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Publié par Michel Garroté le 21 décembre 2012

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Michel Garroté, réd en chef – Aujourd’hui c’est la fin du monde, mais à quelle heure ? Sur Mundomaya, qui rassemble le Mexique, le Honduras, le Salvador et Belize, la fin du monde a lieu la nuit passée, du 20 au 21, à minuit heure mexicaine. Autrement dit, chez nous, en Europe, elle a eu lieu la fin du monde, à 7 heures ce matin, vendredi 21 décembre 2012, heure de Paris (cf. lien vers source en bas de page). C’est con : je n’ai rien remarqué chez moi ; y’a toujours les mêmes tronches dans ma rue. Heureusement, beaucoup sont des copains. Et le soleil brille au-dessus de mes montagnes. Les catastrophistes se sont bien foutu de la gueule des gens avec leur truc maya de mes deux.

Le sociologue catholique Massimo Introvigne écrit avec humour : l’histoire, toute l’histoire finira le 21 décembre, répète-t-on, ce sont les Mayas qui le disent (extraits adaptés ; cf. lien vers source en bas de page). Cela vaut la peine, alors, de se demander ce qu’il y a – éventuellement – de vrai dans cette histoire qui encore une fois fait le tour du monde. Pour répondre en un seul mot: rien.

Commençons avec une réponse de bon sens, qui dans les discours de ces journées est complètement perdu. Admettons – mais nous verrons plus tard que ce n’est pas le cas – que les anciens Mayas aient vraiment prédit la fin du monde le 21 Décembre 2012. Cela nous dirait quelque chose sur les Mayas, mais rien sur la fin du monde. La culture et les croyances des Mayas ne sont pas «la vérité», et il est étrange que certains, aujourd’hui, les prennent comme un guide infaillible. Par exemple, les Mayas croyaient que les dieux avaient besoin de sacrifices humains, un élément absolument central de leur culture. Ils croyaient aussi que des milliers de sacrifices humains rendraient leurs royaumes invincibles et éternels. Cela ne s’est pas produit: les royaumes mayas ont été emportés par la conquête espagnole. Des éléments non secondaire, et même fondamentaux, de la vision du monde des Mayas se sont révélés faux.

En outre, de la fin du monde en 2012, personne n’avait entendu parler, jusqu’à l’âge d’or de l’après-1968 et du New Age. Des chercheurs anthropologues ont visité en long et en large les communautés des descendants des Mayas au Mexique et au Guatemala, et n’ont trouvé aucune attente particulière par rapport à 2012. Et ce sont des communautés qui préservent de nombreux éléments de la culture précolombienne maya. L’histoire de la fin du monde en 2012 a été en substance inventée par un théoricien du New Age, né au Mexique mais citoyen américain, José Argüelles (1939-2011), à partir des années 1970 et illustrée en particulier dans son volume de 1987 «The Mayan Factor» (le Facteur Maya).

Argüelles – qui est décédé le 23 Mars 2011, de sorte qu’il ne verra pas en 2012 si «sa» prophétie se réalise ou non – avait obtenu un doctorat et enseigné dans diverses universités, mais son domaine était l’histoire de l’art, pas l’archéologie ou la culture maya. En outre, il a toujours franchement déclaré que beaucoup de ses théories dérivaient de «visions» qu’il avait eues sous l’emprise du LSD. Pas un seul spécialiste universitaire des Mayas n’a jamais pris au sérieux Argüelles ou ses théories sur 2012, et «charlatan» n’est même pas l’expression la plus sévère parmi les nombreux qualificatifs déplaisants que la communauté universitaire a utilisé contre lui.

Le livre d’Argüelles commence par un fait vrai. Pour les Mayas, ce monde a commencé à une date qui peut être calculée. Différentes sources donnent des versions différentes, mais la date la plus répandue est l’année 3114 avant JC de notre calendrier. A partir de cette date commence un cycle d’années appelé b’ak’tun. De nombreux textes Mayas parlent de vingt b’ak’tun, après quoi prendra fin ce monde ou ce cycle. A une date qui correspond dans notre calendrier à l’un des trois jours entre le 21 et le 23 Décembre 2012 selon ces textes mayas, le treizième b’ak’tun finira et le quatorzième débutera.

Sauf que la fin d’un b’ak’tun, pour les Mayas, n’est pas la fin du monde comme l’entend l’Occident chrétien. Et même, la fin d’un b’ak’tun est pour les Mayas une occasion de célébrations et de fêtes. Les inscriptions et autres sources qui parlent d’événements importants à la fin du treizième b’ak’tun, en notre Décembre 2012, font précisément allusion à des fêtes. Argüelles et ses partisans insistent sur le Monument 6 du site archéologique maya de Tortuguero, au Mexique, qui, à propos de la fin du treizième b’ak’tun fait également allusion en termes par ailleurs confus à la descente de la divinité et au fait que «viendra le noir». Les chercheurs qui ont étudié les inscriptions de Tortuguero pensent qu’il s’agit là aussi de références à des cérémonies à venir. En tout cas, si on regarde l’ensemble des textes de Tortuguero, il y a des références aussi aux b’ak’tun du 14e au 20e, il est donc certain que les Mayas de l’époque de ces monuments (VIIe siècle après JC) ne pensaient pas du tout que le monde finirait en notre 2012, soit à la fin du treizième b’ak’tun.

Et il n’est pas certain non plus que les Mayas pensaient que le monde prendrait fin avec la fin du vingtième b’ak’tun (dont nous séparent encore de quelques milliers d’années), car avant notre monde, il y en avait eu un autre, et il pourrait donc s’agir de la fin d’un monde et non du monde. Il est également vrai que des croyances des Mayas, nous avons un tableau incomplet et fragmentaire. Il ne faut pas non plus confondre les connaissances astronomiques des Mayas, assez avancées, avec leurs croyances religieuses ou magiques. Un calendrier construit sur la base d’observations astronomiques plus ou moins précises, nous dit «quand», selon un certain mode de calcul, prendra fin un cycle. Mais «ce qui» arrivera à la fin de ce cycle, ce n’est pas l’astronomie qui nous le dit, mais la religion ou l’astrologie.

Le problème, cependant, est qu’il n’est même pas certain que les Mayas avaient une astrologie. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il est possible – mais pas certain – que certains des signes trouvés dans différents codex et principalement celui de Paris, acquis par la Bibliothèque nationale de la capitale française en 1832 – font correspondre animaux et constellations, créant une sorte de zodiaque, avec peut-être une signification astrologique. Nous sommes donc en présence d’une conjecture sur l’existence de treize symboles qui pourraient former un zodiaque, et qui selon l’interprétation la plus autorisée sont: deux types différents d’oiseaux (mais il est difficile d’identifier ce qu’ils sont), un requin, un scorpion, une tortue, un serpent à sonnettes, un serpent plus gros, mais dont l’espèce n’est pas identifiée, un squelette, une chauve-souris, plus deux animaux qui correspondent à des zones du codex (de Paris) trop endommagées pour une identification positive. Comme il n’est même pas certain qu’il existe une astrologie Maya, toute conjecture sur des «prévisions» liées à cette astrologie est complètement insensée.

Mais, s’il s’agit de conjectures insensées, pourquoi y a-t-il plus d’un million de sites Internet, des centaines de livres et d’émissions de télévision quotidiens qui les répandent? Plusieurs spécialistes universitaires de la civilisation maya, plutôt agacés, ont parlé d’une simple spéculation commerciale. Elle a servi à lancer un certain nombre de films, dont plusieurs, du point de vue purement cinématographique, sont même bien faits et plaisants, aussi longtemps qu’on les considère comme de simples films et qu’on ne prétend pas en tirer des prophéties authentiques. Le sociologue pourrait peut-être ajouter deux choses.  La première est l’énorme impact de la «culture populaire» – romans, films, télévision – sur une opinion publique, où désormais c’est la vie qui imite l’art, et pas l’inverse, et la fiction est considérée comme une source d’information sur la réalité («Le Da Vinci Code» nous l’enseigne). Le dernier épisode, en 2002, de la série télévisée historique et extrêmement populaire «The X-Files» annonçait l’invasion des extraterrestres justement le 21 Décembre 2012. Les séries Télé et les films ont un énorme impact sur un public «postmoderne», où les frontières entre fiction et réalité sont devenus très floues.

La deuxième observation part d’un fait: l’idée de la prophétie maya lancée par Argüelles était partie intégrante du New Age Aujourd’hui, le New Age est en crise, mais il y en a beaucoup qui – pour diverses raisons – ont intérêt à le relancer. La diffusion de la prétendue prophétie sur 2012 a été et est une excellente occasion de re-lancement du New Age. Pour les catholiques, ce pourrait être une bonne occasion de dire du mal du New Age. Mais pas seulement. Le Pape Benoît XVI dans l’encyclique de 2007 «Spe Salvi» , (ndt: n. 41-42) déplore que l’Église ne parle pas assez de la fin du monde, parce que la perspective de la fin de l’Histoire et du Jugement dernier, où les sacrifices des bons et la malice des méchants émergeront aux yeux de tous et seront définitivement jugés, éclaire l’ensemble de l’histoire humaine.

L’Église a toujours condamné le millénarisme, qui affirme détenir une connaissance détaillée qui va au-delà de la Sainte Écriture et du Magistère, sur le «comment» de la fin du monde et pense pouvoir en déterminer également le «quand». L’Eglise proclame la parole de l’Evangile de Matthieu (25, 13): «Vous ne savez ni le jour ni l’heure». Et celui qui prétend le savoir se trompe et trompe ceux qui lui prêtent foi (fin des extraits adaptés ; cf. ci-dessous lien vers source).

Selon un écrit de l’évêque Malachie (XIIe siècle), le règne du 112e pape coïnciderait avec la fin des temps. Benoît XVI est le 111e. Saint Malachie a dressé la liste des papes devant se succéder de 1143 jusqu’à la fin de la papauté, la fin des temps, la fin de ce monde qui passe (extraits adaptés ; cf. lien vers source en bas de page). L’avant-dernier serait l’actuel Benoît XVI. Pour le suivant, l’annonce est terrible : dans la dernière persécution de la sainte Église romaine siégera Pierre le Romain, qui fera paître ses brebis au milieu de nombreuses tribulations. Ces tribulations passées, la ville aux sept collines, Rome, sera détruite et le juge redoutable jugera son peuple.

Tout commence à Venise, en 1595. Le moine Arnold de Wion publie Lignum Vitae (L’arbre de vie). Né à Douai en 1554, ce bénédictin consacre son livre à la vie et à l’œuvre de personnages illustres ayant appartenu à l’ordre de Saint-Benoît. Au premier chef se trouve saint Malachie (v. 1094-1148), premier saint irlandais, canonisé par Clément III en 1190. Sur ce personnage, on possède une vie écrite pour l’édification de son ordre par le moine cistercien Bernard de Clairvaux (v. 1090-1153), que Malachie rencontre dans son abbaye, sur la route du pèlerinage qu’il effectue en 1138 à Rome.

L’abbé de Clairvaux rapporte que, après avoir découvert la méditation auprès d’un ermite, Máel Máedoc Úa Morgair, dit Malachie, nom du prophète qui clôt le Premier Testament, est ordonné prêtre à l’âge de 25 ans. En 1123, il devient abbé du monastère de Bangor, où il se taille une solide réputation en y rétablissant la vie religieuse. Il est sacré évêque de Connor (1124), puis archevêque d’Armagh (1132). Il surveille les mœurs de son clergé et évangélise les campagnes. Par humilité, il se démet de ses charges et se retire dans un petit diocèse. En 1148, il revient en France pour y saluer le pape Eugène III, contraint de se réfugier à Clairvaux. Il y décède d’une forte fièvre, dans les bras de saint Bernard. Celui-ci témoigne que son ami avait l’esprit de prophétie.

Dans L’arbre de vie, le moine Arnold de Wion écrit : on dit que saint Malachie a laissé à la postérité quelques opuscules dont je n’ai rien vu qu’une certaine prophétie sur les souverains pontifes, laquelle j’ai mise en cet endroit, pour satisfaire au désir de plusieurs personnes : tant parce qu’elle est courte, qu’à cause qu’elle n’est pas encore imprimée, comme je crois. » Il la publie intégralement. Elle consiste en une liste de 111 papes à venir, auxquels est attribuée une courte devise latine censée caractériser leur règne.

Le premier de ces papes est Célestin II (1143-1144), contemporain de Malachie ; le dernier est le 112e, Pierre le Romain. Du début à la fin, les devises associées aux papes ressemblent à un rébus. Ces sentences lapidaires font appel au goût du détail, à l’allusion familiale ou héraldique. Il est parfois difficile de savoir à quel aspect de la vie du pape elles font référence.

La liste fonctionne : Lucius II (1144-1145) est inimicius expulsus (l’ennemi chassé), or, il est expulsé de Rome par le Sénat ; Eugène III (1145-1153), ex magnitudine montis (originaire de Montemagno), est né à Montemagno ; Anastase IV (1153-1154), abbas suburranus (l’abbé de Suburre), est né à Rome, dans le quartier de la Suburra.

Léon XI (1605) est undosus vir (le combattant dans les troubles). Le suivant est Paul V (1605-1621), gens pervesa (le peuple ennemi). C’est un Borghèse, sur les armes duquel figurent un aigle et un dragon. La formule qui correspond à Benoît XVI, le pape actuel, se voit attribuer sept sens possibles… (fin des extraits adaptés ; cf. ci-dessous lien vers source).

Voilà.

La prochaine fin bidon du monde zinzin, c’est pour quand ?

Et la vraie ? Non mais juste pour savoir…

Reproduction autorisée

Avec mention www.dreuz.info

Et sources :

http://www.huffingtonpost.fr/2012/12/19/la-fin-du-monde-cest-a-quelle-heure_n_2328178.html

http://benoit-et-moi.fr/2012-I/0455009fcb0e2340d/0455009fd10c77d02.html

http://www.lepoint.fr/culture/le-dernier-pape-avant-le-chaos-20-12-2012-1604317_3.php

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