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Publié par Guy Millière le 26 novembre 2012

Je ne sais au moment où j’écris cet article comment s’achèvera le lamentable feuilleton de l’élection interne à l’UMP, et d’une certaine manière peu m’importe : je ne suis pas membre de l’UMP.

Aux dernières élections présidentielles, j’ai voté Nicolas Sarkozy au deuxième tour, non pas par adhésion, mais par rejet de la candidature socialiste, et du projet qu’elle incarnait. Et je l’ai fait avec une extrême réticence, en me disant qu’entre deux maux, je choisissais le moindre.

Le bilan de Nicolas Sarkozy me semble nul et accablant. J’ai écrit que Nicolas Sarkozy n’avait eu aucune ligne directrice précise, et c’est toujours ce que je pense.

Economiquement, le « bouclier fiscal » partait d’une bonne idée, la lutte contre la progressivité confiscatoire des impôts, mais aboutissait à un résultat inepte et insignifiant. Le « Grenelle de l’environnement » était sans doute destiné à faire plaisir aux écologistes, et avait été conçu par des gens incapables de comprendre la dimension néo-communiste de l’écologisme contemporain. L’infime réforme des retraites était un geste accompli beaucoup trop tard, et c’était un geste absolument insuffisant.

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La politique étrangère suivie n’a pas valu mieux et a ressemblé à ce que les opportunistes myopes appellent le « pragmatisme » : commencée sur un ton grandiloquent, elle s’est achevée par une succession de gestes favorables à l’Autorité palestinienne, par une guerre menée en Libye au service de l’islam radical, et par des gestes d’amitié envers Barack Obama, qui n’a que mépris pour l’Europe.

L’UMP se réclamant de Nicolas Sarkozy et étant prête à en faire à nouveau son candidat, je serais à même de passer mon chemin.

Je ne le ferai pas tout à fait, car des nuances se sont dessinées, qui insistent.

Si François Fillon et Jean-François Copé se réclament tous deux de Nicolas Sarkozy, si, tous deux ont sans doute trempé dans des combines d’appareil, François Fillon me semble plus proche d’une ligne étatiste, conservatrice au sens français du terme (et le conservatisme français est très éloigné du conservatisme américain), pusillanime parfois, placée sous l’ombre portée de la gauche.

Jean-François Copé, lui, a tenu un discours souvent plus dynamique, plus libéral, plus clair sur certains dossiers essentiels.

Si je le devais, en ces conditions, je ne pourrais voter François Fillon qu’avec au moins autant de réticence que j’ai pu en avoir concernant Nicolas Sarkozy. Je pourrais voter avec moins de réticence pour Jean-François Copé.

Je pourrais ajouter que si Jean-François Copé poursuivait sur la lancée du discours qu’il a commencé à tenir, et qui reste inabouti, il pourrait me paraître un homme intéressant et à même de proposer le sursaut dont ce pays aurait tant besoin.

La gauche médiatique ne s’y est d’ailleurs pas trompé.

Tout en prétendant être une observatrice impartiale de ce qui se passe, elle n’a cessé de tirer sur Jean-François Copé à coups de boulets incandescents.

Parce qu’il a refusé, pourtant assez timidement, de se courber sous les fourches caudines du politiquement correct concernant le mariage homosexuel, Jean-François Copé s’est fait taxer de « dérive droitière ».

Parce qu’il a, assez timidement encore, posé la question de la place de l’islam en France et l’a reliée à la délinquance, il s’est fait traiter de raciste.

Alors que dans les péripéties récentes, je l’ai entendu tenir un discours dépourvu de ressentiment et d’insultes, ce qui n’a pas été le cas de son adversaire, c’est lui qui a été accusé de « putschisme ».

Je ne sais, disais-je, au moment où j’écris cet article comment s’achèvera le lamentable feuilleton de l’élection interne à l’UMP.

Je pense, au risque de me tromper, qu’il sera difficile que l’UMP y survive. Je pense que ce qui se met en place est une fracture qui sera difficile à résorber. Je pense que la fracture sépare une fraction statique, propice à une forme d’immobilisme, peu à même de faire autre chose qu’accompagner le déclin du pays, et une fraction plus dynamique, à même d’aller vers plus de dynamisme encore.

Je pense, au vu de la situation, que la fraction statique est prête à saborder le navire plutôt que le laisser aux mains de la fraction plus dynamique.

Nous sommes, si on veut aller au fond des choses, dans une phase de décomposition de la droite française.

Cette décomposition est le triste résultat d’une absence immense de travail des idées.

Le travail des idées impliquerait des analyses claires et précises sur tous les grands dossiers du moment, strictement tous. Pour l’heure, ces analyses existent, mais elles ne pénètrent pas l’enceinte des partis politiques.

Si la ligne Fillon l’emporte au sein de l’UMP, je pense que les analyses resteront à l’extérieur.

Si la ligne Copé l’emporte, cela pourrait être différent. Je parle au conditionnel, bien sûr.

Si la ligne Fillon saborde ou casse l’UMP, il pourrait en résulter deux partis. Un parti conservateur gris, aux allures de clerc de notaire. Et un autre parti.

Depuis la disparition de Démocratie libérale et le retrait de la vie politique d’Alain Madelin, il n’existe plus de grand parti libéral en France. Une opportunité s’ouvrira-t-elle ainsi ? Nous le saurons très vite.

Je n’ai, bien sûr, rien à dire, sur le centrisme façon Borloo qui ne représente aucune opportunité : ailleurs qu’en France, ce centrisme-là serait défini comme une forme de social-démocratie, donc comme un socialisme atténué. Entre socialisme atténué et socialisme tout court, je ne choisis pas.

Je préfère ne rien dire sur le Front National, en lequel s’accolent désormais une vieille extrême droite aux accents pétainistes et un gauche nationaliste issue des idées torves de Jean-Pierre Chevénement. Cet accolement est une impasse plutôt sinistre.

Je préfère ne rien dire sur la gauche politique : celle-ci s’emploie à détruire le pays et à le conduire vers l’euthanasie par doses multiples de poisons divers, mais c’est un autre sujet.

La gauche politique est assistée en son action par toute la gauche médiatique plus haut évoquée. Les propos économique et géopolitique censés en ce moment se font aussi rares qu’une zone de sécheresse au milieu d’un océan. Mais c’est un autre sujet encore. J’y reviendrai.

Pour l’heure, la décomposition de la droite se poursuit. Et si la gauche médiatique suit ce qui se passe d’un œil gourmand, en espérant que la gauche politique pourra poursuivre sa sinistre entreprise, je suis ce qui se passe d’un œil consterné, sachant que les espoirs sont minces, très minces, mais qu’il reste néanmoins une infime lueur d’espoir.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

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