit qui sort de leurs activités propres.

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Cette situation d’ensemble est d’autant plus triste qu’ailleurs sur la planète, des solutions libérales sont proposées et mises en œuvre, et que les seules explications pertinentes des désordres planétaires, des mutations en cours et des opportunités de retour au dynamisme qu’elles recèlent, viennent de penseurs libéraux.

Même si l’expérience Hollande s’achève par une débâcle

Je dois dire que je ne vois guère d’éclaircie venir sur l’horizon. Même si, comme c’était absolument prévisible, l’expérience Hollande s’achève par une débâcle, cela ne signifiera pas qu’une alternative émancipatrice pourra voir le jour.

Je dois, par contre, et c’est la raison pour laquelle j’écris cet article, rendre hommage à des gens qui, malgré les tempêtes, les difficultés, les attaques, le silence pesant destiné à étouffer, ont fait exister le libéralisme en France.

Ils sont peu nombreux. Je les considère comme des résistants au sens le plus noble de ce terme si souvent avili. Je les considère comme des dissidents au sens que ce mot avait au temps de l’Union Soviétique. Je les considère comme des vecteurs de connaissance, et je leur dois beaucoup dans ma propre trajectoire intellectuelle.

Ils appartiennent à une génération qui vieillit et dont il m’arrive de craindre qu’elle ne soit pas remplacée.

Si je devais en dresser une liste, j’y inclurais Pascal Salin et Florin Aftalion, André Fourçans et Henri Lepage. J’y inclurais quelques non économistes tels Philippe Nemo, Alain Laurent. Pour être juste, je dirai qu’il s’agit là d’une liste non exhaustive. Je placerai sur la liste, surtout, un homme qui est mon ami depuis plus d’un quart de siècle, et qui ajoute à ses immenses qualités intellectuelles une chaleur humaine et une grande générosité, Jacques Garello.

il y a une mémoire libérale de la France, qui va de Turgot à Frédéric Bastiat, de Yves Guyot à Jean-François Revel

Jacques Garello fait vivre l’Aleps, Association pour la liberté économique et le progrès social. Et l’Aleps est la plus ancienne association libérale en France. Elle fait un travail de think tank, bien qu’elle dispose de peu de moyens. Elle préserve la mémoire libérale de la France, car il y a une mémoire libérale de la France, qui va de Turgot à Frédéric Bastiat, de Yves Guyot à Jean-François Revel.

Elle fait paraître des textes et des analyses. Jacques Garello publie une lettre hebdomadaire dont la lecture est indispensable.

L’Aleps a un site internet que je recommande très vivement : libres.org. Et je recommande à tous ceux qui lisent dreuz d’aller aussi sur libres.org.

Quelques gens plus jeunes œuvrent à ce que la lumière ne s’éteigne pas : je citerai là Nicolas Lecaussin, Jean-Philippe Feldman, Mathieu Laine, Jean-Philippe Delsol. Partout où vous pourrez voir les signatures de ceux dont j’ai donné ici les noms, vous pouvez lire en toute confiance, et être certain de ne pas gaspiller votre temps. Une autre association fait un travail remarquable et qui doit être salué, j’y reviendrai : Contribuables associés.

Je dois dire que lorsque j’assiste à un débat économique à la française en allumant mon téléviseur, j’hésite entre l’envie de rire et l’envie de pleurer. Je regarde le spectacle comme une pathétique pantomime, puis je retourne vers la lecture. Et quand je lis en langue française, et que je ne me tourne pas vers des classiques anciens, vous savez désormais quels sont les auteurs que je lis.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

PS. Je publie ci dessous un texte concernant le programme socialiste en train d’être mis en œuvre en France, signé par les économistes dont j’ai donné les noms ici, et diffusé sous l’égide de l’Aleps. J’y souscris pleinement. Le texte date du mois de mai dernier. Il annonce ce à quoi nous assistons au présent :

Le programme de François Hollande et de ses amis socialistes repose sur des illusions démagogiques, mais illusoires et destructrices : augmenter le SMIC au lieu de libérer les énergies, punir les riches au lieu d’inciter tout le monde à l’effort productif, dépenser pour stimuler la croissance (en fait pour acheter des clientèles) au lieu d’utiliser au mieux les ressources. Le socialisme n’a jamais réussi, sous sa forme extrême – le communisme – comme sous sa forme plus modérée – la social-démocratie. Il est en effet incontestable que la prospérité est étroitement corrélée au degré de liberté économique.

Comment peut-on encore, au XXIème siècle, après des décennies et des siècles de réflexion et d’expériences, croire à des recettes qui relèvent plus de la magie incantatoire que de la science ? Comment peut-on croire que l’État peut manipuler l’économie comme le ferait un conducteur de locomotive en poussant quelques manettes ? Comment peut-on imaginer qu’il suffirait de fabriquer ex nihilo des unités monétaires irréelles pour que les hommes se mettent à produire plus ? Comment croire qu’un État peut promouvoir la croissance par le seul fait qu’il dépense plus, sans se rendre compte qu’il prélève par l’impôt ou par l’emprunt les ressources nécessaires à ses gaspillages et à ses dépenses démagogiques ?

La croissance ne se décrète pas, elle est le résultat non planifiable des décisions et des actes innombrables d’individus capables d’efforts et d’imagination. Mais pour cela il est indispensable de ne pas freiner leurs élans par des contraintes réglementaires paralysantes ou des impôts spoliateurs. C’est dire que la politique socialiste qu’un François Hollande ferait si, malheureusement, il accédait au pouvoir suprême, avec le soutien de ses alliés inévitables – communistes et écologistes – ne pourrait produire que la stagnation économique, un chômage et une pauvreté accrus, un endettement public insupportable.

Il est tragique de penser qu’on peut améliorer le sort de certains en punissant et en spoliant les autres. Nous sommes tous solidaires dans une société humaine et il est dans l’intérêt de tous d’inciter chacun à donner le meilleur de lui-même. La France souffre depuis des décennies – et plus particulièrement depuis la désastreuse élection de François Mitterrand – d’une faible croissance, d’un chômage élevé, mais aussi du manque d’espoir qui frappe en particulier les plus jeunes. Malheureusement, nous ne sommes pas sortis du socialisme, des socialistes de droite ayant succédé aux socialistes de gauche. Pour rendre l’espoir aux Français, il n’y a qu’une solution : sortir du socialisme. Y rentrer plus profondément ne pourrait être qu’une funeste erreur ».

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