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Publié par Ftouh Souhail le 29 décembre 2012
Olfa Riahi
Olfa Riahi

Le gouvernement islamiste tunisien est dans la tourmente depuis les révélations de mercredi 26 décembre 2012 d’une courageuse journaliste tunisienne, Olfa Riahi (en photo) , mettant en cause un membre du gouvernement dans une affaire de malversations et d’adultère.

Il s’agit d’une affaire dans laquelle serait impliquée le ministre des Affaires étrangères tunisien, Rafik Abdessalem.

Ce dernier est aussi l’époux de Soumaya Ghannouchi, la fille du leader du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi.

La journaliste a publié des factures de séjours du ministre tunisien au Sheraton Hôtel à Tunis avec sa maîtresse

C’est le résultat de deux mois d’investigation qui révèle plusieurs affaires qui justifient aujourd’hui, selon Olfa Riahi, l’ouverture d’une enquête officielle urgente.

Des dépenses aux frais de l’ambassade de Tunisie en Éthiopie

Elle accuse ce membre du gouvernement d’entretenir une relation extra-conjugale avec une «femme appartenant au corps paramédical d’un hôpital publique ». En plus, elle l’accuse, documents à l’appui, de se faire payer des séjours personnels aux frais de son ministère et en passant d’autres factures au nom de l’ambassade de Tunisie en Éthiopie.

Elle a affirmé que « le ministre a des goûts bien prononcés pour le luxe, cela va du nom de l’établissement jusqu’au type de la chambre qu’il aurait occupée ».

En outre, la journaliste a appoté les preuves en évoquant le parcours de ce ministre « polygame », affirmant qu’il ne doit son poste de ministre des Affaires étrangères qu’à son lien de parenté avec Rached Ghannouchi et que ses compétences n’ont eu absolument aucun impact sur sa nomination.

Criant à la rumeur délétère qui cherche, à travers lui, à salir l’ensemble du gouvernement, Rafik Abdessalem nie tout en bloc, assurant que la femme en question n’est autre qu’une parente, quant à sa fréquentation assidue de l’hôtel Sheraton, elle s’explique, selon ses dires, par le fait qu’il n’a pas de maison personnelle, ni de logement de fonction à Tunis, et qu’il travaille souvent jusqu’à des heures indues.

Dans l’attente d’une enquête, la blogueuse Olfa Riahi semble certaine de tout ce qu’elle avance et affirme que «d’autres affaires, encore plus graves, impliquant le Ministre seront révélées prochainement». Sur son profil Twitter elle poste ironiquement : « j’attends la plainte pour diffamation ».

Pires que le régime déchu de l’ancien Président tunisien Zine Abidine Ben Ali

N’en déplaise à certains, ces islamistes qui régent sur le gouvernement tunisien – et qui se présentent comme des personnes irréprochables – sont pires que le régime déchu de l’ancien Président tunisien Zine Abidine Ben Ali. L’ancien régime ne s’est jamais caché derrière la religion pour dilapider l’argent des contribuables.

En effet, les dirigeants du mouvement islamiste d’Ennahdha, à l’instar de Lotfi Zitoun (conseiller politique du Chef du Gouvernement ) ou Houcine Jaziri (secrétaire d’État à l’Immigration) ou encore Rafik Abdesselem, ont toujours fréquenté les quartiers chics de Londres, Paris et du Qatar. Ces derniers portent de beaux costumes, des montres d’horlogerie suisses et lors de leurs déplacements, logent dans les Palaces.

Il faut rappeler que Soumaya Ghannoushi, la fille du guide suprême de la Tunisie, qui est aussi la femme de ce ministre « polygame » porte des montres Gucci, des lunettes de marque, des bagues en diamants, des foulards Yves St Laurent et autres objets de luxe qui valent des dizaines de milliers d’euros.

Les Tunisiens se demandent si le budget de l’État supporte le luxe que s’offrent les islamistes

Les Tunisiens, qui voient leur pays sombrer dans un marasme économique, suite à des années de corruption, se demandent aujourd’hui si le budget de l’État supporte les plaisirs et le luxe que s’offrent les islamistes.

Dans un pays civilisé, ce ministre devrait démissionner immédiatement et ne plus se montrer en public. Mais la plupart des responsables arabes n’ont pas d’honneur et ne connaissent pas les bonnes mœurs en se permettant tous les abus.

Les hommes politiques, dans les pays musulmans, ont un sentiment d’impunité réel ou imaginaire, qui leur donne l’impression d’être au dessus des lois communes. Il permet tous les dépassements, de l’atteinte à la personne d’autrui aux biens publics, que l’on traite comme des biens personnels.

Pourquoi, ne serait-ce qu’une fois, un responsable musulman n’aurait-il pas la dignité de démissionner, à l’image des responsables politiques israéliens ? Il y a deux semaines, le ministre israélien des Affaires étrangères et vice-premier ministre, Avigdor Lieberman, a démissionné après avoir été accusé la veille d’abus de confiance. Marié et père de trois enfants, le chef d’ Israël Beytenou a quitté dignement son poste et renoncé immédiatement à son immunité parlementaire. Extrêmement digne.

Cela ne risque sans doute pas de se passer en Tunisie post-révolutionnaire. L’État est gouverné par des islamistes qui se comportent comme des voyous à l’arrogance infinie.

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SCANDALE TUNIS

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