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Publié par Guy Millière le 13 janvier 2013

azawad map

Le renversement du régime du colonel Kadhafi n’en finit pas, comme je l’avais prévu d’emblée, de porter ses fruits amers et sanglants.

La Libye est un pays gouverné par des islamistes, tenu par des bandes armées tribales et par des groupes liés à al Qaida, les armes des arsenaux du pays se sont retrouvées en de multiples lieux, de la Somalie au Sinaï et en Syrie, mais aussi en Afrique subsaharienne où elles ont permis la formation dans la moitié Nord du Mali de la République islamique de l’Azawad. Celle-ci a été créée sur la base de la rencontre entre des touaregs qui, faute d’avoir encore un emploi de mercenaires à Tripoli sont retournés vers les territoires d’où ils venaient, et de groupes islamistes actifs dans la région auparavant : Al-Qaida au Maghreb islamique, qui est en fait le Groupe salafiste pour la prédication et le combat issu du Groupe Islamique armé (GIA) algérien, Ansar Dine et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique (MUJAO).

Après avoir soumis les régions dont ils ont pris le contrôle à la loi islamique la plus rigide, ces gens ont décidé il y a quelques jours de tenter de s’emparer du reste du Mali. C’est à ce moment que l’intervention militaire française a été décidée et s’est enclenchée. Des forces africaines sont censées prendre le relais, mais on peut douter de leur efficacité : les pays d’Afrique censés composer ces forces ne parviennent pas à assurer l’ordre sur l’ensemble de leur territoire, et attendre d’eux dès lors qu’ils puissent rétablir l’ordre dans le territoire de l’Azawad frôle l’utopie. L’armée française a pu, semble-t-il, repousser les forces venues de l’Azawad et les empêcher de prendre la ville de Mopti, mais on ne peut raisonnablement imaginer qu’elles seraient à même de vaincre et de renverser le régime en place dans l’Azawad, qui a une surface de 822 000 kilomètres carrés. L’issue probable sera un statu quo, et un pourrissement de la situation.

L’Azawad est un Etat voyou, une base arrière pour les groupes islamo-terroristes qui ont contribué à sa formation et qui le régissent. C’est une matrice depuis laquelle pourra se poursuivre la déstabilisation accentuée de pays déjà fort peu stables et enlisés dans le non développement. La France et quelques autres pays occidentaux ont un intérêt concret à préserver le Niger, pour son uranium, le Sud du Mali, pour ses mines d’or et d’autres matières premières, le Nigeria pour le pétrole (et encore le Nord du Nigeria est-il largement aux mains du groupe Boko Haram qui assassine régulièrement des Chrétiens et pille leurs villages).

On a pu noter ces derniers jours qu’aucun journaliste, ou très fugitivement, n’a établi la connexion qu’il faut établir pour comprendre : sans renversement de Kadhafi et installation du chaos islamiste dans le pays (merci messieurs Sarkozy, Levy, Cameron et Obama), pas d’Azawad islamique. On a pu noter un langage officiel rassurant, expliquant que tout allait se passer comme prévu.

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On a pu remarquer qu’il s’agit là d’une opération « unilatérale », comme disaient les gens si prompts à condamner les actions décidées par George W. Bush, « sans l’aval du Conseil de Sécurité des Nations Unies ». Certains « unilatéralismes » sont, en France, plus acceptables que d’autres, semble-t-il.

On peut souligner aussi la remarquable cohérence des décisions françaises : quelques mois après avoir fait tomber la Libye aux mains d’islamistes, quelques semaines après s’être précipitée, par l’intermédiaire de ses émissaires diplomatiques, en Egypte aux fins d’obtenir qu’Israël épargne le groupe islamiste Hamas, peu de temps après avoir apporté son soutien à la « coalition nationale syrienne » dominée par des islamistes, et qui combat au côté de groupes liés à al Qaida, Liwa Al Twhid, Al-Nosra et Kataëb Ahrar Cham, peu de temps après avoir oeuvré pour que le groupe islamiste Hezbollah ne soit pas inscrit par l’Union Européenne sur la liste des groupes terroristes, la France va combattre des islamistes à la charnière de l’Azawad et de ce qui reste du Mali.

De cette cohérence, il ne sera pas question dans les jours qui viennent.

La doctrine officielle française, sous Sarkozy comme sous Hollande, est que le Mali est le Mali et n’a rien à voir avec la Libye, que la bande de Gaza est la bande de Gaza, la Syrie, la Syrie. L’absence de cohérence cachée sous des expédients, des subterfuges et des mots vidés de leur substance est caractéristique des pays où les principes et les repères éthiques s’absentent. Je crains que la France ne soit un de ces pays, et je déplore la mort de soldats qui pensaient ans doute se battre pour une civilisation, et dont on peut se demander pourquoi au juste ils se battaient. Je salue leur mémoire, mais je ne salue pas ceux qui les ont envoyés là où ils sont tombés.

Ce qui se passe en Azawad, au Mali, dans toute la région fait, de toute façon, partie d’un processus de décomposition bien plus vaste, et qui ne fait que commencer.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

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