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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 4 décembre 2012

Pour s’informer sur ce qui se passe vraiment en France, il faut lire les médias étrangers.

Ainsi l’on peut lire pourquoi Lakshmi Mittal est le clair gagnant du bras de fer avec François Hollande.

Certes, le président français a fanfaronné que Mittal devrait respecter à la lettre l’accord signé de préserver les emplois menacés à Florange et d’investir 180 millions d’euros au cours des cinq prochaines années.

Mais l’accord conclu vendredi soir, selon les experts du secteur, est très peu différent de ce que ArcelorMittal avait en fait prévu.

« Il n’y a pas eu d’importantes concessions », a déclaré Guy Dollé, ancien patron d’Arcelor.

Jean-Louis Pierquin, un autre ancien directeur du groupe, a ajouté: « Mittal a juste mis en œuvre son plan initial. »

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« L’investissement de 180 millions d’euros aurait été faite dans tous les cas, ajoute Pierquin, car 36 millions d’euros par an, ce n’est pas très différent des 30 millions par an dépensés pendant les sept ou huit années précédentes ».

L’absence d’un plan de licenciement était aussi une victoire illusoire pour le gouvernement

Guy Dollé ajoute que l’absence d’un plan de licenciement était aussi une victoire illusoire pour le gouvernement, car les effectifs seront réduits par des départs naturels. « Il (le plan de licenciement) n’était pas nécessaire compte tenu de la pyramide des âges du personnel », a-t-il souligné.

Et Pierquin confirme : « Pas de plan social ne veut pas dire que des emplois ne seront pas éliminés. »

Au cœur de la dispute entre la société et le gouvernement était également l’avenir de deux hauts fourneaux mis hors service sur le site et que Mittal veut fermer.

L’accord garantit qu’ils seront maintenus dans un état de mise en sommeil qui, théoriquement, signifie qu’ils peuvent être rouverts rapidement, et le gouvernement français a parlé de projets de conversion à une utilisation plus respectueuse de l’environnement. Mittal a toutefois seulement accepté de retarder temporairement la fermeture définitive des fourneaux, et la conversion dépend des financements de l’UE. Si les financements ne sont pas au rendez-vous, précisent les accords, la fermeture totale des hauts-fourneaux se fera comme prévu initialement par Mittal.

Au delà du dossier industriel, l’attitude de confrontation adoptée par Montebourg contre Mittal a été considérée en Inde comme ayant des relents xénophobes et de posture post-colonialiste.

Elle a soulevé des critiques de dirigeants d’entreprises, ainsi que d’investisseurs étrangers potentiels, découragés par la perspective d’une intervention du gouvernement dans les décisions des entreprises.

Lors d’une visite à Paris, le Secrétaire du département des affaires britanniques Vince Cable a mis en évidence la différence significative entre la façon dont Mittal est traité en France, et les relations avec Tata, la société indienne qui possède une grande partie de l’industrie sidérurgique britannique.

« Tata a une vision à long terme et nous sommes très heureux avec eux », a déclaré Cable. « Le problème est qu’il y a surcapacité dans l’industrie sidérurgique donc il va y avoir des contractions. Nous aimerions encourager les producteurs à le faire le plus humainement et de façon réfléchie possible, mais il n’est pas utile de les attaquer pour cela. »

Selon The Economic Times (1), il est apparu lundi que Arnaud Montebourg a été tellement déçu par les termes de l’accord qu’il avait menacé de démissionner.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info

(1) http://economictimes.indiatimes.com/

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