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8 novembre 2012 Commentaires (171) Guy Millière Présidence Obama

Après l’Amérique

Je le dis d’emblée : je me suis trompé.

Je ne me suis pas trompé sur qui est Obama, sur l’effet de ses décisions politiques ou sur qui est Mitt Romney. Mais j’ai sous estimé la capacité de mobilisation souterraine de la campagne Obama.

J’ai sous estimé le pouvoir de nuisance des grands médias. J’ai basé mes analyses sur les données utilisées par les plus grands analystes américains, Karl Rove, Michael Barone, Thomas Sowell, Charles Krauthammer. Ils sont aujourd’hui consternés autant que je le suis.

J’ai longtemps pensé qu’Obama serait réelu. Divers signes m’ont laissé penser, comme Karl Rove, Michael Barone, Thomas Sowell, Charles Krauthammer, que Romney était parvenu à incarner l’alternative. Il s’est avéré que non.

Obama a été réélu bien que des centaines de milliers d’américains restent sans électricité après le passage de la tempête Sandy. Une majorité d’Américains semble donc trouver normal que le gouvernement fédéral soit aussi inefficace après un cataclysme naturel qu’un pays du tiers monde.

Obama a été réélu malgré une multiplication des pauvres et des assistés sociaux. Parce qu’il a bénéficié d’un vote massif et d’une mobilisation absolue des pauvres et des assistés sociaux.

Il a été réélu malgré l’islamisation du Proche Orient, une politique d’apaisement vis à vis de l’Iran, et la trahison des assassinés de Benghazi.

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Une majorité d’Américains ne s’intéresse plus à l’esprit d’entreprise qui a fait des Etats Unis ce qu’ils sont, et ne s’intéresse pas davantage au sort géopolitique du monde. Une majorité d’américains n’en a plus que faire des règles éthiques qui ont prévalu depuis le temps des pères fondateurs.

Nous entrons dans une phase ou les Etats Unis ne seront plus les Etats Unis que nous avons connus. Les Etats Unis seront un pays où la corruption et la trahison seront tolérées, où on achètera les voix, ou l’économie déclinera et glissera lentement vers la faillite, comme les économies européennes. Ils sont un pays dont la voix ne comptera plus guère sur la planète.

Les conséquences pour les américains attachés à ce que l’Amérique fut seront douloureuses. Le nombre de ceux vivant de prédation l’emportera sur le nombre de ceux qui vivent de production. Le futur, je le crains, ressemblera à la Californie aujourd’hui : une minorité de gens riches vivant d’entreprises liées au gouvernement fédéral ou d’autres gens riches vivant dans les fantasmes d’artistes plus ou moins décadents, et une majorité de pauvres en situation d’assistance. Passer de San Francisco à la Vallée centrale est passer d’une ville opulente de bourgeois de gauche à des régions sinistrées et en faillite. Les pauvres votent pour ceux qui leur donnent le chèque de fin de mois, jusqu’au moment où il n’y a plus d’argent.

Les conséquences pour le reste du monde seront douloureuses aussi. Les Etats Unis ont été la locomotive économique du monde. Obama détruit la locomotive, et il n y a pas de locomotive de rechange. La Chine ne peut jouer ce rôle, l’Europe déliquescente et vieillissante non plus.

Les Etats Unis ont assuré l’ordre du monde qui a permis d’éviter le pire depuis la Deuxième guerre mondiale. Nous allons vers un désordre planétaire croissant très propice aux crimes des dictateurs.

Nombre de commentateurs européens se réjouissent, j’en suis sûr. Ils ne voient pas les relations de cause à effet, et ne relient pas Obama à la décomposition économique du monde ou à la montée de l’islam radical. Les liens n’en existent pas moins.

Je reviendrai sur ces sujets dans les jours qui viennent. Pour l’heure, je suis en état de choc et dans une immense tristesse.

J’ai voulu croire qu’il restait assez de forces vives aux Etats Unis pour qu’une page se tourne, et de multiples données semblaient me donner raison. La page qui se tourne est en fait celle des forces vives des Etats Unis.

Ronald Reagan doit se retourner dans sa tombe. George Walker Bush est sans doute aussi triste que moi. Mitt Romney aussi. Entre l’entrepreneur et l’escroc anti-américain, une majorité d’Américains a choisi l’escroc anti-américain.

Mon livre, le désastre Obama reste d’actualité. Le désastre va se poursuivre et s’accentuer. Il peut servir de guide a ceux qui veulent comprendre ce qui les attend.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info