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Publié par Guy Millière le 5 janvier 2013

ObamaRegime

Pour quelqu’un qui aime les Etats Unis autant que c’est mon cas, il n’est pas facile d’écrire ces mots, mais je le dois. La République américaine est en danger.

Une fuite en avant vers l’inconnu et la destruction

La présidence Obama se révèle, semaine après semaine, plus monstrueuse encore que les plus pessimistes ne pouvaient sans doute l’imaginer, à de rares exceptions près, dont moi-même. J’ai écrit dans Le désastre Obama* (plus que jamais d’actualité, hélas) qu’une réeelection de l’actuel occupant de la Maison Blanche conduirait vers une fuite en avant vers l’inconnu et la destruction : nous sommes dans cette fuite en avant.

Au cours des quatre années passées, Obama a très largement gouverné par décret (executive orders), contournant ainsi les pouvoirs susceptibles d’équilibrer et de surveiller ses décisions : il l’a fait dans des domaines aussi variés que l’environnement, les lois sociales, l’immigration et la justice. Tout indique qu’ils entend continuer, et même accélérer le rythme, avec des objectifs bien précis : avancer à marche forcée vers la « transition énergétique », achever de tuer l’industrie du charbon, asphyxier autant qu’il le peut des activités pétrolières et gazières du pays, accélérer la régularisation des immigrants clandestins, contraindre le plus grand nombre d’entreprises possibles à rentrer dans le cadre de l’Obamacare en les obligeants à souscrire pour leurs employés des assurances coûteuses supervisées par le gouvernement fédéral, faciliter encore la possibilité de toucher des indemnités pour incapacité au travail. Obama s’est appuyé pour cela sur sa quarantaine de conseillers spéciaux (tsars) nommés par lui, sans que leur nomination n’ait été ratifiée par quiconque d’autre, et ne rendant compte qu’à lui. Il montre qu’il entend continuer. Il s’est appuyé sur les agences gouvernementales qui dépendent directement de lui pour faire mettre en œuvre ses décrets : il montre aussi qu’il entend continuer. Obama entend radicalement modifier l’économie et la société américaine et modifier aussi l’électorat de façon à créer une majorité démocrate permanente.

Il n’y a jamais eu une tentative par un Président de s’arroger tous les pouvoirs à ce degré, et jamais une tentative de modifier l’économie, la société et l’électorat à ce degré.

Les médias ne jouent plus, depuis longtemps, le rôle de quatrième pouvoir défini par Edmund Burke au temps où il admirait la Révolution américaine, et ils sont (à l’exception de Fox News) aux ordres, étouffant les dossiers que le Président entend voir étouffer, faisant diversion quand il s’agit de faire diversion pour le Président, jouant le rôle de chambre d’écho quand le Président a besoin d’une chambre d’écho.

La Cour Suprême est censée être la gardienne des institutions (Constitution et Bill of Rights) et des principes du droit : elle est, cela dit, composée de juges qui se conçoivent comme gardiens stricts (conservateurs) et de juges qui se conçoivent comme « progressistes ». Les « progressistes » ont été nommés par les Présidents démocrates, à une exception près. Les conservateurs par des Présidents républicains. Pour l’heure, il y a, normalement quatre conservateurs, quatre « progressistes », et un indécis (Anthony Kennedy) dont les positions font pencher en général la balance d’un côté ou de l’autre. Au cours des quatre années qui viennent de s’écouler, deux « progressistes » ont été remplacés par des gens plus à gauche qu’ils ne l’étaient, par décision d’Obama. La composition de la Cour n’a pas changé, même si elle a pris une couleur politique plus rose foncé. Il est très vraisemblable que plusieurs juges vont quitter la Cour suprême dans les quatre années à venir, et il est possible qu’un conservateur (Antonin Scalia, 76 ans) et l’indécis (Anthony Kennedy a 76 ans aussi) se retirent, ce qui permettrait à Obama de les remplacer par des « progressistes » très à gauche. Une « progressiste », Ruth Bader Ginsburg a 79 ans, et pourrait être remplacée par un ou une « progressiste » plus jeune. Lorsque l’Obamacare est passé devant la Cour Suprême l’été dernier, on a vu que l’un des hommes censés être un conservateur (John Roberts) avait changé de position, ce qui a permis à la loi d’être validée. Si la Cour, qui compte neuf juges, passe à une composition où il y a un ou deux « progressistes » de plus, et se trouve rajeunie, elle deviendra une simple chambre d’enregistrement de toutes les décisions prises par Obama, ou ses successeurs. Les juges à la Cour Suprême, faut-il le préciser, sont nommés à vie. Les deux « progressistes » nommées par Obama ont vingt ans de Cour Suprême devant elles, et seront encore là en 2030 : Sonia Sotomayor a 58 ans, et Elena Kagan 52 ans.

Le Sénat est, d’ores et déjà une chambre d’enregistrement qui, sous la férule de l’abominable Harry Reid, fait exactement et quasiment toujours ce qu’Obama attend de lui, mensonges et manipulations de son cru en prime.

La Chambre des représentants ne joue pas son rôle

Il reste donc une seule institution susceptible d’empêcher que les Etats-Unis ne glissent vers un chemin aux allures d’autocratie et de dictature qui ne dirait pas son nom et pour qu’Obama ne soit pas en position de dictateur pour les quatre années à venir, et pour la préparation d’un successeur démocrate : la Chambre des représentants, qui reste à majorité républicaine.

Malheureusement, la Chambre des représentants ne joue pas son rôle.

En 2010, un élan de révolte était monté du peuple américain, avait donné les « tea parties » et un changement de majorité à la Chambre. Depuis, le Parti républicain a repris la situation en main. Un nombre important de représentants républicains sont des gens d’appareil, des « modérés », et se rapprochent de ce que les conservateurs aux Etats-Unis appellent les RINO (Republicans In Name Only) : ces gens ont engendré, largement, de la déception, et c’est ce qui explique que l’élan des « tea parties » soit retombé en 2011 et 2012. Ils ont vite choisi un favori pour la course présidentielle : Mitt Romney. J’ai douté de celui-ci, le considérant comme un RINO. J’ai voulu, quelques semaines, penser qu’il ferait l’affaire, particulièrement après qu’il ait choisi Paul Ryan comme candidat à la vice-présidence. J’ai tenté de m’expliquer à moi-même sa stratégie et pourquoi il avait mené le troisième débat présidentiel comme il l’avait fait, mais j’ai eu beaucoup de mal à me convaincre. Les propos que lui ou son entourage ont pu tenir depuis l’élection m’ont montré pourquoi j’avais eu du mal à me convaincre : il est resté, fondamentalement, un RINO. Il aurait été moins pire qu’Obama, c’est tout ce qu’on peut en dire, mais il s’avère qu’il y a eu un déficit d’enthousiasme envers lui, et les conséquences sont là. Les RINO, guidés par Mitch McConnell, dirigeant de la minorité républicaine au Sénat et par John Boehner, Speaker of the House, sont sortis du bras de fer qui les a opposés à Obama à l’été 2011 avec un compromis bancal et une date fatidique, le 31 décembre 2012. Ce qui devait se déclencher à ce moment là est le célèbre « fiscal cliff », falaise fiscale. Les RINO pensaient avoir obtenu un texte sur la base duquel ils pourraient négocier le moment venu, avec un éventuel Président républicain, ou Obama. Ils pensaient encore, quand Obama a été réélu, voici deux mois, obtenir un compromis et ont négocié en ce sens. Ces négociations ont été vaines. Obama a un esprit totalitaire, et il veut donc tout, sans rien concéder.

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Un texte a été voté in extremis évitant le « fiscal cliff », et, provisoirement, une grave récession, mais constituant une forme de reddition sans condition des Républicains à Obama. Aucune coupe dans les dépenses, qui augmentent à une vitesse vertigineuse et poussent le pays vers la banqueroute, n’a été décidée : Obama voulait couper dans un seul budget, le budget militaire, et il n’y a pas eu de coupe dans le budget militaire pour le moment, mais Obama peut attendre.

Soixante pour cent de la dette du pays a été créée depuis janvier 2009, sous Obama

Les impôts des classes moyennes et des moins aisés sont restés en l’état, en apparence, comme Obama le voulait, mais vont néanmoins augmenter en raison de la création de multiples nouveaux prélèvements, dont ceux issus de l’Obamacare. Les impôts des plus riches, entrepreneurs et investisseurs et les impôts sur les investissements, eux, subissent une très forte augmentations : comme Obama le voulait. La grave récession est évitée, provisoirement, mais l’épargne, l’investissement, la croissance et l’emploi vont rester en berne, et la dette va continuer à croître. Soixante pour cent de la dette du pays a été créée depuis janvier 2009, sous Obama. Le gouvernement américain emprunte 46% de l’argent qu’il dépense en ce moment, 54% seulement étant couvert par impôts et taxes.

Le plafond de la dette, réévalué en 2011, va se trouver atteint très bientôt, ce qui va donner lieu à de nouvelles négociations.

Le texte évitant le « fiscal cliff » est provisoire et vaut pour deux mois : il y aura donc aussi renégociation sur le texte.

Si les Républicains continuent sur la lancée qui est la leur présentement, on peut s’attendre à une débâcle dans les deux mois à venir. Ceux d’entre eux qui sont issus des tea parties sont, pour l’heure, minoritaires. Ils pourront tempêter : ils risquent néanmoins de rester minoritaires. John Boehner dit avoir reçu le message : cela reste à voir.

Pour l’heure, la population américaine a une très piètre opinion des Républicains

Si les Républicains ne redressent pas la situation assez vite, en 2014, la Chambre des représentants pourrait basculer dans le camp démocrate. Pour l’heure, la population américaine a une très piètre opinion des Républicains. On le comprend aisément. De là à voter pour les démocrates, il y aurait un pas vers les abysses qui serait épouvantable. Mais ce pas n’est pas de l’ordre de l’impossible.

Si la Chambre bascule en 2014 et si tout continue à ce rythme, la République américaine ne sera plus en danger, elle sera proche de l’article de la mort.

Que pourraient faire les Républicains, direz-vous ? Ils auraient pu refuser tout compromis. Et puisqu’ils avaient contribué à créer le « fiscal cliff » par de précédents compromis, ne pas aller plus loin, et voter exactement ce qu’Obama voulait, en expliquant les conséquences qui résulteraient. Là les conséquences seront là, de toute façon, et ils apparaitront complices.

Ils auraient dû, dès 2011, retrouver l’esprit des pères fondateurs, qui était celui des « tea parties ». Il est un peu tard maintenant, hélas.

Ils peuvent toujours, cela dit, expliquer ce qui n’est pas expliqué, et entre autres que oui, la République américaine est en danger, et avec elle le peuple américain, l’économie américaine, la défense américaine. L’heure est grave.

Il manque un George Washington, un Abraham Lincoln, un Ronald Reagan.

A l’heure où il agonise à Cuba, Hugo Chavez peut au moins se dire qu’il y a, à la Maison Blanche, un homme qui aime autant les Etats Unis que lui ou les frères Castro, et à la tête du Parti Républicain, des gens qui n’ont sans doute pas la stature requise.

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