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Publié par Abbé Alain Arbez le 29 décembre 2012
Leonardo da Vinci - Adorazione dei Magi
Leonardo da Vinci – Adorazione dei Magi

L’épiphanie est-elle une histoire qui s’est réellement déroulée

Benoît XVI vient de publier un livre sur l’enfance de Jésus*. Il aborde clairement les diverses approches de la fête de l’Epiphanie. La question finale est celle-ci : l’épiphanie est-elle une histoire qui s’est réellement déroulée, ou est-ce un montage pédagogique pour livrer une méditation théologique ?

Le pape opte pour la première option, mais ne refuse pas l’expression de la seconde

Mais au final, ses arguments en faveur de l’historicité sont intéressants. Il estime que notre époque est encore trop sous l’influence d’une dévitalisation rationaliste de la Bible propre au siècle passé. Les exégètes – par attitude hypercritique envers l’Ecriture et le message chrétien dans son ensemble – ont eu tendance à renforcer l’approche symbolique, mais ils l’ont fait par option idéologique, sans que de nouvelles connaissances historiques soient venues discréditer la compréhension à base historique.

Il cite l’exégète Klaus Berger : « Il faut supposer, jusqu’à preuve du contraire, que les rédacteurs des évangiles n’ont pas pour but de tromper leurs lecteurs, mais qu’ils désirent raconter des faits ayant une base historique. Contester par simple suspicion l’historicité de ce récit va au-delà de la compétence d’historien ».

Essayons de retrouver l’événement inscrit au cœur du récit de l’Epiphanie, avec ces visiteurs appelés rois ou mages.

On sait que la fête de l’Epiphanie a précédé l’instauration de celle de la Nativité. Les orientaux solennisent toujours l’Epiphanie, ou visite divine. Selon l’évangile de Matthieu, des personnages énigmatiques (rois et mages ?) venus d’Orient viennent à Bethlehem rendre hommage à Jésus, parce qu’ils reconnaissent en ce petit enfant le vrai « roi des Juifs ».

L’attrait d’intellectuels païens envers le message judaïque n’est pas rare à cette époque

L’intérêt de ces étrangers pour la religion de Yahvé incarnée dans la personne de Jésus peut surprendre. Mais l’attrait d’intellectuels païens envers le message judaïque n’est pas rare à cette époque. Cette démarche anticipe un tournant historique dès lors qu’une partie du judaïsme va s’universaliser en un temps record et manifester sa foi messianique dans des communautés de toute la diaspora.

C’est le sens interactif de Noël et de l’Epiphanie, deux fêtes jumelées autour d’une révélation, d’abord à Israël, puis aux nations païennes : au cœur du monde tourmenté surgit un immense espoir non seulement pour Israël, mais aussi pour l’ensemble des peuples en quête de lumière, la nuit étant souvent le symbole du paganisme avec ses nuisances.

Selon Matthieu, les mages ne sont pas venus directement à Bethléhem, ils sont allés d’abord à Jérusalem, la ville sainte, où le « roi » Hérode, inquiet d’une concurrence, les a dirigés non sans arrière-pensées vers Bethlehem, ville royale de David.

La tradition populaire en a fait des rois, mais c’étaient sans doute des astronomes devins, des savants qui scrutaient le ciel comme un espace rempli de signes et de messages pour l’humanité ; ils symbolisent en fait la culture la plus pointue des civilisations de l’époque. C’est donc leur expérience et leur vécu qui les a conduits sur ce chemin, et grâce à leur recherche, ils rejoignent finalement les tout premiers témoins de la naissance de Jésus au milieu de son peuple, d’humbles bergers judéens associés aux louanges angéliques dans la nuit scintillante d’étoiles. Gloire à D.ieu et paix sur terre !

L’or, la myrrhe et l’encens. Trois désignations religieuses de la vocation d’Israël, et donc de Jésus qui dans le contexte en est un fils hautement représentatif, ceci pour montrer par contraste l’insignifiance des tenants officiels du Temple, les Sadducéens, qui sont les créatures des Romains idolâtres.

Plus précisément, l’or symbolise la splendeur de la dignité royale, l’encens cultuel exprime la louange au D.ieu d’Israël, et la myrrhe est un baume funéraire, signifiant surtout la conséquence mortelle de l’engagement prophétique.

Roi, prêtre, prophète, tel est le peuple d’Israël dans sa mission unique au sein d’un monde où règne l’iniquité, où le sacrifice et le dépassement de soi sont inexistants, et ou l’espérance pour l’avenir est imperceptible. Cette vocation exigeante, qui est aux antipodes d’un « privilège d’élu » est représentée par l’onction d’huile, et le messie est l’oint par excellence (christ en grec). Jésus va assumer à sa manière cette vocation de tout Israël, fils de D.ieu.

Les mages venus de l’étranger sont en quelque sorte la figure des chercheurs de vérité de toutes les cultures et de tous les temps. Ils allient quant à eux croyance et raison, sciences et révélation.

Qu’ont-ils ainsi découvert en rencontrant l’enfant-promesse à Bethléhem ? Le visage d’une espérance biblique qui ne s’impose pas par la force, mais qui s’offre à tous dans la fragilité souriante d’un petit enfant, gage de croissance et d’avenir à une époque où tout semble faire naufrage.

Isaïe avait affirmé que les nations, lasses de la violence et du manque de perspectives, se tourneraient un jour vers le D.ieu de paix ; non pas vers une religion dominatrice comme celle des panthéons, mais vers la force de l’Esprit qui rassemble pour un royaume de justice. C’est ce que Matthieu veut dire dans son récit.

On se souvient de la belle affirmation de Zakarie : « Un jour dix hommes de toute langues des nations tiendront fermement le pan du manteau d’un juif en s’exclamant : nous irons avec vous, car nous avons compris que D.ieu est avec vous ! » Zk 23

Ces mages « de toutes langues » sont l’avant-garde des peuples qui reconnaissent en Jésus l’incarnation de la Parole adressée par D.ieu à son peuple. Ceux qui veulent accueillir la sagesse de la parole biblique et qui souhaitent créer grâce à elle des relations humaines imprégnées de la puissance de ce Verbe divin.

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Lorsqu’ils ouvrent leurs coffrets devant Jésus et sa mère, les mages ne recherchent pas les bonnes grâces d’un homme de pouvoir – du style Hérode – mais ils désignent, par ce geste de reconnaissance, le type de présence de D.ieu qui leur parle au coeur. Ils n’ont pas recherché D.ieu dans une toute-puissance dominatrice et menaçante, ils l’ont au contraire trouvé dans la vulnérabilité d’un enfant signe de promesses d’avenir.

Il ne s’agit pas ici de figurants pour un décor, l’enseignement est surtout théologique : on y retrouve la tradition de l’étoile messianique mentionnée au Livre des Nombres 24.17 : « Un astre issu de Jacob se lève, une puissance issue d’Israël se manifeste »…

La seule étoile susceptible d’avoir une attraction bénéfique sur nos existences, c’est l’étoile messianique de Bethlehem ! Cela évoque peut-être aussi l’idée que tous les peuples, toutes les personnes, ont dans leur ciel culturel ou idéologique propre des signes qui peuvent les mettre en chemin vers l’accomplissement de leur vie, dont la Parole de Dieu est la meilleure voie d’humanité.

Ces mages sont l’élite des nations païennes au premier siècle, c’est pourquoi ils sont assimilés aux valeurs régnantes, à des « rois ».

Avec l’Epiphanie, le temps de D.ieu devient le temps de l’humain. Alors que notre environnement culturel et spirituel est envahi aujourd’hui par des stars de toutes sortes qui nous vantent des paradis de pacotille, l’étoile de Bethléhem scintille d’une lumière régénérante et apaisante dans nos nuits trop assombries de fléaux multiples.

Jésus couché sur la paille d’une étable est le visage d’une royauté de l’Esprit et de ses vraies valeurs existentielles

Matthieu insiste pour appeler l’enfant Jésus « roi des Juifs », il souligne par là la différence fondamentale avec Hérode, le roi officiel, bien moins juif et moins royal que le fils de Marie. Car Hérode est un homme de paille qui tire artificiellement son pouvoir des Romains, tandis que Jésus couché sur la paille d’une étable est le visage d’une royauté de l’Esprit et de ses vraies valeurs existentielles.

Originellement, Epiphanie est le terme habituel que l’on utilisait dans l’antiquité lorsqu’un roi venait rendre visite à son peuple, et cette démarche s’accompagnait de festivités, d’illuminations, de banquets, de cadeaux à la foule rassemblée. Un des occupants païens les plus sanguinaires d’Israël, au 2ème s. avant notre ère, le roi syrien Antiochus auteur des massacres contrés par les Maccabîm, était même affublé du nom d’Epiphane…

Dieu vient visiter son peuple

La fête chrétienne de l’Epiphanie est en ce sens surtout une Théophanie par le terme d’épiphanie, elle reprend l’expression biblique selon laquelle « Dieu vient visiter son peuple » pour que progressent partout dans le monde la fraternité, le respect mutuel, le partage, l’équité, autour de valeurs sûres, et ceci à l’encontre des obscurantismes et des fanatismes laïques ou religieux qui nous menacent.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez pour www.Dreuz.info

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