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Publié par Gilles William Goldnadel le 22 novembre 2012

 

Cette semaine, Gilles William Goldnadel revient aussi sur le film « Après Mai » d’Olivier Assayas.

Samedi, ce n’était pas le « peuple de gauche » qui battait le pavé de Paris ou de province.

Les opposants au mariage « pour tous » ont défilé en grand nombre dans le calme et la bonne humeur, sans violence ni invectives. Au grand dam sans doute des tenants de l’idéologie dominante, les manifestants, en ce compris des homosexuels, n’avaient pas tous le look Le Quesnoy, et il n’est pas sûr qu’ils faisaient plus ringards que les habituels protestataires en keffieh ou en blouson CGT.

Il aura fallu cependant qu’à Lyon ou à Toulouse leurs contradicteurs, étrange conception de la démocratie, tentent de leur barrer le chemin ou qu’une brigade de « bétitionnaires » cornaquée notamment par Dominique Fernandez considèrent qu’ils incarnaient des homophobes animés par une haine dont l’ancien président de la République serait le principal responsable. (Le Monde.fr de samedi).

À Notre-Dame-des-Landes, c’était une autre sorte de manifestants qui s’exprimaient et d’une autre façon. De la même manière, qu’hier, José Bové et ses amis entreprenaient le « démontage » des cultures qui lui déplaisaient, les protestataires d’aujourd’hui participaient à la « reconstruction » de ce qui avait été supprimé par autorisation de justice. Le 12 novembre dernier, un vigile, au même endroit, avait été roué de coups par une vingtaine d’inconnus cagoulés et armés de gourdins, alors qu’il surveillait une maison évacuée par décision judiciaire, à proximité de l’emplacement de la future plate-forme aéroportuaire. (Le Figaro du 14). Les agresseurs, dont certains parlaient anglais ou allemand, ont aspergé son véhicule de produits inflammables après en avoir brisé les vitres. « Ils ont discuté pour savoir s’ils le laissaient dedans avant de finalement le sortir et le rouer de coups », a précisé le sous-préfet de la région Pays de la Loire.

Ainsi qu’il l’a précisé, José Bové se moque de la légalité, mais il s’estime capable de déterminer ce qui ressort de la légitimité. Heureux homme. D’autant plus, qu’il ne risque guère d’encourir ni la rigueur d’État, ni la sévérité de « bétitionnaires ».

Tout au plus, les Verts devront endurer les admonestations présidentielles qui en appellent, à juste titre, au respect de la loi. On imagine qu’ils doivent trembler.

Quant aux socialistes, ils pourront toujours méditer de leur côté les vertus et les vices d’une alliance assez obscène, érotique dans l’opposition, mais pornographique sitôt assis sur le trône.

Mme Chantal Jouanno, ex-UMP, est une femme résolument moderne. Elle croit à la modernité. Moi aussi. Elle prône donc la légalisation du mariage homosexuel.

Autant je suis sûr que la déculpabilisation de l’homosexualité constitue l’un des peu nombreux mais radieux effets bénéfiques de mai 68, autant, je le suis moins de ce que l’autorisation du « mariage gay » serait l’expression de la modernité, pour autant qu’on considère celle-ci comme porteuse de progrès et de bonheur pour l’humanité.

La libéralisation outrancière des mœurs qui a suivi le joli mai, entre-t-elle dans cette définition ?

Je ne veux pas ici jouer les pères la pudeur et me crois assez mal placé pour endosser le rôle.

Mais entre l’éloge de la pédophilie des premiers soixante-huitards, à la traque aujourd’hui de ceux-ci comme les derniers des criminels pour peu qu’ils consultent un site Internet, qu’ils pratiquent l’exhibitionnisme sous le nez des enfants au projet inepte de prohibition de la prostitution en passant par la pénalisation de la moindre plaisanterie douteuse constitutive désormais d’un harcèlement avéré, qui ne voit que l’époque schizophrène, moitié pornographe, moitié puritaine, a perdu tout repère ?

J’ai lu ici et là les contributions intelligentes des hommes de foi, d’église, de mosquée ou de synagogue, opposés au mariage « pour tous ».

Mais il est bon que les laïques intelligents qui pensent, à tort ou à raison, que l’union officielle en vue principalement de procréer naturellement doive rester la référence légale aient, à présent, voix au chapitre.

Ils pourront faire valoir que ce désir impérieux de conformité exigé soudainement par ceux qui rejettent à bon droit le conformisme sexuel, à l’égard d’une institution maritale que l’idéologie qui les porte aura pourtant tout fait pour rendre obsolète, a des relents de provocation revancharde envers la majorité hétérosexuelle.

Comme si, inconsciemment, dans cet aspect de la dilection pour l’altérité minoritaire forcément souffrante, la marge devait couvrir la norme, comme pour l’effacer.

La marge, n’a absolument rien de honteux. J’en sais quelque chose. Mais elle est la marge.

Enfin, il serait bon que le parti majoritaire s’abstienne de caricaturer la position de ceux qui s’opposent à son projet, souvent taxés d’homophobes. Comme Claude Bartolone, aujourd’hui Président policé de l’Assemblée nationale, mais qui lorsque Christine Boutin crut devoir dire à ses collègues son opposition au PACS, s’exclama dans l’hémicycle : « Boutin, dehors ! », tandis que son camarade Jean Glavany, rivalisant de galanterie, brandissait un écriteau proclamant finement « Boutin hystérique » (Assemblée nationale, 14 janvier 1998).

Pour ne pas être en reste, ce même samedi, le quotidien du soir, reprenait lui aussi l’antienne du progrès pour dire son soutien au projet gouvernemental.

Allez savoir pourquoi, depuis que la gauche progressiste m’explique que l’insécurité est un fantasme, l’immigration une chance pour la France, le printemps arabe une libération, et qu’elle me parle de progrès en me toisant, je suis pris d’un fou rire assez nerveux.

Nous vivons une époque moderne.

Puisque j’évoquais mai 68, et les indéniables avancées sociétales qu’il a permis, un mot sur « Après Mai », film dans lequel Olivier Assayas évoque son adolescence contestataire et qui a obtenu le prix du scénario à la Mostra de Venise. Voilà enfin un film intelligent, en empathie ironique avec les rebelles virtuels de l’époque mais qui, pour une fois, ne cède ni à la nostalgie ni à l’idéalisme.

Après avoir proclamé qu’il était bon parfois que l’utopie questionne le pouvoir, Assayas analyse finement, et d’une manière étonnante et détonante dans son milieu artistique, le phénomène gauchiste : « le gauchisme est totalitaire, ennemi de la libération de l’individu. Il a quelque chose de violent et de triste, un côté obsessionnel qui se fossilise autour du dogme marxiste ».

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Le drame de l’époque est que nous vivons très largement encore sous l’empire de ce phénomène totalitaire, d’autant plus prégnant qu’il est insidieusement nié ou inconsciemment ignoré.

C’est seulement sous ce prisme que l’on peut comprendre comment une partie de la population puisse préférer un groupe islamiste, homophobe, fascisant, terroriste, sexiste, antisémite, révisionniste, clairement en position d’agresseur, à un pays démocratique mais qui a le malheur d’incarner un État-nation occidental et d’avoir recours à des soldats casqués.

C’est ainsi que la chaîne franco-allemande Arte a présenté lundi le chef militaire du Hamas, Jabaari, éliminé par Israël, comme un «résistant», lui qui se proposait d’éliminer tous les « rats » ennemis jusqu’au dernier et à qui on attribue cette formule savoureuse : « j’ai goûté à la chair des juifs, et je l’ai trouvé bonne » .

Si l’on veut se donner une chance de décrypter ici le terme de « résistant », on doit comprendre que pour les enfants dociles des enfants indociles mais un peu bas du front qui ont crié « CRS SS »le militaire occidental demeure dans leur inconscient collectif, l’héritier en extrême droite ligne du Waffen-SS.

C’est la cruelle ironie dont l’État juif fait les frais depuis plusieurs décennies. Voilà pourquoi la chaîne la plus obsédée par la Shoah est sans doute l’une des plus prévenue contre l’État juif. J’ai écrit quelque part que ceux qui adorent le juif en pyjama rayé, l’abhorrent en uniforme kaki.

Voilà également pourquoi les écervelés, ou plutôt les décérébrés d’Anonymous ont décidé- sans rien savoir du conflit- de prendre cybernétiquement fait et cause en faveur de ceux qui apprécient la chair des juifs. (Le Monde du samedi).

Sur le fond de ce nouvel épisode opposant Israël à la radicalité palestinienne en action sur un territoire évacué, on constatera, une fois de plus, la spécificité française.

Alors que l’Amérique d’Obama, le Canada, l’Australie, l’Union Européenne (Allemagne, Pologne, Grande-Bretagne en tête) n’ont pas hésité à incriminer l’agression islamiste, le président de la République, a cru devoir indiquer qu’il n’était pas urgent d’accuser.

Je gage que lorsque les agences de presse internationales -largement représentées à Gaza pour des raisons de sécurité par des militants au service du Hamas- pourront montrer des boucliers humains sacrifiés au moloch de la guerre médiatique (ce qui n’est pas étonnant lorsque l’on place des batteries lance-roquettes à 94 mètres d’une maternelle) ou des femmes en fichu prenant les cieux à témoin de l’injustice qui leur est faite tout en proposant leur fils comme nouveaux martyrs, alors il deviendra urgent de condamner.

De même, alors que l’ensemble des chancelleries des pays démocratiques reconnaissaient le droit à l’agressé de se défendre en employant les moyens adéquats, Laurent Fabius faisait entendre une musique légèrement discordante en reconnaissant ce droit tout en ajoutant « que la violence ne réglerait rien »Manifestement, M. Fabius n’applique pas ce noble principe lorsqu’il s’agit d’armer l’opposition syrienne ou d’envisager une reconquête du Mali.

Je croyais notre ministre sorti de l’ENA, j’ignorais qu’il avait fait ses classes au collège de La Flèche.

Comment faire comprendre à ce gouvernement et plus largement, à la société française, que le combat contre l’islamisme radical et haineux ne saurait s’accommoder d’accommodements.

Que ce qui est survenu il y a quelques semaines à Toulouse, à Sarcelles, aurait – peut-être – été évité si la classe intellectuelle et politique n’avait pas jeté un voile pudique sur l’antijudaïsme pathologique qui sévit dans de larges pans de la société arabo-musulmane depuis des années.

Que cette haine ne s’arrêtera désormais pas plus aux frontières de la France que le nuage de Tchernobyl, si cette pollution de l’âme et des esprits n’est pas clairement identifiée.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles William Goldnadel. L’article original peut être consulté sur le Blognadel

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